Contre "l'élevage en batterie" des collégiens...par Michel Yvernat

 

Face à un déficit de recrutement des prof de collège (En tête des disciplines sinistrées : les maths, l’anglais et les lettres classiques) le ministre Peillon tente de recruter en deux vagues 47 000 nouveaux enseignants. C'est une façon de voir les choses par forcément la plus efficace...(voir article du JDD): 

Face à  "Une baisse de 30 % des inscrits au Capes (...)  Luc Chatel avait eu recours au même type de campagne de recrutement en 2011. Mais n’avait pas ramassé de candidats à la pelle. Ainsi, entre 2011 et 2012, le nombre d’inscrits au Capes a chuté de près de 30 %. Et 706 postes sont restés vacants cette année. En tête des disciplines sinistrées : les maths, l’anglais et les lettres classiques." Face à  "Une baisse de 30 % des inscrits au Capes (...)  Luc Chatel avait eu recours au même type de campagne de recrutement en 2011. Mais n’avait pas ramassé 

Je crois que les difficultés des capessiens sont intimement liées aux difficultés du collège unique. Ce dernier ne fait plus son office de rassemblement et de formation. Il est, compte tenu de l'évolution de la société, en porte à faux. Les aspirations et les histoires des collégiens sont par trop hétérogènes pour arriver à les faire tenir toutes en un seul modèle éducatif. 

 Le collège unique date de 1975! Mélenchon dont nous avons pu apprécier l'évolution nationaliste depuis dix ans avait, lorsqu'il était ministre délégué à l'enseignement professionnel (Gouvernement Jospin 2), eut le courage de mettre en cause le collège unique. Je me souviens même d'une conversation avec Jérôme Guedj, à l'époque très proche de Jean-Luc, au cours de laquelle ce dernier interrogeait le ministre sur la possibilité d'un lien entre la violence qui se développait dans les collèges et l'échec scolaire dans lequel se trouvaient nombre de collégiens. 

Il y avait, en 1975, 52,5 millions de français. Aujourd'hui nous ne sommes pas loin de 64 millions! Comment peut-on croire que les décisions de 1975 puissent être encore valables aujourd'hui si tant est qu'elle le furent à l'époque? Comment peut-on croire que des collégiens, c'est à dire des adolescents en pleine transformation puissent être traités de manière homogène quelques soient leurs origines culturelles, sociales, psychiques etc...L'offre d'enseignement unique est une aberration, un dénie des différences, des tendances et des histoires de la société et des jeunesses qui la composent. 

Le vrai débat ne me semble pas devoir être centré sur le Capes et le recrutement coûte que coûte de nouveaux enseignants. Comme leurs prédécesseurs, il subiront les souffrances professionnelles liée aux difficultés de leurs élèves face à un modèle d'"élevage en batterie", une pédagogie productiviste, incapable de prendre en compte le jeune dans sa spécificité. Avec le collège unique tout le monde va dans le mur et la crise de vocation d'aujourd'hui ne pourra que s'approfondir. 

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