La Maladie et la Santé - deux versants d'une seule et même réalité

Mais l'acte de soigner est-il forcément le propre du médecin. Un thérapeute est-il le seul dépositaire du savoir et de l'autorité, face à un patient nécessairement passif.

Dans nos sociétés moderne où la santé, et par conséquent la maladie, deviennent des préoccupations majeures, il est intéressant de trouver quel est le mot-clef, le concept sous-jacent à tous les débats. C'est ce que je vous propose ici. Notion simple, du moins en apparence, mais qui sous-tend un ensemble de questions fort complexes, ce qui nécessite de l'aborder dans une perspective plurielle.

Il convient de relever que soigner est d'abord une forme très particulière de relation humaine, qui n'est pas assimilable à d'autres relations telles que l'amitié, l'amour, la confession partagée, l'esprit corporatif, le lien familial, l'interaction pédagogique, etc. Et pourtant, elle tient de tout cela à la fois, sans qu'il soit toujours aisé de la reconnaître. A mes yeux, soigner désigne principalement une relation d'aide.

Mais l'acte de soigner est-il forcément le propre du médecin. Un thérapeute est-il le seul dépositaire du savoir et de l'autorité, face à un patient nécessairement passif. Les nouveaux courants du "self-help" véhiculent l'idée centrale que les patients se considèrent eux-mêmes comme de plus en plus concernés par la démarche thérapeutique, et par là, amenés à prendre une part active aux stratégies de santé. De nos jours, un bon patient est un patient "auto déterminé" et plein d'initiative.

Nous aurions pu commencer par interroger l'adéquation du terme lui-même. Il nous renvoie en effet à deux états bien distincts, la maladie et la santé, que nous ressentons généralement comme des opposés. En ce sens, le verbe "soigner" matérialise l'effort accompli pour passer d'un état l'autre: il devient limitatif et reflète une conception dualiste peut-être simpliste.

Et si maladie et santé n'étaient en fait que deux pôles ou deux versants d'une seule et même réalité? Existe-t-il quelqu'un de complètement malade? On peut se demander quelles seraient les conséquences d'un tel changement de paradigme, une fois l'opposition dépassée. Le verbe "soigner" devrait-il alors être remplacé par d'autres concepts, au champ sémantique plus large: accompagner, guider, aider, soutenir, encadrer, relier, etc.?...

Cette signification plus étendue du mot "soigner" dépend évidemment du type de traitement choisi. L'acte thérapeutique peut être plus aisément circonscrit et défini par notre médecine scientifique, au caractère essentiellement analytique, que par une médecine au regard globaliste, "holistique", qui tente de prendre en compte tous les aspects de la vie du patient. Mais quelle que soit sa définition, l'acte thérapeutique dépendra tout autant, si ce n'est davantage, de la personnalité du thérapeute, de sa dimension humaine et spirituelle.

On ne peut transmettre que ce qu'on est, pas ce qu'on sait. Soigner, c'est également une forme de transmission, un enseignement.

Pour élargir le débat, l'éclairer dans sa pluralité, il était impératif que la lettre donne la parole non seulement à des thérapeutes de "confessions, variées", mais également à ceux qui se trouvent à l'autre bout de la chaîne, vous et moi.

Qu'en est-il donc du patient, de ses attentes, de ses réactions? Vaste sujet, dont la lettre ne prétend guère faire le tour. Mais elle vous propose plusieurs pistes pour enrichir votre réflexion personnelle.

http://www.naturoafricaine.com

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