Belle et bête : Erreur judiciaire ou littéraire?

La justice s'est trompée comme elle se trompe souvent. On peut se demander si ces erreurs judiciaires ne sont pas, au bout du compte, la preuve par l’absurde de l'existence de la justice comme transgression de la loi du plus fort. Le Nouvel observateur a peut-être eu tort. Iacub s'est peut-être laissée manipuler. Bof! Mais le problème est-il bien là?

La justice s'est trompée comme elle se trompe souvent. On peut se demander si ces erreurs judiciaires ne sont pas, au bout du compte, la preuve par l’absurde de l'existence de la justice comme transgression de la loi du plus fort. Le Nouvel observateur a peut-être eu tort. Iacub s'est peut-être laissée manipuler. Bof! Mais le problème est-il bien là?

Le personnage du cochon a gagné contre « Belle et bête », la narratrice. C'est le retour du refoulé. C'est le retour à la nature sauvage, le plus fort qui gagne sur le plus faible. La victoire de la bête sur la belle.

Iacub passe maintenant pour une salope. Tout aurait été prémédité.

Le premier livre qui défendait le cochon n'avait pour seul but que de séduire le cochon et sa compagne afin de pouvoir rédiger le second, le livre crime.

Le cochon triomphe au sortir du Palais de justice. Marcella que je ne connais pas, dont, jusqu'à présent, je me moquais comme de ma première chemise, est défaite. Elle devient dans un certain nombre de cercles et de quotidiens bien pensants, la criminelle, celle qui, pour faire un coup, à oser dévoiler aux yeux du grand public, des choses qui auraient dû rester des secrets d'alcôve, des trucs à se dire dans les dîners mondains, de la rumeur d'Orléans, entre caviar et biche sauce grand veneur. Les réunions des nouvelles « madame Verdurin ».

C'est dégueulasse! Le monde est dégueulasse car c'est le monde, celui qu'il faut fréquenter, celui qui regarde le reste du monde de haut comme depuis un belvédère. Le monde en surplomb.

Ne cède pas Marcella. C'est toi qui a raison. Comme il y a les fauteuils Voltaire, tu as fait ton travail Voltaire en dénonçant ce qui t'était arrivé avec le porc. Je suis avec toi. Ça ne doit pas te rassurer. Tu ne me connais pas. J'ai lu ton livre. C'est un vrai livre. Un livre vrai sur la trahison des cochons. Pas de phrase impudique. Pas de révélation sensationnelle.

Bravo! On y apprend plein de choses sur les perversions, les pervers et la perversité. Sans excès, sans scène salace, sans outrance, tu dis la destructivité de certains de nos congénères. Tu dis une histoire, ton histoire. Pas celle du cochon.

Pourquoi brûle-t-on les livres? Pour permettre au train de marchandises de rouler vers la destruction. C'est comme ça depuis le 20 ème siècle. Les interdictions de bouquins précédent la destruction des femmes et des hommes. La justice française a fait attention de se tromper doucement avec Marcela. Elle n'a pas voulu laisser libre cours à son esprit wagon à bestiaux.

L'Etat français comme disent les indépendantistes basques ou corses, n'a pas voulu montrer son vrai visage, son vrai pouvoir sauvage. À vrai dire les « ceux-ce » qui posent leur derrière dans les fauteuils des institutions aurait bien voulu tuer cette idée d'un livre libre. Pour ça, parce qu’ils savent qu’on ne doit pas brûler les livres, ils ont essayé d'en faire un bouquin marchandise, un « bouquin indécence », un « bouquin complot » .

La justice est passée. Belle et bête sera lu. Tant mieux.

PS : Au fait qui est ce cochon ? 

PS du PS: après les pigeons voilà qu'on met à l'honneur le cochon. 

 

 

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