La victoire du RHDP en CI en Octobre 2020 est-elle d'ors et déjà acquise ?

Est-il possible de présumer d'un point de vue rationnel que le RHDP demeure toujours fort, autrement dit politiquement majoritaire, en dépit du retrait de messieurs Henri Konan Bédié, Anaky Kobenan, Soro Guillaume et récemment Mabri Toikeuse et Marcel Amon Tanoh? En toute bonne logique démocratique, les majorités électorales

La victoire du RHDP en Octobre 2020 est-elle d'ors et déjà acquise ?
Une problématique de représentativité sociale.

Est-il possible de présumer d'un point de vue rationnel que le RHDP demeure toujours fort, autrement dit politiquement majoritaire, en dépit du retrait de messieurs Henri Konan Bédié, Anaky Kobenan, Soro Guillaume et récemment Mabri Toikeuse et Marcel Amon Tanoh?

En toute bonne logique démocratique, les majorités électorales se constituant par addition de quantités, les soustractions de quantités devraient provoquer automatiquement une minorité électorale.
Cette arithmétique des quantités est d'autant plus évidente quand il s'agit d'une coalition de partis.

Néanmoins pour qu'il en soit ainsi, il faut que les partis et les chefs politiques qui se retirent de la coalition soient socialement et Idéologiquement représentatifs.
Autrement dit, il faut qu'ils incarnent effectivement par leur gouvernance et par leurs discours, les conceptions du biens public, les valeurs et les demandes sociales et existentielles des catégories de la société qu'ils prétendent représenter.
Il faut aussi que celles-ci se reconnaissent en ces partis et constituent de ce fait un électorat captif dont la fidélité est acquise et à toute épreuve.

Est-ce le cas du PDCI de Daoukro, du RACI-GPS, du MFA-Anaki, de l'UDPCI-Mabri et de leurs chefs respectifs qui semblent plutôt être des chefs de fractions dénués de base sociale identifiable dans la société civile; cette base sociale ne se réduisant pas une entité ethnique ?

Est-ce le cas de Mr Marcel Amon Tanoh qui n'est même pas un chef de fraction et qui ne représente que sa propre personne ?

De quel électorat dispose ces chefs de fractions dénués d'ancrage social et qui en appellent à leur adoubement par les chefferies et les communautés pour combler ce déficit?
Les municipales ivoiriennes d'octobre 2018 ont démontré que L'APPEL à la COMMUNAUTÉ ETHNIQUE et RELIGIEUSE sur le MODE de L'AUTOCHTONIE dans un Etat MULTI-ETHNIQUE peuplé de MINORITÉS ne saurait conférer une MAJORITÉ ÉLECTORALE .

La défaite du PDCI-Bédié et du RACI-GPS lors de ces municipales prouve que la majorité de l'électorat du RHDP est demeurée fidèle à cette coalition qui incarne et continue d'incarner le programme libéral-social élu par la majorité des Ivoiriens en 2010 sur la base d'une demande de citoyenneté et de vivre-ensemble.
La légitimité démocratique et la majorité électorale du RHDP relèvent de la nature sociale de sa représentativité. Cet ancrage social fidélise son électorat inclusif qui brasse toutes les catégories sociales et culturelles du territoire national.

N'étant pas socialement ancré et motivé par une dissidence de type programmatique, le retrait de messieurs Henri Konan Bédié, de Anaky Kobenan, de Soro Guillaume et récemment de Mabri Toikeuse et de Marcel Amon Tanoh n'est pas celui d'un électorat. C'est un RETRAIT PERSONNEL DE CHEFS de PARTIS DÉNUÉS DE REPRÉSENTATIVITÉ SOCIALE .

Motivés par une appétence de pouvoir, des chefs de fractions se sont retirés de la coalition avec leurs gardes rapprochées.
Ce retrait n'est guère assimilable à celui d'un électorat étant entendu que la source de la légitimité d'un parti et d'une oligarchie d'appareil se trouve nécessairement dans la société et non pas dans le parti .

Le retrait d'électorat se produit quand un parti ou une coalition trahit son programme politique et ses promesses électorales.
Est-ce le cas du RHDP dont le bilan gouvernemental relativement au programme de construction nationale par la modernisation économique qui est l'axe directeur sa politique semble inattaquable ?

Reste, en cette problématique à prendre en considération la question de la manipulation psychique et de la désinformation par laquelle les dissidents du RHDP qui ont rejoint le FPI dans l'opposition entendent retourner l'électorat ivoirien en leur faveur.
Les limites manifeste de la politique de propagande permettent de rabattre cette prétention; surtout quand les propagandistes sont plombés par un bilan politique économique et social qui ne plaide pas en leur faveur.

L'incapacité de Laurent de Laurent Gbagbo à remporter la majorité absolue au premier tour de la Présidentielle de décembre 2010 et sa défaite électorale finale au terme d'une gouvernance centrée sur la manipulation psychologique et la terreur, atteste des limites de la propagande.

L'échec électoral d'une gouvernance marquée par le monopole quasi total du FPI sur les moyens d'informations prouve, s'il en était besoin, qu'en Côte d'Ivoire le plus grand nombre est parvenu à distinguer ses intérêts de classe et ses demandes existentielles de ceux des classes politiques.

La défaite de Laurent Gbagbo en Décembre 2010, les échecs résilients des appels du FPI au boycott électoral, la défaite du PDCI de Bédié et du RACI-GPS de Soro aux municipales d'octobre 2018 tendent à prouver que dans leur grande majorité les Ivoiriens se sont aperçus que l'instrumentalisation politique de l'ethnicité par certains acteurs politiques ivoiriens est un stratagème qui sert les ambitions personnelles de pouvoirs de dominants dont les intérêts sont en contradiction avec les leurs.

Les défaites électorales successives des représentants de l'ethno-populisme et de l'ethno-nationalisme traduisent la maturation d'une conscience de classe dans le peuple ivoirien. Elles peuvent être interprétées comme étant l'expression concrète d'une revendication populaire de définition sociale du pouvoir en Côte d'Ivoire.

De manière symbolique la défaite électorale du FPI soi-disant socialiste et des soi-disant marxistes de "l'opposition" ivoirienne est un pied de nez du peuple à des acteurs politiques en décalage manifeste et en retard d'évolution par rapport à la base de la société et sur les transformations historiques.
Déçue et trahie par le FPI qui a révoqué le programme et le projet sociétal de la social-démocratie, la majorité des Ivoiriens s'en est remis aux libéraux-sociaux du RHDP pour en attendre la satisfaction de ses demandes existentielles et de ses intérêts catégoriels.
Cette approche rationnelle accrédite l'hypothèse de la popularité incontestable du RHDP.
Peut-on néanmoins en induire l'hypothèse d'une victoire électorale certaine de la coalition RHDP en Octobre 2020 ? (A Suivre)

L’image contient peut-être : Alexis Dieth, plante, arbre et plein air

 

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