Macron et la journée de l'autisme

Macron essaie de soigner sa communication sur le dos des enfants autistes que le confinement "puni" une deuxième fois: ils se voient privés, sans aide, sans accompagnement des quelques aides qu'ils pouvaient avoir. Le discours du président est d'une pauvreté intellectuelle saisissante.

"Monsieur Macron,

 

À l'occasion de cette journée internationale de l'autisme, vous vous êtes exprimé pour nous annoncer "une bonne nouvelle" à nous les autistes et les aidants :

Nous pourrons à présent bénéficier d une dérogation exceptionnelle nous permettant de sortir avec nos enfants autistes durant cette période de confinement.

Devrions nous saluer votre démarche ? Démarche copiée sur nos voisins espagnols qui eux ont eu le mérite de ne pas avoir attendu une date symbolique pour tirer un écœurant bénéfice d'image de la situation.

Votre discours, Monsieur Macron, est tellement éloigné de nos réalités quotidiennes  qu'il en est insultant. 

Nous serions impatients de retrouver "nos vies d'avant"... Nos vies d'avant ? Celle où nous étions déjà confinés, car exclus d'une société qui ne veut pas de nos enfants dans ses écoles, d'un Etat écrasant les droits fondamentaux de ses citoyens les plus vulnérables, les abandonnant au bord du chemin du vivre ensemble? 

Nous serions pressés de retrouver "nos habitudes".... Nos habitudes ? Celle de se battre jusqu’à l’épuisement contre une administration déshumanisée  et supporter la violence institutionnelle sur nos existences et celles de nos enfants- Monsieur le président vous l’avez dénoncé vous même « le retard honteux de la France en matière d’inclusion dans votre intervention du 11 février 2020 » et en même temps vous souhaitez nous y replonger.

N’avez vous pas tirer les leçons de ce confinement obligé mal vécu par les familles pendant plusieurs mois mais que nous subissons nous au quotidien face au mur de l’éducation nationale ?

Nous n'avons pas attendu le coronavirus, Monsieur Macron, pour pleurer dans nos chambres en cachette, quand les enfants dorment, parce que nous ne savons pas de quoi leurs avenirs incertains seront faits. 

Vous êtes si loin de nos vies, vous maîtriser tellement mal votre sujet, que ça en devient révélateur du mépris que vous avez pour nous.

Non monsieur Macron, nos vies d'avant et nos habitudes ne nous manquent pas, ce qui nous manque, c est le respect de nos droits dans nos vies ordinaires.

Porter une cocarde bleue en adoptant la rhétorique de la bienveillance, c'est comme applaudir les soignants : c'est joli mais ça ne change rien aux maltraitances que nous subissons et continuerons à subir sans réelles ruptures idéologiques"

#2avril #AutismeFrance

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