lettre ouverte à celles et ceux qui nous condamnent au glyphosate

en dépis des données scientifiques et de l'aveu de Le Foll 22 députées, 41 députés, 32 sénatrices et 68 sénateurs qui ont refusé d’interdire les produits à base de glyphosate. Comment des femmes peuvent elles condamner de futurs enfants à une pollution mortifère? Ils n'ont fait qu’obéir aux ordres, Hannah Arendt a très bien décrit ce comportement et les conséquences funestes qui en découlent.

lettre ouverte aux 22 députées, 41 députés, 32 sénatrices et 68 sénateurs qui ont refusé d’interdire les produits à base de glyphosate.

 

L'agent orange, nom donné  à l'herbicide produit pour le département de la Défense des États-Unis par Monsanto et Dow Chemical. Le produit était répandu principalement par avion au-dessus des forêts vietnamiennes ou sur des cultures vivrières. Aujourd’hui des milliers d’enfants et d’adultes souffrent des conséquences de ces épandages.

 

Un herbicide a été utilisé comme une arme de destruction massive et aujourd’hui les fabricants ou leurs complices viennent nous expliquer qu’un produit fabriqué pour tuer des composantes de la biodiversité n’aurait aucune action sur les humains partie intégrante de cette biodiversité.

Il se trouve des politiciennes, des politiciens prêts à se laisser berner par des arguments fabriqués par des « scientifiques » peu scrupuleux, grassement payés pour absoudre les empoisonneurs.

Vous préférez faire confiance aux lobbies puissants avec leurs cohortes de supplétifs grassement payés plutôt qu’aux scientifiques qui tentent de faire honnêtement leur métier (trop souvent mal payé).

 

Mesdames, messieurs les « représentants du peuple » censés défendre l’intérêt général, la « res publica » que faites vous de la Charte de l’Environnement qui a valeur constitutionnelle. Auriez vous repris la formule d’un ancien président: « l’environnement ça commence à bien faire ».

Selon la Charte de l'environnement de 2004

(LOI constitutionnelle n° 2005-205 du 1er mars 2005 relative à la Charte de l’environnement)

Article 1er «  Chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé. »

Ce droit vous le bafouez.

Vous n’êtes pas à l’origine de l’utilisation de l’épandage de ce « sang impur » de l’industrie qui « abreuve nos sillons » mais au moins vous aviez la possibilité d’arrêter le massacre. Les intérêts financiers l’ont emporté sur l’intérêt sanitaire de la population en particulier les enfants à naitre. Ne vous faites pas les supplétifs de ceux qui empoisonnent la planète en connaissance de cause. Etudiez l’histoire et vous verrez que les supplétifs ont toujours été sacrifiés, qu’ils soient du coté des vainqueurs ou qu’ils soient du coté des vaincus, dans quelques années vous tomberez dans les culs de basse fosse de l’histoire.

Comment une femme ( 54 ont voté contre l’interdiction) qui aspire à donner naissance à un bébé sain peut elle prendre le plus petit risque de laisser un produit qui tue par destination affecter la santé des générations futures?

Le jour où la réalité s’imposera, votre nom restera attaché à la continuation d’un scandale sanitaire.

Les arguments de ceux qui vous ont convaincu sont: « il n’y aurait pas de preuve absolu de la nocivité de cet herbicide, nocivité pourtant reconnue par Monsanto. Les mêmes arguments que ceux utilisés pour nier pendant presque 100 ans l’impact de l’amiante avec la complicité des académies scientifiques. Le tabac, le plomb dans l’essence … auriez vous tout oublié? Quelle est la raison profonde qui vous rend insensible au délabrement de la biodiversité?

Essayez d’inverser votre raisonnement: pouvez vous affirmer que tous ces produits, qui par nature sont destinés à tuer, n’ont aucune potentialité, ni hier, ni aujourd’hui, ni demain, d’avoir un effet néfaste sur les humains et le reste de la biodiversité.

 

Albert Camus  dans« l’homme révolté » a bien résumé ce problème:

«Par un curieux renversement des valeurs propres à notre temps, les crimes se parent des oripeaux de l’innocence et c’est l’innocence qui est sommée de fournir ses justifications. »

 

Laisserez vous ces grands groupes chimiques qui ont bâti leurs empires sur la mort de tant d’enfants, de femmes, d’hommes mentir sans vergogne et imposer une pollution des esprits dernière étape avant la décrépitude de notre civilisation.

Je pense que la majorité d’entre vous n’a fait qu’obéir aux ordres, Hannah Arendt a très bien décrit ce comportement et les conséquences funestes qui en découlent.

Avez vous une explication rationnelle excluant tous ces produits en « cide » de l’augmentation des cancers et de toutes les maladies non transmissibles?

Vous êtes vous demandé pourquoi le nombre de couples infertiles augmente dans des proportions inquiétantes? 

Comment expliquez vous le problème grandissant des troubles du comportement (autisme, hyper activité……).

 

 

Pour terminer quelques mots de 

 

Roger HEIM résistant déporté (qui a échappé au  zyclon B)

Président de l’Académie des Sciences (1963)

Directeur du muséum National d’Histoire Naturelle

 

Déjà, des hommes stupides, égarés par l’orgueil, des frénétiques du combat, des agitateurs du progrès, se lèvent, pour exiger une guerre totale, sans répit, sans pitié, sans distinction. Car l’insecte est pour beaucoup d’individus l’être répulsif.[...]...Mais, en tout cas, les insectes déprédateurs alimentent l’excitation guerrière des ignorants qui n’ont point entendu parler, naturellement, des insectes utiles, des amis des cultures, et du rôle du monde entomologique dans les équilibres de la Nature qui sont le grand bienfait de la Terre. Fort heureusement pour ces arthropodes, et pour la vie terrestre, l’insecte, précurseur de l’Homme depuis cinq cent millions d’années, peut découvrir encore dans son sac les astuces que les espèces qui le composent sont fort capables de mettre en œuvre. Si l’Homme veut la guerre, l’Insecte la lui fera, et l’Homme saura l’aider : par son imprévoyance et sa stupidité, que son génie ne suffira point à compenser…

 

Il a écrit ce texte en préface de la traduction française du livre de Rachel Carlson : « Printemps Silencieux » (version française parue en 1963 chez Plon)

Avec sur la couverture cette phrase de Jean Rostand : « Une grande voix nous appelle au secours de la nature, lentement assassinée par les hommes »

 

« Les temps changent, le progrès disent certains, le progrès une tempête qui pousse l'histoire vers la catastrophe » (Paul Ariès)

Que penser de la réponse de M. Brezin (Président de l’Académie des Sciences 2005-2006) à une question que je lui ai posé sur les risques technologiques des OGM : 

« Il en a toujours été ainsi et les catastrophistes professionnels, descendants de ceux qui dénonçaient le danger mortel pour les passagers à emprunter un train traversant un tunnel, ne  peuvent pas régir notre monde. » 

Comment le Président de l'académie des Sciences peut il avoir des arguments aussi pauvres.

Entre Roger Heim et Brezin la finance a imposé ses choix.

 

complément concernant M. Le Foll

"Condamner Monsanto ça ne me dérange pas parce que je sais que Monsanto a vendu du glyphosate sans prévenir des risques qu'il y avait dans son utilisation" a réagi sur franceinfo Stéphane Le Foll, maire du Mans et ancien ministre de l'Agriculture. "Condamnons Monsanto, ce n'est pas une discussion. Après... comment on enlève les mauvaises herbes ?"

Pour enlever les herbes, "il y a deux solutions", affirme Stéphane Le Foll. "L'herbicide ou vous travaillez le sol. C'est une alternative mais quand vous regardez vous voyez toute la poussière qui s'envole. C'est donc du sol qui s'en va." Il ajoute que "pour éviter l'érosion des sols, la perte de fertilité des sols, il faut les couvrir". "Là, on a besoin d'un peu d'herbicide, poursuit l'ancien ministre de François Hollande. Donc, l'alternative, il va falloir la construire dans les 4 à 5 ans qui viennent. Mais partir du principe qu'il faut interdire le glyphosate pour penser qu'il y a d'autres molécules qui vont le remplacer c'est catastrophique. »

 

4 ans 11 mois 24 jours ministre de l’agriculture, il savait « que Monsanto a vendu du glyphosate sans prévenir des risques qu'il y avait dans son utilisation » et il n’a rien dit.

M. Le Foll se rend il compte de la gravité de ses propos qui font de lui un complice ou (et) un incompétent.

Il est regrettable que sur ce sujet, celui qui fut porte parole du gouvernement soit resté muet.

Mais au moins il reconnait que Monsanto connaissait les risques des substances à base de glyphosate, risque nié par les députés et les sénateurs ayant voté contre l’interdiction du glyphosate.

Si M. Le Foll avait pris ce sujet au sérieux il y a plus de 5 ans, l’alternative qu’il appelle de ses voeux aujourd’hui serait déjà effective.

 

On ne peut pas dire que les arguments de M. Le Foll soient de haut vol en particulier cette phrase: « mais quand vous regardez vous voyez toute la poussière qui s'envole. C'est donc du sol qui s'en va. »  de quoi parle t il?

Quant à cette autre phrase sibylline: « Mais partir du principe qu'il faut interdire le glyphosate pour penser qu'il y a d'autres molécules qui vont le remplacer c'est catastrophique. » faut il l’interpréter comme une défense du glyphosate: je n’ai rien fait sur ce sujet pendant 5 ans, gardons le glyphosate, la chimie de synthèse de remplacement pouvant être plus dangereuse.

 

Pour rester Dans la continuité de Roger Heim, comment M. Le Foll définit il une « mauvaise herbe »?

Si ces herbes existent c’est qu’elles ont un rôle dans la biodiversité, tout comme les insectes. Parce que l’on aurait pas trouver, ou surtout voulu trouver leur utilité, il faudrait les détruire. Si elles sont utiles, leur action est gratuite, mot horrible pour un économiste:

« delenda gratiis »

 

 

 

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