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Billet de blog 3 déc. 2021

Journal d'un complotiste (2)

Aldo B
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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

2 Avril 2020 - Voilà, c'est fini.

 
Enfin certes, on n'est pas encore au pic de la pandémie mais pas grave, c'est fini : ils se sont habitués...

Politiques, médias, ils gèrent... déjà presque en position de spectateurs. On cause sortie du confinement. Pas comme si un million de français allaient mourir, ou deux ou trois. Non, on sait déjà. On va bientôt pouvoir passer au problème suivant : l'Afrique. Combien pour éviter les dix ou euh... cent millions de morts ? D'autant que, comme ils disent au Figaro, ça pourrait revenir via l'immigration (ah les salauds). Et le scandale des vieux écartés de la réa, sortira, sortira pas ? Mais qu'est-ce qu'on pouvait faire de plus, z'avez pas vu les TGV et les hélicos ? Merde quoi, les vieux, c'est la vie quoi (courage pépé, faut bien crever un jour) !

Raoult ? Je mettrais bien une petite pièce qu'on va rien lui trouver de bien génial, à son protocole, ce serait trop gênant. Ensuite ils diront que c'était pas la peine de tester l'HCQ avec l'antibiotique préconisé puisque toute seule, ça marchait pas mieux que le reste. Et à celui qui dira que ça aurait pu épargner 10.000 vieux, on lui répondra : "qu'est-ce qu'on en sait, puisqu'on l'a pas testé ? ". C'est ça qu'ils font avec les mots (et les choses). Tenter quelque chose, soigner plutôt que rien faire, tenter d'agir sur sa vie, sa mort, ça deviendra de la philo, des trucs d'intello. Pas comme si ça avait tué 5 à 10 millions de personnes.

Peut-être la prochaine fois alors, si on a un genre cocktail de coronavirus et d'Ebola ? Là aucun doute, ça sera peut-être bien l'hydroxymachinchouette, avec dix millions de morts en perspective. Enfin peut-être. Pas grave, cette fois c'était pour de rire donc. Un manque à gagner consécutif à deux mois d'arrêt de la production, et un bilan humain de l'équivalent de quatre ou cinq grippes saisonnières : c'est quoi quatre ou cinq grippes ? Que dalle. Et puis la crise économique, certains disaient qu'elle nous pendait au nez, ça tombe presque bien ce coronavirus, dans le genre bouc émissaire. Les masques ? Bah la prochaine fois, ça sera pas pareil (même si ça sert à rien bien sûr, les masques). Quoi encore, agir sur son destin ? (mais il insiste, il est lourd). C'est notre job le destin, on est là pour ça, au gouvernement ! Qu'est-ce que vous voulez encore, de quoi vous plaignez-vous, songez aux dictatures... enfin à ces pays tout bizarres pas comme nous, pas habitués à la liberté, où ils mettent des masques comme des fourmis, où ils testent et ne ne confinent que les positifs, ces sous-développés de la démocratie. Quoi ça : zéro morts au Vietnam ? On n'est pas des vietnamiens quand même !

Un Français résidant au Vietnam : "La France, ce pays en voie d’enveloppement"


"""Au Vietnam, pays “en voie de développement” de 93 millions d'habitants, on ne compte à ce jour aucun mort. On gère en confinant les personnes contaminées, en les testant et en identifiant les personnes risquant de l’être. Quelques milliers de confinés au Vietnam, par rapport aux millions en France. La population entière porte le masque, ne pas en porter est une imbécillité coupable. Au Vietnam, les dépistages sont maîtrisés et sont même exportés, alors qu’en France même les médecins ont du mal à en bénéficier.
Nous, Français, qui vendons notre savoir-faire partout dans le monde, nous voilà réduits au chaos de décisions hésitantes, aux choix de vie ou de mort des patients, et d’un virus dont les modalités de transmission ne résistent pourtant pas à la rigueur de gestes simples. Le Vietnam, Etat presque insignifiant en matière de puissance économique, avec des infrastructures supposées défaillantes, endigue ce virus de manière humaine et appliquée, pas à pas, puisque les cas sont encore comptés individuellement, et non pas en enfermant ses millions d’habitants chez eux.
Où est l’Etat totalitaire ? Où est l’Etat protecteur ? Lequel est en faillite ?
Cette crise sanitaire majeure met en lumière non pas la force d’un virus, mais la faiblesse et l’orgueil de notre pays supposé développé. Elle met en lumière la destruction de ce qui faisait notre beauté."""


https://www.nouvelobs.com/coronavirus-de-wuhan/20200402.OBS26948/un-francais-residant-au-vietnam-la-france-ce-pays-en-voie-d-enveloppement.html

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5 Avril - Un taux de contamination problématique


On nous dit qu'à 60 % de la population ayant contracté le virus, on serait à l'immunité collective. Et aussi qu'un porteur contaminant en moyenne 2/3 personnes, du coup si les deux tiers sont immunisées, il n'en contaminera qu'une, et exit le risque exponentiel. D'autre part pour connaître le pourcentage par région de la population immunisée, il suffirait de tester un gros échantillon région par région. Aussi les régions très touchées devraient donc être les premières déconfinées, puisqu'elles comptent plus d'immunisés (et ce serait plus problématique pour les autres, sachant qu'à 30 % d'immunisés par exemple, on retombe dans des chiffres exponentiels).


Sauf que depuis le début, j'ai du mal avec la stat comme quoi un porteur contaminerait seulement 2,5 personnes (déjà n'importe qui ne peut que contaminer sa famille, il me semble). Or hier, dans un journal télé, j'ai entendu un correspondant à Londres disant que le taux de contagion aurait été de 7 et non 2,5 comme toujours dit ici ! Un chiffre anglais ? Un autre ici pour éviter la panique ? Peu importe. Sauf que ça mettrait les choses dans une drôle de perspective... et ça montrerait encore une foiis que seule la stratégie extrême-orientale avait une chance de fonctionner (porter tous des masques et tester tous les états grippaux en confinant les positifs). Bref, l'épisode du confinement pourrait n'être pour l'essentiel que la conséquence de la légèreté des européens, sans stock de masques, ni de tests, ni humilité vis-à-vis des scientifiques et médecins asiatiques.
On comprendrait mieux ainsi les larmes de Buzyn...

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9 Avril - Des cycles et des chiffres...


Le raisonnement est le suivant. On sait que les gens sont contagieux dans les 2 jours avant l'apparition des symptômes, sans être très sûr de combien de temps ils le restent. Pareil pour le temps d'incubation que l'OMS a eu la grande sagesse d'évaluer à entre 1 et 14 jours ! En outre, les chinois avaient parlé de "cycles", un cycle étant le nombre de jours pendant lequel un infecté est contagieux. Le Monde parle de cycles d'une dizaine de jours de contagion, les chinois de cycles de 5 jours, ajoutant qu'un porteur contaminerait 2,2 personnes en moyenne.


Le chiffre chinoise de 2,2 m'avait toujours semblé trop petit, et j'en avais vu passer un autre de 7 venant du Royaume-Uni (au dessus). Sauf que l'exponentielle de 2 et celle de 7 sont plutôt différentes ! Il s'agissait donc de voir tout ça en fonction de la durée de cycles : 5 jours pour les chinois, 10 pour Le Monde donc. Bref, le truc oscillait entre 3 cycles de dix jours par mois pour Le Monde et 6 de cinq jours pour les chinois.


Le problème était donc de savoir si par en gros un mois fait 6/7 cycles de 5 jours à une exponentielle de 2,2 par infecté (chiffre chinois), et sinon à quelle autre puissance que 2,2 amènerait au même résultat avec des cycles de 10 jours. Je vous passe le calcul, j'arrivais à la puissance 6 ! Clarifions : si un type contamine en moyenne 6 personnes pendant ses 10 jours de contagion, on arrive au même nombre de contaminés en 35 jours que si un autre contamine 2,2 personnes pendant ses 5 jours de contagion.


Mes calculs restent à prendre avec des pincettes, peu importe. L'essentiel est de raccrocher les wagons pour la suite donc, où, après moult infos diverses voire incompatibles sur la contagion, j'en arrive à penser qu'on ne peut de toutes façons pas tirer grand chose de cette "moyenne" de contamination, et qu'il est bien plus malin de raisonner en différenciant les endroits où une masse de gens peuvent être très peu contagieux, d'avec d'autres où des situations précises font qu'ils peuvent l'être énormément, soit pas vraiment une logique habituelle de "grippe". Autre conclusion : dans ces exponentielles, il suffit de changer un chiffre pour avoir des résultats délirants.


(note ultérieure : on saura après que les chinois avaient raison. On est contagieux 2 jours avant les symptômes et le reste en moyenne 3 jours après, puis la contagion se réduit assez brutalement et rapidement)

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15 Avril - Discours du président

 
 
Tests : "Le 11 mai, nous serons en capacité de tester toute personne présentant des symptômes. Nous n’allons pas tester toutes les Françaises et tous les Français, cela n’aurait aucun sens. Les personnes ayant le virus pourront ainsi être mises en quarantaine, prises en charge et suivies par un médecin".

Aucun sens ?


Masques : "L’Etat à partir du 11 mai devra permettre à chaque Français de se procurer un masque grand public. Pour les professions les plus exposées et pour certaines situations, comme dans les transports en commun, son usage pourra devenir systématique".

Hum...


Immunité : "Aujourd’hui, d’après les premières données qui seront prochainement affinées par les tests sérologiques, une très faible minorité de Français ont contracté le Covid-19. Ce qui veut dire que nous sommes loin de l’immunité collective".

Au moins quelque chose de clair, merci !


Traitement : "C’est pourquoi la première voie pour sortir de l’épidémie est celle des vaccins, parce que c’est sans doute la solution la plus sûre, même s’il faudra plusieurs mois au moins pour la mettre en œuvre. La seconde voie, ce sont les traitements. Toutes les options sont explorées. Il ne s’agit pas de donner un traitement si on n’est pas sûr mais de procéder à tous les essais cliniques pour que toutes les pistes soient poursuivies".

Tout les traitements explorés, on rêve...


Enfin je ne résiste pas à citer le moment où ce petit frimeur n'hésite pas à la ramener face aux résultats en Extrême-Orient : "Avec humilité, il nous faut aujourd’hui décider et agir avec lucidité (...) regardez l’Asie, où le virus semblait avoir été vaincu et revient dans de nombreux pays qui, à nouveau, décident de refermer leurs économies"

0 mort au Vietnam, 4 à Hong-Kong, 6 à Taïwan, 8 à Singapour, 38 en Thaïlande... pas gêné le mec !

 https://www.lemonde.fr/politique/article/2020/04/13/nous-tiendrons-l-integralite-du-discours-d-emmanuel-macron_6036480_823448.html

                                                 *

Véran (même jour) : "les scientifiques estiment qu'environ 10% de la population française aurait été infectée par le virus".

Sauf qu'il y a eu 5 fois plus d'hospitalisés dans le Haut-Rhin que dans la moyenne nationale, et si ce chiffre était juste, les immunisés dans cette région seraient peut-être alors dans les 50 %... soit quasiment au point supposé de l'arrêt de l'exponentialité. Contrairement à tout ce qu'on entend, le Haut-Rhin serait alors la région la plus sûre de France pour déconfiner ! Et un test partiel d'immunité pour ses habitants suffirait à le démontrer (ce à condition qu'infection vaille immunité, bien sûr), mais vu que ça sert à rien de tester, selon not' bon président...

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17 Avril - État des connaissances :
 
-A la question de la contagion des asymptomatiques, les autorités ne répondent pas ; d'autres parlent d'incertitudes ; les abonnés aux plateaux tv éludent ou répondent tout et n'importe quoi.


-A la question de la durée de la contagion, on parle de 2 jours à un mois, en moyenne d'une semaine à 10 jours ; les chinois parlent eux de cycles de 5 jours en moyenne.


-Pour ce qui est du R0, selon la plupart des avis un porteur infecterait 2 à 3 personnes en moyenne ; certaines études américaines envisagent elles entre 4 et 9 personnes.


-Sur l'immunité c'est le flou total, des anticorps semblant ne pas forcément suffire à la garantir. J'ai même vu passer une récente étude chinoise où seuls 2% des porteurs d'anticorps seraient immunisés !


-A la question du nombre de touchés par le virus, Delfraissy et "des scientifiques" n'hésitent pas à parler de 7 millions de personnes (10% des français).


-Pour la létalité (décès par rapport aux infectés), on est entre 0,2 et 2% voire plus ! Avec Delfraissy et ses 10% de touchés par le virus, ça ferait 0,25 % ! Raoult est à 0,5% dans son IHU. Le chiffre le plus souvent cité est de 2%.


Nous voilà donc bien informés...
 

                                                  *

(II) Allemagne

Pendant que le meilleur système de santé du monde nous jette en vrac les chiffres ci-dessus en pâture, et patauge (ou nous fait patauger) dans ces approximations, l'Allemagne, dont les autorités ne chantent pas leur humilité du matin au soir et qui n'a pas créé à la va-vite un "Conseil scientifique" à sa botte en évinçant d'une pichenette l'autorité susceptible de remplir précisément les mêmes fonctions (Haut Conseil de la Santé Publique, Haute Autorité de Santé), a annoncé lundi un allègement progressif de ses mesures de restrictions.

"""L’épidémie de nouveau coronavirus est désormais "sous contrôle et gérable", s’est félicité le ministre de la Santé : "nous avons réussi à passer d’une croissance dynamique à une croissance linéaire, les taux d’infection ont diminué de manière significative". Le taux d'infection est descendu à moins de 1. Cet indice, qui mesure le nombre de personnes contaminées en moyenne par chaque malade du Covid-19, est descendu à 0,7, selon l'estimation publiée jeudi soir par l'Institut Robert-Koch (...) Angela Merkel a prévenu que toute nouvelle augmentation du taux d'infection ferait déborder le système de santé allemand : "Même avec un taux à 1,1, nous pourrions atteindre les limites de notre système de santé en terme de lits en réanimation d'ici octobre ; avec un taux à 1,2, nous atteindrons les limites de notre système de santé en juillet ; avec un taux à 1,3 nous y arriverons déjà en juin"""


Les allemands sont donc traités comme des adultes. Les autorités n'emmerdent pas les gens en leur collant des amendes quand ils prennent l'air. Elles leur expliquent les choses avec quelques chiffres sans les noyer dans une logorrhée auto-satisfaite.


La seule excuse que je consens à reconnaître, c'est que les allemands n'ont pas eu de foyers importants d'infection (comme à Mulhouse par exemple), et se sont organisés dans une situation moins catastrophique que la nôtre (mais il n'ont pas non plus attendu comme nous d'avoir 10 fois plus de morts qu'à Wuhan pour réagir). Et bien sûr ils avaient des tests (mais se sont débrouillés pour les avoir).

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18 Avril - Savoir vs empirisme (à propos du coronavirus)


La dictature de la raison a encore fait des siennes. Au lieu de faire ce qu'on pouvait dans l'urgence d'une maladie dont on ne connaissait rien, il a fallu à tout prix "savoir"... quitte à savoir au moment où ne reste qu'à compter les morts. Les confinés dans le savoir seront-ils un jour libérés de leur connerie ?


La source principale à partir de laquelle j'ai fait ce résumé est : https://blogs.mediapart.fr/laurent-mucchielli/blog/160420/mais-ou-est-donc-passee-la-haute-autorite-de-sante.

Mais je me suis aussi aidé de deux autres : https://jdmichel.blog.tdg.ch/archive/2020/04/03/hydroxychloroquine-le-bal-des-ignares-305545.html ; https://blogs.mediapart.fr/laurent-mucchielli/blog/290320/derriere-la-polemique-raoult-mediocrite-mediatique-et-interets-pharmaceutiques

Ces sources pourraient bien être "pro-Raoult". J'en sais rien et c'est pas mon problème : on peut le lire le texte sans prendre parti. J'ai déjà dit ce que j'en pense : mon point de vue est qu'en l'absence de traitement, il faut laisser aux gens le droit de se soigner comme ils l'entendent, à condition d'être encadrés par des médecins, et bien sûr en retirant à ceux-ci la responsabilité de la prescription du traitement. Telle devrait en tous cas être la version "démocratique" par rapport à l'autoritarisme chinois. Sauf qu'on voit pas bien la différence en matière d'autorité, en dehors du fait que les chinois sont bien moins cons que nous.

  
Medical guideline


Face à la crise naissante, la Chine ou la Corée du Sud n'ont pas attendu les résultats de tests comprenant placebos et procédures en double aveugle pour entrer en action sur des bases temporaires. Des traitements ont été proposés. Si possible en privilégiant le repositionnement de molécules déjà connues (HCQ). Mais en ouvrant aussi l'expérimentation à de nouveaux traitements.


 
En Chine, en Corée, en Russie existent ce qu'on appelle des "medical guideline". Ce sont des lignes directrices proposées aux médecins pour encadrer leurs traitements. En Chine on en est au 7° guideline sur le coronavirus, en Russie au 5°. En France et à la place, a été proposé un document le 16 mars (voir lien), très loin d'aborder toutes les ressources disponibles en matière de traitement. La Chine comme la Corée du Sud ont mis au point leur lignes directrices médicales face à l’urgence, quitte à changer de cap, affiner etc. Au fur et à mesure, des leçons ont été apprises, des catégories de population déterminées. Des impasses ont été abandonnées. En France, le débat s’est borné à une lointaine et imaginaire science dure. Non seulement un traitement peu cher, versé dans le domaine public, aura été dénigré, mais en plus, semaines après semaines, mois après mois, la privation des moyens possibles d’intervention contre le Covid-19 est devenue une sorte de règle.


La France n'avait-elle donc aucun support administratif et scientifique pour aider le politique à l’heure du choix ? En théorie, oui : la Haute Autorité de Santé. Autorité scientifique et indépendante créée en 2004 et organisée en collège. Plus de 400 agents, des centaines d'experts mobilisables. Si l'on ne s'en sert pas maintenant, à quoi sert-elle ? La HAS définit les recommandations de bonne pratique clinique, de santé publique, s’occupe des guides de prise en charge, donne des avis informés aux pouvoirs publics pour agir : "Au cours des réunions du groupe de travail, l’argumentaire scientifique et les propositions de recommandations sont discutés en fonction des données et pratiques existantes. En l’absence de preuve scientifique, une proposition de recommandation figurera dans le texte des recommandations soumis à l’avis du groupe de lecture si elle obtient l’approbation d’au moins 80 % des membres du groupe de travail". Tous les cas étaient prévus. Avec ce cadre, tout aurait été transparent. Il y a là un mélange entre la production des faits de science, leurs limites, le recours à l'expérience, ses risques, obligeant le politique à trancher en dernier recours devant l’évaluation d’un collège d’experts.


Personne ne semble s'être ému de l'absence de cette autorité capable d'agir avec célérité. Pas de surprise à l’annonce de la nomination d'un Conseil scientifique faisant doublon. Seuls des juristes se sont posés la question le 13 avril dernier : "le Conseil scientifique n’avait aucune base légale alors que des comités scientifiques existaient : Santé publique France, Haute Autorité de Santé, Haut Conseil de la Santé Publique". Pourquoi cet oubli de la part de nos dirigeants ? Mme Buzyn devait pourtant bien se souvenir de l'existence de la HAS : elle en était présidente jusqu'au 7 mai 2017, date de sa prise de fonction comme ministre. Certes la HAS avait déjà été impactée par des conflits d'intérêts. Six des neuf membres avaient oublié de déclarer leurs liens financiers avec des laboratoires pharmaceutiques. Mais depuis, des dispositions avaient été prises, et nous pouvons désormais lire que "afin de garantir l’indépendance de ses travaux, la HAS doit s’assurer que les experts ne détiennent pas de liens d’intérêt susceptibles de compromettre leur indépendance".
Bref, au lieu de repartir sur ces bases, le Conseil scientifique a été créé à la va-vite.

 
EBM
De plus, a été stigmatisée la démarche du Pr Raoult du fait de l'absence d'une méthodologie prétendue implacable. C'est un non-sens qui fait croire que la science "par la preuve" est l'alpha et l'oméga de la pratique médicale, et c'est autour de ce non-sens que s'est figée la polémique Raoult. Ses contempteurs citent dans leurs arrogantes démonstrations la méthode récente de la médecine basée sur la preuve (Evidence-Based Medecine = EBM), et leur incapacité à remettre en cause leurs certitudes empêche un débat sanitaire public constructif.


Pourtant de nombreuses critiques sont émises envers l'EBM : adaptation du chiffre à la médecine ; coût élevé de certaines expériences scientifiques ; possibilité de faux ; effacement de l'expérience clinique ; conflits d'intérêts avec des industries devenues les seules à disposer de moyens financiers assez lourds pour réaliser des tests longs et hautement spécialisés. Avec les maladies chroniques, l'industrie pharmaceutique a fourni par supertankers entiers des résultats faux permettant de mettre sur le marché des produits coûteux, inutiles et souvent dangereux. Le tout enrobé d’un vernis de respectabilité scientifique qui fait encore illusion. Le Vioxx constitue peut-être la mère de tous les scandales : le médicament est mis sur le marché en 1999 dans le cadre d'une procédure accélérée, alors que son fabricant connaît pertinemment un risque accru d'accident cardiaque mortel. Le médicament fera finalement plus de 26.000 morts aux États-Unis avant d'être retiré des années plus tard. L’EBM multiplie aussi à l’envi les contre-études bidon visant à emberlificoter des réalités incontestables, les fameux "Monsanto Papers" par lesquels la multinationale contestait de manière fallacieuse l’évidente toxicité de ses produits par des documents pseudoscientifiques en est un exemple récent.


Ici l’avis averti de différents rédacteurs en chef des plus prestigieuses revues médicales pour illustrer ces dévoiements multiples de la démarche EBM :


-"La plupart des études scientifiques sont erronées, et elles le sont parce que les scientifiques s'intéressent au financement et à leurs carrières plutôt qu'à la vérité" (Richard Smith, British Medical Journal, 2013)
-"Il n'est tout simplement plus possible de croire une grande partie des recherches cliniques qui sont publiées, ni de se fier au jugement des directives médicales faisant autorité" (Marcia Angeli, New England Journal of Medecine, 2009)
-"La profession médicale est achetée par l'industrie pharmaceutique en termes de pratique, mais aussi d'enseignement et de recherche en médecine. Les institutions académiques de ce pays se permettent d'être les agents rémunérés de l'industrie pharmaceutique". (Arnold Relman, New England Journal of Medecine, 2002)
-"Les praticiens peuvent penser qu'ils utilisent des informations fiables en se basant sur des informations trompeuses et prescrire des médicaments qui sont inutiles ou nocifs pour les patients" (Edmond J. Saffra, Harvard University, 2014).


Le Pr Raoult l'a souligné : rien n’a jamais montré dans son domaine la supériorité de l’EBM sur la démarche classique de la comparaison historique, à savoir le fait de simplement vérifier ce qui se passe lorsqu’on donne un traitement en le comparant avec ce qui se passait avant qu’on le donne !


L’essai Discovery, avancé par les autorités sanitaires pour faire de l’EBM autour du Covid est un scandale scientifique et éthique : il ne prend pas en compte le protocole du Pr Raoult (HCQ + AZI dès l'apparition des premiers symptômes), mais uniquement l'HCQ, et en y incluant des cas de pathologies graves.

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20 Avril - Conférence de presse de Philippe


Philippe ne dit plus un mot sur l'immunité collective. Exit aussi les 10% de Delfraissy, voire les 15% entendu ça et là par certains "experts" télé. Il est revenu à 2 à 6 millions d'infectés, soit entre 3 et 9%. Six millions, ça a l'avantage de ne pas tourner Delfraissy en ridicule, mais deux millions ça fait 3% et retour à des chiffres plus vraisemblables. Et comme les "seniors" refusent d'être confinés et que ça semble être acté par le gouvernement, fini dirait-on l'espoir d'une immunité "en douceur", à partir d'une tranche de population moins fragile.


Pour commenter ce qu'on sait ou non de la maladie, on a eu droit à une femme impliquée dans le test Discovery (évaluant donc la procédure Raoult mais sans l'antibiotique préconisé). Le test devait s'effectuer sur 3500 personnes dont 800 français. Son baratin embrouillé fut difficile à comprendre, mais on eut l'impression que ce simulacre scientifique n'a intéressé personne à l'étranger, au point qu'on en serait à peut-être 700 personnes volontaires à ce jour... avec des résultats à la saint-Glinglin, ça va de soi !


Sinon on a eu enfin droit au R0 actuel, qui aurait été évalué selon Philippe à entre 3 et 4 au début (alors qu'il a toujours été question de 2 à 3), et qui serait maintenant à 0,6 (soit le chiffre allemand) grâce au confinement.


Enfin franche rigolade pour finir avec les masques, qui désormais empêchent le porteur de contaminer les autres, mais aussi le protège ! Masques qui pourraient devenir obligatoires dans les transports en commun. A part ça Macron s'auto-congratulait d'avoir multiplié la production hebdomadaire de masques par cinq (1 à 5 millions), mais pour Philippe on a simplement doublé (4 à 8 millions). Pas grave, les français aussi sont fâchés avec les chiffres.
 

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 20 Avril - Scientificité des essais en double aveugle - Étude Discovery

"""L'étude randomisée en double aveugle est une démarche expérimentale utilisée dans de nombreuses disciplines de recherche. En pharmacie, elle est utilisée dans le développement de nouveaux médicaments et pour évaluer l'efficacité d'une démarche ou d'un traitement. Durant l'étude sur un médicament, ni le patient ni le prescripteur ne savent si le patient utilise le médicament actif ou le placebo. Le rôle d'un tel protocole, relativement lourd à mettre en place, est de réduire au mieux l'influence sur la ou les variables mesurées que pourrait avoir la connaissance d'une information à la fois sur le patient et sur le médecin. C'est la base de la médecine fondée sur les faits. (...) On ne pourra dire qu'un traitement a de l'effet que si l'on observe une différence statistique significative entre les deux groupes, c'est-à-dire que la probabilité que la différence observée entre les deux traitements soit due uniquement au hasard, est inférieure à un certain seuil fixé. En médecine, ce seuil est très souvent fixé à 5 %.""" (wiki)


Le placebo étant en moyenne estimé à 30%, la "différence significative" c'est quoi ? Si un médicament obtient 40% d'amélioration en double aveugle, il peut peut-être être scientifiquement considéré comme bénéfique, et un labo pourrait avoir une autorisation de le mettre sur le marché (encore qu'on ose espérer qu'il faille un autre genre de pourcentage) ? Bref, si les molécules de Raoult améliorent 30% de ses patients, la science dira que c'est l'effet placebo. A 40% elle dira que peut-être que ça marche un peu mais qu'on n'en sait trop rien. Et si elle guérit 100% des gens, ça ne sera toujours pas considéré comme scientifique puisque seul le test en double aveugle fait office de preuve depuis un mois et que la notion d'efficacité empirique ne vaut plus rien !


D'autant qu'il est absurde de raisonner à partir d'effet placebo pour une maladie dont on ne sait si 30, 60 ou 80% ne développe pas de symptôme ! Discovery s'est faite sur 700 personnes (au lieu de 3500). On donne donc sauf erreur quatre traitements différents plus le placebo. Chaque traitement est du coup testé sur 140 personnes, dont beaucoup ne développeraient de toutes façons jamais la maladie. On a donc de bonnes chances de ne pouvoir rien en tirer, et donc encore moins pour la raison qu'il faut tenir compte des asymptomatiques.... qui varient donc de 30 à 80 % selon les avis !

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21 Avril - Institut Pasteur et de l'Inserm (étude)


https://hal-pasteur.archives-ouvertes.fr/pasteur-02548181/document


NOTA (à posteriori) : ici commence mon "enquête" sur une étude de l'Institut Pasteur, enquête que je synthétiserai finalement en un billet accessible sur Médiapart. Je ne reproduis donc pas ici les étapes qui m'y ont amené et qui ont donc commencé ce 21 avril, d'autant que le billet est plutôt pas mal fait. On peut le lire ici : https://blogs.mediapart.fr/aldo-b/blog/220520/institut-pasteur-enquete-0

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25 Avril - Le Kerala (Inde) se targue d’avoir maîtrisé la propagation du Covid-19.

"""Le Kerala est la dernière région de l’Inde à être dirigée par un gouvernement marxiste. Dans cet Etat de 35 millions d’habitants, connu pour afficher le taux d’alphabétisation le plus élevé du pays (94 %), les pouvoirs publics ont réussi à contrôler la pandémie et à rapidement aplatir la courbe des contaminations : chaque infecté n’a jusqu’ici transmis le virus qu’à 0,4 personne, alors qu’en moyenne un indien infecté en contamine 2,6 autres. Pour l’instant, la région n’a enregistré que 437 cas et deux seulement sont morts."""


https://www.lemonde.fr/international/article/2020/04/24/en-inde-un-etat-marxiste-se-heurte-au-pouvoir-central-dans-la-lutte-contre-le-virus_6037689_3210.html


Comme on le voit (et pas comme en France), il existe des chiffres jusqu'au fin fond de l'Inde ! Faut dire qu'ils ont peut-être des tests (je sais pas). Et peut-être même qu'ils rendent public le nombre de testés aussi (je sais pas non plus). Bizarre pour un pays d'arriérés machistes où on tue les petites filles et où les femmes se font violer à tous les coins de rue ! Mais courage : encore un effort d'un petit point, et en France on sera au niveau d’alphabétisme du Kerala (merci wiki : https://fr.wikipedia.org/wiki/Illettrisme).

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26 Avril - Fabrique de complotistes


Pendant la guerre des tranchées, des types étaient restés des mois dans des trous face à l'ennemi. Ils avaient vu la moitié de leur copains d'infortune décimés. Certains n'en pouvaient plus et se barraient. Ils étaient accusés de trahison et fusillés.


Dans cette nouvelle guerre, on devrait échapper à ça quand on commence à se poser des questions sur ce qu'il se passe. On devrait simplement être catalogués sous la joyeuse dénomination de "complotistes", et n'encourir que le mépris de tout ce qui a pignon sur information. La dictature c'est "ta gueule", la démocratie c'est "cause toujours"... oui mais "cause toujours" exclusivement dans l'univers impuissant du net, là et seulement là.


Comment on fabrique un "complotiste" ? C'est très simple. Au départ on a un type plus ou moins "normal", sélectionné néanmoins parmi ceux qui savent réfléchir et si possible compter. Le type voit passer Raoult, il n'a aucune idée préconçu pour ou contre son protocole de soins. Ensuite débarquent une meute de types qui agressent ledit Raoult au nom de la science (et autres conneries de ce genre) et là ça commence à l'énerver, notre type : ces gens-là, il n'a pas la moindre confiance en eux. Puis viennent des essais bidons, où l'on teste tout et n'importe quoi... sauf l'association préconisée par Raoult ! Ça commence à faire, d'autant que les intéressés ont la mauvaise foi de faire semblant de pas comprendre que de tester la moitié d'un traitement, ça vaut rien, zéro, que dalle. Et puis il y a les chiffres. Et manque de bol, le type sait compter. Et les déclarations aussi... masques, tests, blabla et blablabla.


Alors que le gouvernement bidouille, c'est pas un scoop. Que les labos pharmaceutiques aient des méthodes de nazi, ça l'a bien choqué à l'époque du sida, quand ils voulaient vendre leur thérapie hors de prix à l'Afrique qui en bénéficiait d'une autre financièrement accessible, quitte laisser crever les 99% de gens qui n'avaient pas les moyens de payer en dollars. Mais il avait bien du s'y résoudre (c'était donc ça le monde). En période de pandémie et à 4 milliards de confinés dans le monde, l'idiot a encore cru que là, quand même, ça avait l'air grave... mais il a fini encore par s'y faire. Et puis à un moment, c'est venu aussi de l'Institut Pasteur (et de l'Inserm). C'est pas qu'il ait particulièrement confiance en ces institutions mais quand même, une dernière bribe de raison chuchotait en lui que ces types sont quand même supposés être "détachés" des vilains politiques, des labos nazis et des médecins-qui-savent-tout. Pasteur c'est une institution : qu'est-ce qu'il a besoin d'entrer dans ce jeu pourri ? Mais il se méfiait désormais, et voilà qu'il se met à vérifier, tout, juste pour voir...


Et après 40 heures à s'exploser la tronche pour pas mélanger un chiffre de létalité avec un autre de contagion, il en arrive à bout. Argh. Et là, tout baigne parce que ce qu'il a à dire, ça n'a rien d'une trahison envers la nation, ça n'empêchera personne de suivre les règles du confinement etc. Bref, il ne sera pas fusillé. Son texte arrive à une forme lisible, presque simple à lire et il l'envoie à un grand média, quitte à ce que ça passe en courrier des lecteurs ou autres (et si Pasteur ricane, ça sera pour sa pomme et rien d'autre). En fait, ce qu'il aimerait bien, c'est qu'un jour on arrête de voir cette soupe tiède qu'on nous sert dans tout les journaux, et aussi dans ceux vis-à-vis desquels il a encore une certaine sympathie.

Trop pointu qu'on lui dit. Hum. Ça peut vouloir dire deux choses : 1/ trop de chiffres et les lecteurs vont décrocher ; 2/ c'est ironique, mon truc a une gueule de complotiste.


Pas grave, il ne changera donc pas le cours de l'Histoire. Il se remet à son occupation du moment, éplucher les nouvelles du monde du coronavirus. Et là il est question aujourd'hui d'un vote sur le déconfinement, qui aurait lieu dans la foulée même de la déclaration qui engage virtuellement des dizaines de milliers de morts voire plus. Les politiques n'ont pas même le temps d'y réfléchir avant de voter, et ils gueulent : c'est plus de la démocratie etc (il y pensait un peu). Normal. Mais après tout c'est quoi 100.000 morts en temps de guerre ? Mais autre chose lui est passé devant les yeux : une déclaration de ses ennemis favoris, l'Ordre des Médecins, appelant en gros à la délation quiconque refuseraient de filer autre chose que de l'aspirine à des types dont peut-être un sur dix allait mourir. Allons bon, voilà que notre idiot est encore choqué : quel débile ! Sauf qu'il s'aperçoit que l'info est essentiellement dans Voici et dans Yahoo.fr (et dans l'Express aussi). Et pas du tout dans ces journaux de référence... pas assez important alors ?


Vous savez quoi ? Et bien c'est à partir de ce genre de chose qu'on devient "complotiste", renvoyé donc au statut d'ado boutonneux tirant ses infos des rumeurs du web. On se met à "oublier" ses sources habituelles et on va jeter un coup d'œil sur Médiapart par exemple, spécialiste en scoops divers. Et là on lit ça ou là que peut-être qu'il faudrait ajouter 9000 morts de plus avec les gens décédés chez eux en confinement. Ah bon ! Et on lit encore que l'APHP prévoirait de faire travailler des types testés positifs dans la perspective du déconfinement, quitte à ce qu'ils infectent des gens. Le premier truc l'idiot n'en sait rien bien sûr. Le second il a pas envoie d'y croire. Sauf que s'il commet l'impair de se mettre à y croire, sûr qu'il se mettra en position de se faire attribuer l'attribut peu enviable de complotiste.


La différence est ténue, non ? Sinon l'autre choix donc, c'est le discours officiel : celui où les masques ne servent à rien, où tester les gens n'a aucun intérêt etc. Entre les deux ? Strictement rien. Enfin pas en lisant les journaux, je veux dire. 

                                                  ***

(suite ici)

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