J’accuse Macron, Philippe, Blanquer de prendre en otage des enfants autistes.

Vous vous  gargarisez de votre légitimité « démocratique » et vous vous répandez dans les médias (complaisants?) pour fustiger les gilets jaunes qui les samedis ne respecteraient pas les lois et les enseignants qui prendraient en otage les élèves. en même temps vous refusez le droit de chaque enfant à bénéficier des conditions nécessaires à son éducation et à son intégration dans la société.

J’accuse Messieurs Macron, Philippe, Blanquer de prendre en otage des milliers d’enfants autistes qu’ils privent de la scolarité à laquelle ils ont droit.

 

Vous vous  gargarisez de votre légitimité « démocratique » et vous vous répandez dans les médias (complaisants?) pour fustiger les gilets jaunes qui les samedis ne respecteraient pas les lois et les enseignants qui prendraient en otage les élèves.Des enseignants qui veulent se faire entendre et utilisent ce que la loi permet.

 

En même temps vous foulez du pied ce qui fait l’âme de la République (la res publica, la chose publique) en refusant le droit de chaque enfant à bénéficier des conditions nécessaires à son éducation et à son intégration dans la société.

Vous lancez les forces de « l’ordre » (financier?) sur les gilets jaunes, vous menacez les enseignants grévistes de lourdes sanctions. Dans ce cas appliquez avec autant de sévérité les sanctions auxquelles vos actes vous condamnent.

Si les citoyens, « ceux qui ne sont rien » doivent répondent de leurs actes, il faudrait que «  ceux qui ont réussi » soient plus exemplaires et assument enfin.

Répondez à la misère à la fois morale et financière de ces enfants et de leurs familles ou démissionnez (se démettre de la mission que l’on est incapable de réaliser).

Rendez la dignité à ces enfants ou perdez la votre.

A vous entendre ce problème de l’autisme serait une de vos priorités.

 

Monsieur le Président vante le quatrième plan autiste, une aumône digne de celle que font certains grands bourgeois sortant de la messe, aux nécessiteux. 70 millions par an: 0,07% du coût de la pollution de l’air qui coûte un « pognon de dingue ». Un des plus grands participant à cette pollution qui tue (pollueurs tueurs, pollués tués; pollueurs payés, pollués payeurs) : TOTAL qu’un quarteron de politiciens tente de repeindre  en « vert » pour l’imposer comme sponsor des jeux olympiques de Paris. Voila où va la sollicitude de certains de nos (trop?) chers élus.

Monsieur le Président, vous êtes le garant de la Constitution qui prévoit l’égalité de chaque citoyen devant la loi. Qu’attendez vous pour respecter votre charge?

 

Monsieur le Premier Ministre, à Albi le 14 juin,  affirme que « la scolarisation des enfants avec troubles du spectre de l’autisme représentait un enjeu majeur de la stratégie éducative nationale. »

Et à l’issue d'un échange avec la petite Manon il déclare qu’on « peut être à la fois extrêmement ému devant ce qui se fait et extrêmement humble devant ce qui reste à faire ». Monsieur Philippe est ému de présenter la création à Albi dans le Tarn d’une classe primaire pour 10 autistes alors qu’il y a environ 100 autistes en âge d’être scolarisés en primaire dans le département. Il y a une discrimination territoriale, seuls les enfants d’Albi pourront bénéficier de cette manne ministérielle. Le verre rempli à 10%  semble satisfaire les politiques.

Son humilité s’arrête à son retour à Paris où il va s’intéresser à des choses plus sérieuses: les élections municipales.

Le 6 avril 2018 vous avez prononcé un discours lénifiant pour présenter le quatrième plan autisme. Un discours pompeux, verbeux qui déjà dans le titre montre à quel point chez ces gens là on n’a pas compris le fond du problème: pour tous ceux qui sont confrontés au problème, nous ne voulons pas une stratégie pour l’autisme mais une stratégie pour lutter contre les méfaits de l’autisme et pour comprendre les causes qui font que les cas d’autismes explosent dans le monde.

Je vous joins en annexe le discours que vous auriez pu tenir lors de cet évènement.

 

Monsieur le Ministre de l’éducation….qui affadit le concept d’école républicaine en lui accolant « de la confiance » comme si cela n’était pas implicite. Monsieur Blanquer comprenez bien que les autistes et leurs parents ne font aucune confiance dans l’école de la république que vous dirigez.

Vous menacez urbi et orbi ces enseignants qui auraient pris en otage les futurs bacheliers, quelques jours d’angoisse peut être mais rien de plus. Les autistes et leurs familles subissent les outrages institutionnels pendant des années sans que cela semble vous perturber.

Quelles mesures coercitives prendrez vous quand un enfant autiste de presque 8 ans est l’objet d’une suspension de scolarité parce que les moyens prévus dans la loi pour accompagner cet enfant ne sont pas mis en place. Cette suspension a été signifiée la veille de son application sans que la maman n’ait été prévenue de la procédure et sans qu’aucunes des mesures légales d’accompagnement ne s’activent: une procédure complètement illégale.

Cet évènement s’est produit à Castres dans le Tarn 8 jours avant la visite de Monsieur Philippe. l’Inspecteur d’Académie qui a pris cette décision aurait dû lui en parler peut être Monsieur Philippe  en aurait été ému. Peut être que ceux qui ont pris ou soutenu cette décision l’ont fait « à l’insu de leur plein gré » conscient du l’illégalité de leur décision. Un fonctionnaire ne doit pas une obéissance sans faille à sa hiérarchie. Si face à ces atteintes au droit ils affichaient leur refus bien des situations scandaleuses seraient évitées. Hannah Arendt a écrit sur  ce problème et ses conclusions sont éclairantes.

 

Messieurs, la légitimité démocratique ne se résume pas à se faire élire, la démocratie c’est d’abord le respect des droits (ne pas confondre droit et loi). Il y a hélas trop d’écarts entre les qualités pour se faire élire et les qualités pour diriger. Trop d’élus se révèlent incapables de la charge qui leur incombe. Ce ne serait pas grave si ils assumaient, on peut ne pas avoir pris la mesure des difficultés. Mais ils s’accrochent pitoyablement et mettent le pays en difficulté sans que le citoyen ne puisse réagir. C’est d’ailleurs au nom de cette démocratie que cette possibilité est refusée aux citoyens.

 

J’ai bien conscience que mes propos seront vilipendés, ce qui justifiera de ne pas répondre sur le fond, tactique politicienne bien éprouvée.

Lorsque la loi sur les propos « haineux » sera votée, je ne pourrai peut être plus écrire ce texte,

 

 

 

 

 

Annexe

Monsieur le Premier Ministre, je vais écrire ce que vous auriez pu dire, ce que nous aurions aimé entendre, un discours écrit avec les « tripes »

 

« Il y a quelques mois, j’ai entendu à la télévision la maman d’un enfant autiste qui disait que « la fatalité, ça n’est pas d’être autiste, c’est de naître avec un autisme en France ». Ce constat, me révulse. Il y a 5 ans lors du troisième plan autisme on parlait d’un nouveau né sur 150 atteint de ce problème. Aujourd’hui on en est à 1 pour 100, qu’en sera t il dans 5 ans? L’autisme « frappe partout, tous les milieux sociaux peuvent en être victime. Si une minorité peut « assumer » les conséquences financières, ce qui n’exonère pas des conséquences affectives, la grande majorité doit en plus se débattre dans des difficultés financières parfois redoutables.

 

Même si la démonstration scientifique n’établit pas encore la causalité entre cette catastrophe sanitaire qui s’annonce et les dégradations de l’eau, de l’air, des sols, l’utilisation massive de pesticides et des perturbateurs endocriniens et autres polluants qui généreusement abreuvent nos sillons, l’application du principe de précaution nous oblige à convoquer la science pour mener les deux actions suivantes:

trouver les causes de l’autisme pour diminuer drastiquement le nombre de nouveaux nés atteints

travailler à aider ceux qui, malheureusement, en sont atteints. Bien d’autres pays sont très en avance et nous allons nous inspirer de leurs compétences.

 

Face à ce problème de société, deux positions

 

soit on change les pansements, on saupoudre quelques millions, un euro par habitant et par an  et on passe à autre chose

 

soit on pense les changements et on investit pour un avenir moins sombre pour les  600000 à 700000 autistes de notre pays sans oublier les 2 à 3 millions de ceux qui les accompagnent. Dans notre pays près de 4 millions de personnes sont directement ou indirectement concernés par l’autisme. Ce sont des milliers de classes, des milliers d’enseignants spécialisés qu’il faut prévoir sans tarder. On ne peut pas attendre un 5ème, un 6ème plan. Il faut agir aujourd’hui, il en va de l’honneur d’un pays riche et pourtant régulièrement condamné aussi bien pour son indigence dans le traitement des autistes que pour le non respect de la qualité de l’air.

Combien investir, c’est aux citoyens de s’exprimer, 10€, 20€ par habitant et par an, nous allons vous consulter, c’est trop important pour que quelques dirigeants temporaires se prononcent sur un tel choix de société. Cet argent n’est pas un coût mais un investissement qui se traduira par des économies bien supérieures dans un avenir proche.

 

Pour dépasser le cas de l’autisme, notre pays est très fort pour enfiler les plans sanitaires: cancer, diabète, autisme… surtout pour éviter de se pencher sur l’essentiel: la prévention (primaire), on n’a toujours pas intégré que le cancer dont on guérit le mieux est celui dont on n’est pas victime.

Globalisons toutes ces maladies chroniques qui ont probablement des déterminants communs en affectant des moyens à la hauteur des enjeux.

 

Moi Premier Ministre, je vous propose que les habitants de notre pays décident de mettre 15€ par habitant et par an pour tenter d’apporter une solution globale à l’ensemble de ces problèmes.

 

Plus de 1 milliard par an c’est beaucoup? C’est 1% du coût de la pollution de l’air. S’il n’y a pas de source magique pour produire cet argent, peut être peut on combler quelques puits magiques qui engloutissent une partie de l’argent de tous au profit de quelques uns. »

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