100 députés socialistes ont récemment signé un texte favorable au mariage et à l'adoption pour les couples homosexuels, mais aussi à l'ouverture de l'assistance à la procréation médicale pour toutes les femmes.
Dans ce texte, nos député(e)s écrivent :
« Les femmes qui souhaitent avoir un enfant sans connaître son père biologique le peuvent depuis longtemps. »
Cette phrase est selon moi le lieu d’un glissement. Habituellement, de mon expérience, en tout cas, la question de la connaissance du père se pose pour l’enfant, non pour la mère. La mère peut désigner son père à l’enfant, ou le père peut reconnaître l’enfant. Ce qu’écrivent là nos députés introduit l’idée d’un flou générationnel où la place de la mère et celle de l’enfant me paraissent étrangement confondues.
Déjà dans la phrase introductive du texte « Au moment où nous nous apprêtons à ouvrir les salles des mariages de nos mairies aux couples homosexuels et à leurs enfants… » ce glissement générationnel était présent, laissant entendre en creux que lorsque les parents se marient, leurs enfants se marient aussi. Là encore, cela introduit un flou générationnel. Les enfants déjà conçus peuvent assister au mariage de leurs parents, comme les autres invités, mais ils n’y participent pas, les seuls effectivement concernés par la cérémonie étant le couple qui s’unit, et les témoins respectifs de chacun.
Puis, je trouve assez étrange que l’envolée lyrique de la fin du texte « Nous savons combien cette réforme laissera l’empreinte de l’égalité sur le mandat de François Hollande et sur la génération qui portera son nom. » porte à nouveau précisément sur cette question générationnelle, rétablissant in fine le nom du père de façon quelque peu… hallucinante... non ?