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Billet de blog 30 nov. 2021

Journal d'un complotiste (1)

On entend ça et là des types déclarer que des esprits malins auraient converti des égarés au complotisme en diffusant des fakes news : comme quoi seule une prédisposition au complotisme pourrait amener à douter du bien-fondé de la gestion de la crise par les autorités. Peut-être, mais moi j'ai pas été influencé, et j'ai noté jour après jour comment je voyais les choses.

Aldo B
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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Ici le premier volet de mes notes. Si ça intéresse, je poursuivrai. Quel que soit en tous cas l'intérêt de ces notes, elles rapportent le point de vue d'un type dont les sources d'infos ont été pendant un bon moment la seule presse traditionnelle et les journaux d'info télé en continu. Autre côté intéressant, ça permet de se remémorer les choses au fil de la chronologie, et non d'être concentré sur le seul point de vue d'aujourd'hui. J'ai commencé à prendre ces notes vers la mi-mars 2020. Ici donc les premières, jusqu'à la fin mars (j'ai arrangé quelques tournures mais le texte est à peu près tel quel - je ne le commente pas) :

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1 - Des millions de morts ? L'urgence : HCQ et protocoles d'essais - Choix d'un traitement (mars 2020)

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18 mars 2020 - Coronavirus


Donc, c'est la guerre. Et l'une des raisons qui pourrait nous la faire perdre, c'est le manque de masques, jusque dans les hôpitaux ! On entend les responsables politiques expliquer que la pénurie est mondiale et que les pays se battent pour avoir des masques fabriqués en Chine. Aucun de ces nobles experts n'a donc visiblement pensé qu'un masque, ça peut se faire avec deux élastiques et du tissus ou du papier. Ça marche peut-être pas si on travaille dans une unité de réanimation mais pour tout-un-chacun, c'est mieux que rien. Y aurait-il aussi pénurie d'élastiques en France ?


Sinon un médecin marseillais parle de Nivaquine et les autorités semblent vérifier la piste. Espérons que si ça marche, il ne faudra pas trois mois pour la (re)faire passer en classe un, accessible donc sans ordonnance.


Nombre de jeunes immortels sont sortis en bravant les recommandations : ils s'ennuient disent-ils au monde. Certains expliquent même que c'est seule l'amende de 130 euros qui les dissuade. Passionnant. Par contre, ça les empêche pas de dévaliser les supermarchés...


Heureusement, il nous reste deux armes absolues : l'information et le Doliprane. Sur antenne 2, à vingt heures vingt, un ponte de la médecine expliquait qu'on peut avoir le nez qui coule et pas de fièvre, mais aussi avoir de la fièvre et pas le nez qui coule. Voilà qui est clair. Sauf qu'à vingt heures vingt cinq sur la même chaîne, un de ses collègues explique avec la même autorité que dans tous les cas, on a le nez qui coule. Les choses sont donc clairement posées. Mais Dieu soit loué, en France on n'a pas d'élastiques mais on a du Doliprane.


Les mesures de confinement semblent sinon être de bon sens. On a du mal à comprendre les autorités britanniques. C'est pourtant tout simple : si chaque type infecte une unique personne (vu que lui-même en général guérit), c'est du genre passage de relais, et l'infection est limitée. Mais s'il passe le virus à deux personnes, ça change tout : on est dans le cas de figure exponentiel... qu'une vieille histoire illustre bien.


Un homme avait soumis une invention à l'empereur de Chine, qui lui avait demandé ce qu'il souhaitait en échange. Prenez un échiquier, avait répondu le savant, et sur la première case mettez un grain de riz que vous me donnerez, puis mettez en deux sur la seconde, quatre sur la troisième, puis huit et ainsi de suite en doublant à chaque fois, et voilà pour ma paie. L'empereur flaira la bonne affaire et signa aussitôt. Hélas une fois arrivé à la soixante-quatrième case, il s'avéra que toutes les réserves de riz de l'empire de Chine ne suffisaient pas à payer l'inventeur !

C'est ça la version si chaque type infecte deux personnes. C'est ça une exponentielle.

 
Bonne fin du monde à tous !

                                                  ***

20 mars - Coronavirus II


Les gouvernements britanniques et néerlandais semblent ne rien faire afin que les gens développent par eux-même une immunité collective. Je dis pas que les choix politiques soient faciles en ce moment, mais outre que dans un premier temps, ça va faire un paquet de morts, qui dit qu'on la développera jamais ? On peut lire actuellement que des gens malades puis "guéris" (selon les tests) se sont retrouvés à nouveau malades. Ceux-là n'ont donc rien développé. Ça pose aussi la question des futurs vaccins, d'ailleurs. Bon, je suis pas assez calé mais qu'est-ce qu'il s'est passé avec ces types deux fois de suite infectés ? Soit il n'ont rien développé, soit la dose virale n'était pas assez forte et à fini par s'avouer vaincue la première fois, mais est restée tapie quelque part sans que les tests n'arrivent à le détecter, auquel cas ce serait les tests qui ne seraient pas au point ?


Et finalement qui décide : le chef ? Parce que nul doute que les informations sont semblables d'un pays à l'autre. On doit donc pouvoir en déduire que des experts ont envisagés des scenarii et que c'est à ça que répondent les différentes mesures. Une voie est mathématique : c'est le côté virtuellement exponentiel du phénomène : le confinement y répond, sauf que rien n'assure qu'en s'en contentant, on fasse autre chose que ralentir la propagation jusqu'à obtention d'une solution médicale (à moins de prolonger les mesures ou au moins de faire des compromis avec). L'autre estime que l'homme à un moment ne peut que développer des anticorps et finir par être immunisé, sauf que rien ne l'assure ; en tous cas on n'en est pas informé. Aussi pourquoi cette solution a-t-elle été choisi par des pays aussi "scientifiques" que le Royaume Uni ou les Pays-Bas ? Serait-ce paradoxalement parce qu'il n'y aurait pas de réponse immunitaire claire, auquel cas ces pays auraient fini par faire un "pari" sur cette possibilité (l'autre étant encore plus catastrophique) ? Quoi d'autre ? Existe pourtant un cas de figure qui échappe totalement à ces spéculations, celle où le virus disparaît pour des raisons qu'on ignore. J'ai lu par exemple l'article de Wikipedia sur la grippe espagnole de 1918, et si nombre de chercheurs ont planché pour trouver les causes du virus, pas une ligne sur une quelconque étude expliquant sa disparition. Alors on nous dit que les virus mutent sans cesse. Mais s'ils mutent, quid de la stratégie anglaise ?


Retour sur la Nivaquine. Il semble qu'en Chine, l'info ait circulé quant à l'efficacité du médicament. Le toubib de Marseille n'a donc fait que prendre l'info en considération et l'appliquer. Mais la façon dont nos chers experts ont commencé à traiter cette info ne dit-elle pas leur mépris pour toute forme de savoir en dehors de leur petit milieu ? En tous cas, le nombre de malades décroit en Chine et pas ici : il y a déjà trente fois plus de morts par habitant en Italie qu'en Chine, et la courbe en Europe continue de grimper !


Confinement donc. Les nouveaux désœuvrés applaudissent les médecins depuis leur balcon. Ça me rend fou. Je rappelle qu'en temps de guerre, l'autre cas de figure (se barrer dans sa maison de campagne à l'île de Ré), ça s'appelle désertion (et c'est en outre assez mal vu par la clientèle). Le personnel médical encore, je dis pas, surtout sans masques (les pauvres), mais les médecins ça niet : jamais ! Et avec ça madame la ministre du travail engueule méchamment des types du bâtiment qui n'ont pas trop envie d'aller se faire contaminer au boulot comme imposé. C'est de première nécessité le bâtiment ? Et les distances dans le métro aux heures de travail, elles sont respectées ? Qu'en dit la ministre, en dehors du fait qu'elle doit pas prendre le métro : elle gère des choses autrement importantes ?


PS : Qu'est-ce qu'il va se passer en Inde et en Afrique ?

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22 mars - (I) Le meilleur système de santé du monde


Le meilleur système de santé du monde n'a pas de masques, pas de gants, pas de tests pour savoir si les gens sont seulement infectés, pas de matériel de réanimation, pas de places en réa. Heureusement que l'ex-ministre a eu des intuitions fulgurantes sur la gravité de la crise il y a deux mois, sinon dieu sait où on en serait !


A part ça, toujours pas la moindre image du métro parisien pour voir si les distances sont respectées. Pas intéressant selon les journalistes. Par contre, on voit de flics en Zodiac aller foutre un pv à un nageur en Méditerranée et on entend des indignations bien senties sur l'irresponsabilité qu'il y a à se promener en forêt.


Même avec les mots on est en panne. Et si pour faire comprendre les choses, on s'adressait aux gens avec des vrais mots au lieu de parler de guerre ? Mais les vrais mots, vrai que c'était difficile de les faire coller avec les contradictions des consignes (bosser en même temps que se confiner), alors faut bien tortiller. Heureusement, l'essentiel est sauf : mille milliards d'euros sont déjà prévus pour sauver un système qu'on chérit tant.


Le meilleur système de santé et la plus grande civilisation...

                                                      *

(II) Six semaines...

"""Et si c’était notre meilleure chance contre le Covid-19 ? La chloroquine, ce vieux médicament anti-paludéen, dont le professeur français Didier Raoult fait depuis des semaines la promotion, va être testée à plus grande échelle dans le monde. Selon les Echos, le gouvernement français va autoriser un essai clinique de grande ampleur de ce médicament, dont les résultats pourraient être connus dans moins de 6 semaines"""
https://www.nouvelobs.com/sante/20200322.OBS26411/la-chloroquine-va-etre-testee-a-plus-grande-echelle.html


Dans six semaines ???
Récapitulons :
-Raoult a fait le test sur 24 personnes avec 75 % de réussite en six jours (et à ses dires, 100 % de réussite associé un antibiotique, l'azythromycine).
-hier à la télé on nous explique que le test est refait à plus grande échelle (à Lille) ;
-et aujourd'hui on nous parle de le refaire encore une fois avec des résultats dans six semaines quand des centaines de gens meurent tous les jours ?!

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23 mars - (I) Définition médicale de la dangerosité.

Interrogée le 23 mars au journal de France 2, la cheffe du service des maladies infectieuses de l’hôpital Saint-Antoine s’est dite "absolument écœurée par ce qui se passe, sur la base d’un essai absolument contestable sur le plan scientifique, et qui ne montre absolument rien. On expose les gens à un faux espoir de guérison, pour une maladie dont on sait que dans 80% des cas, au bout de quelques jours, il n’y a plus de virus et on guérit spontanément". Même si l’hydroxychloroquine "peut avoir une activité", reconnait-elle, "cet engouement soudain pour ce médicament est extrêmement dangereux".


Pourquoi écœurée ? C'est quoi extrêmement dangereux ? C'est quoi la notion de "danger" pour un médecin en contact permanent avec la maladie, voire la mort ? Qu'est-ce qui est plus "dangereux" : les faux espoirs ou la perspective d'une mort par asphyxie de milliers ou de dizaines de milliers de gens chacun dans leur trou ? D'attendre l'essai "absolument incontestable sur le plan scientifique" qu'elle appelle de vos vœux ou d'essayer quelque chose de peut-être délicat, mais qui, selon ses dires même, "peut avoir une activité" ? En temps que médecin, vous êtes là pour soigner les gens madame, et non pour nous donner votre précieuse opinion sur les dangers des faux espoirs au sein de la psyché humaine.

"""Pour Jean-Luc Mélenchon, c'est aux gens de décider [de prendre de la chloroquinine, ndlr] : "Comme les experts ne sont pas capables d'être d'accord entre eux, qu'on dise aux gens : évaluez vous-mêmes si oui ou non, vous voulez prendre ce médicament. C'est votre responsabilité."""
https://www.liberation.fr/direct/element/coronavirus-melenchon-veut-que-les-gens-choisissent-eux-memes-sils-veulent-prendre-de-la-chloroquine_111174/


Dire qu'il a fallu des semaines pour entendre enfin cette évidence !

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(II) Cher Manu


La France n'est pas une entreprise, petit homme. Et on n'est pas en temps de guerre, mais d'épidémie. Parce qu'en temps de guerre, ça passerait pas de dire aux alliés de pas bombarder parce que ça va coûter un pognon de dingue de reconstruire. Mais le banquier Macron est toujours opposé au confinement total. Dans sa tête pleine de chiffres, on est sans doute persuadé que le déficit économique engendré serait plus catastrophique que les dizaines de milliers de morts que son inconséquence produira quand les lits de réanimation seront saturés par les travailleurs qu'il envoie au casse-pipe. Soit dans environ une semaine. L'homme se sent même sans doute grandi par de telles décisions, de tels choix. C'était donc ça, le "nous sommes en guerre" : son accession au grade de général ! (que t'es grand, petit homme !)
Macron reprend lui-même le mot d'ordre relayé hier cent fois par le gouvernement, comme quoi il faut bien faire des cartons pour transporter les produits, pharmaceutiques par exemple. Et encore des cartons pour emballer des masques pour l'hôpital. Sauf qu'on n'a pas de masques et que les cartons ne justifient pas le reste : si on a besoin de cartons, on fait des cartons et c'est tout : pas du BTP. Toi comprends ? Le petit homme tourne en rond, perdu dans ses slogans. Sauvera-t-il l'entreprise de la méchante OPA ? C'est que ça le préoccupe. Il a fait le choix du point de vue de l'économie parce que les autres le dépassent. Nul doute qu'ensuite, il se prévaudra d'avoir appliqué les justes mesures, il dira que grâce à lui, grâce au "je" désormais largement invité dans ses discours, on a évité le pire euh... c'est-à-dire si l'on évite le pire. Sinon il n'aura rien à dire, en dehors de retourner sa veste tel un vulgaire ex-ministre de la santé. En tous cas c'est clair que la santé des gens n'aura pas été sa priorité.

                                                  ***

24 mars - (I) En fait je vois trois solutions possibles


1/ autoriser les gens à être traités sous hydroxychloroquine + azithromycine selon leur choix et sous leur seule responsabilité (un minimum déontologique dans une société qui prône la liberté individuelle en vertu cardinale) ;


2/ considérer qu'au nom de la priorité qui consiste à faire le maximum pour garder un ratio de lits d'hôpitaux, le traitement en question doit être globalement prescrit en attendant d'en savoir plus (puisqu'il est actuellement le seul qui ait une chance de marcher avant la réa) ;


3/ continuer à prendre les gens pour du bétail en les envoyant au casse-pipe bosser jusqu'à ce qu'ils saturent les lits de réanimation, et les regarder alors crever d'asphyxie en confinement chez eux, sans avoir rien été foutu de faire.

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(II) Brèves du jour

"""Tout ces Etats asiatiques ont tiré des leçons de l’épisode de SRAS en 2003, du syndrome respiratoire du Moyen-Orient en 2015 et de plusieurs accès de grippe aviaire. Les aéroports de la région s’étaient alors dotés de caméras infrarouges mesurant la température des passagers, une mesure écartée en France au prétexte que "son efficacité n’est pas prouvée"""
https://www.lemonde.fr/international/article/2020/03/21/le-denigrement-du-masque-en-europe-suscite-la-consternation-en-asie_6033926_3210.html

"""Une analyse chinoise du 19 février avait obtenu des résultats positifs in vitro. Le gouvernement chinois a annoncé qu’un consensus s’était dégagé pour inscrire la chloroquine dans l’arsenal thérapeutique contre l’épidémie de Covid-19. Le Pr Raoult a lancé en mars une étude clinique sur 24 patients infectés par le Covid-19. Il évoque les résultats préliminaires le 16 dans une vidéo. Après 6 jours de traitement à base d'HCQ et d’antibiotique, le virus a selon lui disparu chez les 3/4 des patients.
De nombreuses voix se sont élevées pour critiquer la faiblesse de son étude : menée sur trop peu de patients, l’analyse s’est limitée à l’évolution de la charge virale, les recherches n’ont pas été menées en "double aveugle", c’est-à-dire avec un autre groupe de patients comparable auxquels on n’aurait pas donné ce traitement ; et les données brutes n’ont pas été publiées pour que d’autres chercheurs y aient accès. Ils appellent à la prudence et rappellent que les analyses chinoises in vitro sont opaques. Le Haut Conseil scientifique a recommandé, à ce stade, de ne pas utiliser l'HCQ dans le traitement du Covid-19, à l’exception de formes graves hospitalières et sous surveillance médicale""".
https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2020/03/24/huit-questions-sur-l-hydroxychloroquine-possible-traitement-du-covid-19_6034290_4355770.html

"""Que pensez-vous de l’avis du Haut Conseil de la Santé publique (HCSP), rendu public lundi 23 mars, qui recommande de n’utiliser l’hydroxychloroquine que dans les cas graves ?
"Une étude chinoise vient de montrer que ce médicament ne fonctionne plus sur les cas très graves, alors qu’il donne des résultats sur les formes moyennement sévères. Les médecins qui le prescrivent constatent qu’il ne faut pas le donner quand la maladie est trop sévère". (Pr Christian Perronne, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital de Garches)"""
https://www.nouvelobs.com/coronavirus-de-wuhan/20200324.OBS26534/beaucoup-de-medecins-donnent-de-l-hydroxychloroquine-quand-ils-en-ont-mais-ce-n-est-pas-officiel.html

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26 mars - (I) Didier Raoult : "Le médecin peut et doit réfléchir comme un médecin, et non comme un méthodologiste".

"""Il est nécessaire que la société s’exprime sur les problèmes de l’éthique, et, en particulier, de l’éthique médicale. Des institutions ont été créées pour y répondre, telles que le Comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé (CCNE) ou les Comités de protection des personnes, chargés de l’évaluation des projets de recherche médicale. Malheureusement, ces structures ont évolué sous l’influence des spécialistes de la méthode et, petit à petit, la forme a fini par prendre le dessus sur le fond. Les vrais problèmes moraux et déontologiques ne me semblent plus y être prioritaires. L’avis du comité d’éthique sur la vaccination obligatoire ou sur la restriction de médicaments de base devait faire l’objet de l’avis d’un "vrai" comité d’éthique. 
Par exemple, dans le projet de l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) que j’ai créé il y a dix ans, était inscrite la création d’un comité de "déontologie" ou de "morale". Depuis, ce comité nous a donné plusieurs avis qui me paraissent plus en accord avec ce que je crois. Premièrement, il a insisté sur l’importance de la transparence et des liens d’intérêt. Les gens ne doivent pas porter d’avis sur les domaines où ils ont un lien d’intérêt, car ceci devient un conflit d’intérêts. Ainsi, quelqu’un qui travaille sur la thérapeutique peut donner un avis sur le diagnostic ou l’épidémiologie, pas sur une thérapeutique qui contiendrait des produits sur lesquels il a travaillé. Dans la situation actuelle, un rappel de cette notion de bon sens pourrait être important. 
La deuxième chose est que nous avons interdit les contacts directs, à l’intérieur de l’IHU, entre les représentants des entreprises pharmaceutiques (visiteurs médicaux) et les praticiens. Je crois que nous sommes une des rares, ou la seule, institution qui ait implanté une démarche de cette nature en France.
Enfin, alors que les comités d’éthique et les comités de protection des personnes ne voient aucun problème éthique aux études de non-infériorité, nous les avons interdites. Il s’agit de démontrer que le médicament que l’on teste n’est pas plus toxique ni moins efficace que le traitement habituel. Pas meilleur, juste aussi bon. Et, on est censé dire au malade qu’on va lui donner au hasard soit le médicament dont on sait qu’il marche, soit le médicament dont on ne sait pas s’il marche."""
https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/03/25/didier-raoult-le-medecin-peut-et-doit-reflechir-comme-un-medecin-et-non-pas-comme-un-methodologiste_6034436_3232.html

https://www.dakarxibar.com/international/didier-raoult-le-medecin-peut-et-doit-reflechir-comme-un-medecin-et-non-pas-comme-un-methodologiste/


Et si c'est pas encore assez clair pour certains, on peut trouver ces précisions dans une autre interview récente :

"""Le problème, c’est qu’intellectuellement, ils ont du mal à admettre qu’une nouvelle maladie, un nouveau virus, puissent être traités efficacement par des molécules anciennes qui ne coûtent rien, et pas par une nouvelle prouesse de la recherche pharmaceutique, très chère et très compliquée à industrialiser". Depuis des années, Didier Raoult plaide pour une révision des modèles économiques de la santé, afin que l’ensemble des molécules existantes, créées pour la plupart au XXe siècle, soient considérées comme un patrimoine au service de l’humanité. "Ce n’est pas le cas aujourd’hui, se désole-t-il, car on abandonne les médicaments qui ne rapportent rien, même s’ils sont efficaces. C’est comme ça que plus aucun antibiotique n’est fabriqué en Occident et que nous avons régulièrement des pénuries sur des molécules très importantes, comme récemment la doxycycline, indisponible pendant 6 mois alors que nous en avons besoin au quotidien pour soigner les gens"""
https://reseau-healthtech.fr/Mais-qui-est-le-professeur-Raoult-possible-vainqueur-du-Coronavirus-fin-fevrier.html

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(II) Protocole de fou (test sur l'HCQ)


Lu à l'instant une question dans un tchat du Monde, suivie d'une réponse hallucinante :

"""Dans l'essai Discovery, pourquoi l'hydroxychloroquine n'est elle pas associée à l'azythromicine alors que c'est cette combinaison qui a l'air de produire les résultats, selon le Dr Raoult ?
Discovery est un essai européen coordonné par l'Inserm. Cette recherche est un essai qui prévoit cinq modalités de traitement, mélangeant l’approche anti-viral et l’approche immunologique :
-soins standard ;
-soins standard plus Remdesivir (un antiviral dévéloppé contre Ebola, non commercialisé) ;
-soins standard plus Lopinavir et Ritonavir (une molécule anti-VIH ancienne) ;
-soins standard plus Lopinavir, Ritonavir et interféron beta (un médicament utilisé pour lutter contre l'inflammation pulmonaire) ;
-soins standard plus hydroxycholoroquine.
L'HCQ sera comparé comme les autres molécules. Cet essai de recherche se fait en temps réel et est évolutif. Les investigateurs vont être réactifs aux poussées épidémiques et faire évoluer la recherche au fur et à mesure pour sélectionner les meilleures molécules le plus rapidement possible. En présence de trop peu d'efficacité, ils arrêteront pour basculer vers d'autres molécules candidates.
Pourquoi il n’y a pas l’Azythromycine, parce que les données marseillaises ne concernaient que 6 personnes... Et sans groupe contrôle puisque par définition seuls ceux ayant eu une pneumonie ont eu cet antibiotique qui par ailleurs est en tension dans certains hôpitaux""".


En clair ils ne vont pas tester la solution avec le Zithromax que préconise Raoult !!!
Ils aiment pas Sanofi à l'Inserm ou c'est les gens qu'ils n'aiment pas ?

                                                     * 

(III) Portez des masques ! (quels qu'ils soient)

 
Ça y est ! J'ai enfin trouvé (incidemment) l'info que je cherchais depuis un bon moment. Elle est dans un check du Monde, à propos du laps de temps où le virus survit sur différentes surfaces. Ma question portait sur l'intérêt des masques (employés partout en Extrême-Orient) et le baratin des toubibs et autres experts ici, qui nous racontent que sa seule utilité est que quand un porteur infecté en porte, il ne contamine plus les autres. Voici donc l'extrait :

"""Les risques de contamination, c’est la question centrale, mais c’est aussi une question à laquelle il est très difficile de répondre. Dans leur étude, les chercheurs précisent bien que la transmissibilité du virus aux personnes qui rentreraient en contact avec des surfaces infectées n’est pas démontrée, faute de données. "Ce qui pose vraiment problème, c’est qu’on ne connaît pas la dose infectante", c’est-à-dire la quantité de virus suffisante pour générer une infection, prévient la virologue Astrid Vabret."""

La dose infectante... Outre mon humble avis, qui consiste à dire que vraisemblablement chacun est sensible à une dose propre, dire qu'il existe une "dose" de virus à partir de laquelle il devient dangereux, c'est admettre une efficacité (certes relativeau fait de porter un masque pour se protéger !

Le virus est de plus propagé entre autres par les excrétions salivaires des porteurs de virus, qui voyagent donc à l'intérieur d'un milieu aqueux (gouttelettes), une partie me semble donc logiquement retenue sur le masque et la dose de contact très différente avec un masque : le virus ne circule pas isolé dans l'air, où il s'infiltrerait alors effectivement dans les interstices des masques voués au grand public, comme on nous le dit, s'il voyage à travers des gouttelettes !
Bien sûr je peux me tromper...

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27 mars - (I) La liberté est fondamentale dans la démocratie. Elle en est peut-être la valeur première. Une démocratie qui, alors qu'aucune autre médication n'est sur le marché, refuserait aux gens le droit de choisir, et ne proposerait que le bon vouloir des médecins pour qu'ils accèdent à un type de soin qui les empêchera PEUT-ÊTRE de mourir dans des conditions atroces s'appelle une dictature... et une telle façon de faire n'est pas très loin du génocide !

(II) Raoult et les médecins

"""La relation entre l'infectiologue et le couple Agnès Buzyn - Yves Lévy, longtemps aux commandes du ministère de la Santé et de l’Inserm, agite les fantasmes. L'Inserm, pour Raoult, c'est l'establishment médical par excellence. Qu'il exècre. Le conflit entre Levy et Raoult prend un tour plus personnel à l'occasion d'une tentative de réforme des statuts des instituts hospitalo-universitaires (IHU). Créés en 2010, les IHU incarnent un modèle de recherche médicale pour lequel le Marseillais a longtemps manifesté son attachement. Le fonctionnement des IHU ? Ils profitent du statut de "fondation" pour obtenir des financements privés et une plus grande liberté de recherche par rapport à l’État.
Mais l’arrivée d’Agnès Buzyn au ministère de la Santé en 2017 bouleverse les choses : si, déjà, le soupçon du conflit d’intérêts plane sur elle parce que son époux dirige l’Inserm, une décision interministérielle de 2017 enfonce le clou. La ministre décide de torpiller les IHU en les transformant en groupements d’intérêt public (GIP). Concrètement, il s'agit de mettre fin au modèle "fondation" des IHU, et d'abaisser leurs crédits de 400 à 200 millions d’euros. Le tout selon les critères souhaités par son mari qui voulait la peau des IHU et comptait les ramener dans le giron de l’Inserm, comme le Canard enchaîné et Marianne le révélaient à l'époque dans de longues enquêtes. C’est là que Didier Raoult se rebiffe publiquement : "Les IHU sont un enjeu d’autorité et de territoire pour Yves Lévy. Il voudrait les diriger depuis Paris". Il persiste et signe aujourd'hui : "Yves Lévy donnait des ordres à tout le monde, il croit qu’il peut nous faire obéir. Les grands scientifiques n’obéissent à personne." Sur la question du conflit d'intérêts impliquant le couple Buzyn-Lévy, la ministre aura alors la réponse toute trouvée : ce n’est pas son ministère mais Matignon qui a opéré cette décision. La même pirouette qui lui avait permis, à son arrivée à la Santé, de balayer d'un revers de la main les critiques en annonçant qu’elle se déporterait de tout dossier concernant l’Inserm.
C’est dans ce contexte que débute l’année 2018, et le transfert des laboratoires de recherche du professeur Raoult dans le nouvel IHU de Marseille. Il réorganise ses pôles de recherche et doit alors obtenir leur labellisation venant des grands établissements publics scientifiques. Yves Lévy dit vouloir analyser la labellisation des unités de recherche de Raoult. Ce dernier ne reçoit pas le label de l'Inserm, huit ans après avoir remporté le grand prix de l'institut en 2010.
Ces querelles auraient-elles un lien avec le classement de l’hydroxychloroquine sur la liste II des substances vénéneuses ? Mais les faits montrent qu’il s’agit surtout d’un curieux hasard : cette décision a été motivée par une demande de l’ANSM de 2018 pour faire classer l'HCQ au même standard que la chloroquine, molécule dont elle est dérivée. Pour Raoult, il est "sidérant" de classer ainsi l'HCQ au niveau d'une drogue. Pour autant, "le savant ne se risquerait pas à établir un lien de causalité
" entre cette décision et ses recherches sur la molécule, nous fait-il savoir."
Les "décideurs parisiens" attendront presque un mois pour intégrer l'HCQ à un test clinique européen, le 22 mars. Ironie du sort : c'est l'Inserm (dont Yves Lévy n'est plus le PDG depuis octobre 2018) qui conduira le test pour la France. Raoult réagit au quart de tour : "L'Inserm, aujourd'hui, je m'en fous". Avant de déblatérer sur le Conseil scientifique : "Faire une étude dont on aura les résultats dans six semaines, nous sommes avec des fous."""
https://www.marianne.net/politique/didier-raoult-et-le-milieu-medical-parisien-histoire-d-une-detestation-reciproque

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28 mars - Y a-t-il des consignes pour que médecins et journalistes ne crient pas trop victoire avec le protocole Raoult ? D'une part ils ont presque tous le même discours de méfiance (certes vaguement scientifique) ; mais de l'autre on entend sans arrêt que de leur côté, les types en hôpital utilisent déjà la molécule. Sans le dire alors ? Quelques voix malgré tout s'élèvent pour être choqués de la lenteur du protocole, et qu'on ne prescrive pas plus souvent l'association en question vu qu'il n'y a rien d'autre pour le moment. Hier par exemple, on voyait Patrick Pellous très remonté. Osons espérer en tous cas que dans les consignes, soit stipulé que les gens ont le droit de tenter l'association plutôt que rien, et que les médecins "sceptiques" n'aient pas celle de n'en faire qu'à leur tête. La seule raison cohérente à mon sens pourrait être alors que ça marche pas trop mal, mais pas si bien que ça en fait, et que c'est ça qu'ils ne voudraient pas dire au public (l'autre, celle d'une guerre entre labos ou conflits d'intérêt, étant si sordide que je ne préfère pas l'envisager).

 
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(II) Conférence de presse d'Edouard Philippe.


Au paradis des dictateurs, Staline pleure. Il vient de voir la conférence de presse de Philippe et se sent humilié. Jamais il n'aurait osé faire une conférence de presse avec UN journaliste. Philippe lui l'a fait ! On attendait donc les questions des journalistes, en espérant vaguement qu'une ou deux auraient un quelconque intérêt, et patatra : personne (t'as le bonjour de la démocratie) ! A un moment le questionneur n'a même pas le temps de finir sa phrase que Philippe récite déjà la réponse. Trop fort ! On n'a donc bien sûr rien appris. Enfin si, une chose : qu'on ne saurait pas si le virus dont on trouve trace sur différents supports (carton, plastique, verre etc) est encore contagieux ou pas. Sauf que ce scoop fut émis par quelqu'un qu'on ne s'attendait pas à voir débarquer aux côtés de Philippe : la chère professeur en médecine habitant un temps sur les chaînes d'info elle-même : celle jadis "écœurée" par ce qu'il se passait autour de l'HCQ, celle en lien avec la laboratoire Gilhead, lui-même en compétition dans les tests de l'Inserm avec la molécule vantée par Raoult, Karine Lacombe herself ! Le ministre de la santé a aussi expliqué qu'on allait passer de 10.000 à 14.000 lits de réanimation, sauf que le chiffre a toujours été de 12.000. Même dans un cas aussi grave, il n'y a donc aucun moyen qu'on se contente de dire les choses sans en rajouter. L'affaire est pourtant simple si l'on est concerné : laisser une fois tomber les calculs politiques et autres, et de se plonger dans un drame humain à échelle universelle. Il semble que ce soit encore trop demander.

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29 mars - Le problème n'est pas de savoir si Raoult a tort ou raison, il est qu'en l'absence de remède incontestable, on n'entend jamais le moindre débat sur la possibilité de laisser aux gens positifs au test la responsabilité de choisir de se soigner avec l'HCQ (en déchargeant ainsi celle des médecins). Il y a une volonté de ne jamais sortir du cadre habituel de répartition des responsabilité alors qu'on est dans une situation extraordinairement dangereuse et qu'aucun remède n'a prouvé son efficacité. Cette façon de faire traîner les choses (avec des essais interminables) alors que les hôpitaux arrivent à saturation est le signe d'un gouvernement incapable de prendre responsabilité et initiative dans cette affaire.

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31 mars - L'unité nationale, c'est moi !

"""Interrogé sur les critiques en imprévoyance auxquelles fait face l’exécutif, Macron estime que lorsque l’on "mène une bataille, on doit être unis pour la gagner. Et je pense que toutes celles et ceux qui cherchent déjà à faire des procès, alors que nous n’avons pas gagné la guerre, sont irresponsables"""
https://www.nouvelobs.com/politique/20200331.OBS26873/macron-repond-aux-critiques-celles-et-ceux-qui-cherchent-deja-a-faire-des-proces-sont-irresponsables.html

L'heure n'est effectivement pas au procès. N'empêche que Macron serait moins parano s'il était moins sourd. Envisager d'autres stratégies que la sienne (et donc critiquer la sienne), c'est pas "faire un procès". C'est facile de rien écouter et de prôner l'unité nationale en réponse à ceux qui proposent autre chose ! Ça lui arrive de penser qu'il peut se tromper dans ses choix ?
J’en suis arrivé au stade où je me demande si ce n’est pas parce qu'ils sont tous tellement occupés à débattre de savoir qui a tort et qui a raison (Raoult or not Raoult) que ça ne leur traverse pas l'esprit que le problème est ailleurs : qu'il est question d'abord de la liberté et de la responsabilité de chacun. C'est juste dingue qu'on en soit là !


Mais si personne ne pose les bonnes questions à Macron et qu'il les a pas en tête, il changera pas d'avis ! Moi je dis que c'est pas à lui d'interdire la liberté aux citoyens de choisir un soin en l'absence de traitement avéré du coronavirus. Mais Mélenchon le dit aussi. Et en guise de réponse, j'en ai lu deux : celles de rigolos à Libé ne trouvant rien d'autre à répondre qu'ironiser en demandant si les gens décideraient quoi faire en consultant le net (Libé donc incapable de comprendre que le problème, c'est celui du droit d'avoir prise ou non sur son propre destin) ; et celle des anti-Raoult de base qui se prétendent scientifiques en martelant qu'il faut attendre que le dieu Science se manifeste pour se sortir les doigts du cul, mais en oublient le paramètre de "l'urgence", pourtant si évident. Du coup les types commencent à se demander s'il va falloir choisir les candidats à la réa, en clair laisser crever les vieux par manque de lits !


LAISSER LES GENS CHOISIR ! Désolé je radote mais c'est LE PROBLÈME, et Macron regarde ailleurs et c'est tout ! Comme si le brave gaulois n'avait pas son mot à dire sur ce genre de problème de vie et de mort : "toi tu dois crever pour ne pas briser l'unité nationale que moi j'impose : l'unité nationale, c'est moi !".


Ça pourrait se juger aux assises !

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(suite ici)

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