Plogoff, Mémoire d’une Lutte et d'une victoire contre le nucléaire !

Qui s’y frotte s’y pique ! Plogoff, petit bourg tranquille, situé à quelques jets de dolmens de la pointe du Raz, semblait être le lieu idéal pour offrir aux Bretons leur première centrale nucléaire. C’était sans compter sur la capacité de résistance de la population. Dès l’annonce du projet, en décembre 1974, un petit groupe entre en lutte. Ils créent un Comité de Défense de Plogoff...

Plogoff mémoire d'une lutte © AlterTour Plogoff mémoire d'une lutte © AlterTour
Qui s’y frotte s’y pique ! Plogoff, petit bourg tranquille, situé à quelques jets de dolmens de la pointe du Raz, semblait être le lieu idéal pour offrir aux Bretons leur première centrale nucléaire. C’était sans compter sur la capacité de résistance de la population. Dès l’annonce du projet, en décembre 1974, un petit groupe entre en lutte. Ils créent un Comité de Défense de Plogoff puis un Groupement Foncier Agricole afin de récupérer les terres convoitées par EDF. En l’absence des maris employés dans la marine, de nombreuses femmes se joignent au mouvement. Les manifestants venus par milliers, 15 000 en juin 1979, affrontent les CRS. Face à cette fronde, François Mitterrand, fraîchement élu, préfère enterrer le projet. Le petit bourg du Finistère devient le symbole de tout le mouvement antinucléaire. Plus de six ans d’un combat exemplaire : c’est cet héritage, ce « moment fort de la vie démocratique et citoyenne en Bretagne » que l’association Plogoff – Mémoire de Lutte protège et transmet aujourd’hui.

« Ne pas laisser une cathédrale de béton radioactive pour des milliers d’années. »

« Dans le combat que nous avons mené à Plogoff, il y avait une dimension importante de préservation du site, une dimension esthétique : nous avons une côte rocheuse magnifique. Dans notre civilisation actuelle de la quantité et du chiffre, la beauté qui n’est pas mesurable passe complètement à la trappe. On nous pousse même à quantifier ce qu’on veut préserver. Il s’agissait ensuite de préserver l’environnement, la mer, la terre, pour les générations futures. On ne voulait pas laisser une cathédrale de béton radioactive pour des milliers d’années. Et il y avait aussi un aspect philosophique : on voulait montrer que des citoyens pouvaient arriver à bloquer une machine étatique et qu’il y avait des alternatives. Pendant la lutte, une bergerie avait été construite où on avait inscrit le titre d’un livre de Denis de Rougemont : « L’avenir c’est notre affaire. » Préserver les biens communs pour préserver la vie, c’est le sens du combat de tous les alternatifs actuels. »

 Jean MOALIC, président de Plogoff, Mémoire d’une Lutte

 Extrait du Recueil des Alternatives de l’AlterTour 2016, disponible dans le numéro de juin de la Revue Silence.

Plogoff – Mémoire d’une Lutte (22, village de Larrin – 29790 MAHALON) accueillera l’Échappée Belle de l’AlterTour le 1er août 2016 à Plogoff.

Inscriptions sur : http://www.altercampagne.net/?page_id=178

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