ANSES Jekyll et ANSES Hyde

De nombreux organes de presse se sont précipités pour apprendre au bon peuple que suite aux travaux de l’ANSES tout danger était écarté et que dans sa grande magnanimité le gouvernement avait décidé de fixer des limites d’épandages pour préserver leur santé. Le règne de l’hypocrisie instaurée par le Président Macron atteint des sommets.

 

ANSES Jekyll et ANSES Hyde

 

Le règne de l’hypocrisie instaurée par le Président Macron atteint des sommets dans sa réponse aux maires osant braver les diktats des lobbies agroindustriels.

 

De nombreux organes de presse se sont précipités pour apprendre au bon peuple que suite aux travaux de l’ANSES tout danger était écarté et que dans sa grande magnanimité le gouvernement avait décidé de fixer des limites d’épandages pour préserver leur santé. On notera que ces organes de presses se sont bien gardés de donner les références de la saisine de l’ANSES. 

 

L’Anses a été saisie le 28 janvier 2019 par la Direction Générale de l’Alimentation, la Direction Générale de la Santé et la Direction Générale de la Prévention des Risques pour la réalisation de l’expertise suivante : « Demande d’appui scientifique et technique sur les mesures de protection des riverains lors de l’utilisation des produits phytosanitaires » (pesticides en bon français!).

Dans la lettre de commande il est fait référence à l’EFSA (L'Autorité européenne de sécurité des aliments) officine de l’UE qui se contente la plupart du temps de recopier les « informations » des lobbies de l’agro-industrie. 

 

Sans précisions sur la nature des pesticides, leur dangerosité, la fréquence des pulvérisations, les différents modes de propagation dans l’air, l’eau, les sols le rapport donne des résultats hallucinants.

 

C’est le côté Mister Hyde. 

 

Voyons le coté Docteur Jekyll

 

Dans un rapport plus ancien et plus complet l’ANSES donne des conclusions qui contredisent les précédentes.

 

Le rapport datant de septembre 2017 « Proposition de modalités pour une surveillance des pesticides dans l’air ambiant ». Quelques extraits d’un rapport de 250 pages

En introduction:

« L’exposition aux pesticides, que ce soit pour les populations agricoles, les riverains ou la population générale, est difficile à renseigner. Cependant, des études épidémiologiques mettent en évidence des associations entre des expositions aux pesticides et différentes pathologies chroniques. Bien que les expositions alimentaires sont aujourd’hui de mieux en mieux connues, la contribution des autres voies d’exposition, notamment la voie aérienne, reste insuffisamment documentée. » 

« Assurer un suivi homogène sur le territoire et pérenne des pesticides dans l’air ambiant apparaît nécessaire compte tenu de la présence de ces polluants dans ce compartiment, de leur effets avérés sur la santé et de l’absence de réglementation sur ces substances dans l’air. »

« Les pesticides sont retrouvés dans l’air ambiant en zone agricole comme en zone urbaine, pendant et hors périodes d’utilisation « 

« De plus, certaines substances interdites, quelques fois depuis plusieurs années, peuvent être retrouvées notamment dans l’air du fait de leur rémanence dans les compartiments de l’environnement (qui peut notamment engendrer un transport à plus ou moins longue distance depuis une zone dans laquelle leur usage est autorisé). »

un schéma conceptuel du transfert des pesticides vers l’air a été établi. Les processus décrits par ce schéma conceptuel (partie gauche de la figure) sont : 

  • -  Départ direct à l’atmosphère durant l’application (ou source directe) ; 
  • -  Dépôt direct sur le sol de la parcelle traitée ; 
  • -  Dépôt direct sur la cible (la plante) ; 
  • -  Revolatilisation à partir du sol incluant la dégradation dans le sol (ou source
    indirecte) ; 
  • -  Revolatilisation à partir de la plante (ou source indirecte) ; 
  • -  Répartition Gaz/Particules dans l’atmosphère: "sous-mécanisme" susceptible
    d’influencer lors de la dégradation dans l’atmosphère notamment ; 
  • -  Dégradation dans le compartiment atmosphérique.

Rien à voir avec les quelques mètres octroyés aux citoyens et la FNSEA trouvera que c’est encore trop. Après tout n’est il pas bon d’habituer les petits enfants dans les écoles avec les molécules qu’ils avaleront tôt ou tard dans l’alimentation saine que nos gentils agriculteurs  préparent pour que de gentils industriels dans leurs belles usines leur fassent de si jolis plats préparés.

 Mithridate chantre de la FNSEA.

Revenons sur notre Président

« Donc Monsieur le maire, il a raison sur ses motivations », a déclaré Emmanuel Macron, alors que la décision du tribunal administratif de Rennes est attendue la semaine prochaine et que la justice est saisie à Rouen pour un cas similaire d’arrêté municipal dans l’Eure. « Je le soutiens dans ses intentions », a-t-il insisté.

« Il y a des lois, elle (la préfète) doit les faire respecter, donc je serai toujours derrière les préfets qui font respecter les lois », a d’abord plaidé Emmanuel Macron, en estimant que « la solution n’est pas de prendre un arrêté qui n’est pas conforme à la loi » mais plutôt « de mobiliser pour changer la loi ». En ce sens, le chef de l’Etat a souhaité « aller vers un encadrement des zones d’épandage de pesticides », en pointant « les conséquences sur la santé publique ».

De l’hypocrisie dans toute sa splendeur.

`Cette réaction est même assez inquiétante, elle montre que Monsieur Macron confond deux notions différentes: le droit et la loi. La loi découle du droit, donc toute loi qui porte atteinte au droit est illégitime.

La charte de l’environnement ayant valeur constitutionnelle dit que:

« Chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé »

Chacun a donc le droit de choisir de vivre dans un environnement qui ne soit pas saturé en molécules artificielles potentiellement dangereuses pour la santé. 

Chacun a le droit de demander aux fabricants et aux utilisateurs de démontrer que leurs produits ne causeront  ni aujourd’hui, ni dans le futur, des dommages à l’humain en particulier et à la biodiversité en général.

Mais le droit des peuples est malmené par la loi des puissants.

La loi a inversé la charge de la preuve ce qui permet aux marchands de doute d’affirmer, sans honte, qu’il n’y aurait pas de preuves de la nocivité des pesticides. Qui a oublié l’amiante qui a tué et qui tue toujours sans que ceux qui ont nié son caractère tueur soient seulement inquiétés grâce à la loi!

La loi permet l’épandage presque sans restriction.

La loi empêche les citoyens de faire respecter leurs droits.

Macron approuve ces lois illégitimes et leur donne la priorité sur le droit.

C’est toute l’hypocrisie de cette réaction, faire semblant de donner raison aux pollués tout en confortant les pollueurs.

Le cancer est devenu la première cause de mort dans les pays riches,

Dans 10 ans, le cancer sera probablement la première cause de décès dans le monde. 

Y aurait il un rapport avec les pesticides?

Va t on se laisser assassiner en toute légalité par l’industrie?

Un souvenir: il me revient à la mémoire d’avoir vu et entendu Madame Buzyn, en tant que vice présidente de l’institut national du cancer, mettre en doute la réalité de  l’augmentation des cas de cancers. Nier la réalité n’empêche pas de devenir ministre!

 

La république fonctionne en mode dégradé, la démocratie est démonétisée. Les très riches se portent de mieux en mieux.

 

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