"Sanctionner MACRON, faire payer les Riches" par Amadou Bal BA

Après l'odieux attentat de Strasbourg, il n'est pas question de suspendre la lutte des Gilets jaunes, si bien parti, pour de nouvelles conquêtes sociales. Le combat n'est pas terminé. Il faut évaluer ces guerres locales, faire payer les riches et sanctionner sévèrement, le président MACRON.

 

Cet attentat tragique de Strasbourg n'est pas, naturellement, le fait de M. MACRON. Arrêtons de raconter n’importe quoi, c’est un complotisme de bas étage. Ce lâche attentat est un acte dramatique et criminel qui endeuille toute la nation, et nous unit tous contre la barbarie, d'où qu'elle vienne. Il faut savoir dire non à l’inacceptable, de façon claire et sans aucune ambiguïté. La personne humaine est, et restera sacrée.

Pourtant, je continuerai toujours de réclamer la fin de ces guerres locales, avec leurs lots de souffrances et victimes civiles, sans objectifs atteignables alimentant des déplacements massifs de réfugiés et le terrorisme. M. MACRON, à la tête d'un Etat qui est un marchand de canons, a une grande part de responsabilité dans ces guerres locales fort coûteuses et sans résultats tangibles, depuis plus de 40 ans. Ce sont des guerres injustes et coloniales, il faut les condamner, sans réserves.

En effet, des guerres locales, odieuses, fondées au départ sur des motifs mensongers, ont dévasté des pays qui étaient stables : Afghanistan, Libye, Syrie, Irak, Yémen, Somalie. D’autres Etats souffrent de graves désordres (Tunisie, Egypte). Saddam HUSSEIN a été pendu et aucune arme chimique n’a été trouvée, et Mouammar KADHAFI, qui avait financé la campagne électorale de l’homme du Fouquet’s, a été assassiné, d'importantes sommes d'argent ont été englouties par les Occidentaux dans ces guerres locales. Et pour quels résultats ? Des flots d'immigrants et de réfugiés alimentant le populisme.

Tant que ce sont des Arabes qui se font massacrer, tout le monde s'en bat les couilles. Si l'objectif de ces guerres est, réellement, de combattre le terrorisme, pourquoi l'Arabie Saoudite qui encourage le fondamentalisme et qui a assassiné, sauvagement Jamal KASHOGHI et bien d'autres opposants, n'est pas bombardée ? Il faut qu'on arrête de nous prendre pour des imbéciles, par un bourrage de crâne et des mensonges, des instrumentalisations et des stigmatisations.

Nous réclamons un monde de paix, de justice et de fraternité, fondé sur la coopération, le bien-vivre ensemble et le respect mutuel. C'est le seul chemin qui vaille. La défense d’un pays, c’est de vivre en paix avec les autres.

Je demande à ce qu'une commission d'enquête parlementaire établisse et publie le coût de ces guerres locales, tant sur le plan des opérations extérieures, mais aussi le coût en personnel de renseignements et de places de prisons pour les radicalisés. Cette solution de la violence et de la prédation a manifestement échoué. C'est toujours la logique de la répression et de la mort que choisit M. MACRON. Je suis sûr que s'il n'avait pas ces guerres injustes, on aurait pu, en raison des économies budgétaires dégagées, augmenter le SMIC de plus de 30%, construire plus de 2 millions de logements dont on manque tant, désenclaver la ruralité, développer le numérique qu’on attend toujours (10 milliards non trouvés) et promouvoir une écologie vertueuse et non punitive.

Il faut que les riches qui bénéficient de cadeaux fiscaux, sans création d’impôts, à travers le CICE (40 milliards) et l’ISF, paient. La question de la justice fiscale est pour la Gauche notre totem. Les collectivités locales, à travers les frais de personnels en hausse, devraient avoir une compensation des charges que M. MACRON a décision, sous la contrainte des Gilets jaunes.

Par conséquent, les Gilets Jaunes, tout en adaptant leurs actions pendant cette période de deuil, doivent continuer, plus que jamais leurs luttes, aucun répit ne doit être donné au va-t-en-guerre qu'est M. MACRON, qui gaspille nos deniers dans des opérations militaires coûteuses et inefficaces.

Par ailleurs, Le président MACRON n'annule pas la hausse, prohibitive et scandaleuse, des droits d'inscription des étudiants étrangers qui va passer de 170 à 3770 euros. C'est une mesure ségrégationniste, digne de l'Apartheid.

Le plus grave, c'est que le président MACRON veut relancer la guerre entre les communautés, en attisant la haine et les stigmatisations, à travers la question de l'immigration et ses stigmatisations. Le candidat MACRON, lors de la campagne des présidentielles de 2017, semblait condamner «l'identité figée, rabougrie». Devenu président, dans son discours du lundi 10 décembre 2018 qui fera, M. MACRON rallume la guerre identitaire : «Je veux que nous mettions d'accord la Nation avec elle-même sur ce qu'est son identité profonde. Que nous abordions la question de l'immigration» dit-il. Son ami, Philippe de VILLIERS doit jubiler. On attend toujours la vérité et la justice, pour Théo, pour les familles de Carole MUSENGA, Adama TRAORE et ces jeunes étouffés mort par les forces de l’ordre. Ça pue, de plus en plus, le racisme. On avait élu le président MACRON pour faire barrage au Front National. Mais voila qu’il mord la main de ses bienfaiteurs.

Qui voulait organiser un hommage national, pour le maréchal Philippe PETAIN, à l’occasion du centenaire de la Première guerre mondial ? Ce terrible Affront National, qui en dit plus long sur la lepénisation des esprits, m’est resté en travers de la gorge.

Lors de la campagne des présidentielles de 2017, le candidat Emmanuel MACRON avait fustigé la vision de la France colonialiste et paternaliste des pays du tiers-monde. M. MACRON avait considéré que l’Afrique est un «continent d’avenir». Pour le candidat MACRON, l’Afrique ancrée à part entière dans l’Histoire et le monde est une chance pour tous. Sans angélisme, ni naïveté, la France doit donc regarder cette «vérité africaine» en face, sans idées préconçues ni clichés, et définitivement débarrassée du surmoi de la colonisation et de la Françafrique. L’époque du pré-carré, de l’aide compassionnelle entremêlée de cynisme et des situations de rente entretenues par des réseaux occultes est, selon le candidat MACRON, révolue. «Il est grand temps que la France regarde au contraire l’Afrique comme un partenaire économique au même titre que la Chine, l’Inde, le Brésil ou la Turquie» dit-il.

Une fois, élu, M. MACRON, qui voulait incarner un «Nouveau monde», se caractérise par un retour aux vieilles méthodes du mépris, de l’arrogance, de l’injure (Ventre de nos mères, un président Burkinabé qualifié d’ouvrier électricien), du mensonge et de la duplicité, celle du colonialisme et de l’esclavage. Ainsi, non content d’avoir organisé un coup d’Etat constitutionnel au Gabon, cette vache à lait de la Françafrique, le président MACRON avait envisagé d’envoyer des députés de la République en Marche au Togo, pour aider Faure GNASSINGBE à se maintenir au pouvoir, une dynastie au pouvoir depuis 1963. Au Cameroun, Paul BIYA est reparti, à 85 ans, après 36 ans au pouvoir, pour un mandat de 7 ans. Idriss DEBY a tripatouillé la Constitution, et peut se faire réélire, indéfiniment, président du Tchad. En Algérie, le président BOUTEFLIKA, paralysé, sur un fauteuil roulant, est tenté par un 5ème mandat.

Je suis attaché au respect de la Constitution, le président MACRON est élu pour 5 ans, il la légalité pour lui, mais il n’est plus légitime. Le pays réel condamne son «Nouveau monde» des riches, sans conscience sociale et sans compassion pour les plus démunis. En démocratie, les citoyens disposent d’une arme nucléaire redoutable : la carte électorale. Le président MACRON qui a été élu par un Front républicain, fait du LE PEN, sans LE PEN, il faudrait donc le sanctionner très sévèrement aux élections européennes de juin 2019 et aux municipales de 2020.

Les Français issus de l’immigration, doivent réinvestir la politique, au sens noble du terme, comme l’ont fait les Gilets jaunes, c’est la seule façon de se faire entendre. En démocratie, la politique reste une question de rapports de force. Si on ne fait pas entendre sa voix, on se fait écraser et piétiner par les gouvernants.

Par conséquent, pas de pause dans les luttes ! On ne lâche RIEN ! No Passaran !

Paris, le 13 décembre 2018, par M. Amadou Bal BA.

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