"MACRON, miettes, guerre identitaire en perspective" par Amadou Bal BA

Là où les partis traditionnels et les syndicats avaient échoué, les Gilets jaunes, ces «Gaulois réfractaires», en quelques semaines, ont réalisé un exploit : Jupiter est tombé de son Olympe, et la chute a été brutale. MACRON, suffisant et son arrogant, a fait acte de contrition, mais sur l'immigration, il relance la guerre identitaire.

 

Là où les partis traditionnels et les syndicats avaient échoué, les Gilets jaunes, ces «Gaulois réfractaires», en quelques semaines, ont réalisé un exploit : Jupiter est tombé de son Olympe, et la chute a été brutale. En effet, pour la première fois, le président MACRON, dans sa suffisance et son arrogance légendaires, a fait acte de contrition, mais avec des sous-entendus et des silences lourds de conséquences, notamment sur l'immigration, il relance la guerre identitaire.

 I – Le Président MACRON a lâché des cacahuètes,

Sur le plan des revendications sociales, le président MACRON a-t-il renversé la table ?

MACRON a augmenté le SMIC de 100 euros, annulé la CSG pour les retraites de moins de 2000 euros et décidé de l'exonération des heures supplémentaires. A 2000 euros, suivant M. MACRON est un riche, mais quid des 72 milliards de son ami, Bernard ARNAULT de LVMH, qui a fourni Brigitte ses sacs à mains ? Par conséquent la mobilisation peut payer. Bravo les Gilets jaunes !

C’est un bon début, mais le compte n'y est pas, du tout. Le SMIC aurait dû être augmenté de 20% au lieu de 10%. Les petites retraites qui sont entre 500 et 600 euros, doivent être revalorisées, substantiellement. Il y a des gens pauvres et précaires, sans rien à manger, luttant de longue date, et qui ne sont jamais entendus. Maintenant que leurs voix comptent, et que faire de la politique, au sens noble du terme, peut payer, on ne lâche RIEN !

Cet attentat tragique de Strasbourg n'est pas, naturellement, le fait de M. MACRON. Arrêtons de raconter n’importe quoi. C'est un acte dramatique et criminel qui endeuille toute la nation, et nous unit contre la barbarie, d'où qu'elle vienne. Je continuerai toujours de réclamer la fin de ces guerres locales, sans objectifs atteignables alimentant des déplacements massifs de réfugiés et le terrorisme. M. MACRON, à la tête d'un Etat qui est un marchand de canons, a une grande part de responsabilité dans ces guerres locales fort coûteuses et sans résultats tangibles, depuis plus de 40 ans.

En effet, des guerres locales, odieuses, fondées au départ sur des motifs mensongers, ont dévasté des pays qui étaient stables : Afghanistan, Libye, Syrie, Irak, Yémen, Somalie. D’autres Etats souffrent de graves désordres (Tunisie, Egypte). Saddam HUSSEIN a été pendu et aucune arme chimique n’a été trouvée, et Mouamar KADHAFI, qui avait financé la campagne électorale de l’homme du Fouquet’s, a été assassiné, d'importantes sommes d'argent ont été englouties par les Occidentaux dans ces guerres, mais pour quels résultats ? Des flots d'immigrants et de réfugiés alimentant le populisme.

Tant que ce sont des Arabes qui se font massacrer, tout le monde s'en bat les couilles. Si l'objectif de ces guerres est, réellement, de combattre le terrorisme, pourquoi l'Arabie Saoudite qui encourage le fondamentalisme et qui a assassiné, sauvagement Jamal KASHOGHI et bien d'autres opposants, n'est pas bombardée ? Il faut qu'on arrête de nous prendre pour des imbéciles, par un bourrage de crâne et des mensonges, des instrumentalisations et des stigmatisations des autres.

Nous réclamons un monde de paix, de justice et de fraternité, fondé sur la coopération, le bien-vivre ensemble et le respect mutuel. C'est le seul chemin qui vaille.

Je demande à ce qu'une commission d'enquête parlementaire établit et publie le coût de ces guerres locales, tant sur le plan des opérations extérieures, mais aussi en personnel de renseignements et de places de prisons pour les radicalisés. Cette solution de la violence et de la prédation a manifestement échoué. C'est toujours la logique de la répression et de la mort que choisit M. MACRON. Je suis sûr que s'il n'avait pas ces guerres injustes, on aurait pu, en raison des économies budgétaires dégagées, augmenter le SMIC de plus de 30%, construire plus de 2 millions de logements dont on manque tant, désenclaver la ruralité, développer le numérique qu’on attend toujours (10 milliards non trouvés) et promouvoir une écologie vertueuse et non punitive.

Par conséquent, les Gilets Jaunes, tout en adaptant leurs actions pendant cette période de deuil, doivent continuer, plus que jamais leurs luttes, aucun répit ne doit être donné au va-t-en-guerre qu'est M. MACRON, qui gaspille nos deniers dans des opérations militaires coûteuses et inefficaces.

On prend ces acquis obtenus de haute lutte, c'est «In the pocket», comme le diraient les Anglais. Par conséquent, la lutte continue, pour des conquêtes plus substantielles. Les Gilets jaunes ont le pouvoir de se faire entendre et de faire plier Jupiter le méprisant et l'arrogant, qui était parti en Argentine en pleine crise, pourquoi le lâcher ? On tient le bon bout, il faut que les gens du château crachent le morceau !

 II – Le Président MACRON ménage les riches

Le président MACRON continue de ménager les riches.

La question de la justice sociale et fiscale est fondamentale ; c'est un totem pour la gauche. Or, M MACRON ne remet pas en cause les cadeaux aux riches : le CICE (40 milliards) et l'ISF (5 milliards). Rien donc sur la justice fiscale. Comment les plus riches doivent être mis à contribution ? Telle est qu'on ne peut plus éluder.

Le président MACRON a été flou sur certains points de sa déclaration.

Tout d’abord, la prime exceptionnelle, ne s'appliquant qu'à ceux qui ont un travail, ne sera pas obligatoire, ce sera un simple effet d'aubaine, pour l'employeur.

Ensuite, le président MACRON conserve ses préjugés à l'égard de certaines catégories de personnes. Ainsi, il a encore oublié les fonctionnaires, considérés comme nantis, dont le point d'indice reste bloqué. Il y a d'autres personnes qui laissées sur le bord de la route : les chômeurs ne sont, pour lui, que des tricheurs et des paresseux. Les bénéficiaires des minimas sociaux ne seraient que des assistés.

Enfin, M. MACRON n'a pas dit comment il va financer ces mesures. Est-ce qu'il va encore diminuer la qualité des services ? Ces revenus, sans charges sociales, n'ouvrent pas droit à la retraite ; c’est donc sur le long terme une escroquerie. Pour les collectivités locales, dont les dotations ont été diminuées, de façon drastique, il va falloir revoir leurs frais de personnel, à la hausse. 75% de leurs personnels sont de catégorie C. Curieusement, c’est l'Etat qui décide des augmentations salariales pour les collectivités locales, sans consulter les élus locaux, mais ce sont donc, en définitive  les contribuables locaux, donc les Gilets jaunes qui vont supporter cette charge fiscale. M. MACRON a donc signé, en partie, un chèque en blanc.

Le président MACRON ne dit rien sur la poursuite de ses réformes scandaleuses concernant l’indemnisation du chômage, le statut de la fonction publique et la réforme des retraites. Avec le mouvement des Gilets jaunes et un risque de convergences des luttes, le mandat de M. MACRON, même s’il reste le président légal, est terminé. Il n’a plus de légitimité pour poursuivre ses réformes de casse des «Jours Heureux».

 III – Le Président MACRON rallume la guerre identitaire

Le président n'annule pas la hausse, prohibitive et scandaleuse, des droits d'inscription des étudiants étrangers qui va passer de 170 à 3770 euros. C'est une mesure ségrégationniste, digne de l'apartheid. Les lycéens et les étudiants sont en grève en solidarité avec les étudiants étrangers. Tout ce qu’il a fait de mieux c’est d’humilier les jeunes à Mantes-La-Jolie. Je suis désagréablement surpris que Mme Ségolène ROYAL, pour qui j’avais de l’estime, ait cautionné cette infamie.

Le plus grave, c'est que le président MACRON veut relancer la guerre entre les communautés, en attisant la haine et les stigmatisations, à travers la question de l'immigration et ses stigmatisations. Le candidat MACRON lors de la campagne des présidentielles semblait condamner «l'identité figée, rabougrie». Devenu président dans son discours du lundi 10 décembre 2018 qui fera, M. MACRON rallume la guerre identitaire : «Je veux que nous mettions d'accord la Nation avec elle-même sur ce qu'est son identité profonde. Que nous abordions la question de l'immigration» dit-il. Son ami, Philippe de VILLIERS doit jubiler.

En effet, Jupiter, de plus en plus lepénisé, annonce un débat sur l'immigration ; cela veut dire qu'il va jeter en pâture, dans ce monde où le racisme est triomphant, les étrangers et les Français issus de l'immigration. Les idées nauséabondes ont encore de l'avenir dans le champ politique. A travers ce racisme rampant, il veut saccager surtout le modèle social, en mettant en index des boucs-émissaires.

En définitive, MN MACRON lâche du lest pour l'ethnie dominante, mais il veut casser tout ce qui est différent.

Il faut bouter le président MACRON de l'Elysée, il prépare l'arrivée du Front national au pouvoir, avec ce débat sur l'immigration, en perspective.

Pourquoi continue t-il à draguer les racistes, alors que c'est un large front républicain qui la élu contre la famille LE PEN ?

Comme les Gilets jaunes, il va falloir que cette France métissée se réveille, on ne peut même plus compter sur Ségolène ! Nous sommes aussi la France.

 Paris, le 10 et 13 décembre 2018, par M. Amadou Bal BA

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