Réconciliation nationale : De qui se moquent donc Bédié et Gbagbo?

Le 30 avril 2020, le PDCI-RDA et le FPI ont scellé un accord dit de collaboration qui vise, entre autres objectifs, à réconcilier les Ivoiriens. Une véritable gageure pour des formations politiques elles-mêmes divisées et en butte à des dissidences. De quoi se demander : de qui se moquent donc Bédié et Gbagbo ?

AmbroiseTiétié

Journaliste Professionnel

au quotidien ivoirien Le Rassemblement

 

 

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Réconciliation nationale

 De qui se moquent donc Bédié et Gbagbo?

Le 30 avril 2020, le PDCI-RDA et le FPI ont scellé un accord dit de collaboration qui vise, entre autres objectifs, à réconcilier les Ivoiriens. Une véritable gageure pour des formations politiques elles-mêmes divisées et en butte à des dissidences. De quoi se demander : de qui se moquent donc Bédié et Gbagbo ?

Le moins que l’on puisse dire suite à la signature de l’accord de collaboration entre le PDCI-RDA et le FPI, c’est que cela ressemble à une farce douteuse. Et pour cause, le PDCI-RDA est quasiment à la rue, vidé de nombre de ses cadres et militants qui ont migré au RHDP pour échapper à la gestion tribaliste et aventureuse de Bédié qui dirige le vieux parti comme une épicerie, puisqu’il y fait ce que bon lui semble au mieux de ses propres intérêts, reléguant au second plan ceux de son parti. A force, le PDCI-RDA est devenu le PDCI-Daoukro, du nom du fief de N’Zueba. Désormais réduite à la personne de Bédié, de Guikahué, de Jean Louis Billon, de Narcisse N’dri, pour ne pas parler que des têtes qui dépassent, le parti septuagénaire semble faire du surplace. Dans ces conditions, pas étonnant que l’ancien chef d’Etat fasse la cour au FPI de Gbagbo pour espérer faire rendre gorge au RHDP, bien assis sur le fauteuil présidentiel et pas du tout disposé à se laisser distraire.Quant au FPI, divisé entre pro-Affi et pro-Gbagbo, il peine à faire son unité, puisque les deux camps restent campés sur leurs certitudes. Résultat, l’unité annoncée à grands renforts médiatiques après des rencontres entre Gbagbo et Affi prend des allures de serpent de mer. Il n’empêche, le FPI ou plutôt la fraction restée fidèle au Woody de Mama en résidence ‘’surveillée’’ à Bruxelles, a cru bien faire en signant un accord de collaboration avec ce qui reste du PDCI que cornaque l’octogénaire de Daoukro.

Le PDCI est à la rue, et le FPI peine à faire son unité

Voici le communiqué qui formalise cette prétendue collaboration : ‘’Le FPI et le PDCI-RDA se félicitent de l’aboutissement de longues séances de travail du Comité paritaire organisées pour l’élaboration du document cadre consignant leur engagement commun à œuvrer de concert pour le retour de la paix et de la réconciliation des Ivoiriens qui en expriment, chaque jour, le besoin. La réconciliation des Ivoiriens est pour le PDCI-RDA et le FPI, chefs de file des plateformes Coalition pour la Démocratie, la Réconciliation et la Paix (CDRP) et Ensemble pour la Démocratie et la Souveraineté (EDS), un impératif et un devoir républicains. Aussi le FPI et le PDCI-RDA sont-ils heureux de porter à la connaissance de l’opinion nationale et internationale, la signature du document cadre de collaboration auquel ils associeront les plateformes EDS et CDRP dont ils sont membres. En effet, depuis le décès du président Félix Houphouet-Boigny, premier président de la Côte d’Ivoire, la vie politique ivoirienne est entrée dans une spirale de crises politiques et sociales qui ont entrainé la désagrégation de la vie sociopolitique nationale. La ‘’réconciliation nationale’’ est perçue aujourd’hui par la majorité des Ivoiriens comme un réel besoin, une nécessité absolue, que l’on a tenté en vain de satisfaire depuis 2000, par le recours à des formules ou des organes de réconciliation qui malheureusement ne sont pas parvenus à un règlement définitif desdites crises. Toutes ces crises successives ont créé dans notre pays un sentiment de frustration, une fracture sociale sans précédent et une réelle crise de confiance. Aujourd’hui, notre pays est profondément divisé. Malheureusement, la réconciliation tant désirée et souhaitée par la majorité de nos compatriotes et de nos partenaires internationaux ne semble pas être la priorité du gouvernement actuel. C’est pour remédier à cette situation que les présidents Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo, au cours de leur rencontre historique du 29 juillet 2019, à Bruxelles, ont pris la décision d’œuvrer ensemble pour la promotion de la Réconciliation nationale en Côte d’Ivoire afin de préserver notre pays des affrontements intercommunautaires, des élections conflictuelles et d’une nouvelle guerre civile. Ainsi, sous l’impulsion des présidents Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié, le FPI et le PDCI-RDA ont entrepris d’établir un document cadre de collaboration qui définit les enjeux et les méthodes nécessaires à la réalisation d’une vraie réconciliation et d’une paix durable en Côte d’Ivoire en vue de mettre un terme définitif à la division et à la guerre dans notre pays.

La méthode de réconciliation que nous proposons est de type participatif et inclusif. Elle permettra:

– de pardonner dans la vérité et la justice ;

– d’éliminer les séquelles des crises successives ;

– de trouver des solutions originales aux problèmes qui sont à la base des crises ;

– de construire ensemble une ‘’Une nouvelle Côte d’Ivoire’’ sur la base de principes, règles et valeurs partagés avec tous les Ivoiriens et tous les étrangers résidant en Côte d’Ivoire.

Les concertations du groupe paritaire PDCI/FPI ont été conduites dans un esprit d’ouverture axé sur une perspective inclusive. Dans un contexte marqué par l’absence de volonté politique des tenants du pouvoir RHDP-unifié à aller à la vraie réconciliation, les deux grands partis, le PDCI-RDA et le FPI portent témoignage de leur engagement d’agir ensemble, dès maintenant, pour faire la promotion de la réconciliation auprès des Ivoiriens partout où besoin sera.

Il s’agira pour les partis signataires :

  • de dire ensemble aux Ivoiriens leurs attentes relatives au processus de réconciliation, en vue de l’établissement pour l’avenir de principes et de valeurs qui assureront le retour de la paix et de la cohésion pour un nouveau contrat social ;
  • de mobiliser tous les partis de l’opposition et la société civile pour le processus de réconciliation;
  • d’appeler le RHDP et le gouvernement à s’impliquer de manière effective dans le processus de réconciliation nationale.

Ce faisant, le FPI et le PDCI-RDA agiront ensemble pour une réconciliation nationale effective et inclusive, à travers le message suivant:

– Adhérer au processus de réconciliation, c’est vouloir la paix, la cohésion, l’unité pour la Côte d’Ivoire ;

– Eliminer les séquelles de la crise post-électorale par :

– libérer tous les prisonniers politiques ;

Le retour du président Laurent GBAGBO, du ministre Charles Blé Goudé, le maire Noel AkossiBendjo;

– organiser et réussir le retour de tous les exilés ;

– rendre transparent le processus électoral ;

– enfin, redonner à notre pays une chance de renouer avec la paix et la cohésion pour le futur’’.

Adhérer au processus de réconciliation, c’est vouloir la paix

A la vérité, cette collaboration supposée pose plus de questions qu’elle n’apporte de réponses. Puisque les deux présidents, Bédié et Gbagbo, n’ont jamais été ‘’amis’’, pour ne pas dire plus. Au contraire, ils ne s’aimaient guère et ce n’est rien de le rappeler. Le second a combattu le premier lorsque celui-ci a accédé à la présidence de la République suite à la disparition du père de la nation. Une opposition farouche qui a culminé avec le boycott actif (octobre 1995), de triste mémoire, qui fut marquée par une rare violence qui fit des déplacés et des morts, sans compter les blessés. Il s’agissait, pour le Front Républicain (FR), de faire barrage à l’élection du Sphinx de Daoukro accusé par Laurent Gbagbo, d’avoir tripatouillé le code électoral afin d’empêcher l’ex-opposant Alassane Ouattara de postuler à la magistrature suprême. Celui-ci et Gbagbo formaient alors le FR. De là sont nées les inimitiés entre le Woody de Mama et N’Zueba qui n’ont pas été altérées par le temps. En effet, des années plus tard, lorsque Gbagbo a, à son tour accédé au pouvoir, Bédié lui rendit la monnaie de sa pièce. C’est ainsi que le RHDP fut porté sur les fonts baptismaux, le 18 mai 2005, par les héritiers du président Félix Houphouet-Boigny avec à leur tête Henri Konan Bédié. La mission principale de cette coalition qui regroupait au départ, le PDCI-RDA, le RDR, l’UDPCI et le MFA, était on ne peut plus claire : chasser le FPI de Laurent Gbagbo du pouvoir. 5 années plus tard, celui-ci était défait, par la voie des urnes par Alassane Ouattara grâce au soutien de Bédié qui ne se priva pas de traiter l’ancien chef d’Etat de tous les noms d’oiseaux. Au passage, il ne manqua pas d’exprimer son soulagement lorsque Gbagbo a été ‘’capturé’’ après avoir tenté de s’imposer par les armes alors qu’il a été battu dans les urnes. ‘’Son arrivée a déclenché une clameur. On m’a informé qu’il avait été capturé et j’ai alors ressenti un profond sentiment de soulagement. J’ai ensuite appelé le Premier ministre, Guillaume Soro, pour le féliciter du ‘’travail bien fait’’.  Laurent Gbagbo était en phase avec son entourage et il était le véritable donneur d’ordres. À ce titre, il devra rendre des comptes pour les milliers de morts et les atrocités commises pendant la crise postélectorale. Il a été inculpé en Côte d’Ivoire pour des crimes économiques. La Cour pénale internationale est aussi en train d’enquêter sur les plaintes déposées par des victimes pour des actes très graves. Or les crimes contre l’humanité, les crimes de guerre, les violations des droits de l’homme sont du ressort d’une juridiction internationale. Il n’y a pas d’autre issue. Surtout, pour que l’on ne puisse pas parler de justice des vainqueurs’’, assurait-il dans sa suite de l’hôtel du Golf où l’avaient confiné les forces restées fidèles à l’ancien président de la République. De son côté, ce dernier ne décolérait pas contre l’ex-allié de Ouattara dont il disait pis que pendre. Et ce n’est pas son dernier ouvrage, ‘’Libre, pour la vérité et la justice’’ qui fera dire le contraire. De fait, dans cet ouvrage à charge contre le Boudha de Daoukro, il a des termes peu amènes contre celui-ci. Qu’on en juge : ‘’Des gens du PDCI, le parti d’Henri Konan Bédié venaient me voir et passaient des messages. (…) J’ai appelé Bernard Ehui, un proche de Bédié, qui est devenu ambassadeur au Ghana. Il y’avait eu beaucoup de fraudes et d'irrégularités. Ehui m'a dit : J'étais avec Bédié toute la soirée, on a travaillé. Je t'appelle demain (…) Bien sûr, il était question que Bédié conteste officiellement. Il ne l'a fait que le cinquième jour. Trop tard, la réclamation n'était plus recevable. C'était volontaire, Bédié est non seulement économiste mais il est aussi juriste. Il savait ce qu'il faisait. Il a cédé aux pressions de la France, et à son portefeuille ... ‘’, a persiflé Gbagbo dans ce bouquin qui défraya la chronique en son temps. Mais pas que. Puisque, déjà, en 2014, dans un autre livre d’entretiens avec François Mattéi, il fustigeait l’alliance Bédié-Ouattara. ‘’Bédié c’est Esaü : il a vendu son droit d’aînesse pour un plat de lentilles’’, se désolait-il. Ambiance….

‘’Bédié a cédé aux pressions de la France et à son portefeuille’’, a persiflé Gbagbo

Ce sont donc ces deux hommes unis naguère par l’aversion qu’ils se vouent mutuellement qui ont décidé, en désespoir de cause, de se ‘’rabibocher’’ et de mettre en place une collaboration de circonstance, juste pour faire partir le RHDP du pouvoir. Sauf qu’il y a un hic. Qui pourra tenir, in fine, le navire Ivoire, d’autant que les deux nourrissent la même ambition : revenir au pouvoir ? C’est une situation qui ne manque pas de piquant. Toute chose qu’a tenu à dénoncer, en des termes bien choisis, le ministre KobenanKouassiAdjoumani, porte-parole principal du RHDP. ‘’C’est à croire qu’ils ne savent plus à quel saint se vouer. Le PDCI-Daoukro et le FPI des GOR sont vraiment à la croisée des chemins. Signature d’un nouveau ‘’document cadre de collaboration portant projet de réconciliation des Ivoiriens pour une paix durable’’. Voici la nouvelle trouvaille, la nouvelle comédie politique que les deux formations politiques de l’opposition radicale viennent de servir aux Ivoiriens, avec pour acteurs principaux Guikahué et AssoaAdou et pour metteurs en scène leurs chefs respectifs qui, aux dires de M. Guikahué ont donné leur caution. Elles se proposent en effet, après avoir échoué sur tous les tableaux politiques, de sceller la réconciliation véritable (?) entre les Ivoiriens. Normalement, l’on devrait s’en féliciter.

Mais là où le bât blesse, c’est que voilà des gens qui refusent obstinément ou qui affichent une incapacité notoire à se réconcilier avec eux-mêmes, au sein de leurs formations politiques respectives et qui veulent réconcilier tous les Ivoiriens. Ils auraient même pour faire sérieux, élaboré un schéma, une sorte de modus operandi, une recette magique pour réaliser le miracle de la réconciliation. Mais, si tant est que nos amis bien aimés ont trouvé le remède miracle pour enfin réconcilier tous les Ivoiriens, la logique aurait voulu qu’ils essaient ce fameux médicament en leur sein avant de prétendre l’appliquer à tous les Ivoiriens. Laurent Gbagbo et les GOR n’arrivent pas à faire la paix avec Affi N’Guessan qu’ils vilipendent chaque jour sur les réseaux sociaux. Et pourtant, Dieu seul sait les efforts déployés par le président légal du FPI pour renouer avec Laurent Gbagbo d’une part, et avec ses partisans au plan local, d’autre part. L’on se rappelle en effet que M. Affi N’Guessan avait tenté à plusieurs reprises de se rendre à la Haye, puis à Bruxelles, pour faire la paix avec M. Gbagbo sans succès.

De son côté, Guikahué n’arrive pas à réconcilier le PDCI avec lui-même. Il ne parvient pas non plus à faire la paix avec KKP et KKB et de nombreux élus et cadres du parti. Pour preuve, la saignée continue au sein du PDCI-RDA. Quatre (4) maires, délégués départementaux du PDCI dans leurs localités d’origine viennent de claquer la porte du parti doyen pour rejoindre le RHDP, le grand parti de la fraternité ivoirienne. Et nous affirmons que cette ruée des militants du PDCI vers le RHDP doit se poursuivre, parce que tout simplement ces derniers ont du mal à accepter une alliance entre le PDCI et Laurent Gbagbo, l’adversaire irréductible du Président Houphouët-Boigny. Quel programme de société, en effet, le FPI, parti de gauche et le PDCI, parti de droite, peuvent-ils conduire ensemble ?

Beaucoup au PDCI ont du mal à accepter une alliance avec le FPI

En outre, il n’échappe à personne que même dans leur volonté de réconcilier tous les ivoiriens sans exclusive, le FPI version GOR et le Président du PDCI version Daoukro ont volontairement oublié d’associer Soro Guillaume qui est devenu aussi depuis un certain temps, un adepte curieux de la réconciliation nationale.Quant au PDCI-Daoukro pour qui la fin justifie désormais les moyens, il n’est pas inutile de rappeler qu’en un temps record, il a scellé et brisé des mariages à la vitesse de l’éclair, parfois, avec des ‘’conjoints’’ qui sont des rivaux idéologiques.

En effet, après avoir décidé de façon unilatérale de tourner le dos au RHDP, pour des raisons d’intérêt personnel, le Président du PDCI-Daoukro a d’abord voulu faire le grand saut avec Guillaume Soro, avec qui il a scellé un bruyant mariage au son de la fanfare à Daoukro. A l’occasion il avait même esquivé des pas de danse en compagnie de celui qu’il appelait son ‘’brave fils’’. Dans la foulée, le Président du PDCI-Daoukro avait tenté une idylle amoureuse avec Pascal Affi N’Guessan, le Président du FPI, avant d’abandonner ce dernier sur le chemin pour se retrouver dans les bras de Laurent Gbagbo à Bruxelles. Il n’est pas exagéré de dire que le Président Bédié a presque forcé la main au Président Gbagbo. Car, en réalité, que peut présager l’union entre un homme de droite et un irréductible homme de gauche, c’est-à-dire, deux hommes qui n’ont pas la même vision de société ? Ce que visent Laurent Gbagbo et Bédié, c’est avant tout une alliance de circonstance contre le RHDP dans la perspective de la prochaine élection présidentielle. Le projet de réconciliation n’est qu’un vil prétexte, un alibi, une escroquerie politique, sans plus. Même s’il doit s’allier au diable pour écarter le RHDP du pouvoir, Guikahué, le manipulateur, n’y voit aucun inconvénient.

L’enseignement que nous pouvons tirer de tout ce cirque politique, c’est qu’ils ont finalement pris conscience de leur faiblesse devant le grand RHDP du président Alassane Ouattara qui gagnera à coup sûr au premier tour de l’élection présidentielle d’octobre 2020 avec son candidat Amadou Gon Coulibaly, redouté de tous.

Même s’il doit s’allier au diable, Bédié le ferait…pour écarter le RHDP

Où va donc la Côte d’Ivoire avec ces politiciens pris dans le tourbillon de leurs propres contradictions politiques ? Nous assistons, à la vérité, à un mariage forcé, un mariage que veulent sceller des partenaires qui ne s’aiment pas vraiment, des partenaires qui se détestent même en secret. Une seule chose semble en tout cas les réunir : leur haine viscérale pour le RHDP et la Côte d’Ivoire qui gagne.Par ailleurs, en plus d’être un mariage forcé, l’union entre Laurent Gbagbo et le Président du PDCI-Daoukro est un mariage illégal. Car, au strict plan légal, Laurent Gbagbo n’est plus fondé à engager l’entité FPI sans l’accord de M. Affin N’Guessan qui en est le président légitimement reconnu. Ce dernier a donc toute la latitude pour poursuivre en justice Laurent Gbagbo et ses Gor pour faux et usage de faux. Par ces temps de grand stress avec cette pandémie du Covid-19, nous pouvons quand même les remercier de nous avoir arraché un sourire avec ce sketch de comédie politique qui ne dit pas son nom.

Pour le FPI version GOR et le PDCI version Daoukro, il faut renoncer à être authentique en taisant les critiques et devenir hypocrite dans le seul but de faire mal au RHDP, leur adversaire redoutable et surtout en engageant aveuglement des personnes qui n’ont aucune vision de leur avenir. En s’engageant donc dans ce mariage illégal et forcé, les présidents Bédié et Gbagbo ont eux-mêmes abdiqué devant l’exigence de la rigueur et de la cohérence qui devraient guider toute action politique en rapport avec la vision qui la sous-tend. Car, comme on le dit souvent, la politique est avant tout une affaire de principe adéquat et établi, avant d’être une affaire de tactique électorale’’, a rappelé l’Eléphant du Zanzan.

Que dire après ce ‘’réquisitoire’’ qui a le mérite de mettre en exergue les non dits de cet accord de collaboration qui ressemble à un marché de dupes ? Car, s’il est indéniable que ces deux futurs alliés veulent, à nouveau, le pouvoir ;  en revanche, il est utopique de faire accroire qu’ils peuvent réconcilier les Ivoiriens. L’histoire est un témoignage et la VAR montre que les deux hommes furent de grands diviseurs lorsqu’ils étaient au pouvoir. En effet, c’est sous Bédié qu’a pris corps et forme l’ivoirité qui fit tant de torts au corpus social national et c’est sous Gbagbo que l’on assista au triomphe du chauvinisme ou de l’ethno-nationalisme. Par quel tour de magie arriveront-ils à réconcilier les Ivoiriens ? C’est toute la question. Et elle démontre la vacuité de leur alliance. C’est de la poudre de perlimpinpin.

AMBROISE TIETIE

 

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