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Billet de blog 5 janvier 2025

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"Hannibal, le Carthaginois, génie militaire" Amadou Bal BA

Hannibal BARCA (247-183 av. J.-C.), le Carthaginois ayant défié l’Empire romain en traversant les Alpes avec des éléphants. Un génie militaire, un piètre homme politique. C’est quoi donc un bon gouvernant ?

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«Hannibal BARCA (247-183 av. J.-C.), le Carthaginois ayant défié l’Empire romain en traversant les Alpes avec des éléphants. Un génie militaire, un piètre homme politique. C’est quoi donc un bon gouvernant ?» par Amadou Bal BA

«L’expédition d’Annibal en Italie est une des belles qui aient été célébrées dans l’histoire. On l’a comparée aux marches de Xénophon et d’Alexandre en Asie, et elle est plus féconde en instruction militaire», écrit, en 1832, le baron Félix de BEAJOUR. Né en 247 av. J.-C. à Carthage, près de l'actuelle Tunis, Hannibal, élevé dans la haine de Rome par son père Hamilcar Barca, consacra sa vie à la combattre. C'est lui qui déclenche la Deuxième Guerre punique qui durera de 218 à 201 avant J-C. En effet, à la tête d'une armée hétéroclite, forte de 60 000 hommes, 9000 chevaux et de ses 37 célèbres éléphants, composée de guerriers carthaginois, de cavaliers numides, de frondeurs baléares, de mercenaires gaulois ou ibères et d'éléphants de combat, après une traversée légendaire des Alpes, Hannibal envahit l'Italie, par les Alpes, où il remporte sur les Romains des batailles qui ont fait de lui un géant de l’histoire. Les légions romaines de Cornelius Scipion s’étant avancées avec 20 000 hommes pour barrer la route le long de la côte jusqu’à Marseille, Hannibal résolut donc de les contourner en passant par les Alpes, un voyage de cinq mois et demi. «Chaque race humaine a son génie; elle a sa part d'action certaine dans le jeu des événements nécessaires au développement de l'humanité. Tous les peuples antiques nous apparaissent sous une physionomie originale , mais toujours en harmonie avec le mode d'activité qu'ils ont suivi et avec la grandeur du but qu'ils se proposaient d'atteindre. Les uns sont essentiellement guerriers et conquérants ; les autres ne tendent qu'à l'industrie et au négoce. Il est aussi des nations, à l'esprit moins exclusif, dont les forces vives peuvent s'appliquer heureusement à des objets divers. Elles ont , durant un temps, le talent d'équilibrer leurs moyens d'action et de faire que, loin de se nuire , leurs opérations de commerce et de guerre se prêtent un mutuel et solide appui. Telle fut Carthage au temps de sa splendeur», écrit en 1870, Eugène HENNEBERT.

Nous avons tous appris à l’école primaire, de manière laconique, elliptique et parfois distanciée ou anodine, comme si c’était un fait divers banal, l’histoire de Hannibal et ses éléphants, sans vraiment mesurer pleinement l’importance et le sens de cet exploit hors du commun. Les méthodes pédagogiques et les contenus des programmes scolaires africains sont à réellement réviser, notamment pour ceux qui se réclament de slogans creux du panafricanisme. En effet, Carthage n'a, en effet, guère laissé dans la mémoire des hommes que ce que les récits des anciens historiens romains, pour beaucoup hostiles, ont bien voulu nous en dire, et qui ont, pour une part, discrédité Hannibal. Certains historiens romains ont clairement annoncé le but de leur entreprise, justifié la domination romaine sur le monde de leur temps «Dans tout ce que nous avons entrepris de raconter, notre unique but a été de faire voir comment, en quel temps et pourquoi toutes les parties de la terre connues ont été réduites sous l’obéissance des Romains, événement dont le commencement est connu, le temps déterminé, et le succès avoué et reconnu de tout le monde», écrit Polybe, dans son «histoire romaine». En effet, Hannibal incarne, dans l’imaginaire occidental, le chef de guerre et le barbare, le conquérant et l’envahisseur, venu de l’autre rive de la Méditerranée. Ce que l'on sait de lui vient exclusivement des historiens romains qui avaient tout intérêt à minimiser ses succès, à exagérer ses échecs et à dénigrer son caractère. Les accusations portées contre Hannibal incluent la cupidité, la cruauté et les atrocités, l'indulgence sexuelle et même le cannibalisme. Les anciens historiens ont voulu discréditer cet exploit d’Hannibal «Quelques historiens, pour vouloir étonner leurs lecteurs par des choses prodigieuses, en nous parlant de ces montagnes, tombent, sans y penser, dans deux défauts qui sont très contraires à l'histoire. Ils content de pures fables, et se contredisent. Ils commencent par nous représenter Hannibal comme un capitaine d'une hardiesse et d'une prudence inimitables. Cependant, à en juger par leurs écrits, on ne peut se défendre de lui attribuer la conduite du monde la moins sensée. Lorsqu'engagés dans leurs fables ils sont en peine le trouver un dénouement, ils ont recours aux dieux et aux demi-dieux, artifice indigne de l'histoire, qui doit rouler toute sur des faits réels. Selon ces historiens, les pays d'alentour sont si déserts, que si un dieu ou demi-dieu n'était venu montrer le chemin à Hannibal, sa perte et celle de toute son armée était inévitable. Or ce général n'eût-il pas été le plus inconsidéré et le plus étourdi des hommes, s'il se fût mis en marche à la tête d'une armée nombreuse, et sur laquelle il fondait les plus belles espérances, sans savoir ni par où il devait aller, ni la nature des lieux où il passerait ni les peuples chez lesquels il tomberait ? (…) On doit convenir que toutes ces réflexions étaient dignes d’un général judicieux et expérimenté. C’est être ignorant et aveugle dans la science de commander les armées, que de penser qu’un général ait quelque chose de plus important à faire que de s’appliquer à connaître les inclinations et le caractère de son antagoniste», écrit Polybe, dans son chapitre IX.

Il n’en reste pas moins que les sources des historiens romains, même très partisanes et orientées, comme Polybe, Tite Live, Appien, Diodore de Sicile ou Plutarque, sont indispensables et renferment de précieuses informations. Hannibal reste encore un héros de notre temps, fort méconnu par l’Afrique et ses diasporas. Il n’a pas eu l’hommage qu’il mériterait à la hauteur de ses exploits. Soucieux de rétablir la vérité, je regrette profondément que Hannibal ait été rejeté par sa patrie et le continent noir encore aujourd'hui ; il n'a pas de musée consacré à ses exploits, les nombreuses œuvres d'art qui lui sont consacrées sont disséminées dans les musées d'Europe, les statues à son effigie sont souvent dans des lieux oubliés et  les lieux de ses exploits sont devenus muets sur son passage. Et il est donc légitime de redécouvrir Hannibal et de s’approprier de son glorieux héritage.

Même si les sources romaines de l’histoire ont été forcées d'admettre à contrecœur le génie militaire d'Hannibal, ne serait-ce que pour faire paraître leur victoire éventuelle sur lui plus grande. Pourtant, il ne fait aucun doute qu'Hannibal fut le plus grand général carthaginois de la Seconde Guerre punique. Lorsqu'il ne les a pas vaincus d'emblée, il a combattu jusqu'au bout les meilleurs généraux produits par Rome, et il a soutenu son armée sur le terrain pendant seize longues années sans mutinerie ni désertion. Hannibal était un tacticien de premier ordre, mais un stratège un peu moindre, et le plus grand ennemi que Rome ait jamais affronté. «Lorsqu'il fut finalement vaincu par le général romain Scipion, c'était contre un officier expérimenté qui dut renforcer et reconfigurer la légion romaine et inventer des tactiques mobiles pour réussir. Malgré tout, la victoire de Scipion à Zama s'est déroulée contre une armée qui n'était plus que l'ombre d'elle-même. La bataille aurait facilement pu se dérouler dans l’autre sens. Si tel avait été le cas, l’histoire de l’Occident aurait été modifiée d’une manière qu’on ne peut qu’imaginer», écrit Jacob ABBOTT, dans «Hannibal the Carthaginian».

Qui était donc Hannibal Barça ?

Hannibal Barca, en phénicien «Hanni-baal», est un nom théophore signifiant «qui a la faveur de Baal» et Barca, «foudre». Hannibal, orthographié parfois en Annibal fut non seulement un meneur d'hommes, mais aussi un brasseur d'idées. Au moment de la naissance d'Hannibal à Carthage son père Amilcar Barca vient d'être chargé d'un important commandement en Sicile où Carthage lutte contre Rome depuis 264 avant J.-C. Le premier fait qu'a retenu l'histoire concernant le jeune garçon se situe en 237 avant J.-C. : Amilcar qui a triomphé de la révolte des mercenaire, a été chargé d'un commandement en Espagne ; son fils, âgé de neuf ans, le supplie de l'emmener et le jeune Hannibal devient un farouche nationaliste. Hannibal, et ses deux jeunes frères, Asdrubal II et Magon, passent leur jeunesse en Espagne, dont Amilcar Barca conquiert la partie méridionale. Hannibal reçoit une éducation soignée, à laquelle président des précepteurs grecs, et prend part aux combats, et en particulier à l'expédition au cours de laquelle Amilcar Barca trouve la mort, en 231. Il devient alors le second de son beau-frère Asdrubal Ier, qui reçoit en 229 le commandement de l'armée punique et le gouvernement de la province, très largement autonome, qu'elle contrôle en Espagne. En 221 Asdrubal est assassiné et Hannibal, alors âgé de vingt-six ans, est proclamé commandant en chef des troupes carthaginoises, dont la décision est ratifiée par le gouvernement de Carthage.

Hannibal est un chef de guerre dont la stratégie est encore enseignée dans les écoles militaires ; il a secoué le puissant Empire romain et tenté de rassembler des États méditerranéens. On peut dire que deux cents ans avant César ou Auguste, Hannibal a compris que le monde ne pouvait retrouver la prospérité que dans l'unité. La «paix romaine» aurait fort bien pu être précédée par une «paix carthaginoise». Hannibal a été le précurseur et sans doute l'artisan involontaire de l'entreprise d'unification que Rome, après l'échec et la mort du Barcide, mènera inlassablement jusqu'à son terme.

C’est Tite-Live (59-17 av. J.-C.), plus nuancé, qui a reconnu les qualités humaines et morales de Hannibal, un homme complexe et ses défauts «Son corps ne pouvait être fatigué ni son âme vaincue par aucune épreuve. Sa capacité à supporter la chaleur et le froid était égale ; c’était le besoin naturel, non le plaisir, qui fixait la mesure de la nourriture et de la boisson ; les temps de veille et de sommeil n’étaient déterminés ni par le jour ni par la nuit, mais ce qui subsistait après la gestion des affaires était dévolu au repos ; celui-ci d’ailleurs n’était procuré ni par un lit moelleux ni par le silence ; bien des gens le virent couvert d’un simple manteau militaire, couché par terre, au milieu des gardes et des sentinelles. Son vêtement ne différait en rien de celui de ses pairs ; c’étaient ses armes et ses chevaux qui attiraient les regards. Il était de loin le meilleur à la fois des cavaliers et des fantassins ; il allait le premier au combat, et une fois engagé, il était le dernier à quitter la bataille. Mais les qualités extraordinaires de cet homme étaient contrebalancées par d’énormes vices : une cruauté inhumaine, une traîtrise plus que punique, une absence totale de franchise, d’honnêteté, de crainte des dieux, de respect de la parole donnée, de scrupule religieux», écrit Tite-Live, dans son chapitre XXI-4. Cet historien mentionne que les Romains ont vaincu Hannibal, mais après avoir subi des revers cuisants et tremblé au bruit de son nom. Pour lui, Hannibal est une figure exceptionnelle de l’histoire.

Si Hannibal est un chef de guerre, il s’est révélé un homme politique hésitant. Devant Rome, il n’a pas été «le tueur politique» ; il a tergiversé. Par conséquent, et en dépit de sa victoire en guerre, c’est un piètre homme politique ; ce qui l’a perdu. En 183 av. J.-C., traqué en Bithynie, il se suicide. Il a 64 ans. De l'espoir à la chute. Hannibal, vaincu, s'éclipse de la vie militaire avant d'être contraint à l'exil. Honni par les Carthaginois, pourchassé par les Romains, il se réfugie en Asie, à la cour d'Antiochos III de Syrie. Ces guerres puniques entre l’Occident et Carthage, «punique» venant du mot «Punicus», signifiant «Phénicien» ou «Carthaginois» ont probablement déjà déterminé l’avenir des pays africains, restés dans la servitude. Hannibal était un génie militaire, mais un piètre homme politique «Les guerres puniques ont hâté la transformation du monde méditerranéen occidental qui, au début du IIIe siècle, était en retard sur l’Orient dont la structure venait d’être renouvelée par la conquête d’Alexandre, et les entreprises de ses successeurs», écrit Bernard COMBET-FARNOUX dans «les guerres puniques».

I – Hannibal, le génie militaire

Hannibal ne fut pas seulement un fabuleux génie militaire sur le plan stratégique, capable de vaincre par quatre fois des forces romaines treize fois supérieures aux siennes, mais il fut aussi un remarquable stratège et visionnaire, le plus grand conquérant de tous les temps et le plus vertueux.

Fidèle au serment de vengeance fait à son père Hamilcar, Hannibal Barca décide de réaliser une audacieuse offensive en menant la guerre sur le territoire romain. En effet, pour Polybe, cette guerre ne serait qu’une affaire de ressentiment «Je crois donc qu'entre les causes pour lesquelles les Romains ont fait la guerre aux Carthaginois, la première est le ressentiment d'Hamilcar, surnommé Barca, et père d'Hannibal ; car, quoiqu'il eût été défait en Sicile, son courage n'en fut point abattu. Les troupes qu'il avait commandées à Éryce étaient encore entières, et dans les mêmes sentiments que leur chef. Si, cédant aux temps, il avait fait la paix après la bataille qu'avaient perdue sur mer les Carthaginois, son indignation restait toujours la même, et n'attendait que le moment d'éclater. Quoique Hamilcar soit mort dix ans avant que cette guerre commençât, il est cependant aisé de prouver qu'il en a été le principal auteur», écrit Polybe ((200-120 av. J.-C.)), dans le Chapitre III, de son livre III. Cependant, Polybe aura l’honnêteté de reconnaître que la Deuxième Guerre punique est liée aux graves injustices de la colonisation romaine à l’égard de Carthage «Les Carthaginois étaient fort sensibles à la perte qu’ils avaient faite de la Sicile, mais ils avaient encore plus de peine à supporter celle de la Sardaigne, et l’augmentation du tribut qu’on leur avait imposé. C’est pour cela qu’après qu’ils eurent soumis la plus grande partie de l’Espagne, tout ce qui leur était rapporté contre les Romains était toujours bien reçu. Lorsqu’ils eurent appris la mort d’Hasdrubal, qu’ils avaient fait gouverneur d’Espagne après la mort d’Hamilcar, d’abord ils attendirent, pour lui nommer un successeur, qu’ils sussent de quel côté pencheraient les troupes, et dès que la nouvelle fut venue, que d’un consentement unanime elles s’étaient choisi Hannibal pour chef, aussitôt le peuple, s’étant assemblé, confirma l’élection, et l’on donna à Hannibal le commandement des armées», écrit Polybe.

«Amilcar de Carthage, surnommé Barcas, et Annibal, son fils, ont été les plus grands capitaines des Carthaginois. Ils portèrent, par leurs exploits, la puissance de leur patrie au plus haut degré», écrit Diodore de Sicile. Comme son père, Hannibal a été dominé toute sa vie par l'idée de la revanche contre Rome, qui, au terme d'une guerre de plus de vingt ans (264-241), a réduit Carthage au rôle de puissance secondaire en lui arrachant la Sicile et la Sardaigne. Pour leur permettre de se libérer, il lui faut neutraliser la force militaire des légions. À cette fin Hannibal compte utiliser le potentiel humain du monde celtique et engager des auxiliaires gaulois. Les Français ont donc été les alliés d’Hannibal. C'est cette considération, plus encore que la faiblesse de sa marine, qui le détermine à attaquer l'Italie par voie de terre.

Père de la stratège militaire, redouté pendant l’Antiquité, Hannibal a su vaincre les légions, sans parvenir à écraser la République romaine. Surnommé «la foudre, Hannibal commence d’abord par gagner la bataille de Sagonde, en Espagne, un territoire sous la protection de Rome. Hannibal invente des mouvements tactiques les plus audacieux de l’histoire militaire. Il commence par traverser les Alpes en plein hiver, un chemin périlleux de 1 500 km de l’Espagne en passant par la Gaule, les romains étant maîtres des mers et habitués à combattre en été. Il a réussi à s’allier, en grande partie les peuples des territoires qu’il a traversés. Il a réussi à vaincre les Romains deux fois plus nombreux, par des attaques éclaires. Il frappe par surprise ; ses troupes, une cavalerie nombreuse, se déplacent vite et sont donc très mobiles, avec des combinaisons plus complexes que celles des légions romaines, massivement à pied. Aussi, dans sa guérilla, Hannibal procède par des embuscades et enclenche de nombreuses victoires. Dans l’effet de surprise, il met en avant son artillerie lourde, empaillent les éléphants déjà morts, pour effrayer.

Dans cette deuxième guerre punique, Hannibal a livré cinq grandes batailles contre les Romaines. C’est tout d’abord, la première bataille de 218, à Tessin, un lieu précis reste difficile à déterminer, mais une ville de Lombardie. Les légions romaines étaient conduites le consul Publius Cornelius Scipio, secondé par son fils, Sicipio l’Africain, de 17 ans, qui sauvera son père d’une mauvaise passe. Hannibal dirigeait une force agile, notamment composée de sa redoutable cavalerie numide, qui excellait dans les manœuvres rapides et les tactiques d’encerclement. La rencontre entre les deux groupes se transforma rapidement en une escarmouche. La cavalerie d’Hannibal prit l’ascendant en exécutant une manœuvre classique : les cavaliers numides enveloppèrent les forces romaines, les encerclant pour couper leur retraite. Les Jaculatores romains, plus légers et moins bien protégés, furent rapidement submergés. La cavalerie romaine tenta de se replier, mais la désorganisation permit aux Carthaginois d’infliger de lourdes pertes. C’est ensuite, la seconde bataille de Trébie, une rivière en Emilie, un affluent du Pô (Province de Gênes), durant laquelle, Hannibal réussit à s’allier avec les Celtes et les Gaulois encore occupés par les Romains. n plaçant des troupes sous le commandement de son frère Magon dans un terrain marécageux à proximité, il se prépare à un combat décisif. À l’aube, Hannibal envoie sa cavalerie numide pour provoquer une sortie précipitée des Romains. Sempronius, désireux d’engager rapidement la bataille, ordonne à son armée de traverser la rivière Trébie, en crue et glacée. Les soldats romains, déjà mal préparés pour affronter le froid, arrivent sur le champ de bataille épuisés et frigorifiés. De leur côté, les Carthaginois avaient soigneusement préparé leurs forces en se réchauffant près de feux et en s’enduisant d’huile pour protéger leur corps du froid. Hannibal dispose son armée avec les frondeurs des Baléares en première ligne, l’infanterie au centre, la cavalerie sur les ailes, et les éléphants de guerre en soutien. Les Romains, comme à leur habitude, placent leur infanterie lourde au centre, soutenue par des alliés sur les flancs. Cependant, leur cavalerie est déjà affaiblie par sa confrontation avec les numides. Encerclée, épuisée et démoralisée, l’armée romaine s’effondre, et c’est la débandade. C’est par ailleurs, la troisième bataille du Lac Trasimène, en 217 avant J-C, une embuscade, et dont l’objectif est de se dissimuler pour attaquer l’ennemi par surprise, mais aussi l’étude du terrain  et de sa configuration, la connaissance de l’ennemi, de son organisation et de ses déplacements, et, l’effet de surprise. Les pertes romaines sont colossales. Sur les 25.000 hommes de l’armée de Flaminius, 15.000 sont morts et 10.000 sont prisonniers. Le Consul Flaminius est tué durant les combats, il est, selon Tite-Live, décapité.

Le 2 août 216, à la quatrième bataille de Cannes, dans la région des Pouilles, au Sud-Ouest de l’Italie) il place les unités les plus faibles au centre du dispositif, poussant les Romains à les attaquer à cet endroit précis et il parvient à les encercler et à les déborder, pour les vaincre. a plaine était dorée, l’herbe, asséchée par le lourd soleil méditerranéen déjà bien haut sur l’horizon, ondulait sous la caresse d’une brise. Au sud courait une rivière que les modernes connaîtraient sous le nom d’Ofanto. Un endroit parfait pour la manœuvre, choisi avec soin par Hannibal. Le front carthaginois paraissait ridiculement petit face à la marée romaine. A peine cinquante mille hommes et cavaliers face à plus de cent mille. Mais le général avait un stratagème pour surclasser les légions. Il savait que Varron n’avait pas d’imagination, il comptait sur le nombre pour l’anéantir. Le soldat romain était particulièrement discipliné. Chaque saison, il s’entraînait à combattre au coude à coude derrière son vaste bouclier appelé scutum. Il frappait d’estoc son ennemi grâce à son Gladius (le glaive) après avoir lancé son pilum (javelot). Hannibal voyait la peur se dessiner sur le visage de ses hommes, rien ne pouvait arrêter une telle multitude. Il descendit de son dernier éléphant, le laissant là près d’un arbre solitaire avec son cornac et s’avança glaive au point dans la mêlée. Il harangua ses troupes, «Soldats ! N’oubliez pas qu’ici s’écrit l’Histoire. Lorsque les aèdes chanteront nos exploits. C’est ici que le courage des carthaginois devint légendaire car ils tinrent bons», dit-il à ses soldats. L’heure de la manœuvre d’enveloppement avait sonné. La panique s’insinua, pernicieusement dans les rangs des Romains. ’armée romaine se disloqua sous les coups de boutoir des carthaginois victorieux. Il y avait tellement d’hommes à tuer que les soldats fatiguaient. Le massacre continua toute la soirée.

«Tu sais vaincre, Hannibal, mais tu ne sais pas tirer profit de ta victoire.», dit Maharbal, l'un de ses généraux qui plaidait pour une attaque éclair sur Rome après la victoire à Cannes. Hannibal parvint sous les murs de Rome, mais il ne tenta pas de les prendre d'assaut : ils étaient très solides, et lui-même ne disposait pas de troupes entraînées à assiéger une ville. La ville de Rome est protégée par une solide enceinte de 11 km de long, le Hannibal préfère les délices de Capoue au lieu de marcher sur Rome. Cependant, les renforts manquent à Hannibal. Dans cette guerre d’usure, les Romains refusent de livrer bataille, et donc le temps travaille contre Hannibal. Pendant ce temps, les Romains ont ouvert deux fronts en Espagne et en Afrique En 202 av. J.-C., pour la première fois depuis seize ans, Hannibal rencontre un adversaire à sa taille : Scipion l'Africain, le 19 octobre 202, à la bataille de Zama. La cavalerie du roi numide avait en effet joué un rôle double dans la bataille de Zama : elle avait fait défaut à Hannibal et avait renforcé les effectifs de Scipion. Après 18 ans de combat, le vainqueur de Cannes s'éclipse de la vie militaire, avant d'être contraint de prendre le chemin de l'exil. Honni par les Carthaginois, pourchassé par les Romains, le Barcide se réfugie en Asie, à la cour d'Antiochos III de Syrie. Mais la guerre le rattrape. Inexorablement, l'étau romain se resserre. En 183, traqué en Bithynie (Asie mineure, Turquie), Hannibal se suicide.

II – Hannibal, un piètre homme politique

Carthage avait été épargnée par la guerre. Elle tomba au cours de la troisième guerre punique, en 146 avant J.-C., après un conflit qui avait commencé quatre ans plus tôt. Chez les Romains, un homme haïssait Carthage, peut-être plus encore qu’Hannibal n’avait haï Rome : Porcius Caton, dit Caton l’Ancien, qui terminait inlassablement ses discours, quelle qu’en fût la teneur, par cette exhortation : «Cartago delenda», ou  «Carthage doit être détruite». Vers 153, Caton l’Ancien s’était rendu en Afrique pour arbitrer les litiges entre Masinissa et Carthage. La prospérité retrouvée de la cité punique l’effraya, au point qu’à son retour il ne cacha pas au sénat combien il était inquiet. Cette inquiétude fut entretenue au cours des années suivantes, lorsque la rumeur courut que Carthage réarmait. Longtemps, pendant plus de deux années, Scipion Nasica s’opposa à Caton l’Ancien, affirmant que rien ne justifiait la destruction de Carthage, qu’une Bellum Justum, une guerre juste, n’était pas envisageable, et lui, en écho négatif, terminait inlassablement ses discours par «Carthage ne doit pas être détruite». Mais, suivant les Romains, et c’est un prétexte de guerre, les Carthaginois, enfreignant une fois de plus les clauses du traité de paix, envoyèrent une armée contre les Numides de Masinissa, l’allié de Rome. Le prétexte était trouvé ; mais la mauvaise foi du Sénat ne faisait pas de doute.

Au tournant du troisième siècle avant J-C, le destin du monde occidental n’est pas encore figé. Deux villes, aux caractères très différents se font face pour le contrôle du bassin méditerranéen. La puissance montante, Rome, et l’empire séculaire de Carthage la punique. Rome, elle sortait tout aussi exsangue que son adversaire. C’est une paix pleine de rancœurs, car les braises de la revanche couvaient chez les Romains. En 146, A-C, la troisième guerre punique, à Carthage, est en fait le premier génocide de l’Humanité. Cartage, une ville estimée à l’époque à 200 000 habitants a été rasée. APPIEN a décrit une bataille dans laquelle 70 000 hommes, y compris les non-combattants auraient été tué. Mais Polybe, qui a participé à la campagne, a confirmé que «le nombre des morts était incroyablement élevé» et les Carthaginois «totalement exterminés». En effet, 146, les légions romaines conduites par Scipion Émilien, l’allié de Caton et beau-frère de son fils, ont rasé la cité, et envoyé en esclavage les 55 000 survivants, dont 25 000 femmes. Plutarque conclut : «L’annihilation de Carthage a été essentiellement due à l’avis et aux conseils de Caton». Par ailleurs, les Romains ont également détruit cinq cités africaines alliées de culture punique, ils ont épargné sept autres villes qui s’étaient ralliées (Tunis, Hermaea, Néapoli).

Quels enseignements de l’Histoire ?

Hannibal, par sa guerre, a donné conscience à l’Europe, et en particulier aux Romains, la conscience de leur identité et consolider sa République. «Ouvrir au genre humain une route nouvelle , c'était aux yeux des anciens l'entreprise héroïque entre toutes. La guerre seule a découvert le monde dans l'antiquité. Mais pour qu'une route frayée une fois soit durable , il faut qu'elle réponde à des besoins moins passagers que ceux de la guerre. Alexandre, en ouvrant la Perse et l'Inde au commerce de la Grèce , a fondé plus de villes qu'il n'en avait détruit. Les Grecs et les Phéniciens ont découvert les côtes de la Méditerranée , qui depuis , enfermée par les Romains dans leur empire , comme une route militaire de plus , est devenue la grande voie de la civilisation chrétienne. Ainsi , les routes tracées par les guerriers , suivies par les marchands , facilitent peu à peu le commerce des idées , favorisent les sympathies des peuples, et les aident à reconnaître la fraternité du genre humain. Aussi , je l'avoue , j'ai foulé avec attendrissement et respect cette route ouverte par Hannibal , fondée par les Romains , restaurée par la France , cette route sublime des Alpes, qui prépare et figure à la fois la future union de deux peuples qui me sont si chers», écrit Jules MICHELET, en 1831, dans son «Histoire romaine».

L’autre enseignement majeur, à chaque fois que les racisés gagnent, tout se termine mal ; ils deviennent les perdants. Les Vietnamiens avaient vaincus les Américains, les Algériens le colonisateur français et les Tirailleurs sénégalais avaient aidé l’Europe à se débarrasser du nazisme, et pourtant le bilan de cette paix, leur a-t-il profité, en termes de coopération équitable ? Les Africains ont conquis leurs indépendances en 1960, Sékou TOURE avait dit Non à de GAULLE, Patrice LUMUMBA a fait un discours audacieux, voire déplacé, en 1960, à l’encontre du Roi des Belges, Choguel MAIGA et les militaires maliens ont chassé le président Ibrahima Boubacar KEITA ; le PASTEF a gagné les présidentielles du Sénégal du 24 mars 2024 ainsi que les législatives du 17 novembre 2024. Quels résultats concrets pour les populations en termes de bien-être ? La question plusieurs siècles après, c’est quoi un bon gouvernant ? Celui qui déblatère se fait plaisir par de beaux discours ? Ou celui qui agit pour transformer son pays ?

Références bibliographiques

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