Pour une certaine Gauche le danger c’est l’Insoumis

Pour une certaine Gauche l'ennemi ce n'est pas la politique libérale de Macron mais l'Insoumis cet être sectaire aux ordres d'un Gourou, qu'il faut dénigrer par tous les moyens. Elle ne dit rien contre Macron, rien sur l'UE, rien contre la droite ni le RN, silence sur le PS. Mais TOUT contre l’Insoumis.

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Pour une certaine Gauche l'ennemi ce n'est pas la politique libérale de Macron mais l'Insoumis cet être sectaire aux ordres d'un Gourou, qu'il faut dénigrer par tous les moyens. Elle ne dit rien contre Macron, rien sur l'UE, rien contre la droite ni le RN, silence sur le PS. Mais TOUT contre l’Insoumis.

On pensait avoir subi les attaques les plus basses lors du second tour de la présidentielle, lorsque l’Insoumis a refusé d'obéir aux injonctions infantilisantes lui ordonnant de voter Macron. Nos gardiens du temple, nos consciences de la Gauche avaient immédiatement réagi : « Sa proximité avec Le Pen est désormais avérée » - Bernard-Henri Lévy sur Twitter (23 avril). Une majorité choisit de voter blanc ou de s’abstenir ? « Bilan d’une sidérante absence de pédagogie antifasciste : 65 % des Insoumis disent ne pas vouloir voter contre Le Pen », tweete aussitôt Edwy Plenel (2 mai). À la Maison de la chimie, à Paris, MM. Manuel Valls, Jean-Pierre Raffarin, Christian Estrosi, Pierre Moscovici — l’arc-en-ciel des utopies françaises — animent un « forum républicain contre l’abstention » convoqué par BHL qui déclare « Il y a aujourd’hui deux “systèmes” : le système mélenchono-lepéniste, qui représente un risque considérable, et l’autre, le nôtre. ».(1)

Bien entendu les attaques se sont poursuivies lors des législatives, l’Insoumis aurait une volonté hégémonique sur la Gauche, il refuse toutes les vieilles tambouilles électorales. On aurait pu penser que cette Gauche allait enfin prendre conscience que l’ennemi c’était Macron, face au travail de nos députés à l’assemblée, à la casse de nos acquis sociaux et au démantèlement des services publics.

Bilan néant, nous avons eu l’épisode des comptes de campagne électorale, Danielle Obono qui refuse de dire « vive la France » sous les injonctions de deux pseudo journalistes, l’appartement de la famille Corbière, de Danielle Simonet etc. Des attaques d’une violence inoe normalement réservées aux sites marginaux d’extrême droite.

Début Septembre, nous sommes entrés dans une période de campagne pour les européennes, d'une manière brutale et violente, les attaques s’amplifient :

Benoît Hamon précise que la stratégie d’opposition à l’Union européenne des Insoumis relevait du « nationalisme de gauche » une tendance qui finirait irrévocablement selon lui « en nationalisme tout court ».

Ian Brossat s'est indigné, dans un tweet : "En 1939, mon grand-père juif a fui la Pologne pour échapper à l'antisémitisme. Heureusement pour lui, il est tombé sur des gens qui lui ont ouvert la porte, et non sur des doctes qui auraient disserté sur les sept plaies d'Égypte avant de lui tendre la main.". Il se dit notamment "affligé de voir certains, à gauche, flancher sur cette question (de l'immigration). Si la gauche ne dit rien, les fascistes européens auront le terrain libre."

Désormais l’Insoumis en plus d’être sectaire serait devenu un être xénophobe, anti-migrant, un collabo, un nationaliste, un populiste, un démagogue etc.

Alexis Corbière a réagi sur Twitter aux propos de Ian Brossat: "Portrait révélateur, où aveuglé d'une rage contre nous, Ian Brossat ne dit rien contre Macron, rien sur l'UE sous pression de Merkel, rien contre la droite ni le FN, silence sur le PS, etc. Mais TOUT contre la FI. C'est risible tellement c'est caricatural".

Jean-Luc Mélenchon a présenté jeudi 20 septembre un programme de rupture avec l'Europe actuelle. « Nous ne pouvons pas accepter, je le dis avec sévérité notamment aux partis de l'ancienne union des gauches, que l'on fasse de l'immigration la première question du débat en France, parce que ce n'est pas vrai, ce n'est pas la première question qui se pose ni à la France ni à l'Europe ».« La République française s'est déshonorée en refusant d'accueillir les passagers de l'Aquarius (...) le devoir d'assistance à personne en détresse est inconditionnel ».

Mardi 18 septembre, lors des questions au gouvernement à l'Assemblée Nationale, le député Insoumis, Jean-Hugues Ratenon a critiqué le gouvernement sur son plan pauvreté. La ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, a fait fait preuve d'un mépris incroyable, elle a en effet reproché mardi à France Insoumise de « se nourrir » de la pauvreté. Cette situation aurait dû provoquer une indignation de toutes les forces de Gauche, elles auraient pu faire preuve de solidarité face à cette arrogance sachant que Jean-Hugues Ratenon, élu de la Réunion avait été lui-même au RSA… comme un(e) autre député(e) du groupe France Insoumise.

Absolument aucune solidarité, aucune déclaration car pour cette Gauche le danger c’est L’Insoumis et non la politique libérale de Macron.

Pourtant l’Insoumis est souvent un militant syndical et/ou associatif qui fait partie d’un mouvement populaire regroupant en son sein la France dans toute sa diversité (intellectuels, cadres, profs, précaires, chômeurs, jeunes, retraités...), proposant un programme participatif donnant enfin un espoir, un horizon souhaitable, salué par les grands acteurs sociaux et environnementaux.

Ce billet est une demande sincère aux camarades honnêtes de la Gauche : cessez s'il vous plaît de caricaturer l'Insoumis, un mouvement, des idées, cessez ce mépris envers des personnes qui pour certaines sont dans la lutte depuis des décennies, cessez ces insultes quotidiennes ?

(1) Un barrage peut en cacher un autre, par Pierre Rimbert

 

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