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«Le monde selon Donald TRUMP de prédation, de soumission et de violence. Plaidoirie pour une société internationale fondée sur le multilatéralisme, l’égalité souveraine des Etats, une coopération mutuellement avantageuse dans la paix et la souveraineté des États.» par Amadou Bal BA
Par un acte de banditisme, Donald TRUMP, un adversaire résolu du multilatéralisme, en allant kidnapper, le 2 janvier 2026, Nicolas MADURO, président légal et légitime d'un État souverain le Venezuela, a, de fait, abrogé toute une réglementation internationale des Nations unies fondée sur la souveraineté des États, notamment sur la charte du 26 juin 1945, entrée en vigueur le 24 octobre 1945, reposant sur l’égalité souveraine de tous ses membres et un règlement pacifique des différends. Donald TRUMP, depuis son attaque du 6 janvier 2021, contre le Capitole, est un redoutable ennemi de la démocratie ; il ne croit qu’à la force brutale. «Les États-Unis de TRUMP s'emparent du pétrole du Venezuela en violant sa souveraineté avec une intervention militaire d'un autre âge et l'enlèvement odieux du président Maduro et de son épouse» dit Jean-Luc Mélenchon de la France insoumise. Je parle souvent des forces du Chaos, un concept tiré de la mythologie grecque. «Au commencement du monde était le chaos, masse informe et grossière où tous les éléments étaient confondus» dit Hésiode, dans sa Théogonie.
Les sociétés occidentales dites «civilisées» et prétendant incarner la démocratie, l’Harmonie, sont traversées par différentes forces du Mal, comme les crises financière, sanitaire ou environnementale, la xénophobie, le racisme ou l’islamophobie. Dans le passé, les États-Unis se proclamant champions de la liberté et de la démocratie, avaient gravement violé la souveraineté d'États souverains de 41 Etats. Initialement, la doctrine du président James MONROE 1758-1831), un ancien soldat de la guerre d’indépendance, de non-intervention des puissances coloniales européennes, notamment l’Espagne et le Portugal, avait des relents anticolonialistes. «Les continents américains, en raison de la situation libre et indépendante qu’ils ont choisie ne peuvent plus être considérés. Les Amériques ne sont plus ouvertes à la colonisation. Toute intervention européenne dans les affaires des Amériques sera perçue comme une menace pour la sécurité et la paix. Les États-Unis, en contrepartie, n'interviendront pas dans les affaires européennes. Aux Européens, le vieux continent, aux Américains le Nouveau Monde.» disait-il le 2 décembre 1823. En fait, c’est une colonisation ne disant pas son nom, par l’assujettissement de nombreux territoires (Texas, Hawaï, Philippines, Puerto Rico). De nouvelles formes d’impérialisme sont apparues, et «les Américains se sont accaparés d’un vaste empire colonial, notamment aux Philippines et à Panama. Contrairement à l'esprit même de la doctrine Monroe tant décriée chez eux ils ont poussé leur audace jusqu'à arracher à l’Espagne ses colonies asiatiques» écrivait déjà, en 1908, Stan de BORT.
Dans leur visé impérialiste, on sait maintenant qu'il n'y avait pas d'armes chimiques en Irak et pourtant Saddam HUSSEIN a été pendu et son pays l'Irak ravagé par une guerre injuste. En fait, depuis de longue, la survie du pétrodollar américain, donc de son économie florissante, a été menacée par le Venezuela, un Etat détenteur de 303 milliards de barils de pétrole, soit 20% plus que l’Arabie-Saoudite. Depuis 2018, le gouvernement vénézuélien avait entrepris de se libérer de l’emprise du dollar américain, en vendant son pétrole sur le marché international avec des Yuans de la Chine, des euros européens et des roubles russes, en contournant le système bancaire SWIFT des Occidentaux. Or, le gouvernement américain a toujours liquidé ou neutralisé les pays ayant contesté son hégémonie, à savoir Saddam HUSSEIN (1937-2006) de l’Irak, dont le pays avait envahi et Mouammar KADHAFI (1942-2011) proposant une monnaie africaine. Auparavant et au sortir de la Seconde guerre mondiale, au prétendu motif de lutte contre le communisme instauré par un président américain, en s’appuyant sur un homme d’une grande bassesse, Joseph MCARTHY (1908-1957), des hommes ont été broyés, des gouvernements ont été renversés et des soulèvements populaires, notamment en Afrique, au Camp de Thiaroye, au Sénégal, à Sétif en Algérie, en Indochine, en Corée et à Madagascar, ont été matés dans un bain de sang. Mehdi BEN BARKA (1920-1965), un opposant marocain, est mort en France, sa famille attend toujours la vérité sur cet assassinat.
Le président Emmanuel MACRON, dans une période crépusculaire de sa fin de règne, acquitte Donald TRUMP et justifie son kidnapping. «Le peuple Vénézuélien est aujourd'hui débarrassé de la dictature de Nicolas MADURO et on ne peut que s'en réjouir. En confisquant le pouvoir et en piétinant les libertés fondamentales Nicolas MADURO a porté une grave atteinte à la dignité de son peuple», dit le président français. Dans ce poids deux mesures les Occidentaux défendent Benyamin NETENYAHOU un génocidaire qui poursuit sa politique de colonisation et condamnent à juste titre l'agression de l'Ukraine par le tsar des Russies. «La réaction d’Emmanuel Macron est aveugle, inconsciente des réalités, irresponsable en ce qui concerne l’avenir de notre pays et de l’Europe. Emmanuel Macron se soumet et que fera-t-on demain quand Trump le fera pour le Groenland ? Il faut comprendre ce qui se passe, c’est un changement de monde», dit Dominique de VILLEPIN. Une nouvelle biographie de Nicolas DOMENACH et Maurice SZAFRAN, qualifiant sur notre président de Néron à l’Elysée, lui qui voulait envoyer des troupes en Ukraine, un pays agressé par la Russie, est particulièrement sévère. «C’est l’histoire d’un homme exceptionnel qui s’est exceptionnellement planté ! Jusqu’où ira cette descente aux enfers ? et celle de la France ?», écrivent-il.
Je rappelle que 52 chefs de gouvernements africains voulant remettre en cause l’Empire colonial français avaient été tués. De nos jours, le président Emmanuel MACRON qui se préoccupe maintenant de «la dignité du peuple vénézuélien», s’accommode bien avec Paul BIYA, 93 ans, au pouvoir depuis 43 ans, réélu à un 8e mandat, et un chef de l’opposition, Anicet EKANE (1951-2025) mort en prison, des régimes militaires du Gabon et de la Guinée, du régime monarchique et dynastique du Togo. En RCI, après avoir éliminé, déloyalement ses concurrents, Alassane OUATTARA est à son quatrième mandat auquel, il n’avait pas droit. A propos du Togo, c’est en 1963, que Sylvanus OLYMPIO (1902-1962, premier président au Togo, qui voulait sortir du Franc CFA, avait été abattu à l’ambassade des Etats-Unis. En France, à la suite d’un décret de 2021, des étrangers en situation régulière basculent dans l’illégalité, faute de rdv ou de prompte instruction de leur demande. Je ne parle pas des procédures de regroupement familial, de transcription des actes d’état civil des mariages et ou actes de naissance d’enfants nés à l’étranger.
Donald TRUMP, qui ne plaisante pas a prévenu, il y aura d'autres interventions. «L'empire contre-attaque, et c'est l'empire du mal radical. Il y a un an Mediapart alertait sur la vérité fasciste de la présidence de Donald TRUMP et de son illimitisme» écrit Edwy PLENEL fondateur de Mediapart.
Quelles perspectives ? Que faire ?
On croit que la forteresse de l’injustice, du complotisme, du sexisme, du racisme et de la xénophobie de Donald TRUMP serait inattaquable. Cependant, la victoire du démocrate, M. Zohran MAMDANI, intronisé le 1er janvier 2026, maire de New York, a sonné comme un séisme. Des citoyens engagés et déterminés peuvent porter des fissures dans une citadelle que l’on croyait imprenable. «Cela semble toujours impossible, jusqu’à ce qu’on le fasse.», dit Nelson MANDELA (1918-2013), dit Madiba.
En France, j’entends une petite musique, «il ne faudrait pas aller voter, cela ne sert à rien». Si le président Emmanuel MACRON a bien perdu les législatives anticipées, à la suite de sa dissolution à la Chirac, les Socialistes, sous la houlette de François HOLLANDE, étant venu à la rescousse de Sébastien LECORNU, ces municipales de mars 2026 ne sont pas comme les autres. Les forces du Chaos se mobilisent plus que jamais et une alliance des droites est possible. La droite, jadis républicaine, s’est bien lepénisée et Eric CIOTTI a déjà brûlé la case des Républicains, qui portent mal leur nom. Ces municipales 2026 sont un marchepied pour l’extrême-droite, délinquante, mais banalisée, vers le palais présidentiel. Vigilance et grande vigilance ! Aux urnes citoyens ! «Celui qui accepte le Mal sans lutter contre lui, coopère» dit Martin Luther KING.
La théogonie de Hésiode, commençant par le Chaos, les forces des ténèbres, se termine bien par l’Harmonie, le beau chant des Muses. Un hymne à l’espérance. Cependant le triomphe du Bien contre le Mal ne peut advenir que la lutte des Hommes. «Chaque génération doit, dans une relative opacité, affronter sa mission : la remplir ou la trahir» disait Frantz FANON.
L’Afrique riche de sa jeunesse et surtout allergique à la démocratie présente au monde une face peu honorable. «Au cours de mes études, écrit-il dans Combats pour la liberté, je lus pour la première fois l’essai sur la désobéissance civile de Thoreau. Fasciné par l’idée de refuser de collaborer avec un système mauvais, je fus tellement bouleversé que je relus l’ouvrage plusieurs fois. Ce fut mon premier contact intellectuel avec la théorie de la résistance non-violente» dit Martin Luther KING (1929-1968). Dans tous les pays africains où on peut encore voter, l’abstention est un crime contre la démocratie. «Quand on refuse, on dit non», tel est le titre d’un ouvrage d’Ahmadou KOUROUMA (1927-2003).
En définitive, je reprends à mon compte, les vœux de nouvel du 2 janvier 2026, du professeur Felwine SARR «pour un monde qui reprend l'élan de son visage lumineux, et, qui décide de lutter, en dépit de la saison de l'ombre et ses obscurités, de ne pas renoncer à cet élan vertigineux qui donne sens de notre aventure, de laisser la demeure plus belle, plus forte, plus vitale que nous ne l'avons trouvée. Ces ressources nous les avons en nous. Chacun, à partir de son lieu, de ses pratiques, de ses espaces, est appeler à semer la graine, cultiver ce monde lumineux, ouvert et hospitalier» dit-il à Edwy PLENEL de Médiapart.
Références
A – Mes références sur Donald TRUMP
BA (Amadou, Bal), «Donald Trump, un retour aux affaires menaçant», Médiapart, 21 janvier 2025 ;
BA (Amadou, Bal) «Donald Trump, le retour du Chaos», Médiapart, 6 novembre 2024 ;
BA (Amadou, Bal) «Donald Trump punit l’Organisation mondiale de la santé», Médiapart, 15 avril 2020 ;
BA (Amadou, Bal) «L’Amérique, cette grande plantation de coton», Médiapart, 24 juin 2018 ;
BA (Amadou, Bal) «Raoul PECK. Exterminez ces brutes», Médiapart, 22 janvier 2022.
B – Les références sur la doctrine Monroe
BORT (Stan, de), Les colonies américaines : une étude politique, Montréal, SN, 1908, 7 pages ;
CAYLUS (Ernest), La politique extérieur des Etats-Unis : doctrine Monroe, Paris, E. Dentu, 1865, 140 pages ;
DELARUE DE BEAUMARCHAIS (George), La doctrine Monroe : l’évolution de la politique des Etats-Unis au XIXe siècle, Paris, Larose, 1897, 226 pages ;
FOX TUCKER (George), The Monroe Doctrine, Forgotten Books, 2018, 36 pages ;
LORIN (Henri), L’évolution de la doctrine Monroe, Paris, 2017, 36 pages ;
SY-WONYU (Aïssatou), Les Etats-Unis et le monde au XIXe siècle, Paris, Armand Colin, 2017, 314 pages.
Paris, le 4 janvier 2026, par Amadou Bal BA