Le Foll et le glyphosate: complice ou (et) incompétent

dans une interview récente M. Le Foll a avoué savoir que Monsanto connaissait les dangers du glyphosate et n'en avait pas suffisamment averti les utilisateurs. bien que ministre de l'agriculture pendant près de 5 ans, il n'a rien fait. Qu'il se taise!

"Condamner Monsanto ça ne me dérange pas parce que je sais que Monsanto a vendu du glyphosate sans prévenir des risques qu'il y avait dans son utilisation" a réagi sur franceinfo Stéphane Le Foll, maire du Mans et ancien ministre de l'Agriculture. "Condamnons Monsanto, ce n'est pas une discussion. Après... comment on enlève les mauvaises herbes ?"

Pour enlever les herbes, "il y a deux solutions", affirme Stéphane Le Foll. "L'herbicide ou vous travaillez le sol. C'est une alternative mais quand vous regardez vous voyez toute la poussière qui s'envole. C'est donc du sol qui s'en va." Il ajoute que "pour éviter l'érosion des sols, la perte de fertilité des sols, il faut les couvrir". "Là, on a besoin d'un peu d'herbicide, poursuit l'ancien ministre de François Hollande. Donc, l'alternative, il va falloir la construire dans les 4 à 5 ans qui viennent. Mais partir du principe qu'il faut interdire le glyphosate pour penser qu'il y a d'autres molécules qui vont le remplacer c'est catastrophique. »

 

4 ans 11 mois 24 jours ministre de l’agriculture, il savait « que Monsanto a vendu du glyphosate sans prévenir des risques qu'il y avait dans son utilisation » et il n’a rien dit.

M. Le Foll se rend il compte de la gravité de ses propos qui font de lui un complice ou (et) un incompétent.

Il est regrettable que sur ce sujet, celui qui fut porte parole du gouvernement soit resté muet.

Mais au moins il reconnait que Monsanto connaissait les risques des substances à base de glyphosate, risque nié par les députés et les sénateurs ayant voté contre l’interdiction du glyphosate.

Si M. Le Foll avait pris ce sujet au sérieux il y a plus de 5 ans, l’alternative qu’il appelle de ses voeux aujourd’hui serait déjà effective.

 

On ne peut pas dire que les arguments de M. Le Foll soient de haut vol en particulier cette phrase: « mais quand vous regardez vous voyez toute la poussière qui s'envole. C'est donc du sol qui s'en va. »  de quoi parle t il?

Quant à cette autre phrase sibylline: « Mais partir du principe qu'il faut interdire le glyphosate pour penser qu'il y a d'autres molécules qui vont le remplacer c'est catastrophique. » faut il l’interpréter comme une défense du glyphosate: je n’ai rien fait sur ce sujet pendant 5 ans, gardons le glyphosate, la chimie de synthèse de remplacement pouvant être plus dangereuse.

 

Comment M. Le Foll définit il une « mauvaise herbe »?

Si ces herbes existent c’est qu’elles ont un rôle dans la biodiversité, tout comme les insectes. Parce que l’on aurait pas trouver, ou surtout voulu trouver leur utilité, il faudrait les détruire. Si elles sont utiles, leur action est gratuite, mot horrible pour un économiste:

« delenda gratiis »

 

 

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