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Billet de blog 2 janvier 2026

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"Sénégal : la crise au sommet de l'Etat s'amplifie" Amadou Bal BA

Sénégal : la crise au sommet de l’Etat persistante s’amplifie à la suite du message à la nation pour le nouvel an du chef de l'État, Bassirou Diomaye FAYE. Comment tout cela va se terminer ?

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«Sénégal : la crise au sommet de l’Etat persistante s’amplifie à la suite du message à la nation pour le nouvel an du chef de l'État, Bassirou Diomaye FAYE.» par Amadou Bal BA

Lors de son message à la nation du 31 décembre 2025 du chef de l’Etat, Bassirou Diomaye FAYE, prenant de la hauteur, a martelé ce qui l’anime «Rien ne primera sur l’intérêt général. Rien ne sera jamais placé au-dessus de la paix, de l’unité. La haute charge que vous m’avez confiée me prescrit une hauteur d’esprit, que j’entends garder en toutes circonstances.» du pays dit-il aux Sénégalais. Dans sa réponse du berger à la bergère, le Premier ministre et président du PASTEF, Ousmane SONKO a déclaré qu'il n'est pas attaché à son poste et a attaqué frontalement le président Bassirou Diomaye FAYE «Certains estiment que ceux qui sont épinglés par des rapports ne doivent pas être inquiétés. Le système est toujours présent, dans l’administration, la justice, à la Primature, à la Présidence. Être Premier ministre ne m’empêchera pas de dire mes vérités. Le poste de Premier ministre ne me lie pas.» dit Ousmane SONKO.

Cette tension au sommet de l’Etat qui s’amplifie ouvre une possibilité d'une nouvelle équipe gouvernementale. Cependant, le PASTEF, à ce jour, et cela peut évoluer comme en 1962, l’Assemblée nationale est dominée par des partisans de Ousmane SONKO. Seules donc des ralliements, et surtout des élections législatives anticipées en novembre 2026, pourraient clarifier la situation.

Pour l'instant, on nous disait, avant, que «Diomaye c'est SONKO». Plusieurs indicateurs avaient annoncé cette crise béante au sommet de l'Etat, notamment cette déclaration publique au conseil national du PASTEF de Ousmane SONKO contre le chef de l'État, ses tournées à l'étranger que j'avais assimilées à un parricide contre le président Diomaye FAYE. Le Téra meeting était censé clarifier la situation, mais le président Bassirou Diomaye FAYE est resté droit dans ses bottes, en confirmant Mimi TOURÉ, présidente de sa coalition.

Après le meeting du PASTEF à l'Assemblée nationale, le premier ministre Ousmane SONKO a fini par avouer ses ambitions présidentielles pour 2029. Il va se présenter «coûte que coûte» et veut engager une révision judiciaire de sa condamnation pour diffamation le privant de ses droits civiques. Mais par quel miracle devant des juges dont certains ont été qualifiés de «véreux» ?

Un fait sans précédent dans l'histoire du Sénégal, le Premier ministre définitivement condamné et privé de ses droits civiques, exige la révision de son procès. Le Sénégal «ce grand petit pays» est-il encore une démocratie exemplaire ?

Dans le projet de rupture du PASTEF, il était bien mentionné une volonté politique, très louable, à savoir le renforcement de l'indépendance de la justice. Au cœur d'un État, se situe la justice qui arbitre les conflits au sein de la société. Le citoyen, comme l'État, doivent se soumettre aux décisions de justice. Un des bilans négatifs et désastreux du PASTEF, c'est cette conception d'une justice à géométrie variable que les autorités politiques se permettent d'adresser des menaces ou des injures. Depuis Léopold Sédar SENGHOR, en passant par Abdou DIOUF, Me Abdoulaye WADE ou Macky SALL, c'est la première fois qu'on assiste à un lynchage des magistrats. Je suis scandalisé par le silence coupable du syndicat de la magistrature, dont c'est la mission de défendre leurs collègues, astreints à un important devoir de réserve.

Le premier ministre Ousmane SONKO, alors que l'arrêt de la Cour suprême est définitif, vient d'annoncer qu'il y aura une révision de son procès, "pour faits nouveaux". En effet, il a été condamné pour diffamation et privé de ses droits civiques. Il avait dit à la journée des martyrs le 7 décembre 2025 "rien ne peut m'empêcher d'être candidat (en 2029). Sur quelles solides bases juridiques seront menées ce procès en révision ? Quels magistrats, jugés non "véreux", seront sélectionnés pour ce procès sur une commande politique, dont l'issue semble être connue d'avance ?

En mars 2024, le PASTEF a gagné de haute lutte contre Macky SALL, une bête politique, pour une alternance dite de «rupture» qui se ramène à des ambitions pour 2029. Peut-on enjamber ce premier mandat du PASTEF de 2024 à 2029, sans examiner son bilan ?

Les Sénégalais souffrent de la vie chère et ont même du mal à trouver du poisson à un prix abordable.

Depuis deux ans le PASTEF, en gouvernement responsable mais pas coupable, nous dit que c'est la faute de la dette cachée du président Macky SALL, de la presse et notamment de celle de Youssou NDOUR, des «bana bana» ou vendeurs à la sauvette dans les rues, de la Françafrique, mais aussi du président Bassirou Diomaye FAYE qualifié de «traître» et que les militants du PASTEF houspillent.

Tout cela pour ça !

Quelle sortie honorable et démocratique de cette crise au sommet de l'Etat et dans l'intérêt du Sénégal ?

C'est facile à dire de la part d'un modeste chroniqueur, républicain et militant farouche de la cause de ce grand petit pays qu'est notre Sénégal : d'une part, il faudrait respecter les échéances électorales, le Sénégal est à l'arrêt depuis 2019, si le premier mandat de Macky SALL a été celui d'un pharaon des temps modernes son deuxième mandat d'immobilisation a été calamiteux ; d'autre part un gouvernement victorieux doit appliquer son projet et les Sénégalais apprécieront en 2029.

J'en tire comme conclusion que Ousmane SONKO a été un extraordinaire opposant, il faut lui reconnaître cette qualité, mais piètre gouvernant. Où sont donc ses "solutions" brillamment théorisées ?

Artisan quasi exclusif de l'alternance dite de rupture, le premier ministre, Ousmane SONKO, relégué au second plan, loin de la lumière, est victime d'une double castration : sa privation des droits civiques mais aussi son incapacité fondamentale à améliorer les conditions de vie des Sénégalais ne cessant de se dégrader

Pour l'instant, ministre de la Parole, dans une stratégie victimaire, Ousmane SONKO tient des meetings, parle, menace et invective, célèbre la journée des martyrs. Cependant, dire n'est pas faire.

Cette crise, au sommet paralysant l'État, comment va-t-elle se terminer ?

Paris, le 2 janvier 2026, par Amadou Bal BA

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