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Billet de blog 18 mars 2016

Le Foll m'a tuer

Monsieur Le Foll est ministre, son ministère s’appelle ministère « de l’agriculture » là où il devrait s’appeler ministère « d’une agriculture destructrice imposée par la FNSEA ». Aujourd’hui, il ne craint même plus de s’afficher en tant que supplétif de la FNSEA pour que le massacre des pollinisateurs continue.

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                                       Le Foll m’a tuer

  mais il ne remplacera pas les pollinisateurs par des beulinisateurs

Monsieur Le Foll est ministre, son ministère s’appelle ministère « de l’agriculture » là où il devrait s’appeler ministère « d’une agriculture destructrice imposée par la FNSEA ». Monsieur Le Foll communique sur la renaissance d’un projet agroécologique pendant qu’il participe à la destruction de l’élevage à l’herbe et au développement d’un élevage intensif concentrationnaire qui peut être qualifié « d’erreur de la nature » ou plutôt « d’horreur de la nature ».

Aujourd’hui, il ne craint même plus de s’afficher en tant que supplétif de la FNSEA pour que le massacre des pollinisateurs continue.

En légalisant l’épandage de produits assassins, Le Foll méprise le Droit de chacun de vivre dans un environnement sain.

30 janv. 2012: La Cour des comptes vient de publier un rapport thématique sur la filière agrocarburant en France qui occupe dorénavant 6% de la surface agricole utile (SAU) 

En 2011, l’exonération fiscale partielle dont bénéficient les agrocarburants a totalisé 480 millions d’euros, s’ajoutant à un montant estimé à plus de 2,6 milliards d’euros pour la période 2005- 2010, dont 1,8 milliards d’euros rien que pour le biodiesel. La Cour des comptes pointe la situation quasi monopolistique de Sofiproteol sur le biodiesel, qui lui a permis de capter l’essentiel du montant correspondant à cette niche fiscale, et évoque à cet égard un « effet d’aubaine » et une « rente de situation ». En effet, ce soutien financier massif a plus que généreusement couvert les investissements réalisés, que la Cour des comptes évalue à environ 500 millions d’euros au cours de cette période ! 

Qui dirige Sofiprotéol: M. Beulin qui est Président de la FNSEA et comme c’est un gentil, il entretient de bons rapports avec tous les ministres de l’agriculture. Un bel exemple « d’économie circulaire ». Une expression fait entrer M.Beulin en catalepsie: agriculture bio. Dans la vie il y a ceux qui pensent et ceux qui croient.M.Beulin croit que son modèle est le seul possible. C’est une croyance qui comme toutes les croyances n’a pas besoin de justifications. Il serait bien en peine de justifier ses affirmations et donc il se comporte en grand inquisiteur en particulier envers les agriculteurs qui deviennent des hérétiques s’ils n’appliquent pas les recettes de la FNSEA.

M.Beulin oeuvre intensément pour une extension de l’utilisation des agrocarburants, pour les produire il faudrait augmenter la SAU. Au détriment de quoi? Pas des céréales arrosées par notre eau et notre argent de la PAC. Non, haro sur les prairies.

La loi parle de pollueurs payeurs, mais la réalité est aux pollueurs payés (en autre les pratiquants de cette agriculture désuète) et aux pollués payeurs (la masse des citoyens).

Le modèle actuel pollue l’eau, l’air, il détruit les sols, il menace la santé de l’homme (au premier plan celle des travailleurs) et plus généralement de la biodiversité, il détruit l’agriculture vivrière de certains pays. Faut il continuer jusqu’à la catastrophe ultime?

Le problème a commencé le jour où on a cessé de considérer les productions agricoles comme des productions de la nature, et que sans elle, avec l’aide des agriculteurs, il ne serait pas possible de nourrir l’humanité. 

Le problème a continué quand on est passé d’un système où les espèces animales et végétales étaient adaptées aux milieux, à un système où on a voulu adapter les milieux aux espèces. Les milieux étant très divers, le nombre d’espèces était important. Par exemple dans les rizières en étages, chaque versant et presque chaque niveau avaient une espèce bien adaptée. Et chaque paysan avait la connaissance et la propriété de ces espèces. Ce savoir vernaculaire est une horreur pour le capitalisme qui déteste tout ce qui est gratuit.

Le problème a continué quand on est passé d’une production adaptée aux besoins des humains, à une volonté d’imposer aux consommateurs les produits issus de cette agriculture. Comme ces fruits d’un bel aspect extérieur mais bourrés de pesticides, insipides, ayant perdus l’essentiel de leur potentiel nutritif.

Il a donc été décidé de sélectionner quelques variétés et d’en améliorer les qualités, mais  quelles qualités? La productivité est elle le critère le plus adéquat? Les règles de la biodiversité sont sans appels: le développement d’un caractère se fait au détriment d’un autre et les effets négatifs ne sont pas toujours immédiats et prévisibles. Mais surtout pousser un caractère « dans ses retranchements » entraine une fragilisation globale surtout si le milieu n’est pas adapté. A partir de là la débauche de béquilles: engrais, pesticides pour les plantes, antibiotiques et anxiolytiques pour les animaux. Et surtout, peut être la priorité pour certains s’accaparer la propriété d’espèces appartenant à tous. Ont ils inventé le blé, le maïs…la vache, le porc….Ils nous volent ce qui nous appartient.

Cette agriculture dite conventionnelle dominée en amont par les semenciers, les chimistes, en aval par l’industrie de transformation et les distributeurs écrase les paysans, les réduit au rôle d’exécutants. Cette agriculture folle disparaitra. Mais pas d’erreur, elle ne disparaitra pas simplement en supprimant les intrants, les espèces n’y survivraient pas, c’est toute la philosophie de l’agriculture qui doit être repensée, cela prendra du temps, ce n’est une révolution mais une métamorphose qu’il faudra mettre en place. Soyons certains que la bête ne se laissera pas faire, les millions vont pleuvoir pour circonvenir des dirigeants et leur servir des « vérités » plus belles les unes que les autres. Les marchands de doutes ont encore de beaux jours devant eux. Qui a oublié ces belles phrases:

 « l’environnement ça suffit » ou « les vrais écologistes sont les agriculteurs »

qu’il est bon de se faire applaudir par la FNSEA ou le MEDEF. Faut il parler de MEDEFNSEA?

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