Abenomics et inflation

Comme on pouvait s’y attendre, le directeur de la Banque du Japon (BoJ) Haruhiko Kuroda a annoncé hier (le 17 novembre) que celle-ci abandonnait l’objectif d’inflation de 2% jusqu’à la fin de son ‘’quinquennat’’ se terminant en avril 2018.

Comme on pouvait s’y attendre, le directeur de la Banque du Japon (BoJ) Haruhiko Kuroda a annoncé hier (le 17 novembre) que celle-ci abandonnait l’objectif d’inflation de 2% jusqu’à la fin de son ‘’quinquennat’’ se terminant en avril 2018. Il a par contre ajouté que la banque centrale fera le nécessaire ‘’pour les mois, voire les années qui viennent’’ pour, au moins, maintenir les prix à leur niveau actuel, signifiant que la politique monétaire reste la même. C’est une façon « polie » d’expliquer que la politique du premier ministre Shinzo Abe ne fonctionne pas. La BoJ a rabaissé les prévisions d’augmentation des prix à la consommation en 2017 de 1.7% à 1.5% et celles de 2018 de 1.9% à 1.7%. Ils auraient très bien pu les rabaisser à zéro (sauf si une hausse significative du pétrole vient contribuer à faire monter les prix)! A été passé sous silence le fait que les résultats sont en fait très en dessous des objectifs : le mois de septembre marque le 7ème mois de baisse d’affilée (-0.5%), avec des prix stables en janvier (0%) puis février (+0.3%) qui fut le seul mois dans le positif. Tout ça pour ça !

Comme l’indique une chronique récente du très libéral mais mordant William Pesek, la soi-disant volonté d’émanciper les femmes est, au-delà de l'Abenomics, un exemple criant du déni de réalité du gouvernement Abe. Le Japon a récemment perdu 10 places au classement du World Economic Forum pour se retrouver à la… 111ème place, c’est-à-dire entre le Népal et le Cambodge. Un autre exemple allant dans le même sens : la proportion de femmes au Parlement est de 9.5%, ce qui place le Japon à la 157ème place mondiale, exæquo avec le Botswana et juste avant le Burkina Faso et la Gambie. Notons (ironiquement) que la proportion de femmes au Parlement a en fait diminué depuis l’accession d’Abe en 2012, lorsque les femmes représentaient 11.3% des élus. Ce fut alors pour le Japon un record historique. 

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