"Pour une Maison du Sénégal à Paris" par Amadou Bal BA

La cérémonie religieuse à l'occasion de la disparition de Samba KOITA, un militant de l’APR (parti du président Macky SALL, du Sénégal), de Paris 13ème, montre l'urgence d'une Maison du Sénégal, pour un bien-vivre ensemble, dans le respect mutuel.

 

Ce samedi 11 mai 2019, une forte délégation de l’Alliance pour la République (A.P.R.) parti du président Macky SALL, est venue assister à une cérémonie religieuse, au Foyer de la rue Charonne, à Paris 11ème, à la mémoire de Samba KOITA, un militant de Paris 13ème. Samba KOITA est un Soninké de Bakel, il ne faudrait pas le confondre avec un autre Samba Yougo KOITA, de Diawara, qui lui est toujours vivant. Pas de confusion !

 C’est Hamet SARR, des Mureaux, qui conduisait la délégation. Lansana a fait la traduction des discours notamment celui de Oumar WELLE, un ami intime de Samba KOITA. Mme Ramatoulaye KANE, un fonctionnaire à la ville de Paris, qui a pendant longtemps travaillé à la Caisse des écoles du 12ème était présente. J’ai revu Talla de Kanel et bien d’autres, notamment Harouna SOW, un contact de Facebook.

Les Sénégalais n’ayant pas de lieu de rencontre, comme je l’ai dit, la présentation des condoléances a démarré dans une chambre étroite au 3ème étage du foyer de Charonne, puis s’était terminée, dans les caves, un local dédié à la prière. Comme on le voit, quotidiennement, le sort de la diaspora n’est pas enviable.  Nous avons besoin d’un espace pour honorer nos morts, célébrer nos héros et rencontrer les autres, pour un dialogue fructueux, respectueux et enrichissant.

C’est pourquoi, je réclame à nouveau, avec une grande insistance, une grande maison du Sénégal à Paris, avec de nombreuses salles de réunion, pour le bien-vivre ensemble. Cette maison me semble, plus que jamais utile, pour la diaspora, à plus d’un titre :

 

  • Un lieu de rencontre est utile pour avoir des informations stratégiques (stages, accès aux offres d’emplois des grandes sociétés qui pillent l’Afrique, des grandes sociétés nationales) ;

 

  • Des permanences pour accompagner la diaspora, de plus en plus harcelée par certaines administrations particulièrement féroces (CNAV, CAF, Préfectures) dans un contexte où les procédures administratives sont compliquées). Le Consul général, son Excellence Amadou DIALLO, fait un travail remarquable. Nous aurions aimé une plus grande proximité, une réactivité et une plus grande diligence et une meilleure visibilité de nos autorités nationales en charge de la diaspora (Secrétaire d’Etat et députés de la diaspora) ;

 

  • Une meilleure prise en compte de nos valeurs nationales dans le respect de la culture du pays d’accueil. A Washington, le 4 avril, fête nationale du Sénégal, un grand bal est organisé chaque année. Nous allons en 2020 vers les 60 ans de l’indépendance du Sénégal.

 

  • Cette Maison du Sénégal peut être un lieu de rencontre pour la diaspora, de plus en plus isolée, mais dans un contexte où certains jeunes sont nés en France et risquent de perdre tout lien avec le pays d’origine de leurs parents. La différence, loin d’être un mal, est une source de richesse. Pas de jeunes, à l’âge de se marier sont isolées et rechignent pour les rencontres sur Facebook pour les mariages forcés d’un cousin du pays. C’est un drame silencieux et cornélien qui se joue, en permanence.

 

  • Les artistes ne pouvant se payer ni le Zénith, le Casino de Paris, l’Olympia ou la Cigalle, pourront bien faire profiter à la diaspora et à nos ancêtres les gaulois, la mesure de leurs talents ;

 

  • Les jeunes entrepreneurs pourront y démarrer sous forme de pouponnière et y trouver un coaching adéquat pour développer leur créativité ;

 

  • Les intellectuels de la diaspora, venant d’Afrique, d’Amérique ou des Caraïbes, ainsi que tous les humanistes, quelles que soient leurs origines, pourront y faire des conférences, afin de faire avancer l’esprit humain ;

 

  • Toutes ces associations villageoises, isolées qui se battent dans le cadre humanitaire, c’est le lieu indiqué pour des salles accessibles et l’accès à une ingénierie adéquate pour monter leurs projets ;

 

  • C’est aussi et surtout, un espace de rencontre avec les autres, Paris, avec ses 116 nationalités, une capitale culturelle et politique de l’Afrique où sont nés les grands mouvements culturels, comme la Négritude.

 Le mouvement Malick pour Tous, Tous pour Macky pourrait contribuer à animer cette bonne intégration des Sénégalais de France, tout en maintenant des liens forts avec le pays. «Assimiler, sans être assimilé» avait dit, fort justement, le président Léopold Sédar SENGHOR.

Bienvenue à Paris, à Macky SALL, qui vient en France, pour la première fois, depuis sa réélection.

Nous prions pour le repos de l’âme de Samba KOITA.

 

Paris, le 11 mai 2019, par Amadou Bal BA.

 

20190511-160131

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.