Déguisement démocratique de la contestation nationaliste de la CEI en Côte d'Ivoire.

L’impartialité au sein d’une CEI résulte du consentement à vouloir pour la Nation démocratique, et à défendre l’intérêt général, au détriment des intérêts particuliers personnels et partisans. Les CEI ont été fonctionnellement créées pour incarner la Nation démocratique et organiser l’objectivité de la déclaration de la volonté générale dans les temporalités électorales de la démocratie.

Armés de leurs contradictions, les forces du nationalisme communautaire ivoirien, rassemblées dans le groupement EDS et leurs diverses organisations de jeunesse,  prétendent monter à l’assaut de la CEI  pour imposer l’impartialité au sein de cette institution gangrenée, selon elles, par la partialité. Leur vision communautariste de la société, leur rejet de la Nation démocratique et leur conception privative et patrimonialiste du parti politique, contredisent pourtant cet objectif affiché.

L’impartialité au sein d’une CEI résulte du consentement à vouloir pour la Nation démocratique, et à défendre l’intérêt général, au détriment des intérêts particuliers personnels et partisans, du fait de cet engagement. Les CEI ont été fonctionnellement créées pour incarner la Nation démocratique et organiser l’objectivité de la déclaration de la volonté générale dans les temporalités électorales de la démocratie.

Or, le rejet de la Nation et la conception privative et patrimonialiste du parti politique constituent les marqueurs centraux du programme politique des forces politique qui contestent la CEI ivoirienne. Ces deux marqueurs transforment  la requête d’impartialité de ces forces en démagogie.

Comment vouloir pour la Nation démocratique, au sein d’une CEI, quand on rejette cette nation au profit des communautés ethniques ? Comment  instaurer l’impartialité au sein de la CEI quand on en appelle à un rééquilibrage numérique des membres afin d’y défendre efficacement les intérêts particuliers partisans ? Ces requêtes sont donc contradictoires.

Que vise alors réellement cet assaut projeté par ces forces et par leurs organisations de jeunesse contre la CEI ? Quelle est la nature de la réforme réclamée sous cette démagogie ?

Au-delà de l’équilibre numérique et des diverses procédures qui permettent de construire l’objectivité des décisions, l’impartialité d’une CEI dépend de la capacité de ses membres à incarner la nation au-delà des particularismes, à défendre l’intérêt général de la nation au détriment des intérêts particuliers partisans.

Les membres d’une CEI ne siègent pas en qualité de mandataires chargés de défendre, au sein de cette institution, les intérêts particuliers de leurs partis politiques et des pouvoirs qui les y ont nommés. Ils siègent en tant que représentants de la Nation pour défendre l’intérêt général de la cité et pour garantir l’objectivité de la  déclaration de la volonté générale lors des épisodes électoraux.

SOUS LA REQUÊTE APPARENTE D’IMPARTIALITÉ PAR RÉÉQUILIBRAGE NUMÉRIQUE DES MEMBRES DE LA CEI IVOIRIENNE, C’EST EN RÉALITÉ LE MODÈLE NATIONAL QUI EST CONTESTE  EN SON PRINCIPE, A PARTIR DE LA VISION COMMUNAUTARISTE DU CORPS SOCIAL ET PATRIMONIALISTE DU PARTI POLITIQUE.

LE FPI ET SES SATELLITES, RASSEMBLES DANS LE GROUPEMENT EDS, REJETTENT LA CEI COMME INSTITUTION D’INCARNATION DE LA NATION DÉMOCRATIQUE. LEUR OBJECTIF EST D’ABROGER LE MODÈLE NATIONAL DE LA CEI AU PROFIT D’UN MODÈLE PARTISAN ET NATIONAL-POPULISTE.  

CONCENTRANT LEURS EFFORTS SUR LA REQUÊTE DE L’ÉQUILIBRE NUMÉRIQUE DES MEMBRES, ILS CHERCHENT A TRANSFORMER LA CEI EN INSTITUTION DE DÉFENSE DES INTÉRÊTS PARTICULIERS DES PARTIS POLITIQUES. ILS SE BATTENT POUR L’ASSERVIR AUX AGENDAS PERSONNELS ET PRIVES DES NOMENKLATURAS DE LEURS PARTIS RESPECTIFS.

LEUR SOUCI EST D’ABROGER LE DEVOIR D’INGRATITUDE QUI N’EST POSSIBLE QUE QUAND LES MEMBRES DE CETTE INSTITUTION SE CONSIDÈRENT SERVITEURS DE LA NATION ET NON PAS COMME MANDATAIRES DE LEUR PARTIS. NONOBSTANT CET OBJECTIF ULTIME, LA CONCENTRATION DES EFFORTS DU FPI ET DE SES SATELLITES SUR LE ÉQUILIBRAGE NUMÉRIQUE DES MEMBRES VISE A INSTAURER, AU SEIN DE LA CEI, UN RAPPORT DE FORCES ENTRE DES INTÉRÊTS PARTICULIERS PARTISANS DIVERGENTS.

La contestation de la CEI en Côte d’Ivoire, par les forces du communautarisme et du populisme, n’est pas une revendication politique motivée par la volonté de sauvegarder l’impartialité et le modèle national démocratique de cette institution. C’est, au contraire, un assaut communautariste et populiste destiné à remplacer le modèle national de la CEI par un modèle partisan.

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