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Des posts fleurissent sur le Web ne présentant l'ancien président du Zimbabwe, Robert MUGABE, décédé à Singapour, le 6 septembre 2019, que sous un angle radieux. Mais comme très souvent, la vérité n'est ni blanche, ni noire, elle est grise.
Il est incontestable qu’initialement, Robert MUGABE a été un éminent combattant contre l'Apartheid en Rhodésie ; ce crime contre l'humanité que les Occidentaux ont défendu et protégé becs et ongles au nom de la lutte contre le communisme.
Contrairement à l'Afrique du Sud, de Nelson MANDELA, confrontée actuellement à des pogroms contre les immigrants, Robert MUGABE avait osé nationaliser les 40% de terres détenues alors par les colons britanniques blancs, sans dédommagement et sans rechercher à diversifier ses relations extérieures. C'est en raison de cela que les Britanniques l'ont ostracisé et diabolisé.
Puis, par la suite, Robert MUGABE est passé du statut de résistant à l'Apartheid à celui de dictateur ; il s'est accroché trop longtemps au pouvoir. Premier ministre de 1980 à 1987, il est resté président du Zimbabwe jusqu’en 2017, à l’âge de 93 ans. Personne ne peut glorifier ces régimes monarchiques et préhistoriques en Afrique qui nous font beaucoup de mal. La démocratie multi-partisane, même si elle est imparfaite, reste encore le moins mauvais système de gouvernement.
Par ailleurs rien nous empêche, au-delà des étiquettes politiques, comme l'a si bien théorisé Samir AMIN, à rechercher des solutions adaptées à nos réalités, à travailler pour l'indépendance nationale et la souveraineté. Aucun pays occidental ne peut empêcher un chef d'Etat africain de bien gérer ses ressources et promouvoir le bien-être de sa population. En moins de 7 ans, et au-delà des slogans creux, président Macky SALL a doté le Sénégal d'infrastructures performantes.
Paris, le 8 septembre 2019, par Amadou Bal BA.