Pierre Gattaz : l’accueil des migrants est « une opportunité pour notre pays »

« L’accueil décent des migrants est un impératif moral, écrit le président du Medef. La France doit donc agir pour rester fidèle à elle-même. » . De nombreuses études saluées par les libéraux montrent bien que l’immigration n’est pas un coût, mais un bénéfice pour l’État comme pour les entreprises.

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Embarras de la gauche sur l’immigration par Benoît Bréville (Monde Diplomatique )

le NPA avance le caractère « économiquement bénéfique (4)  » de l’immigration. Même si, de la part d’un parti révolutionnaire, l’argument peut surprendre, de nombreuses études montrent bien en effet que l’immigration n’est pas un coût, mais un bénéfice pour l’État comme pour les entreprises.

Selon une étude menée par les économistes Xavier Chojnicki et Lionel Ragot, et coéditée en 2012 par le quotidien Les Échos, la présence des immigrés entraînerait une contribution budgétaire nette positive : souvent jeunes et en bonne santé, ils paient davantage d’impôts et de cotisations qu’ils ne reçoivent de prestations sociales (5).

Dans un rapport salué par le cahier économique du Figaro, le cabinet McKinsey estimait que les immigrés « contribuent à près de 10 % de la richesse mondiale », notamment parce que la main-d’œuvre étrangère est très profitable aux entreprises.

Le mensuel Capital (mars 2015) détaille : « La flexibilité est le premier atout de la main-d’œuvre immigrée. (…) Dans d’autres secteurs, c’est leur côté “durs à la tâche” qui rend les travailleurs immigrés si précieux. » Troisième atout « de ces employés venus d’ailleurs : ils n’hésitent pas à faire les boulots méprisés par les autochtones. Les premières à s’en féliciter sont les entreprises de nettoyage. Pour vider les poubelles des bureaux, la connaissance du français n’est pas vraiment indispensable ».

L’immigration est d’autant plus « économiquement bénéfique » que le système reste profondément inégalitaire…

Pierre Gattaz : l’accueil des migrants est « une opportunité pour notre pays »

La crise actuelle des migrants nous oblige à l’action. Nous ne pouvons plus nous contenter d’assister passivement à la tragédie qui se joue à nos portes. Et cela nous impose de relever trois défis.

Premier défi : l’accueil. L’accueil décent des migrants est un impératif, d’abord pour des questions de simple humanité et de cohérence avec l’une des trois valeurs fondatrices de notre République, la fraternité. Un pays qui renonce à ses valeurs est un pays qui se perd.

Deuxième défi : l’Europe. L’Europe que nous construisons collectivement ne peut pas se contenter d’être un grand marché. La convergence est nécessaire pour nos règles fiscales et sociales, mais aussi dans notre action face aux grandes crises mondiales. Le couple franco-allemand doit être le moteur de cette convergence. Il en va aussi de la crédibilité de l’Union européenne.

Troisième défi : les causes. Car après l’urgence, il faut regarder la source de ces problèmes. Et donc s’attaquer, désormais, aux causes mêmes de ces migrations.

 

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