L'opposition identiaire Ivoirienne: l'étrange mansuétude de la presse française.

Comment expliquer l'étrange mansuétude d'une certaine partie de presse française à l'égard de la plate forme ethno-nationaliste FPI-Gbagbo, PDCI-Bédié, RACI-GPS Soro ? L'étrange mansuétude d'une certaine partie de la presse française à l'égard de l'opposition ivoirienne malgré ses déficiences notoires et son incapacité évidente à se définir comme opposition constructive

Comment expliquer l'étrange mansuétude d'une certaine partie de presse française à l'égard de la plate forme ethno-nationaliste FPI-Gbagbo, PDCI-Bédié, RACI-GPS Soro ?

L'étrange mansuétude d'une certaine partie de la presse française à l'égard de l'opposition ivoirienne malgré ses déficiences notoires et son incapacité évidente à se définir comme opposition constructive tient manifestement à une tradition culturelle de la démocratie.

Dans la démocratie pluraliste l'opposition politique bénéficie a priori en tant que contre-pouvoir d'une opinion favorable en matière de défense et de garantie institutionnelle des libertés.

Son rôle fonctionnel dans le régime de démocratie pluraliste est de limiter l'arbitraire du pouvoir en le contrôlant et en empêchant la concentration du pouvoir par le gouvernement.

Parce qu'il est de la nature du pouvoir de se concentrer et de menacer la liberté, le gouvernement en démocratie est a priori suspect; a fortiori en Afrique dans un continent traditionnellement marqué par les dictatures et les autocraties.

Aux yeux de la presse française le RHDP est donc a priori suspect comme l'est tout gouvernement en tant que détenteur du pouvoir d’État; une suspicion traditionnelle renforcée par les parti-pris idéologiques des journaux de gauche, d'extrême gauche et d'extrême droite identitaire français à l'égard d'un gouvernement d'obédience libérale.

Cette suspicion est, de surcroît alimentée depuis 2 ans, par l'activisme propagandiste et désinformateurs des réseaux pro-bédié et pro-RACI-GPS Soro et par ceux du FPI-Gbagbo depuis une dizaine d'années .

Ne jouant pas franc jeu l'opposition ivoirienne biaise le modus vivendi républicain entre pouvoir et contre-pouvoir qui permet de préserver les libertés et de limiter l'état en démocratie .

La stratégie populiste de stigmatisation, de dénigrement, de diffamation du gouvernement RHDP dont un Soro Guillaume, frauduleusement grimé en "résistant", fut l'opérateur actif en Europe durant son "exile" , était destinée à conforter par les témoignages d'acteurs locaux, cette suspicion traditionnelle de la presse et de l'opinion publique française et occidentale envers les gouvernements africains.

Henri Konan Bédié activa ses propres réseaux clientélistes pour noircir ce tableau déjà précédemment caricaturé par le FPI depuis sa défaite électorale non assumée de décembre 2010.

Autant dire que l'étrange mansuétude d'une partie de la presse française à l'égard du trio Bédié-Gbagbo-Soro repose sur UN CONCENTRÉ DE TRADITIONS , de PRÉJUGÉS , DE PARTI-PRIS IDÉOLOGIQUES et DE STRATÉGIE PARTISANES de DÉSINFORMATION et de DÉNIGREMENT.

Les excès du discours identitaire xénophobe décomplexé d'exclusion et d'épuration du FPI-Gbagbo, du PDCI-Bédié, les reniements et les confusions du RACI-GPS Soro ont certes fini par soulever dans la presse française des suspicions sur le caractère démocratique et républicain des revendications de ces formations. Il apparaît que ces formations semblent plutôt incarner des menaces mortelles contre les libertés et contre la cohésion interne du corps politique ivoirien et contre la stabilité géopolitique déjà précaire de la région.

Déconstruire localement cette imposture est un devoir de citoyenneté, de responsabilité du peuple ivoirien des citoyens envers sa classe politique, envers son gouvernement et son opposition.

Ce contrôle du pouvoir par le peuple, cette surveillance citoyenne du gouvernement et de l'opposition ne doit en aucun cas être délégué à l'extérieur et sous traité aux réseaux étrangers, aux sociétés politiques et aux société civiles des anciennes puissances coloniales.

Les problématiques politiques hexagonales ne doivent pas être les grilles de lectures à partir desquelles devraient être réinterprétées les problématiques politiques africaines en générale et ivoirienne en particuliers.

Relativement aux actualités politiques et électorales africaines, la presse française devrait se mettre à la remorque des opinions publiques et des avis des citoyens des États post-coloniaux africains concernés.

Il appartient aux sociétés civiles africaines de revendiquer démocratiquement leurs droits et libertés devant leurs gouvernements et leurs oppositions , d'évaluer la légitimité des acteurs politiques par leurs capacités à élaborer des offres politiques correspondant au demandes des catégories de la société.

Cette définition démocratique de soi passe par une nécessaire réappropriation collective de la culture d'autonomie et d'unité de la diversité.

 

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