« Le terrorisme d’Etat est une politique d’Etat planifiée et exécutée avec la
finalité de combattre par des moyens illégaux les luttes sociales, de paralyser
ou de détruire l’opposition politique ou idéologique et/ou d’anéantir l’opposi-
tion armée, et/ou de justifier la suspension de garanties constitutionnelles,
l’instauration d’états d’exception et la violation des droits humains. L’interna-
tionalisation du terrorisme d’Etat consiste, entre autres, à envoyer des agents
dans d’autres pays afin de commettre des attentats, à appuyer la logistique des
actions terroristes commises dans d’autres pays, à assassiner des personnalités
étrangères et à recourir à des attaques aériennes indiscriminées terrorisant la
population (1). »
(1)Voir à ce propos le rapport de la Commission Church du Congrès étatsunien intitulé « Alleged
Assassination Plots Involving Foreing Leaders, An Interim Report », US Government Printing
Office, 18 novembre 1975. Voir aussi The CIA’s Nicaragua Manual, psychological Operations in
Guerrilla Warfare, Vintage Books, Random House, New York, 1985. Le rapport Church se réfère
aux tentatives d'assassiner Fidel Castro mais aussi aux assassinats du général chilien René
Schneider en 1970 et du leader congolais Patrice Lumumba, le 17 janvier 1961, soit moins de six
mois après avoir été élu Premier ministre. Dans un documentaire diffusé par la chaîne franco-
allemande ARTE, le 3 octobre 2007, intitulé « Cuba une odyssée africaine », on peut voir
Lawrence (Larry) Devlin, le chef de la CIA en poste au Congo à l'époque des faits, annoncer que
l'ordre d'assassiner Lumumba aurait été donné personnellement par le Président Eisenhower. Il faut
rajouter, entre autres, les assassinats de Juan José Torres, ex-président de Bolivie, à Buenos Aires
en 1976 et d’Orlando Letelier, ex-ministre de Salvador Allende, à Washington en 1976. Fin juin
2007, des documents de la CIA ont été déclassifiés, quoique avec de nombreux caviardages. Ceux-
ci révèlent, entre beaucoup d’autres choses, qu’en septembre 1960 la CIA était en négociation avec
des mafieux de Miami pour qu’ils assassinent Fidel Castro. Les attentats terroristes commis depuis
des années à Cuba, avec l’appui logistique des Etats-Unis, ainsi que ceux perpétrés au Nicaragua,
dans les années 1980, sont de notoriété publique. Ces derniers ont été l’objet d’une sentence
condamnatoire prononcée par la Cour internationale de justice de La Haye le 26 juin 1986 :
« Activités militaires et paramilitaires au Nicaragua et contre celui-ci dans le cas Nicaragua c.
Etats-Unis d’Amérique » . La Cour a décidé que « les Etats-Unis d'Amérique, en entraînant,
armant, équipant, finançant et approvisionnant les forces contras, et en encourageant, appuyant et
assistant de toute autre manière des activités militaires et paramilitaires au Nicaragua et contre
celui-ci, ont, à l'encontre de la République du Nicaragua, violé l'obligation que leur impose le droit
international coutumier de ne pas intervenir dans les affaires d'un autre Etat. ». Source : Affaire des
Activités militaires et paramilitaires au Nicaragua et contre celui-ci (Nicaragua c. États-Unis
d'Amérique), Arrêt du 27 juin 1986, http://www.icj-cij.org/docket/index.php?sum= 367&code=nus
&p1=3&p2=3&case=70&k =66&p3=5