1942: "La femme est un homme raté" citation

A lire, pour hier, aujourd'hui et demain. C'est clair. Ça vaut bien une main au cul, c'en est même la justification. La validation d'un droit de cuissage toujours recommencé. En bonus, il y a l'homophobie... Ça se passe de commentaire.

Citation extraite du livre du docteur Julien Bensançon, édition Vigot frères, éditeurs. 1942. Toute une époque...qui dure ?!

"Il n'y a pas de femmes laides.

Toute femme a sa chance, pourvu qu'elle reste femme.

La femme est un homme raté. Plus le garçon est manqué, plus la femme est réussie.

Si le germe de la conception a évolué jusqu'au bout de sa course: "C'est un petit garçon" s'écrie la sage-femme en apercevant les deux glorieux emblèmes. Et les parents rayonnent: "C'est un petit garçon!" Mais si la graine n'a pas fait toute sa route, le père et la mère qui l'ont semée doivent se contenter d'une demi récolte. "C'est une petite fille!" On est heureux tout de même. Mais les modestes insignes du sexe faible restent cachés sans fierté.

Or, sachez-le, mesdames, et ne jetez pas les hauts cris, dans vos pauvres petits ovaires, il y a toujours des cellules mâles. Veuillez excuser le langage du médecin: la femme est une manière d'hermaphrodite.

(...)

Au civil, nous voyons des bas-bleus qui font des conférences, qui demandent à voter, et qui font rage pour que les chevrettes s'abaissent jusqu'à réclamer l'égalité avec les boucs. Ces hommasses, ces dragonnes (on les appelle aussi viragos) caricatures de l'un et l'autre sexe, gâcheuses de la famille, de l'amour et de l'art, ne peuvent plus plaire à l'homme. Du moins à l'homme qui n'est pas un inverti. Elles peuvent encore plaire aux femmes. Si - ce qui est fréquent - leurs goûts amoureux ont changé avec leur allure. Mais je glisse ici sur le terrain où poussent les gousses odorantes de l'ail. Le langage des Parisiens supporte cette métaphore.

(...)

Si la grâce l'abandonne, la femme ne peut plus prétendre à plaire. Comme l'enfant, la femme est une esquisse. Comme l'enfant, qui perd sa grâce à mesure qu'il grandit, la femme perd sa grâce à mesure qu'elle s'achève vers les formes et les goûts masculins.

La grâce est le sourire de l'inachevé.

Votre grâce, madame, est à la mesure de votre féminité. En gagnant la force, vous renoncez à la grâce. Et j'entends le poète implorant que le Dieu bienveillant: "donne à nos fils la force, et la grâce à nos filles."

Jusqu'aux cheveux blancs, vous conserverez votre grâce, si vous restez une ovarienne. Veillez à garder votre sexe. Le médecin va vous y aider."  

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