"Opposants maliens arrêtés" par Amadou Bal BA

Mali après les tensions et répression du 10 juillet le pouvoir malien a arrêté tous les opposants. Pour la résistance continue et se radicalise (11 morts et 110 blessés). Il faut libérer les opposants et négocier avec eux.

Arrestation de tous les opposants maliens, mais la désobéissance civile continue et se radicalise

Le vendredi 10 juillet 2020, alors que les manifestations sont restées jusqu’ici pacifiques, le président malien, Ibrahima Boubacar KEITA (IBK), devant leur ampleur et détermination, refuse tout dialogue. IBK a choisi la répression, la brutalité et le meurtre : 11 manifestants ont été tués, plus de 100 blessés graves et tous les leaders de l'opposition malienne, dont Choguel Kokalla MAIGA, ont été arrêtés le 12 juillet 2020.

Le groupe M. 5 manifeste depuis le 5 juin 2020, pour notamment exiger le départ de Ibrahima Boubacar KEITA, le président malien. L’opposition réclame aussi la libération de Soumaïla CISSE et 6 membres de sa délégation, enlevés par les forces armées maliennes depuis le 25 mars 2020.

L’opposition avait entamé des négociations secrètes avec IBK : son maintien au pouvoir, mais en contrepartie les élections législatives devraient être annulées, Soumaïla CISSE étant pris en otage la veille du scrutin. L’entêtement de IBK ne fait qu’empirer la situation. Pour apaiser cette tension, devenue insurrectionnelle, il faudrait donc libérer immédiatement tous ces opposants, dont Choguel MAIGA et Soumaïla CISSE, devenus des otages du régime malien.

Ces arrestations loin de calmer la situation ont renforcé la désobéissance civile plus déterminée que jamais.

Au cœur de la tension ce système pourri ce sont les gaspillages de deniers publics et la corruption. Ainsi les fils et le père sont accusés de détournement de deniers publics évalués à plusieurs milliards d'euros. L'aide massive internationale s'est volatilisée. Le président malien IBK reconnaît avoir acheté un avion présidentiel à 30 millions d'euros, non budgété. En raison de cette dépense somptuaire, pour un pays pauvre et en guerre, les instances internationales, comme le FMI, ont coupé les vivres. Outre la tension politique, avec la désobéissance civile ainsi que l'arrestation de tous les opposants, le Mali est donc menacé de cessation de paiement.

La gestion de cette crise, appelant une négociation, aussi bien par IBK que les Occidentaux, est désastreuse. En raison de la répression, il faudrait s’attendre au pire. En effet, en dépit de cette mobilisation populaire, du refus d’IBK d’accepter la médiation de la CEDEAO, ainsi que de la condamnation du gaspillage des deniers publics de cet Etat pauvre, l’Ambassade des Etats-Unis à Bamako ose écrire «tout changement extraconstitutionnel est hors de question». Il va falloir quand même négocier, pour sortir du bunker, dans lequel s’est enfermé IKB. La France ne voit la situation malienne qu’à travers le terrorisme et l’Opération Barkane, qui, pour l’instant bien coûteuse, n’a rien résolu. Mahmoud DICKO, un religieux, n’est pas le principal de cette Révolution, mais le groupe M 5 (Choguel MAIGA, Mountaga TALL, Issaga Kaou DJIME et Ben Le Cerveau, tous arrêtés). Il ne faudrait pas non plus que ces tensions se propagent dans d’autres Etats africains faibles comme le Burkina Faso et le Niger, avec son uranium, utile pour les centrales nucléaires françaises.

Pourtant le peuple malien souffre en raison de ce régime de plus en plus répressif. Pour cette politique de terre brûlée, IBK risque de finir comme KADHAFI, ce qu’on ne souhaite pas, naturellement.

Solidarité avec le peuple malien !

Une situation à suivre attentivement.

Paris le 12 juillet 2020 par Amadou Bal BA -



 

20200712-233555

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

L'auteur a choisi de fermer cet article aux commentaires.