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Billet de blog 13 février 2025

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"Djeneba DIAWARA, son livre, Allume ta flamme" Amadou Bal BA

Djenéba DIAWARA «Allume ta flamme : guide pour réaliser tes rêves", un livre pour les racisés, pour sortir du déterminisme et des assignations, afin de se réaliser pleinement, une revendication de la réussite. Aussi bien l’individu que la société, chacun devrait assumer sa part de responsabilité

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«Djenéba DIAWARA, et son livre, «Allume ta flamme : guide pour réaliser tes rêves». Ce livre est une injonction, pour les Afrodescendants, à sortir du déterminisme et des assignations, à croire en eux, pour se réaliser pleinement. Dans cette revendication du bien-être et de la réussite, aussi bien l’individu que la société, chacun devrait assumer sa part de responsabilité.» par Amadou Bal BA

«Tous nos rêves peuvent devenir réalité si nous avons le courage de les poursuivre.», disait Walt Disney. J’ai eu connaissance du livre électronique de Djeneba KEITA, «Allume ta flamme : guide pour réaliser tes rêves», par l’intermédiaire d’un ami franco-ivoirien, un Gaulois marié à une femme peule, né en Côte-d’Ivoire et dont les ancêtres français, y sont établis depuis des générations. Djeneba DIAWARA, mannequin et étudiante en deuxième année de laboratoire, d’origine malienne, est née à Paris. Passionnée pour la mode, Djeneba DIAWARA a participé à plusieurs grands défilés, mais son parcours, parfois sinueux, semé d’embûches, n’a pas été toujours linéaire. Aussi, parfois, en raison du doute ou de la lassitude, Djeneba DIAWARA a été tentée de rendre les armes. Cependant, ce sont les obstacles qui font grandir, en lesquels on trouve une puissante énergie et motivation, pour rebondir, afin d’atteindre ses objectifs et réaliser ses rêves. Ce livre, «Allume ta flamme : guide pour réaliser ses rêves», n’est pas seulement qu’une thérapie de groupe sur les sauts d’obstacles ou des blessures de la vie un adjuvant, mais c’est un Vade-Mecum, pour qui s’engage dans les chemins sinueux de la réussite, de la réalisation de ses nobles objectifs «C’est pourquoi j’ai décidé d’écrire mon livre. Il reflète mes luttes et mes moments de doute ; et, c’est à travers ces expériences que je souhaite encourager ceux qui affrontent leurs défis, pour réussir, au lieu de les subir. Mon livre est une invitation à croire en soi, même quand tout semble aller de travers, contre nous. Mon parcours est encore en construction, mais je suis déterminée à inspirer ceux qui, comme moi, veulent transformer leurs rêves en réalité», me dit Djeneba DIAWARA, pour sa présentation.

«J’ai écrit ce livre parce que je sais ce que ça fait d’avoir des rêves plein la tête et de ne pas savoir par où commencer à les réaliser. Trop souvent on doute de nous-mêmes. On se compare aux autres ou on abandonne à cause des obstacles. Tout est possible, si tu as le courage d’y croire et la détermination d’agir», écrit Djeneba DIAWARA. Son livre ne traite pas de spiritualité, d’ésotérisme, de sociologie, de psychologie ou de philosophie, mais il est au carrefour de plusieurs disciplines. Ainsi, Marcelle AUCLAIR (1889-1983), traitant de l’ambition d’être soi-même, aborde la question du bonheur, et donc la réalisation des rêves, sous un autre angle, celui de la spiritualité. On peut être heureux, en bannissant la peur ou la crainte, oublier pour comprendre et renaître. «Le bonheur est en vous !» tel est le titre de son ouvrage. «La joie, l’amour, la santé, l’abondance, la concorde, la paix, le bonheur sont de ce monde. Vous qui souffrez, vous qui vous débattez dans les difficultés quotidiennes et vous qui vivez dans la terreur de l’avenir, ne voyez pas dans cette affirmation une insulte à vos malheurs : mon but est de vous aider à découvrir en vous-même la source de tous les biens. «Je n’ai pas de chance. Personne ne m’aime. Je ne sortirai jamais de mes difficultés», et non seulement vous construirez une muraille entre le bonheur, la réussite, et vous, mais vous attirerez les calamités comme le paratonnerre attire la foudre. On nait, on grandit, on prend des coups, on s’étonne. On esquive, on murit, on guérit, on avance. Et parce que la vie est la vie et qu’elle nous veut du bien. On rencontre le bonheur sur le chemin des livres de sagesse et d’épanouissement intérieur. On y apprend à y respirer avec le cœur. La vie s’y faufile, vaste et libre, toujours en train de commencer. Car, il ne suffit pas d’être né, il faut renaître à l’essentiel.», écrit Marcelle AUCLAIR.

Le livre de Djeneba DIAWARA, «Allume ta flamme : guide pour réaliser tes rêves»,  n’est pas philosophique, notamment l’ambition rester et devenir soi-même, tout en menant une bonne vie, en accord avec ses principes. La philosophie, qui nous aide à juger, ne nous apprend à mourir, comme disait Michel MONTAIGNE, que parce qu'elle nous apprend d'abord à vivre. Aussi, André COMTE-SPONVILLE, dans «L’opportunité de vivre, ultimes études», retrace l’histoire de la philosophie, continuer de vivre ou décider d'en finir, c'est une question d'opportunité plutôt que de principe : telle est la leçon d'Épicure, des stoïciens et de Michel MONTAIGNE. Il est possible de décider d'être heureux, dit en substance, Richard CARLSON, pour qui nos pensées, notre monologue intérieur, peuvent influer sur notre psychisme et même sur notre santé physique, en nous faisant prendre pour la réalité ce qui n'est que son reflet dans notre esprit. Il nous invite à «faire le vide», à «dépolluer» notre cerveau pour pouvoir laisser parler notre inconscient.

Le livre de Djeneba DIAWARA, «Allume ta flamme : guide pour réaliser tes rêves»,  traite du développement personnel, en vue de réaliser ses rêves. La réussite personnelle, une recherche du mieux-être, est une dynamique individuelle qui se déploie à partir d'un potentiel judicieusement exploité. Ce livre, pédagogique est structuré en 14 chapitres (le rêve, la motivation, les objectifs, vaincre les obstacles, les sacrifices, la discipline, la patience, croire en soi, se réinventer, apprendre des meilleurs, rester motivé face aux adversités, le focus, la puissance des connexions et le dernier pas qui change tout, avec des exemples et une idée choc, à retenir à la fin de chaque chapitre.

On s’interroge sur le sens, la direction que l’on veut donner à son existence «Un rêve sans plan, c’est juste un souhait», écrit Dieynaba DIAWARA. Aussi, «le monde appartient à ceux qui savent où ils vont», dit-elle. Naturellement, il faudrait être résilient et apprendre à vaincre des obstacles. Les échecs ne sont pas des ennemis, mais sont très instructifs «Les gens qui réussissent n’ont pas eu une vie parfaite. Beyoncé, Cristiano Ronaldo ou même Aya Nakamura n’ont pas commencé au sommet. Ils ont galéré. Ils se sont pris des portes en pleine face. Mais voilà leur truc : ils n’ont jamais lâché», écrit Djeneba DIAWARA. Il faudrait savoir apprendre à vaincre ses peurs, ses doutes. «Chaque pas dans l’inconnu te rend plus fort. Adapte-toi, mais ne renonce jamais. Parfois, il faut changer de stratégie, mais jamais d’objectif», écrit-elle. Ainsi, Tyler PERRY, maintenant fortuné, dormait auparavant dans sa voiture. «L’échec brise ceux qui abandonnent. Mais il construit ceux qui persévèrent», écrit-elle. Le champion doit être armé de motivation, mais aussi de discipline. «En vrai, personne n’a la motivation à 100%, tout le temps. Ce qui les rend différents, c’est leur discipline. La motivation est une flamme. Elle peut s’éteindre. La discipline, c’est le bois qui garde le feu allumé, même quand il fait froid», écrit Djeneba DIAWARA. La motivation, c’est le déclic permettant de démarrer et la discipline le carburant de continuer la route. Ainsi, Serena WILLIAMS s’entraîne, même quand elle est blessée, et Steve JOBS, n’a pas lâché, même aux pires moments d’Apple. «La motivation te démarre, mais la discipline te mène à la ligne d’arrivée», écrit Djeneba DIAWARA. Dans ton environnement fréquente des gens miroirs, positifs qui vous encouragent et vous soutiennent, un mentor, un Cheerleader, quelqu’un qui croit en toi. «Un avion ne peut pas décoller s’il est attaché au sol par des chaînes. Tes relations, c’est pareil. Garde celles qui te donnent des ailes, coupent celles qui te freinent», écrit Djeneba DIAWARA. La puissance des habitudes solides, qui durent, sa routine, la magie de la répétition, est la clé de la réussite. Naturellement, les mauvaises habitudes sont à bannir (communications téléphoniques inutiles, à la place de la lecture, procrastination). «Tu n’es pas ce que tu fais de temps en temps, mais ce que tu fais chaque jour», écrit Djeneba DIAWARA. Pour être inspiré dans ses projets, il faudrait s’éloigner des choses négatives, explorer les tendances nouvelles, pour alimenter sa créativité. «L’inspiration ne tombe pas du ciel, elle se crée. Fais-en une habitude», écrit Djeneba DIAWARA. Célébrer ses petites ou modestes victoires motive davantage et fait rebondir pour atteindre le but final «Chaque victoire grande victoire, petite ou grande, est une brique qui construit ton succès», écrit Djeneba DIAWARA.

Les obstacles ne devraient pas vous décourager, mais vous faire grandir, dans la quête de votre rêve, et vous contraignent à faire le point de la situation, afin de s’améliorer et aller plus loin. Ainsi, Naomi CAMPELL, première grande mannequin, avait essuyé, au début, de nombreux. «L’obstacle, c’est le chemin. Chaque défi que tu surmontes te rend plus fort», écrit Djeneba DIAWARA. S’il arrive qu’on stagne ou recul, il faudrait savoir se réinventer, sans se trahir, en acceptant d’emprunter de nouveaux chemins. «Se réinventer, ce n’est pas devenir quelqu’un d’autre, c’est devenir une meilleure version de soi-même», écrit Djeneba DIAWARA. Ce sont nos fidèles, constantes et bonnes habitudes qui peuvent mener à la victoire. Ainsi, lire 10 pages par jour, c’est 12 livres par mois. «Ce que tu fais chaque jour détermine qui tu deviendras demain», écrit l’auteure. Dans tous cas, en dépit des obstacles, des tests de la détermination pour arriver au but, il faudrait garder le cap, la motivation, cette flamme qui brûle, tantôt vacille. Le basketteur Michael JORDAN, dans sa jeunesse, avait raté de nombreux paniers. «Ce n’est pas le chemin facile qui forge les champions, c’est leur façon de gérer les tempêtes», écrit-elle. Il faudrait se doter d’un focus, un rêve flou, transformé en une réalité claire, une direction de vie claire, sans dispersion. «Quand on refuse, on dit non», tel le titre d’un ouvrage d’Amadou Kourouma. «La seule personne à battre, c’est celle que tu étais hier», écrit Djeneba DIAWARA. Il faudrait apprendre à se débarrasser tout ce qui retarde dans ton objectif. «Là où va ton focus, l’énergie suit. Là où va ton énergie, les résultats arrivent», écrit Djeneba DIAWARA. Les connexions ou les bonnes relations, dans l’art de donner, avant de recevoir, peuvent aider à grandir «Tu peux avoir le talent, la vision, et la détermination, mais si tu n'as pas la bonne personne autour de to, tu risques de rester coincé», écrit-elle. «Seul tu vas vite. Avec les bonnes personnes, tu vas loin», écrit l’auteure. Le chapitre 14, «le dernier pas qui change tout», c’est le passage du projet à l’action, «la piqure d’adrénaline, le truc qui te fera te lever et bouger». Il ne faudrait pas procrastiner, et attendre un jour hypothétique considéré comme favorable. «Le changement, c’est maintenant», avait dit François HOLLANDE, à sa campagne présidentielle de 2012. «Les rêves restent des rêves tant que tu ne les poursuis pas. Alors, lève-toi et transforme-les en réalité. (…) Il n’y a plus d’excuses, plus d’attente. Tout est entre tes mains. Alors prends ton courage, ta vision, ton ambition, et écris ton histoire. C’est ton moment.», écrit Djeneba DIAWARA.

Certains auteurs, ne partagent pas cette conception du développement personnel, incarnant «l’ère du vide», comme Alain LIPOVETSKY «Nous vivons un nouvel air du temps. À la révolte des années d'expansion succèdent aujourd'hui l'indifférence et le narcissisme ; à la logique de l'uniformisation succèdent la déstandardisation et la séduction ; à la solennité idéologique succède la généralisation de la forme humoristique», écrit-il. Par ailleurs, Robert EBGUY professe même qu’il «hait le développement personnel» ; il s’insurge, en fait, contre les coachs ou ceux qui vendre leur livre à des esprits fragiles, des fêlures où s’engouffre le développement personnel. Globalement, pour être efficace, dans notre projet de vie,  un prérequis est nécessaire ; il faudrait traiter nos souffrances, nos démons intérieurs, pour ne pas être encombrés de nous-mêmes, comme un boulet. Au préalable, une prise de conscience est non seulement une condition indispensable à la guérison, mais saura également vous aider à manifester les besoins essentiels de votre âme pour trouver la paix intérieure. Lise BOURBEAU a recensé des blessures pouvant nous inhiber dans toute entreprise audacieuse et donc nous empêcher d’être nous-mêmes afin d’entreprendre des projets audacieux, à savoir l’ego surdimensionné, le manque d’audace prise de responsabilité, ou d’empathie à l’égard des proches, la souffrance intérieure. Les cinq blessures de l’âme peuvent résulter du rejet, l'abandon, l'humiliation, la trahison et l'injustice. La blessure la plus inhibante est celle de l’ego, le plus grand obstacle à la guérison. «Lorsque tu te rends compte que ton ego a pris le dessus, tu sais de suite que tu portes un masque associé à une blessure. L’ego se fie uniquement à tout ce qui a été appris dans le passé. Toute situation qu'il considère comme un danger parce qu'elle a été vécue dans le passé continue d'être considérée comme un danger pour toujours, c'est-à-dire tant que nous le laissons faire», écrit Lise BOURBEAU. Certains livres de guide spirituel, comme celui d’Eckhart TOLLE, recommandent de vivre dans l’instant du temps présent, afin de transcender notre ego, pour accéder à un état de grâce, de légèreté et de bien-être.

Ce livre de Djeneba DIAWARA s’inscrit dans la logique de précédents ouvrages déjà écrits dans ce domaine, comme celui de Jean-Félix FIEHL, datant de 2000, «réussir ses projets». En effet, suivant cet auteur, au cours de notre vie, nous sommes amenés à élaborer des projets, qu'ils soient modestes ou de plus grande ampleur. Mener à bien des projets permet de s'affirmer, d'atteindre la réussite dans le domaine professionnel comme dans la vie privée ; c'est développer son potentiel créatif en canalisant son énergie vers des buts excitants. Jean-Félix FIEHL recense les clés de la réussite : éviter les causes d'échec, en sachant prendre appui sur ses points forts et en tirant parti de ses motivations ; structurer son projet, en définissant une politique et des objectifs clairs, et en élaborant un programme de réalisation pas à pas ; -Vendre son projet, en sachant convaincre et argumenter pour obtenir les soutiens nécessaires ; persévérer jusqu'à l'atteinte du but, en veillant à se perfectionner, à affermir son courage et sa volonté, et à mobiliser l'aide des autres. Le meilleur conseil que ma mère m’ait donné était : “Quoi que tu décides de faire de ta vie, sois sûr que le plaisir de le faire ne dépende pas des applaudissements des autres.”», a dit Elisabeth Alice MacGRAW, actrice et productrice américaine. Arnaud GERARD, en 2011, avait également dressé en six étapes, les conditions de réussite de sa vie : choisir son parcours, multiplier ses petits bonheurs, développer ses talents, définir ses projets de vie, réussir ses projets de vie et se dépasser, pour changer de vie. «L’équilibre avec la vie personnelle est devenu le premier critère de réussite professionnelle. En citoyen responsable, réussir sa vie, c’est s’engager pour répondre aux besoins de notre monde, en plus d’avoir une vie de famille heureuse et du temps libre. Épanouissement personnel et professionnel se bâtissent d’autant plus vite que nous avons identifié la vie dont nous avons envie. Se dépasser pour changer de vie, la responsabilité de chacun dans le choix qui gouverne sa vie», écrit Arnaud GERARD. «Votre temps est limité. Ne le gaspillez pas à vivre la vie de quelqu’un d’autre. Ne laissez pas le brouhaha et l’opinion des autres noyer votre petite voix intérieure. Ayez le courage de suivre votre cœur et votre intuition, ils savent déjà ce que vous souhaitez devenir.», dit Steve JOBS (1955-2011), cofondateur d’Apple.

Cependant, Djénaba DIAWARA, dans un contexte africain et ses diasporas, met le doigt, de façon innovante, dans un domaine nouveau. Les écrits sur le développement personnel sont absents de l’écrasante majorité des contributions littéraires africaines. En effet, celles-ci, non seulement ne sont pas autobiographiques, mais traitent souvent de problèmes majeurs, mais répétitifs et parfois à la marge, comme la tradition et la modernité, la condition de la femme, la colonisation ou l’esclavage. Mais pourquoi donc 65 ans après les indépendances, disposant de terres suffisantes et de toutes les matières premières stratégiques, d’une population apparemment nettement mieux éduquée, l’individu, peu confiant en lui, reste dans la fatalité, la soumission, la dépendance du groupe ou de l’État, et de certaines superstitions ou coutumes d’un autre âge, empêchant de faire émerger son potentiel et son talent, afin de se réaliser ?

«Deviens qui tu es, quand tu l’auras appris», avait écrit, Pindare (518-438 av. J.-C.), un ancien  grec, dans ses «Phytiques». Comment donc sortir du déterminisme et des assignations ?

Certains ont dénoncé une part d’escroquerie, de supercherie, avec des coachs, du développement personnel, comme Thierry JOBARD. «Sans cesse, nous subissons une injonction à nous libérer de nos croyances limitantes et à acquérir un «surplus d’être» pour devenir un meilleur individu. Bien sûr, on pourrait penser qu’il n’y a là que de bonnes intentions : qui refuserait une version améliorée de soi-même ? Mais derrière les discours sucrés et inoffensifs, c’est à la montée d’une idéologie politique que l’on assiste. Car la forme de bien-être promise par le développement personnel constitue trop souvent une exploitation de soi par soi. Dans ce monde merveilleux, tout tourne autour de cet axiome : quand on veut, on peut. Et si on ne peut pas, c’est qu’on ne veut pas assez. Le collectif disparaît de l’écran pour ne laisser que des individus responsables de tout à 100 % : de leur destin, de leur emploi, et même de leur santé !», écrit, dans «contre le développement personnel», Thierry JOBARD. Une autre auteure, Julia de FUNES, au sujet des théoriciens du développement personnel, parle «d’imposture,  de la niaiserie facile et démagogique des charlatans du «moi», ne dénigre pas les coachs ou les auteurs classiques développement personnel, mais de révéler les méthodes rhétoriques utilisées derrière l’efficacité promise, ainsi que les opinions véhiculées sous la pseudo-sagesse affichée. Pour elle, «c’est une vision de l’individu illusoire et culpabilisante en découle, qui loin de libérer les êtres les asservit». Par conséquent, Julia de FUNES, contre cet idéal individualiste et du surmoi, «la culture du narcissisme» suivant Christopher LARSCH, conduisant à la fatigue de soi, contre les valeurs collectives, propose de faire appel aux valeurs humanistes, à de grands penseurs, des philosophes,  afin de développer l'intelligence de l'Homme ; chacun pourra affirmer sa pensée et vivre sa liberté. L'esprit n'est jamais mort, la réflexion ne rend pas les armes, une libération est toujours possible. «Connais-toi, toi-même», avait Socrate, à l’entrée du temple de la Pythie, à Delphes, mais ce n’est pas à comprendre uniquement comme une démarche introspective narcissique, l’individu, pour Socrate, appartenant à une totalité dont il n’est en rien maître et possesseur, n’est pas appelé à se rationaliser, à se concentrer sur lui-même, mais à trouver sa place dans l’ordre général du monde. «Être soi-même, comme un autre», a écrit Paul RICŒUR (Voir mon article, Médiapart, 20 janvier 2025). Jean-Paul SARTRE (Voir mon article, 14 février 2023) a bien appelé à se libérer de tous les déterminismes et les assignations. Pour SARTRE, la liberté est inséparable de la responsabilité «Dans la vie on ne fait pas ce que l’on veut, mais on est responsable de ce que l’on est», écrit-il. «Chaque homme doit inventer son chemin», écrit SARTRE, dans «Les Mouches». Dans son existentialisme, un refus de l’abdication, de la résignation,  l’individu restant maître de son destin, est un être fondamentalement libre, non régi par le déterminisme ; il peut donc construire son projet de vie. «L’Homme qui se croit déterminé se masque sa responsabilité», écrit-il. En éminent philosophe de la liberté, SARTRE estime : «Si, en effet, l’existence précède l’essence, on ne pourra jamais l’expliquer par référence à une nature humaine donnée et figée ; autrement dit, il n’y a pas de déterminisme, l’homme est libre, l’homme est liberté» dit SARTRE. Friedrich NIETZSCHE (Voir mon article, Médiapart, 20 octobre 2024) nous a adressé cette injonction majeure : «Deviens celui que tu es». La vertu est souvent le droit du plus faible, elle paralyse tout, désir, création et joie. Il en appelle au «Surhomme», un homme qui ne cesse de transcender sa réalité donnée en fait et les limites qu’elle implique, grâce à une force créatrice constamment renouvelée.

En définitive, je nuancerai le propos des adversaires de la théorie du développement personnel, au nom de la complexité des choses, telles qu’elles ont été professées par un de mes maîtres à penser, Edgar MORIN. Dans le développement personnel, chaque individu porte une part de responsabilité de son destin, mais l’État devrait aussi assumer ses obligations. Par conséquent, ce combat, pour le bien-être, comporte aussi une dimension politique et collective. C’est un vaste et complexe sujet que celui du combat de l’émergence en Afrique d’un individu, détaché du groupe et de l’État, assumant pleinement ses responsabilités, avec un projet de vie cohérent, en vue de participer au développement de son pays. On attend tout de la famille, au sens large, et de l’État. Or, les structures sociales, jadis, de solidarité entre la famille et l’individu ont explosé en Afrique, l’argent a tout pourri dans nos sociétés et les valeurs traditionnelles, comme le travail, la probité, l’estime de soi, et la responsabilité ont explosé. «Chacun doit cultiver son jardin», dit un des personnages de Voltaire (Voir mon article, sur ce théoricien de l’individualisme, Médiapart, 11 mai 2022). «Dieu, Dieu, mais il ne faudrait pas oublier d’aller cultiver son champ», dit bien un dicton ouolof. Il y a donc une part de volonté de l’individu pour assumer son destin et améliorer ses conditions de vie «L’homme qui veut plier les évènements en sa faveur est comme le roseau qui veut résister au vent ; mais, dans son unité, en tant qu’homme, il possède, s’il a développé en lui la volonté réelle, le double avantage du roseau et du chêne ; il peut plier et rester droit ; en même temps, il peut se courber sous l’ouragan, comme il peut rester droit, et essuyer l’orage, et la flexibilité qu’il montre, alors qu’il peut rester droit et fier, est l’indication du premier état d’âme, un état de volonté irrésistible ; parce qu’il a su déraciner ce qui, en lui, était une faiblesse, un manque de volonté, il a su déraciner le vain orgueil qui l’empêchait de réussir», écrit, en 1912, G. A MANN, dans «La volonté et la fortune».

Finalement, l’homme africain flotte, sans repères solides, entre deux mondes, dans un système de «crise», comme le dirait Antonio GRAMSCI (Voir mon article, Médiapart, 14 janvier 2024) «La crise consiste justement dans le fait que l’ancien meurt et que le nouveau ne peut pas naître : pendant cet interrègne on observe les phénomènes morbides les plus variés», écrit le philosophe italien. En effet, l’Ancien monde africain, avec son système de solidarité familiale, «Le Neddo Ko Bandoum» des Peuls, ou «l’homme est le remède de l’homme» des Ouolofs, a disparu, mais l’individu, sans projet de développement personnel cohérent, attend tout des autres.

En définitive, comme l’a signalé Luc FERRY, une vie bonne ou réussie, est fonction de notre vision du monde. Réussir sa vie, c’est vivre en accord avec ses principes. Etienne de la BOETIE avait théorisé «la servitude volontaire». En effet, la servitude étant et du côté des asservis et du côté de l’ascendant, les deux vices à combattre sont donc l’inertie de l’habitude et le «charme» des fabulations d’un maître. La diaspora africaine, notamment en France, vautrée dans des colères stériles, mettant en cause souvent le système colonialiste, n’a pas toujours assumé sa part de responsabilité. Ce n’est pas toujours que de la faute aux autres. Pour moi, le bien-vivre ensemble, pour moi, n’est d’un partage du gâteau. Le pouvoir ne se donne pas, il se conquiert. Or le racisé en France n’a pas encore posé ses valises, ne fait que quémander de petits avantages et se contente souvent de peu, en combattant même et dénigrant ses semblables. On ne fera reculer le racisme qu’en construisant un projet de vie solide en France, et en allant à la conquête de tous les lieux de décisions politiques, économiques, sportifs et culturels. Je ne comprends pas que certaines villes, qui ont pris des couleurs, ne soient pas encore dirigées par des racisés, pour un jour, avoir un OBAMA en France. Les communautés chinoise et juive l’ont bien compris que pour réaliser ses rêves, on ne reste pas à la marge, mais au centre, par un système d’avantages mutuels. Nous avons besoin d’une Maison d’Afrique à Paris, pour accompagner les racisés dans un projet de vie et se défendre, dans le cadre des lois de la République, pour avoir notre juste place dans la société. Un rêve qui n’est pas utopique, mais dans l’ordre de la Justice et de l’Équité, chaque en fonction de sa contribution, de son talent et de ses ambitions.

En définitive, je ne peux que recommander, très vivement, ce livre de Djeneba DIAWARA, «Allume ta flamme : guide pour réaliser tes rêves», qui m’a fortement interpellé par rapport à la problématique générale de mes travaux de recherches, sur le bien-vivre ensemble, un partage du gâteau. On ne peut rien obtenir, dans son projet de vie, de substantiel, dans la facilité, la mendicité ou la roublardise, sans aucune valeur éthique ou travail acharné. Quand on est d’ailleurs, ou un racisé, on doit faire l’effort sur soi-même, dix fois plus que les autres. Tous ont un potentiel, souvent multiforme, mais celui-ci doit être mis en œuvre par une vision stratégique, un effort constant, une grande discipline. A travers un «rendez-vous du donner et du recevoir», comme le dirait Léopold Sédar SENGHOR, on devrait construire un réseau d’avantages mutuels très sain, mais aussi dans la générosité, en vue de tendre la main aux jeunes générations ou ceux qui sont dans la difficulté, qui, eux-mêmes, continueront cette chaîne de solidarité. Aussi, le rêve, pour moi, c’est la poursuite du Bien commun, en évitant le Mal. Nous avons donc à bâtir, ensemble, une immense cathédrale d’Amour, de Fraternité, d’Egalité, de Justice et de Solidarité, pour le grand Bien-être de tous. «Tous les hommes font la même erreur, de s’imaginer que le bonheur veut dire que tous les vœux se réalisent. Si voulez être heureux, soyez-le», écrit un mes maîtres à penser, Léon TOLSTOI.

J’espère que ce livre, au prix de 9,99€, sera disponible au Salon du livre africain de Paris des 14, 15 et 16 mars 2025, à l’Espace des blancs-manteaux, 40 rue Vieille du temple, 75004 Paris. En dehors de cette rencontre littéraire, on peut aussi, à tout moment, commander ce livre, en cliquant sur le lien suivant https://beacons.ai/djn_dwa

Références bibliographiques

I – Le livre de Djenaba DIAWARA

Djen (DWA), Allume ta flamme : guide pour réaliser tes rêves, livre électronique, autoédition, 67 pages, au prix de 9,99€, https://beacons.ai/djn_dwa

II – Les ouvrages sur le développement personnel

ADSEMBOURG de (Thomas), Cessez d’être gentil, soyez vrai. Être avec les autres, en restant soi-même, illustrations d’Alexis Nouailhat, Paris, éditeur de l’Homme, 2014, 192 pages ;

Alain Ehrenberg, La Fatigue d’être soi, Paris, Odile Jacob, 2000, pages ;

ARNAUD (Gérard), Avoir la vie de ses rêves. 6 étapes, pour réveiller le meilleur de nous-mêmes, Paris, Eyrolles, 2017, 21 pages ;

AUCLAIR (Marcelle), Le bonheur est en vous, Paris, Seuil, 2017, 224 pages ;

BOURBEAU (Lise), La guérison des cinq blessures, Paris, Pocket, 2021, 224 pages ;

BRUNO (Guibert), Réussir sa vie, Paris, Stock, 2006, 156 pages ;

CARLSON (Richard), Décidez d'être heureux. Le bonheur, c'est dans la tête, Paris, Interéditions, 2000, 158 pages ;

CHAILLAN (Marianne), Ecrire sa vie. Comment être libre quand les déterminismes façonnent notre histoire ?, Paris, éditions de l’Observatoire, 2024, 160 pages ;

COMTE-SPONVILLE (André), Le pouvoir du moment présent, guide d’éveil spirituel, Paris, PUF, 2025, 300 pages ;

CUSSET (Yves), Réussir sa vie du premier coup, Paris, Flammarion, 2019, 240 pages ;

EBGUY (Robert), Je hais le développement personnel, Paris, Eyrolles, 2008, 208 pages ;

FERRY (Luc), Qu’est-ce qu’une vie réussie ?, Paris, Grasset, 2002, 496 pages ;

FIEHL (Jean-Félix), Savoir réussir ses projets, Paris, Retz, 2000, 124 pages ;

FUNES DE (Julia), Le développement (im) personnel le succès d’une imposture, Paris, éditions de l’Observatoire/Humanis, 2019, 160 pages ;

GELIN (Caroline), Le développement personnel décalé, Auto-édition,  12 juillet 2024,  116 pages ;

GUILANE-NACHEZ (Erica), Bien se connaitre pour bien piloter sa vie. Savoir ce que l'on veut et concrétiser des ambitions, Paris, Dunod, 2001, 264 pages ;

JOBARD (Thierry), Contre le développement personnel, Paris,  éditions rue de l’Échiquier, 2021, 96 pages ;

LIPOVVETSKY (Gilles), L’Ère du vide : essai sur l’individualisme contemporain, Gallimard, 1989, 256 pages, spéc page 50 ;

MANN (G. A), La volonté et la fortune, Paris, Librairie internationale de la pensée nouvelle, 1912, 29 pages ;

MISSOUM (Guy), Réussir sa vie aujourd’hui, dynamique, outils et stratégies, Paris, Interéditions, Dunod, 1999, 206 pages ;

MOUHSSINE (Mohammed), Développement personnel. Atteindre votre véritable potentiel, pour votre voyage personnel, vers le succès et les Lumières, Auto-édition, 2015, 97 pages ;

NIETZSCHE (Friedrich), Aurore, Gallimard, 1974, 384 pages ;

RICŒUR (Paul), Soi-même comme un autre, Paris, Points, 2015, 448 pages, spéc pages 148 ;

SARTRE -Jean-Paul), L’Être et le Néant, Gallimard, 1976, 698 pages, spéc pages 105-106 ;

SARTRE, (Jean-Paul), «Conscience de soi et connaissance de soi», Bulletin de la société française de philosophie, 1948, n°42, pages 49-91 ;

TOLLE (Eckhart), Le pouvoir du moment présent, guide d’éveil spirituel, Paris, J’ai lu, 2010, 256 pages.

Paris, le 13 février 2025, par Amadou Bal BA

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