"Nina Simone chanteuse de Jazz" par Amadou Bal BA

Nina SIMONE (1933-2003), une divine chanteuse de Jazz engagée

Objet d’un culte immense, Nina SIMONE, par sa voix exceptionnelle, est demeurée une artiste inclassable. Sa maîtrise du piano et sa ferveur font de ses interprétations des œuvres originales et uniques qui croisent un répertoire varié et immense. Sa vie a connu des hauts et des bas, mais dans les évènements qu’elle a vécu, elle a puisé une grande source d’inspiration. En premier lieu, une double bénédiction : un don exceptionnel et une formation rigoureuse de pianiste classique, puis trois épreuves douloureuses : le refus du Curtis Institute de Philadelphie de parfaire sa formation, le départ d'Andy son mari et manager et la souffrance du peuple noir dans l'Amérique en raison de la ségrégation raciale. Ces éléments ont forgé une des vocalistes les plus douées de sa génération et la personnalité la plus controversée, une artiste hors norme du Jazz. En effet, interprète des plus douées du XXème siècle, enfant prodige, Nina SIMONE a une extraordinaire maîtrise du piano. Sa musique qu’elle qualifie «musique populaire noire» est aux confins du Jazz, de la Soul, du Blues et de la Pop : «Je ressens très profondément mes origines, mon art est ancré dans la culture de mon peuple et j’en suis fière, d’une fierté inutile car je ne devrais pas être obligée de proclamer qu’il faut écouter la musique de mon peuple. Cela ne devrait pas être nécessaire, mais à partir du moment où ça l’est, j’ai cent fois plus de fierté, cent fois plus d’agressivité en le faisant. A cause de ce manque de respect qui dure depuis des centaines d’années, chaque fois que je vais dans un nouveau pays, je me sens obligée d’inclure dans mon répertoire des chants qui affirment orgueilleusement ma race ; et ne vous y trompez pas, que je chante une ballade ou une complainte, c’est la même chose, je veux que les gens n’ignorent pas qui je suis» écrit Nina dans son autobiographie.

De son vraie Eunice Kathleen WAYMON, elle est le 21 février 1933, à Tryon, en Caroline du Nord, dans une famille de 8 enfants. Son père et sa mère sont très pieux «Ma mère, elle m’a appris à prier. Si je meurs et que mon âme est perdue, ça ne peut être que de ma faute» dit-elle. Nina a trois ans quand elle débute le piano et apprend sa première chanson : «God be with you, till we meet again». L’éducation musicale de la jeune fille commence en effet par des chants religieux et de la musique classique. Elle joue à l’église de Tryon, en Caroline du Nord où elle habite avec ses parents et y fait son premier concert, à 12 ans. Ses parents, assis au premier rang, sont déplacés au fond de la salle pour laisser la place à des Blancs. Ce que Nina aurait refusé, n’acceptant pas de jouer jusqu’à ce qu’ils soient avancés.

Nina, issue d’une famille modeste, mais montrant très tôt un don particulier pour la musique, parvient à intégrer la prestigieuse «Juilliard School Of Music», une école privée de spectacle de New York, tout en enseignant elle-même le piano. En 1944, à 11 ans, et en dépit d’une bonne préparation, une fêlure va marquer sa vie ; elle ne réussira jamais à intégrer le célèbre Institut Curtis de Philadelphie, pour devenir la première concertiste de musique classique noire. En effet, Nina est passionnée par la musique classique, notamment Bach, Mozart et Debussy. Nina est renvoyée à ses origine, au Jazz et au «Protest Songs», parce qu’elle est noire et que sa voix est sublime. Bien des Noirs célèbres, à cette époque, comme Charles MINGUS, ont été écartés, injustement, cet Institu Curtis. En dépit de son immense succès, cette humiliation est restée une blessure profonde : «Imaginez un grand poète crevant la faim dans un squat du Bronx, à qui une agence de Park Avenue propose un pont d'or pour écrire des slogans publicitaires. Il écrit ses slogans le jour, la nuit il se ruine la santé sur ses futurs poèmes. Puis le succès lui vient, mais comme publiciste. On le reconnaît, on le fête, il roule sur un pont d'or. Peu à peu, il abandonne sa poésie, ou bien c'est sa poésie qui le quitte.» Et un peu plus loin: «Je suis pareille à ce poète dévoyé» dit-elle.

 Désespérée, Nina prend de petits boulots, à Philadelphie, et elle y fait la connaissance d’une prostituée qui l’aide, en 1954, le temps d’une saison estivale, à chanter et jouer au bar d’Atlantic City. Nina trouve un engagement au «Midtown Bar and Grill» et choisit un surnom afin que sa mère n’apprenne pas qu’elle joue dans un endroit peu recommandable. Un de ses amis la surnomme, Nina, en référence à Simone SIGNORET, quelle admire. Elle chante des mélodies populaires et des standards et très vite, le public apprécie ses performances. Son impresario de  New York, lui recommande d’épouser un de ses admirateurs, Don ROSS. En fait, son premier mari est alcoolique et drogué ; ce mariage est échec. Cependant, c’est à New York que Nina SIMONE rencontre le succès. En 1958, elle enregistre son premier disque «Little Girl Blue», puis “I Love you Porgy” et en 1959, «My Baby Just Cares for Me», “I Put a Spell on You”, “Gin House Blues”, “Forbidden Fruit”, et les succès s’enchaînent. En raison de ces succès Nina signe un contrat avec une grande maison de disque «Le Colpix», un label lié à Columbia Records. Son triomphe au Town Hall de New York, la projette au-devant la scène musicale.

.Nina rencontre Andy STROUT, un policier se présentant comme employé de banque. Ils se marient le 4 décembre 1961 et il devient son manager. De cette union, sera issue une fille, Lisa, née en septembre 1962. Le couple s’installe à Mount Vernon. Nina découvre l’Afrique, avec un voyage au Nigéria. En 1962, elle chante Duke ELLINGTON, «I don’t Mean a Thing».

 En décembre 1961, Nina rejoint un collectif de 33 artistes et intellectuels noirs pour promouvoir la culture afro-américaine. En 1963, le concert à Carnegie Hall est un triomphe. Cependant, au même moment, Martin Luther KING est arrêté en Alabama et le 15 septembre 1963, trois enfants sont assassinés par bombe, dans une église à Burmingham, en Alabama. Nina va voir, en grande colère son amie, Lorraine HANSBERRY (1930-1965), dramaturge et militante des droits civiques, qui l’invite à mettre sa notoriété au service de la cause des Noirs : «It came to her in a rush of fury, hatred and determination, as I suddenly realized what it was to be black in America in 1963. It was my first civil rights song» dira Nina, dans son autobiographie. En effet, Nina SIMONE est bien une chanteuse engagée : «Je n’étais pas convaincue que par la non-violence que nous obtiendrions ce que nous voulons» dit-elle. Nina aurait voulu prendre les armes et combattre, cependant, c’est sa musique qui est demeurée son arme redoutable. Nina s’investit alors dans la lutte pour les droits civiques. Nina révoltée contre les violences faites aux Noirs, ralliée au Black Powers, compose «Mississipi Goddam», une chanson politique, pleine de colère, de douleur, de rage et de désespoir ; elle réclame l’égalité réelle : «All I want is equality, for my sister. My brother, my people, and me. Yes, you lied to me all these years». C’est Philipp qui diffuse la version studio de ce disque : «Mississipi est des choses les plus émouvantes qu’il m’est été donné d’écouter. C’est l’appel d’un monde parfait, celui où un Blanc vaut un Noir» écrit Maurice CULLAZ, dans «Divine Nina». Dans cet engagement pour les droits civiques, Nina se produit à l’occasion des manifestations organisées par Martin Luther KING, et participe, le 1er juin 1963, à une levée de fonds pour la NACCP. Quand Martin Luther KING a été assassiné le 4 avril 1968, Nina s’insurge : «Il était devenu trop puissant, tu sais ils ne pouvaient plus le laisser vivre. Le peuple avait entendu son message, et ils devaient le faire taire. Tu sais, ils peuvent essayer de me tuer, je sais qu’ils le veulent, mais je ne me tairai pas, pas question ! je n’ai pas peur d’eux. Ils pensent que nous tuer nous arrêtera, mais même si je meurs, quelqu’un reprendra le flambeau et leur dira la vérité. Je suis blessée, tu comprends… ils ont tué Martin, ils l’ont abattu comme un chien. C’est trop dur, parfois c’est vraiment trop dur !» s’écrit-elle.  Le 7 avril 1968, jour de deuil national, à Westbury, Nina SIMONE interprétera, pour la première fois, sa chanson «Why ?». Une longue introduction précède sa prestation, elle digresse, murmure, prie, condamne et salue la mémoire de ce martyr pour la cause des Noirs : «Quant à aujourd’hui, que va-t-il se passer aujourd’hui, dans nos villes dans lesquelles mon peuple se soulève ? Ils vivent abandonnés, et même si je dois mourir à cet instant , je veux qu’ils sachent ce qu’est la liberté ! Que va-t-il se passer à présent que le roi de l’amour est mort ?» dit-elle.

Nina s’associe à Langston HUGUES et Lionel HAMPTON, lors d’un voyage au Nigeria : “All around us we are black faces, and felt first time the spiritual relaxation any Afro-American feels of reaching Africa. I was not Nigeria I arrived in - It was Africa” dit-elle. Elle enchaîne en 1965 «Four Women» et devient un star mondiale, avec des nombreuses tournées internationales. Mais Nina affirme de plus en plus, ostensiblement, son identité de Noire. Nina SIMONE fut la seule artiste d’importance à oser reprendre «Strange Fruit», une chanson crépusculaire par laquelle Billie HOLIDAY achevait ses concerts. Cette chanson, «Strange Fruit»,  avait «replacé la protestation et la résistance au centre de la culture noire contemporaine» dit Angela DAVIS.

Son engagement antiraciste et féministe marque dès lors ses compositions personnelles ; son répertoire inclut également les grands standards du Jazz, du Gospel, de la musique classique, le blues, la pop et les chants africains. Ses performances scéniques ont par ailleurs largement contribué à sa renommée. En effet, de 1966 à 1974, Nina SIMONE enregistre neuf albums pour la marque RCA. Cette période correspond sans nul doute à son apogée d'interprète exceptionnelle : ces disques témoignent d'une versatilité et d'un talent sans limite. Sur les traces de Billie HOLIDAY, ses performances vocales éclipsent aisément ses choix les plus incongrus. Cela étant, elle n'hésite pas à composer elle-même de véritables bijoux. Ainsi, Revolution sur l'album «To Love Somebody» ne dépareille pas à côté de l'éternel Suzanne de Leonard Cohen ou de titres signés Bob DYLAN, dont une bouleversante relecture de «I Shall Be Released» à l'écho amplifié par son implication sans faille au sein du Mouvement pour les Droits Civiques.  Nina écrit et chante «Four Women», enregistrée en 1966, et qui dresse le portrait de quatre femmes : Aunt Sarah, ancienne esclave, Safronia, métisse née d’un viol et déchirée entre deux mondes, Sweet Thing, une prostituée afro-américaine, et «Peaches», résistante, qui chante : «Ma peau est sombre, mes manières sont dures».

La guerre du Vietnam marque l’essoufflement et les désillusions de la lutte pour les droits civiques et Nina SIMONE est déstabilisée, au plan mental, en raison de cette activité intense d’artiste et de militante de la cause des droits civiques. Les leaders noirs sont désunis, d’autres emprisonnés ou morts. Nina SIMONE, qui se sépare de son mari et se brouille avec ses parents, quitte alors les Etats-Unis, pour s’établir, provisoirement, à la Barbade, avec son amant, Errol Walton BARROW, premier ministre. A la fin de cette idylle Nina retourne aux Etats-Unis, mais le fisc lui réclame d’importants arriérés d’impôts laissés par ex-mari. Rien ne va plus. Mais Nina continue sa carrière d’artiste. Amie de Myriam MAKEBA, de 1974 à 1976, Nina s’installera au Libéria, et place sa fille, Lisa en pension, en Suisse, aux Pays-Bas puis à Paris ; elle choisit Raymond GONZALES comme manager, et va se fixer en 1993, près d’Aix-en-Provence, mais sa maison brûle. Elle s’installe alors à Carry-le-Rouet, à dans les Bouches-du-Rhône.

 En 1984, «My baby Just Cares for You» utilisée comme publicité de Channel relance sa carrière. En 1995, lors d’un séjour à Los Angeles, elle tire sur des enfants qui font trop de bruit dans une piscine ; c’est la condamnation pénale avec sursis, mais avec obligation de soins.

 «Je mourrai à soixante-dix ans, parce qu’après ce n’est que de la douleur» disait Nina. Artiste talentueuse, de ses blessures des ressorts et de ses défauts, elle a su en faire des armes redoutables et nous gratifier d’une «musique du diable» suivant une expression de sa mère. Nina s’est imposée ente sa propre discipline et sa mesure, qui est souvent démesure. «Elle est une figure de tragédie, une statue qui chante. Lorsqu’elle dévisage le public au début des concerts, chacun se sent regardé, accusé, elle impose silence, effroi. Puis elle rit, et elle commence» écrit David LESCOT. En effet, Nina SIMONE c’est un don de Dieu, une femme forte, qui en dépit de la solitude, de l’alcool, est restée débout. Mais c’est un diva, aura vécu avec ses excès, ses caprices, ses problèmes sentimentaux récurrents et son «foutu caractère» comme le reconnaît elle-même. Le 19 avril 2003, l’Institut Curtis la nomme docteur honoris causa. Nina SIMONE disparaît, deux jours après, le 21 avril 2003, à Carry-Le-Rouet, dans les Bouches-du-Rhône, en France. Incinérée à Marseille, ses cendres ont été dispersés dans plusieurs pays d’Afrique.

 Le 5 octobre 2012, la Ville de Nantes donne le nom de Nina SIMONE à une rue. Inauguré en 2019, le conservatoire de la ville de Pontault-Combault porte son nom : «Nina Simone symbolise, par son parcours, l’ambition première qui guide notre projet culturel : permettre à chacun, quelle que soit son origine sociale ou culturelle, d’avoir la chance de bénéficier d’un enseignement artistique de qualité» dit Paul MIGUEL, président de Paris-Marne-La-Vallée. Un biopic a été inspirée de sa vie, sorti le 22 avril 2016, avec une actrice presque blanche, Zoé SALDANA, a suscité des interrogations. Sa fille, Lisa, a repris le flambeau de son héritage musical.

 Quel meilleur hommage à Nina SIMONE, cette femme sulfureuse, pleine de rage, pour l’égalité réelle, que sa chanson «Four Women» : «Ma peau est noire Mes bras sont longs Mes cheveux sont frisés Mon dos est fort Assez fort pour supporter la douleur On me l’a infligée maintes fois Comment m’appellent-ils ? Ils m’appellent Sarah Ma peau est café au lait Mes cheveux sont longs Ma place est entre deux mondes Mon père était riche et blanc, Il a violé ma mère un soir Comment m’appelle-il ? Je m’appelle Siphronia Ma peau est tannée Mes cheveux sont beaux Mes hanches vous invitent Mes lèvres sont douces comme du vin De qui suis-je la petite fille ? De celui qui a de l’argent pour m’acheter Comment m’appellent-ils ? Ils m’appellent Sarah Ma peau est café au lait Mes cheveux sont longs Ma place est entre deux mondes Mon père était riche et blanc, Il a violé ma mère un soir Comment m’appelle-il ? Je m’appelle Siphronia Ma peau est tannée Mes cheveux sont beaux Mes hanches vous invitent Mes lèvres sont douces comme du vin De qui suis-je la petite fille ? De celui qui a de l’argent pour m’acheter Comment m’appellent-ils ? Je m’appelle Douce Chose Ma peau est brune Mon attitude est rude Je suis prête à tuer le premier connard que je vois Car ma vie a été dure Je suis vraiment amère ces jours-ci Car mes parents étaient des esclaves Comment m’appellent-ils ? Je m’appelle PEACHES».

 Bibliographie sélective

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Paris, le 4 novembre 2019, par Amadou Bal BA -

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