Au paradis s’en vont les dames

C’était le temps de l’adolescence, l’époque des tables qui tournent, des corps qui se refusent aux cœurs, des regards espoirs pour toujours qu’on ne peut que trahir.

C’était le temps de l’adolescence, l’époque des tables qui tournent, des corps qui se refusent aux cœurs, des regards espoirs pour toujours qu’on ne peut que trahir.

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C’est cette photo qui se rapproche le plus de ce qu’elle était en ce temps là, me semble-t-il. Je l'ai modifiée pour préserver son anonymat. Elle m’a fait découvrir Jeanne Moreau. J’ai la mémoire qui ne flanche pas. Elle m’a fait découvrir l’horloger, les promenades dans les rues de Paris sans se tenir la main...Je n’ai pas osé l’embrasser par crainte de rompre le charme ou par peur d’être déplacé, de la choquer. Par timidité. Par crainte de sa fragilité. Je ne l’ai pas embrassée mais comment nous disions nous bonjour ? Comment nous quittions nous ? Surement pas en se serrant la main. J’ai la mémoire qui flanche. Elle est partie faire l’actrice au Québec. Les femmes elles aiment les hommes à femmes... Comme elle lui ressemblait! Au paradis s’en vont les dames. Je ne l'ai jamais revue. Elle est actrice comme Jeanne qui l'a, sans doute, tant inspirée. Je souhaite à tous les Jules et Jim du monde de rencontrer leur Jeanne et de ne pas oser l'embrasser de peur de la briser. 

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