La traction animale : une transition énergétique et sociale

Construire des outils agricoles modernes en traction animale. C’est tout le travail de Jean Nolle qui aboutit en 1988 au Kanol, un porte-outils d’abord destiné aux paysans du sud. Trois ans plus tard, des agriculteurs français s’y intéressent et créent Prommata. Leur recherche aboutit alors à un porte-outil simple, standardisé et polyvalent car prévu pour tous types d’animaux

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Construire des outils agricoles modernes en traction animale. C’est tout le travail de Jean Nolle qui aboutit en 1988 au Kanol, un porte-outils d’abord destiné aux paysans du sud. Trois ans plus tard, des agriculteurs français s’y intéressent et créent Prommata. Leur recherche aboutit alors à un porte-outil simple, standardisé et polyvalent car prévu pour tous types d’animaux, d’outils et de terrains : la Kassine. Construite et réparable dans un petit atelier, chacun se l’approprie et la fait évoluer. Sollicitée dans le monde entier, Prommata installe des unités de production et transmet les savoir‑faire lors de missions ponctuelles. Ainsi, un atelier installé au Burkina a déjà produit plus de 800 Kassines, soit plus que l’atelier ariégeois d’origine ! En plus de concevoir et produire, Prommata forme à la traction animale. Mais ici, pas de formateur à temps plein mais bien des paysans. L’esprit de Prommata : développer des outils et accompagnements par les paysans et pour les paysans.

La traction animale : une transition énergétique et sociale

“L’ère des tracteurs d’occasions, petits, simples et réparables terminée, il reste la traction animale moderne pour contrôler son outil de production. Son bilan énergétique est toujours positif. Contrairement à l’agriculture industrielle qui injecte de l’énergie fossile, l’animal “capte” l’énergie solaire verte en broutant l’herbe. Disponible partout, il la transforme en énergie mécanique. C’est donc un choix de transition énergétique. Et de transition sociale aussi : ça pousse à penser local. La limitation physique de l’ensemble homme‑animal‑outil oblige à une agriculture à taille humaine. Une régulation automatique se met en place entre la surface cultivée et le nombre de travailleurs. Pour plus de production, on met plus de paysans, pas de plus gros tracteurs ! La traction animale moderne, c’est choisir d’être rentable, mais de ne pas s’endetter, de courtiser la terre et non de l’utiliser. Elle ne concurrence pas déloyalement les autres paysanneries du monde. Ce n’est pas l’indépendance à tout prix, mais le choix de l’interdépendance au seul vivant.”

André, coordinateur de Prommata

Extrait du Recueil des Alternatives de l’AlterTour 2017, disponible dans le numéro de juin de la Revue Silence.

Prommata accueillera l’AlterTour le 15 juillet 2017 au Cap de la Goutte (Ariège). Pour plus d’infos consultez le programme

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