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Billet de blog 16 janv. 2022

A quoi ça sert d'écrire dans Médiapart ?

Réflexions sur le covid et la façon de le traiter dans les réseaux sociaux

Aldo B
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J'essaie depuis quelques semaines d'avertir que ce qui déconne parmi ceux qui contestent ici la politique sanitaire actuelle. Ma conclusion, c'est l'éparpillement. Le résultat du fait que chacun "tire dans son coin". Je n'ai eu aucun écho : zéro.

C'est pas que je veuille entraîner un quelconque mouvement, le militantisme c'est pas mon truc. Je plaide simplement que si l'on veut faire autre chose donc que de "tirer dans son coin", il faut arrêter ce tout et n'importe quoi qui émaille les discours de ceux-là même qui s'indignent de la politique sanitaire de Véran. 

C'est évidemment très difficile. En ces temps de black-out de l'information, comment affirmer sur le sujet ? Comment être sûr de distinguer l'info intéressante de la fake new ? (on est tous confrontés à ce problème). Bref, en ces temps où la moitié du boulot de journaliste consiste à faire les poubelles du net pour trier le pire et l'attribuer à quiconque aurait une pensée construite et cohérente sur le sujet, comment répondre intelligemment ?

(un autre problème vient immédiatement à l''esprit : comment se démarquer de la récup de la contestation faite par l'extrême-droite, essentiellement sous la bannière de Philippot ?)

Alors il faut synthétiser. En clair, établir un récit commun "a minima" sur lequel chacun puisse s'appuyer. En politique ça se traduit sans doute par ce qu'on appelle un "leader". L'idée de "leader" m'emmerde tout autant que celle de "militantisme". Mucchielli comme quelques autres était à un moment en position de représenter ce personnage charismatique, il a été descendu en plein vol. Peu importe, c'est comme ça.

Le problème, c'est que si chacun continue à tirer dans son coin, sauf coup de bol (par exemple preuve définitive de tel grand scandale qui aurait émaillé la gestion de crise, suivi d'un procès retentissant), que restera-t-il dans le récit national, officiel, de cet épisode que nombre d'entre nous ont qualifié de "fascisant" ? Philippot et quelques tarés complotistes irresponsables ? Non merci.

Autre problème, que croyez-vous qu'il adviendra si dans cinq ans, une autre pandémie, cette fois dix fois plus dangereuse, déboule ? C'est très simple : ce sera vaccination obligatoire et au galop... et les "rassuristes" et autres "complotistes" n'auront même pas le temps de dégainer ! Il n'y aura plus aucune voix alternative !

Donc il faut un récit. Un socle commun alternatif, cohérent, qui s'oppose à celui en train de s'écrire. J'en ai fait un ici sur le pourquoi des prises de décision des responsables politiques. Il vaut ce qu'il vaut, peu importe. Il en faut un qui couvre chaque prise de position, chaque problème. Il ne suffit pas de pointer sans cesse les insuffisances de l'ensemble du monde politique ou de dénoncer le suivisme de telle partie des scientifiques, des médecins etc, c'est fini ça, on a tous bien compris ! 

En ce moment, l'actualité est autour du/des vaccins. Ok, faisons un récit sur les vaccins. Mais un récit cohérent, loin du n'importe quoi trouvé n'importe où sur le net avec autant de fake que d'info. C'est pourquoi je parle de récit a minima. A minima, ça veut donc dire sans fake new, mais ça implique aussi qui n'ait pas la prétention de couvrir une quelconque totalité des choses (qui laisse donc la place à l'incertitude quant à un éventuel savoir sur le virus).

Parce que sur ce point comme sur les autres, personne ne se répond ici. Tout se passe comme si chacun était plus impliqué à faire valoir ses déductions perso, son petit point de vue, plutôt que de chercher ensemble, dialoguer ensemble à la recherche d'un savoir cohérent et commun qui vaille prémisse de quelque chose de solide. 

Et ça, marre !

C'est que justement, l'heure n'est pas au "savoir", ce qui visiblement n'arrive pas à rentrer dans la tête des uns et des autres. Chacun affirme dans son coin et c'est ça le problème. Pire, chacun ne semble disposé à échanger que quand il croit avoir quelque chose à affirmer : on n'échange que savoir contre savoir. Ça n'a aucun sens : on en est à tenter de construire au cœur de l'incertitude.

Donc on se répond, les gars ! On ajoute, on retranche on objecte, on repart sur d'autres bases, on recommence. Le récit du vaccin ? Les deux ARN en cours, les deux disparus de la circulation, le dernier approuvé depuis hier, ceux dont on ne veut pas (les traditionnels), les effets indésirables des uns et des autres (à court terme, à long terme). Et bien sûr encore et toujours la stratégie du tout-vaccinal (encore que voilà un exemple de ce qui semble réunir tout le monde. Mais quoi, c'est ça le but D'arriver à ce que les 300 péquins anti-Véran soient d'accord et s'auto-congratulent sur Médiapart ?).

On se répond, on construit en commun. Une pensée, une opinion, une perspective, quelque chose qui fasse récit, qui vaille récit.

 Ou sinon on se barre, comme beaucoup l'ont fait...

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