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Billet de blog 14 déc. 2021

"René MARAN Goncourt 100 ans" par Amadou Bal BA

René MARAN Prix Goncourt le 14 décembre 1921 cent ans après. "Batouala" un roman poétique, à la gloire de l'Afrique, de sa culture, de sa faune et de sa flore, est également une dramaturgie, une violente dénonciation du colonialisme, dans ses excès de prédation et de brutalité. René MARAN, critiqué parce que Noir, voulait seulement être "un homme pareil aux autres", un écrivain.

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«René MARAN (1887-1960), 14 décembre 1921 : Centenaire de son Prix Goncourt 1921, pour son Batouala» par Amadou Bal BA -

Le mercredi 14 décembre 1921, au restaurant Drouant, à Paris 2ème, c’est au 3ème tour, avec la voix prépondérante de son Président, que l’académie du Goncourt a primé René MARAN, un illustre inconnu des cercles littéraires parisiens. Le récipiendaire, en fonction en Oubangui-Chari (République centrafricaine), gratifié d’une somme de 5000 F, n’en a eu connaissance que trois jours plus tard, par télégramme de son éditeur, Albin Michel. «Ce prix prouve d’un seul coup à l’univers qu’un Nègre peut produire des œuvres de mérite, et pour tout dire, être quelqu’un» écrit René MARAN. Submergé de joie et exténué, il rajoute «Exténué, impaludé, malade de fatigue. La joie est venue m’éteindre» dit-il. René MARAN n’a pas manqué de remercié ses amis, dont Léon BOQUET (1876-1954), lillois, poète et romancier, son mentor qui a préfacé plusieurs de ses romans : «Excusez-moi mon écriture. Je suis harcelé de besogne administrative, aussi de fatigue depuis des mois. À présent, le succès étant venu, j’ai à faire face à une correspondance formidable. De tous les coins de France, des lettres me viennent Même si je ne les recevais pas, il me faudrait remercier et mes amis et mes bienfaiteurs. Car, malgré mon silence, j’étais depuis longtemps connu dans les milieux littéraires fermés, Léon Bocquet, Jean Michel Renaitour, Francis de Croisset et tant d’autres... ont fondé sur moi un grand espoir» écrit-il à René VIOLAINES.

Par conséquent, c’est un honneur, un privilège et une joie immense que de commémorer, même fort modestement, le centenaire du premier Prix Goncourt attribué à un Noir. Je m’en glorifie. Ce Prix Goncourt de 1921 coïncide à une époque, au début du XXème siècle, à la découverte de l’art nègre sous l’égide Pablo PICASSO (1881-1973, voir mon article), au combat des Tirailleurs sénégalais lors de la Première guerre mondiale et à l’exode, à Paris des écrivains et artistes noirs de Harlem Renaissance. Cependant, en 1921, ce prix Goncourt attribué, pour la première fois à un Noir, est une condamnation du colonialisme, censé être porteur de «civilisation». Il prévient le lecteur : «C’est à redresser tout ce que l’Administration désigne sous l’euphémisme «d’errements» que je vous convie. La lutte sera serrée. Vous allez affronter des négriers. Il vous sera plus dur de lutter contre eux que contre les moulins. Votre tâche est belle. A l’œuvre donc, sans attendre. La France le veut !» écrit-il dans «Batouala», un roman qui va susciter une tempête politique. Certains députés conservateurs exigeaient que René MARAN, administrateur colonial, soit jugé, pénalement, «pour avoir mordu la main qui le nourrit». Maurice DELAFOSSE accuse l’Académie Goncourt, le 26 décembre 1921, d’avoir commis «une mauvaise action» avec sa décision. «Une œuvre de haine. Batouala ou la calomnie. En couronnant ce pamphlet l’Académie Goncourt a commis une mauvaise action» écrit-il. En fait, ce roman est une révolution littéraire puisqu’auparavant, c’étaient les Occidentaux qui écrivaient sur les Africains, rarement en bien, et souvent en mal. «Depuis l’année 1903, c’est la première fois que les Noirs jouent et gagnent. C’est peut-être avec sa qualité de nègre, ce qui a séduit les Dix de l’Académie Goncourt, épris de couleur et d’étrangeté» écrit «Le Petit Parisien». Cependant, René MARAN avait également ses partisans. «On hume les odeurs du village, on en partage les repas, on voit l’homme blanc, tel que l’homme noir le voit, et après y avoir vécu on y trouve la mort. C’est un grand» écrit Ernest HEMINGWAY. En effet, René MARAN a été le premier Noir, récipiendaire de cette distinction, à avoir écrit sur le colonialisme, les colonisés et la défense de l’environnement. Cet argument simpliste a été combattu par d’autres écrivains «L’attribution du prix Goncourt à un écrivain de race noire confirme ce que j’ai eu l’occasion de répéter ici, à maintes reprises, quant à la prétendue infériorité de la race noir. Cette infériorité est un mythe dans un autre genre, la prétendue supériorité du XIXème siècle sur les siècles précédents. Il y a dans la race noire une élite qui ne cède en rien à quelque autre élite que ce soit» écrit Léon DAUDET, en 1921. «René Maran n’est pas un bistre, comme un métis, mais noir, comme du cirage. Il n’a pas honte de sa race, puisqu’il entreprend de la défendre» écrit en 1922, Jean-Michel RAINAITUR. En effet, dans «Batouala», René MARAN expose les rapports difficiles, empreints de préjugés raciaux, faits de violence et de prédation, entre les coloniaux et les Africains. «Le retentissement de Batouala, véritable roman nègre et sa célèbre préface ont contribué pendant longtemps à donner de René Maran deux images : l’une met en relief l’audace d’un homme et d’un écrivain qui trace un tableau sans complaisance de la colonisation et notamment du système concessionnaire que Gide devait dénoncer un peu plus tard dans son Voyage au Congo ; l’autre souligne les limites de son anticolonialisme et d’une conception du roman plus proche de la littérature coloniale que de la littérature de la négritude ou de la production romanesque des années 1950-1960» écrit Bernard MOURALIS.

Les commémorations du centenaire ont été précédées par la réédition, en 2018, par Albin Michel, du «Batouala», mais amputé d’une partie de son titre «véritable roman nègre». L’éditeur justifie, cette mutilation, probablement pour des raisons commerciales, le mot «Nègre» serait décalé par rapport à notre époque. Il faudrait saluer, sans retenue, la magistrale préface de Amin MAALOUF accompagnant cette nouvelle édition. «Batouala» est qualifiée d’œuvre littéraire «dense, inventive et ample» par Amin MAALOUF, et elle est construite autour de deux équilibres « Dans le corps du roman, un dosage subtil entre l’observation ethnographique d’un village africain et une histoire d’amour et de mort entre les protagonistes ; et, dans la préface, un autre dosage, plus rugueux, entre une protestation de fidélité totale à la France, la Nation, son histoire, sa langue et ses valeurs, et une condamnation sans appel de ce qui se pratiquait dans les colonies. Tous ces éléments se mélangeaient, s’opposaient et se répondaient » écrit Amin MAALOUF. Partisan de l’assimilation, de la «mission civilisatrice» de la colonisation, René MARAN est un grand admirateur de Pierre de SAVORGNAN de BRAZZA (1852-1905), un explorateur en Afrique centrale pacifiste, attaché à la fraternité et à la justice. En effet, René MARAN, derrière son ambition littéraire, voulait se borner à condamner les excès, les mesquineries et la grande brutalité de la colonisation. En effet, René MARAN arrive en Oubangui-Chari suite à l’implantation du système concessionnaire  «Cette région était très riche en caoutchouc et très peuplée. Sept ans ont suffi pour la ruiner de fond en comble. Les indigènes, continue-t-il, débilités par des travaux incessants, excessifs et non rétribués ont vu la maladie s’installer, la famine les envahir et leur nombre diminuer» écrit-il. La colonisation, entreprise de domination d’un peuple sur un autre, est-elle amendable, réformable ? Les réactions du parti colonial ont été violentes, et il ne pouvait en être autrement. Car, pour eux, il faut se soumettre ou se démettre.

Ce centenaire du Prix Goncourt, en dépit de la forte poussée en France, sur le plan politique, des forces du Chaos, c’est sur la scène littéraire que René MARAN, cent plus tard, a obtenu sa revanche. Déjà en 1992, Patrick CHAMOISEAU, pour son «Texaco» et en 2009, Marie N’DIAYE, et ses «trois femmes puissantes» ont obtenu un Prix Goncourt. C’est doute le Prix Goncourt du 3 novembre 2021, de Mohamed M’Bougar SARR, «la plus secrète mémoire des hommes» qui donne encore plus d’éclat à ce centenaire. Dans ce roman Mohamed M’Bougar SARR fait sortir du Purgatoire, l’écrivain malien, Yambo OUOLOGUEM, prix Renaudot de 1968, qui avait été accusé, fort injustement, de plagiat. Comme une bonne nouvelle ne vient pas seule, ce centenaire coïncide avec les trente ans de la disparition de Amadou Hampâté BA (1901-1991) avec des journées à l’université d’Evry, le Prix Nobel de littérature du tanzanien, Abdulrazak GURNAH, ainsi que le Booker Prize, à Londres, de Damon GALGUT, un Sud-africain. Et en plus, Joséphine BAKER entre au Panthéon, le 30 novembre 2021.

Par conséquent, et en raison de cette ambiance très favorable, des initiatives fleurissent, mais elles sont souvent peu coordonnées et non médiatisées. Aussi, je renouvelle, avec une grande insistance, ma proposition à Mme Anne HIDALGO d’une Maison d’Afrique à Paris où «dialoguent les cultures», en référence à un slogan du président-poète Léopold Sédar SENGHOR.

Au Sénégal, l’Université Cheikh Anta Diop a organisé le 25 novembre 2021. A Marseille, une exposition à la bibliothèque Alcazar est organisée du 16 novembre 2021 au 22 janvier 2022. René MARAN était-il un écrivain français ou francophone, un précurseur de la Négritude ? René MARAN ne se réclamait, explicitement, de la Négritude. Assimilationniste il voyait dans la Négritude «un racisme plus qu’une nouvelle forme d’humanisme» écrit Lilyan KESTELOOT. Cependant, Léopold Sédar SENGHOR a tenu à rendre hommage à son travail de précurseur. «C'est René Maran qui, le premier, a exprimé «l'âme noire», avec le style nègre en français» écrit le président-poète. René MARAN rencontrera chez les sœurs Paulette NARDAL, les pères fondateurs de la Négritude : Léopold Sédar SENGHOR, Aimé CESAIRE et Jean PRICE-MARS.  Il dénonçait le violent racisme de son époque, tout en étant loyal à la France républicaine et sollicite la solidarité des intellectuels de la Négritude «Honneur du pays qui m’a tout donné, mes frères de France écrivains de tous les partis ; vous qui, souvent, vous disputez de rien, et vous vous déchirez à plaisir et vous vous réconciliez tout à coup chaque fois qu’il s’agit de combattre pour une idée juste et noble, je vous appelle au secours, car j’ai foi en votre générosité. Mon livre n’est pas polémique. Il vient par hasard à son heure. La question Nègre est actuelle. Mais qui a voulu qu’il en fût ainsi ?» écrit René MARAN.

A Bordeaux, en particulier où avait vécu René MARAN, la bibliothèque Mériadec organise du 14 décembre 2021 au 5 janvier 2022, à l’initiative d’Agathe COSSE, petite-fille d’Alain FOURNIER, une exposition, conférences, débats et présentation du fonds René MARAN. En effet, pensionnaire dès l'âge de sept ans à Talence puis lycéen, il étudia à Bordeaux : «Après tout, je suis Bordelais autant que les Bordelais de vieille souche, mes amis d'enfance sont là. Mon succès est aussi celui de ma ville d'adoption» écrit René MARAN à un de ses amis. Son père Léon MARAN, commis des Directions de l’intérieur est affecté au Gabon en 1894 ; il meurt en 1911, à Bordeaux. A l’âge de 7 ans, René MARAN est pensionnaire à Talence, puis au lycée Michel de Montaigne, à Bordeaux, et passe son baccalauréat en 1905. Dans son roman, «le cœur serré», le héros est un être doux, que ses parents mettent en pension, dans un lycée, et qui ne sort de captivité que pour soigner sa mère malade, et se soumettre à la tyrannie de celle-ci, l’obligeant à renoncer à une fille qu’il aime. C'est à Bordeaux, qu'il rencontra notamment Félix EBOUE (1884-1944) qui resta son ami toute sa vie. Passionné de rugby, il est un grand admirateur de Marc AURELE «Cette expérience de la solitude a, sans aucun doute, laissé des traces durables chez Maran. Elle explique quelques aspects essentiels de son univers personnel : une passion de la lecture qui le conduit à voir dans les écrivains qui l’accompagneront tout au long de sa vie des amis qui ne le trahiront jamais, l’adhésion à un humanisme fait de solidarité avec les exploités et dans lequel les liens familiaux n’ont qu’une part réduite, une morale stoïcienne qui s’exprime notamment dans la référence à Marc-Aurèle, figure récurrente dans son œuvre» écrit Bernard MOURALIS. Il se lie d’amitié avec Manoël GAHISTO (1878-1948), écrivain et traducteur, à qui il a dédié son «Batouala». Il se passionne pour la lecture et la littérature ; il commence à publier des poèmes, à la revue «le Beffroi» de Léon BOCQUET. Un projet baptiser la bibliothèque municipale de Bordeaux Bataclan en René Maran n’a pas été abandonné par Bernard MICHEL qui a relancé la municipalité. En mai 1966, la ville de Bordeaux rendit hommage à René MARAN en donnant son nom à une place, située près du quartier de Bacalan.

L’université de Guyane a organisé un colloque numérique du 8 au 9 octobre 2021, sur la quête identitaire de René MARAN. Auparavant, du 16 au 18 juin 2021, un colloque «René Maran et la guyanité» a été organisé par UFAC et UFRN. En effet, René MARAN, d’origine guyanaise, est né le 5 novembre 1887, à Fort-de-France (Martinique). Il est le fils de Marie Corina LAGRANDEUR, (1865-1914), et de Léon Herménégilde MARAN (1864-1911), commis des directions de l’Intérieur à Cayenne, et affecté à Fort-de-France, en 1885. «Je suis en effet, à Fort-de-France, le 5 novembre 1887, que je sois né ici ou là, n’a rien d’ailleurs, pour moi, qu’une importance relative. L’essentiel est de vivre et d’essayer de laisser une œuvre après soi. Le reste, dirait Verlaine, n’est que littérature» écrit-il à Albert MAURICE en 1948.

Les Centrafricains ont organisé le samedi 27 novembre 2021, sous l’égide de maître Michel LANGA et son association «les amis de la République centrafricaine», une conférence à la Maison des associations de Paris XVIIIème à l’occasion de ce centenaire, en présence de Jean-Pierre MARA, ancien député centrafricain. Une conférence se tiendra le 16 décembre 2021 à Bangui, capitale de la République centrafricaine, accompagnée d’une pièce de théâtre et d’une bande dessinée destinée aux écoliers, avec le soutien de l’Alliance française. Jean-Pierre MARA est bien investi dans ces initiatives. En effet, René MARAN, en novembre 1909, est affecté en Oubangui-Chari (RCA), qualité de fonctionnaire, dans différentes zones, comme Grimari, Fort-Crampell, Fort-Sibut et Mobaye. C’est dans ce territoire, sur encouragement de son ami, Philéas LEBESGUE (1869-1958) critique littéraire chez Mercure de France, que, pendant six années, René MARAN s’est attelé à rédiger son Batouala. René MARAN suit son père, administrateur colonial au Gabon à partir de 1894, et ami de Savorgnan de BRAZZA, il a suivi les traces de son père, dans une carrière de fonctionnaire colonial de 1909 à 1923. Nommé fonctionnaire des affaires indigènes en Oubangui-Chari, René MARAN voit son roman, «Batouala» interdit en Afrique. Et, il reçoit de nombreuses lettres de menaces et d’injures des coloniaux, l’accusant d’avoir craché dans la soupe ; il est donc poussé à la démission de l’administration en 1924.

Batouala est une création à la gloire de l’Afrique traditionnelle encore intacte au début du XXème siècle. Vivant en pays Banda, dans la contrée de Grimari, très proche des populations locales, maîtrisant leur lange leur langue et leur culture, René MARAN, à travers son «Batouala», a fait œuvre d’historien et de sociologue. «Je me suis proposé d'autres buts, en écrivant ces pages, que de donner au lecteur un aperçu sommaire, mais correspondant à la véritable vie coloniale d'Afrique. Mon unique souci a été celui de l'impartialité la plus complète vis-à-vis des Blancs comme vis-à-vis des Noirs. Je ne les ai pas opposés les uns aux autres, je les ai juxtaposés simplement, comme ils le sont dans la vie» dira-t-il. En effet, René MARAN bien intégrée dans la population a su capter l’ère du temps et bien le restituer, légitimement et authentiquement, sous une forme littéraire. «J’ai poussé la conscience objective jusqu’à y supprimer des réflexions qu’on aurait pu m’attribuer» écrit-il. Grand observateur, René MARAN a su, avec un grand talent, introduire des noms ou mots Banda, dans la langue française, comme un «butin de guerre», comme le disait KATEB Yacine. Ainsi, le mot «Batouala», une création littéraire de René MARAN, viendrait, selon un écrivain centrafricain, M. Victor BISSENGUE, spécialiste des pygmées, de deux mots «M’Bata» ou siège, escabeau, donc symbole du pouvoir, et de «Ouala», ou le venin ou le mensonge. Pour les populations centrafricaines, l’homme politique serait un dissimulateur, un fourbe, un menteur. Le personnage de Batouala n’est pas seulement qu’un chef de village, mais aussi c’est un propriétaire terrien, avec une autorité politique et spirituelle ; il doit être enterré assis sur une chaise, un rituel égyptien. Il est l’interlocuteur des colons et des missionnaires. Si les récoltes ne sont pas bonnes et les impôts non levés, les sanctions des colons pleuvent. Cependant, le colon n’a pas le pouvoir de le destituer, ce serait une déclaration de guerre. René MARAN n’a pas manqué de vanter la grande bravoure d’antan des Banda : «Ils descendaient d’une famille robuste et guerrière, âpre au mal, dure à la fatigue. Ni les razzias Sénoussistes, ni de perpétuelles dissensions intestines n’avaient pu les détruire. Leur nom de famille garantissait leur vitalité. “Bandas” ne veut-il pas dire “filets”?» écrit-il. René MARAN connaissait le sens des fêtes initiatiques des Bandas, les «Gan’zas», un peuple confronté à la déchéance culturelle.

Batouala, une véritable dramaturgie, se prête bien au montage d’une pièce de théâtre. Bien qu’il s’agisse d’un territoire animiste, Batouala avait 9 épouses, des filles que la population avait l’habitude d’offrir à un chef traditionnel. Mais il ne pouvait pas, en raison de son âge, les honorer toutes. Concurrencé par Bissibi’ngui, un jeune convoitant son épouse préférée, Yassigui’ndja, il organise une chasse, dans le but de l’éliminer ; c’est Batouala qui tombera dans son piège. Il lance une sagaie contre Bissi’ingui, mais le rate ; irritée par ce coup qui ne lui était pas destiné, la panthère ouvre le ventre de Batouala d’un coup de patte. Pendant l’interminable râle de quinze nuits du Mounkoundi, les amants «seuls au monde, et maître de leur destin, rien ne pouvait dorénavant les empêcher d’être l’un à l’autre» écrit René MARAN.

«Batouala» est, avant tout, un hymne poétique à la défense de la faune et de la flore africaines «Concrète et méditative, riche et fluide, jamais inutilement alambiquée, la langue de Maran emprunte au style classique le meilleur de ses attributs : la précision. L’écriture de Maran n’est jamais aussi belle qu’au moment de nommer les choses, de donner à voir et sentir les atmosphères, de décrire les paysages» écrit Mohamed M’Bougar SARR. Dans cette cosmogonie africaine, l’Homme est une part intégrante de la Nature vivante. Du moins, il y a une osmose entre les deux : «L’herbe, qui mange la terre, les animaux, qui mangent l’herbe, L’homme, qui détruit l’herbe et les animaux, tout meurt. Louée soit la brousse. On la croit morte : elle est vivante, bien vivante, et ne parle qu’à ses enfants, et à eux seuls. Fumées, sons, odeurs, objets inanimés, elle emploie le langage qu’elle veut pour s’adresser aux espèces qu’elle commande» écrit-il. L’Homme doit donc vivre en harmonie avec la Nature l’entourant, pour une coexistence harmonieuse et fusionnelle.

Batouala est un roman condamnant la hiérarchisation des cultures professée par le colonialisme, une rencontre de confrontation et de conflit : «Nos danses et nos chants troublent leur sommeil. Les danses et les chants sont pourtant toute notre vie. Nous dansons pour fêter Ipeu, la Lune, ou pour célébrer Lolo, le soleil. Nous dansons à propos de tout, à propos de rien, pour le plaisir» écrit-il. René MARAN, loin de l’exotisme, parle des Noirs, des colonisés, et fait l’éloge d’un monde fondé sur le droit à la différence, avec ses croyances, habitudes et visions du monde. En effet, le chef Banda, Mokoundji Batouala, avec sa force légendaire et qui s’interrogeait : «Les hommes blancs de peau, qu’étaient donc venus chercher, si loin de chez eux, en pays noir ? Comme ils feraient mieux, tous, de regagner leurs terres et de n’en plus bouger !». Pour Batouala, la vie est courte. En épicurien, ce qu’il professe, c’est la fainéantise tout à fait différente de la paresse : ne rien faire, c’était profiter de la vie.

René MARAN a un lien particulier avec Paris, cette capitale culturelle de l’Afrique ; son petit-fils, Bernard MICHEL, résidant à Paris 20ème et travaillant à l’hôpital Thonon, s’est fixé une mission : entretenir la flamme. En effet, René MARAN rentre définitivement en France  en 1924 ; dans son ambition littéraire, Paris reste la ville des opportunités. Il épouse le 9 août 1927, à Paris XVème, Camille Rosalie BERTHELOT, couturière. Ils ont adopté en 1943, une fille, Paulette CERNARD devenue épouse MICHEL, rencontrée, dès 1930, dans les Vosges. René MARAN, décédé le 9 mai 1960, à Paris 13ème, a été enterré, au cimetière Montparnasse, à Paris, le 12 mai 1960, à la 11ème division. Sa fille adoptive, Paulette CERNARD, disparue le 5 décembre 2015, était mariée, en 1946, à Paul MICHEL. Ils ont eu deux enfants : Françoise, résidant à Châtellerault (Vienne, Nouvelle Aquitaine) ayant eu deux fils, et Bernard MICHEL, et ses deux fils.

Par conséquent, à Paris diverses cérémonies ont été réalisées ou sont envisagées. L’université de Paris VIII, Vincennes-Saint-Denis, a déjà organisé, avec la participation du professeur Romuald FONKUA, le 28 mai 2021, un colloque sur «René Maran, l’homme et l’œuvre, approches contrastées». La bibliothèque nationale de France a organisé une rencontre le 1er décembre 2021 sur «le centenaire du Prix Goncourt». M. Didier DECOIN, président de l'Académie Goncourt, M. Mohamed M’Bougar SARR, Prix Goncourt 2021, Mme George PAU-LANGEVIN, ancienne députée et vice-présidente de la Défenseure des droits, ainsi que Messieurs Fabrice GARDEL et Mathieu WESCHLER, réalisateur d’un documentaire, sur France télévisions, «René Maran, le premier Goncourt noir» étaient présents. Ce documentaire fait appel à des témoins prestigieux : Amin MAALOUF, Romuald FONKUA, Daniel MAXIMIM et Julien LAFERRIERE. A la BNF, un artiste centrafricain, Bibi Tanga a lu la sulfureuse et éblouissante préface de «Batouala, véritable roman nègre». C'est cette préface de 6 pages qui a soulevé l’ire des coloniaux et de la partie conservatrice de la population française. En effet, René MARAN, un fonctionnaire colonial en Oubangui Chari, actuelle République centrafricaine pose des mots sur la réalité coloniale «civilisation tu bâtis ton royaume sur des cadavres». André GIDE, ira 6 ans plus tard au Congo pour découvrir le travail forcé et les méfaits du colonialisme. Le roman, «Batouala», comporte un sous-titre, «véritable roman nègre». René MARAN, qui parle le Banda, a mis six années pour l’écrire, «une succession d’eaux fortes» dit-il. «Je sens dans tout ce que vous écrivez, un élan blessé, l’amertume d’un cœur qui résiste à l’injustice, un homme qui souffre enfin et se fortifie de volonté», écrit en 1934, André SUARES. C’est un roman basé sur l’expérience et l’observation d’un fonctionnaire colonial en Oubangui-Chari (République centrafricaine). «Ce roman est tout objectif ; il ne tache même pas à expliquer ; il constate. Il ne s’indigne pas : il enregistre. J’écoutais les conversations de ces pauvres gens. Leurs plaisanteries prouvaient leur résignation. Ils souffraient et riaient de souffrir» écrit-il. Par conséquent, René MARAN n’a fait que traduire ce qu’il avait vu là-bas et entendu, et a supprimé ses émotions qu’on aurait pu lui attribuer, les préjugés de l’époque à l’égard des Africains étant si grands : «Les Nègres de l’Afrique Equatoriale sont irréfléchis. Dépourvus d’esprit critique, ils n’ont jamais eu, et n’auront jamais aucune intelligence. Du moins, on le prétend. A tort, sans doute. Car, si l’intelligence caractérisait le Nègre, il n’y aurait que fort peu d’Européens» écrit-il. C’est une population affamée «Les indigènes allaient chercher, en un jour d’innombrables détresse, parmi les crottins de chevaux appartenant aux rapaces qui se prétendent leurs bienfaiteurs, les grains de maïs ou de mil non digérés, dont ils pouvaient faire leur nourriture !» écrit-il.

En particulier, la Ville de Paris, à la suite d’un vœu de Hamidou SAMAKE, adjoint à la maire de Paris, un équipement, probablement une bibliothèque, portera la nom de René MARAN. Il était envisagé de mettre une plaque au 26 rue Bonaparte, à Paris 6ème mais les propriétaires de l’immeuble, ont violemment rejeté cette initiative. La Ville de Paris recherche une autre solution. Par ailleurs, Mme Anne HIDALGO et sous l’égide de M. Jacques MARTIAL envisage d’organiser, probablement, le vendredi 7 janvier 2022, un colloque sur René MARAN, avec comme maître d’œuvre, le professeur à la Sorbonne, Romuald FONKUA, qui a préfacé, chez Présence africaine, la correspondance Maran-Gahisto, un ouvrage de 898 pages. Cette correspondance nous plonge dans la vie littéraire de l’époque «Initiée comme un contrat d’écriture et de lecture entre deux poètes, la correspondance entre Maran et Gahisto va se poursuivre sous la forme d’une conversation régulière entre deux amis où se dessine le tableau d’une vie, celle de René Maran. Il s’en dégage une mise à nu de l’homme qui éclaire plusieurs pans de son œuvre littéraire et de ses activités politiques, une mise au clair de ses préoccupations, de ses positions et de ses dispositions durant le XXe siècle qu’il incarne» note l’éditeur. La Ville de Paris vérifie la disponibilité des différents intervenants du 7 janvier 2022.

Ce roman, «Batouala», est avant tout un violent réquisitoire contre le colonialisme triomphant et arrogant. Ces «Dieux de la brousse» suivant une expression de Amadou Hampâté BA, ou fonctionnaires coloniaux sont soit tout-puissants ou lâches devant les graves férocités du système : «La large vie coloniale si l’on pouvait savoir de quelle quotidienne bassesse elle est faite ; elle avilit peu à peu. On s’habitue à l’alcool. Ces excès et d’autres ignobles, conduisent à ceux qui excellent à la veulerie la plus abjecte. Pour avancer en grade il fallait qu’ils n’eussent pas «d’histoires». Hantés de cette idée, ils ont abdiqué toue fierté, ils ont hésité, temporisé, menti et délayés leurs mensonges. Ils n’ont pas voulu voir. Ils n’ont pas eu le courage de parler. Et, à leur anémie intellectuelle, l’asthénie morale s’ajoutant, sans remords, ils ont trompé leur pays» écrit-il. Le colon ne doit pas remettre en cause le mot galvaudé, «civilisation» ou l’orgueil des Européens. Alors, civilisation «tu bâtis ton royaume sur des cadavres. Quoi que tu veuilles, quoi que tu fasses, tu te meus dans le mensonge. A ta vue les larmes de sourdre, et la douleur de crier. Tu es la force qui prime le droit. Tu n’es pas un flambeau, mais un incendie. Tout ce à quoi tu touches, tu le consumes» écrit René MARAN.

Didier DECOIN, président de l’Académie du Goncourt, a rappelé les diatribes de l'époque se sont focalisées sur l'origine ethnique de René MARAN. Il voulait être considéré comme un être humain, non pas catalogué en raison de ses origines ethniques, mais un écrivain tout court. En effet, son prix Goncourt de 1921 est avant tout une puissante œuvre littéraire poétique et qui parle de l'Afrique. Antillais, ayant vécu jusqu’à 7 ans au Gabon et étudié dans les meilleures écoles française, à Bordeaux, administrateur colonial, admirateur de Marc AURELE (121-180 après J-C), stoïcien et écrivain roman, symbole de rigueur morale et de discipline, René MARAN voudrait être un «homme comme les autres», préface de Mohamed M’Bougar SARR. Critique littéraire, il avait une ambition littéraire  «il se voulut aussi passionnément écrivain comme s’il lui apparaissait évident qu’on ne fait de la bonne littérature ni avec de bons sentiments, ni en se contentant de transcrire un vécu. Dans cette perspective, deux exigences comptaient particulièrement pour lui : la maîtrise de la langue et l’appartenance au monde de l’esprit» écrit Bernard MOURALIS.

La France conservatrice lui a toujours reproché d’avoir dénoncé les dérives du colonialisme «René Maran qui a fait scandale avec Batouala nous raconte, ici, l’histoire de l’ami quadrupède de son héros de couleur. Sa narration, assez décousue, est prétexte, comme le devine, à exhaler contre nous, c’est-à-dire contre nos coloniaux, l’amertume dont son cœur est plein. Ce que je retiens, de plus clair de son roman, c’est que l’homme est un loup pour l’homme. Mais si l’anarchie règne, ou l’injustice et l’arbitraire dans nos colonies, sans doute est-ce que la loi n’y est pas rigoureusement établie et observée. René Maran a d’excellentes qualités de peintre réaliste et naturaliste. Est-ce à dire qu’il soit rebelle à la culture et au génie des Européens ? Il a de l’amour et de l’admiration pour l’une et pour l’autre. C’est, peut-être, que sa passion le trouble et, en le rejetant à l’instinct de sa race, lui fait oublier ce qu’il a appris» écrit Jean CHARPENTIER, dans «Mercure de France».  En effet, René MARAN, ni Antillais, ni colonial, ni Français assimilé, René MARAN, est un grand Français patriote, «Parce la ville où j’ai grandi et vécu une ville de France, parce que la France est mon pays, enfin parce que je l’aime de si exclusif amour, que s’il venait à disparaître, vivre me serait à charge que la fortune sourit aux destins de la France» écrit-il dans son journal intime. Cependant, dans sa contribution littéraire, il était révolté par le poids du préjugé raciste et la grande brutalité des coloniaux. «La France est un pays où l’on n’est trop souvent  généreux qu’en parole. Dès qu’on essaie de l’incliner aux faits, elle se révèle tout autre ; il y a beau temps que je sais à quoi m’en tenir là-dessus et que le racisme français est plus profond qu’on ne le croit. A preuve mon tout dernier roman» écrit-il à Daphné TREVOR, en 1947. En effet, René MARAN estime que ces comportements déviants ont trahi la «mission de civilisation» de la France et sa grandeur. Homme au carrefour de civilisations multiples, René MARAN voulait surtout être reconnu comme «un Homme pareil aux autres», en référence au titre de son roman autobiographique, précédé dans sa nouvelle édition d’une préface de Mohamed M’Bougar SARR, Prix Goncourt 2021. En effet, fonctionnaire colonial, il était perçu par les centrafricains comme un colon, en charge de gouverner le territoire. Pour les colons, il reste un Nègre. Ainsi, lors d’un voyage au Congo, on lui avait refusé l’accès aux hôtels. «Maran n’a jamais pu trouver sa juste place, celle où il aurait pu être utile et efficace, sans compromettre ses principes et sa dignité. Il revendiquait deux appartenances, française et africaine, mais au contact de l’univers colonial, il n’a pas pu s’identifier ni à l’autre» écrit Amin MAALOUF. Dans ce roman, «un homme pareil aux autres», paru en 1947 et réédité en 2021, le héros, Jean Veneuse, est un Noir, un fonctionnaire colonial, s’apprêtant à retourner en Afrique, au Tchad, mais il est pris par un doute intérieur : amoureux d’un blanche, Andrée-Marielle, doit-il renoncer ? «Classique, le motif littéraire de l’amour contrarié, donc le principe dramatique du roman ; mais ce qui le fonde ici n’est pas la différence du rang social, ni l’incompatibilité entre deux éducations que leur écart condamnerait : c’est l’abîme de la race, le gouffre de la couleur de peau, qui se tiennent entre Veneuse et Andrée. Et ces précipices demeureront infranchissables» écrit Mohamed M’Bougar SARR, dans la préface. Jean Veneuse voudrait aimer comme un «homme pareil aux autres». En effet, pour lui «Somme toute, c’est au pied du mariage que l’on distingue les pays racistes des pays non racistes. Le racisme disparaît lorsqu’il a confusion de deux races. Il persiste et s’affiche dans le cas contraire» écrit-il le 27 octobre 1947, à Daphné TREVOR.

Gibelin pour les Guelfes, Guelfe pour les Gibelins, René MARAN est écartelé entre deux cultures «Je ne sais pas ce que sera capable de nous donner M. Maran le jour où il consentira d’exprimer, dans notre langue qu’il admire et manie en artiste, tout ce que ses ancêtres ont déposé dans son subconscient et qui doit y couver. Je suis étonné que pour décrire le berceau de sa race, dans «Batouala», il se soit en quelque sorte imposé la vision, je n’irai pas écrire d’un Chateaubriand, d’un Flaubert et d’un Zola. Et c’est très touchant ce qu’il emprunte à Rabelais, à La Fontaine, leurs personnages pour transformer en guignol la patrie de ces écrivains» écrit John CHARPENTIER, dans «Mercure de France». En définitive, dans sa crise identitaire insurmontable, nous rappelant cruellement, la période pré-électorale des présidentielles de 2022, il faut admettre que René MARAN était avant tout un écrivain. «Dans sa situation et à son époque, tout ce qu’il pouvait faire, en tant qu’homme et écrivain, c’était d’apporter son témoignage et de hurler sa rage C’est qu’il a fait dans «Batouala», le roman autant que la préface. Ce qui lui a valu d’être à la fois couronné et crucifié» écrit Amin MAALOUF. Par ailleurs, René MARAN ne voulait pas être ramené seulement qu’à son Prix Goncourt ayant éclipsé le reste de sa contribution littéraire. En effet, il est l’auteur de 11 romans, dont son «Batouala», 16 essais et 3 recueils de poésie. «Je confesse que le bruit si étranger à des soucis d’art ou littéraires qu’a soulevé «Batouala», l’an dernier, et du nom de son auteur, M. René Maran,  l’attribution du Goncourt m’a détourné de le lire. René Maran, poète, se réclame, quant aux sentiments de ses «stances », de Marc Aurèle et de Renan. C’est donc qu’il ne daigne pas de bien écrire et qu’il désire bien penser. Sa pensée, nette, franche et toujours soutenue se forme sous la forme de vers savamment, habilement construits. Bon prosateur, homme de pensée à coup sûr, il écrit des stances en homme intelligent» écrit André FONTANAIS dans «Mercure de France».

Et l’on l’oublie souvent, René MARAN était un grand critique littéraire, avec une importante correspondance. Exceptionnel critique littéraire, René MARAN a produit de nombreux articles notamment sur Françoise SAGAN, Maurice GENEVOIX et André MAUROIS.

Références bibliographiques très sélectives

1 – Contributions de René Maran

1-1 – Romans de René MARAN

MARAN (René), Batouala, véritable roman nègre, Paris, Albin Michel, 1921, 189 pages et «Batouala», Albin Michel, préface Amin Maalouf intitulée «René MARAN ou les dilemmes du précurseur», Paris, édition de 2018, 261 pages ;

MARAN (René), La Maison du bonheur, Paris, éditions du Beffroi, 1909, 164 pages ;

 MARAN (René), La Vie intérieure, Paris, éditions du Beffroi, 1912, 163 pages ;

MARAN (René), Le Petit Roi de Chimérie, préface de Léon Boquet, Paris, Albin Michel, 1924, 237 pages ;

MARAN (René), Un Homme pareil aux autres, Paris, Albin Michel, 1947 et 1962, 252 pages et Marseille, éditions du Typhon, 2021, 225 pages, avec une préface de Mohamed M’Bougar Sarr, Prix Goncourt de 2021 ;

MARAN (René), Djouma, chien de brousse, Paris, Albin Michel, 1927, 253 pages ;

MARAN (René), Journal sans date, Paris, Fayard, «Les œuvres libres», n°073, 371 pages ;

MARAN (René), Le cœur serré, Paris, Albin Michel, 1931, 253 pages ;

MARAN (René), L'homme qui attend, Paris, Fayard, 1936, 130 pages ;

MARAN (René), Mbala, l'éléphant, illustrations de G. Barret, Paris, éditions Arc-en-Ciel, 1947, 186 pages ;

MARAN (René), Correspondance, Maran-Gahisto, préface de Romuald Fonkua, Paris, Présence africaine, 2021 898 pages. 
MARAN (René), Bacouya, le cynocéphale, Paris, Albin Michel, 1953, 241 pages. 

1- 2 Essais de René MARAN

MARAN (René) FINBERT (Elian Judas), Le livre de la sagesse nègre, Paris, R. Laffont, 1950, 109 pages ;

MARAN (René), «L’A.E.F. dans la littérature», in Cahiers de Charles Foucault, 1952, vol  28, pages 71-77 ;

MARAN (René), Afrique Équatoriale Française : terres et races d'avenir, illustré par Paul Jouve, Paris, L'Imprimerie de Vaugirard, 1937, 82 pages ;

MARAN (René), Asepsie noire !, Paris, Laboratoires Martinet, 1931, 45 pages  et Paris, Jean-Michel Place, 2006, 64 pages ; 

MARAN (René), Bertrand du Guesclin, l'épée du roi, Paris, Albin Michel, 1960, 323 pages ;

MARAN (René), Bêtes de la brousse, Paris, Albin Michel, 1952, 241 pages ;

MARAN (René), Brazza et la fondation de l'A.E.F., Paris, Gallimard, 1941, 304 pages ;

MARAN (René), Défense d’aimer, Paris, 1932, 39 pages ;

MARAN (René), DELONCLE (Pierre Eugène Marie Joseph), Le Tchad, de sable et d'or, Paris, Revue française, 1931, 159 pages ;

MARAN (René), Djogoni, eaux fortes, Paris, Présence Africaine,  38 pages ;

MARAN (René), Félix Éboué, grand commis et loyal serviteur, 1885-1944, Paris,  éditions Parisiennes, 1957, 128 pages, Paris, l’Harmattan, 2007, présentation Bernard Mouralis, 101 pages ;

MARAN (René), Le livre de la brousse, Paris, Albin Michel, 1956, 287 pages ;

MARAN (René), Le petit roi de Chimérie, préface de Léon Bocquet. Paris, Albin Michel, 1924, 237 pages ;

MARAN (René), Légendes et coutumes nègres de l’Oubangui Chari, Paris, Fayard, collection les oeuvres libres, 382 pages ;

MARAN (René), Les pionniers de l'empire, Paris, Albin Michel, 1943-55. Tome 1,  Jean de Béthencourt. Anselme d'Isalguier. Binot le Paulmeir de Gonneville. Jacques Cartier. Jean Parmentier. Nicolas Durand de Villegaignon. Jean Ribaut, 1943, Albi, Michel, 347 pages. Tome 2 : Samuel Champlain. Belain d'Esnambuc. Robert Cavelier de la Salle, 1946, 422 pages. Tome 3 André Brüe. Joseph-François Dupleix, René Madec, Pigneaux de Behaine, Paris, A Michel, 1955, 280 pages ;

MARAN (René), Livingstone et l'exploration de l'Afrique, Paris, Gallimard, 1938, 277 pages ;

MARAN (René), Peines de cœur, Paris, SPLE, 1944, 208 pages ;

MARAN (René), Savorgnan de Brazza, Paris, éditions du Dauphin, 1951 et 2009, 209 pages.

1 – 3 – Poésie de René MARAN

MARAN (René), La maison du bonheur, Paris, Le Beffroi, 1909, 164 pages ;

MARAN (René),  La vie intérieure; poèmes (1909-1912), Paris, Le Beffroi, 1912, 164 pages ;

MARAN (René), Le livre du souvenir, poèmes, 1909-1957, Paris, Présence Africaine, 1958, 143 pages.

1 – 4 Chroniques de René Maran

MARAN (René), «L’A.E.F. dans la littérature», Cahiers Charles Foucault, 1952 vol 28 pages 71-77 ;

MARAN (René), «André Gide et l’Afrique Noire», Présence Africaine, 1948, n°5, pages 739-748 ;

MARAN (René), «Le mouvement littéraire aux Antilles et à la Guyane», De West-Indische Gids, 33ste Jaarg, 1952 pages 12-22.

2 – Critiques de René Maran

ASTRUC (Charles) “René Maran, le poète”, in Hommage à René Maran, Paris, Présence Africaine, 1965, pages 71-77 ;

DELAFOSSE (Maurice), “Une œuvre de haine : «Batouala» ou la calomnie”, La Dépêche Coloniale et Maritime, 26-27 décembre 1921 ;

CHARPENTIER (John), “Compte rendu, Djouma, chien de brousse”, Mercure de France, du 1er septembre 1927, pages 405-406 ;

CHARPENTIER (John), “Compte rendu, le petit roi de Chimérie”, Mercure de France, du 15 septembre 1924, page 765 ;

FABRE (Michel), “Autour de René Maran”, Présence Africaine, 1973, vol 86, pages 165-172 ;

FONTANAIS (André), “Les poèmes, style de Maran”, Mercure de France, du 1er janvier 1923, pages 180-182 ;

FRAITURE (Pierre-Philippe), «Batouala : véritable roman d'un faux ethnographe ?», Francofonia, 2005, n°14, pages 23-37 ;

GAHISTO (Manoël), “La genèse de Batouala”, in Hommage à René Maran, Paris, Présence Africaine, 1965, pages 93-155 ;

HEMINGWAY (Ernest), “Prize Winning Book is Center of Storm”, Toronto Star Weekly, 22 mars 1922 ;

KOFFI-TESSIO (Maria-Thérèse), «Djogoni, le roman d’un métis, ou l’initié de l’œuvre civilisatrice», Francofonia, 2005, n°14, pages 39-62 ;

L. B, «René Maran : Prix Goncourt»,  Le Petit Parisien, 15 décembre 1921, page 1 ;

LITTLE (Roger), «René Maran, poète français, francophone, francographe», Francofonia, 2005, n°14, pages 63-76 ;

LOCKE (Alain Leroy), “The colonial Literature of France”, Opportunity, November 1923, pages 331-335 ;

LÜSEBRINK (Hans-Jürgen), «La place de René Maran dans la littérature mondiale des années vingt», János Riesz  et Alain Ricard éditeurs, Mélanges offerts à Albert Gérard. Semper aliquid novi. Littérature comparée et littérature d’Afrique, Tübingen, GNV, 1990, pages 145-55 ; 

MALELA (Buata), «L’homme africain et son monde : perception et appréciation du réel africain. L’exemple de l’eau chez René Maran», Francofonia, 2005, n°14, pages 77-86  ;

MALELA (Buata, Bundu), L’homme pareil aux autres : stratégies et postures identitaires de l’écrivain afro-antillais à Paris (1920-1960), thèse sous la direction de Pierre Halen et Paul Aron, Université Libre de Bruxelles, 2006 et Paris Karthala, 2008, 468, pages ;

MANGEON (Anthony), «René Maran et le monde antique : du lyrisme élégiaque au stoïcisme»,  Francofonia, 2005, n°14, pages 87-99 et Présence Africaine, 2013, vol 1-2, n°187-188, pages 183-196 ;

MONGO-M’BOUSSA (Boniface) “René Maran, Léopold Sédar Senghor : une relecture”, Présence Africaine, 2013, Vol 1-2, n°187-188, pages 245-251 ;

MOURALIS (Bernard René), «Maran et Gaston Monnerville : entre négritude et radicalisme», Francofonia, 2005, n°14, pages 101-122 ;

ONANO (Charles), René Maran : le premier Goncourt noir (1887-1960), Paris, éditions Duboiris, 2007, 193 pages ;

PAUL (Edmond, Emile), «René Maran : Livingston et l’exploration de l’Afrique, ces routes qui ne mènent à rien»,  Le Petit Parisien, 24 mai 1938, page 4 ;

RAINAITUR (Jean-Michel), «Après le prix Goncourt, René Maran»,  La Pensée française, 14 janvier 1922, pages 16-18 ;

RENAULT (Mathieu), «Autour de la race ou amour au-delà des races, Frantz Fanon lecteur de René Maran», Présence Africaine, 2013, Vol 1-2, n°187-188, pages 231-244  ;

RUBIALES (Lourdes), «Désillusion et frustrations : l’administration coloniale contre René Maran», Jean-Marie Seillan et Jean Sévry, éditeurs, Le désenchantement colonial, Paris, éditions Kailash, 2009, pages 218-237 ;

RUBIALES (Lourdes), «Notes sur la réception du Goncourt 1921 en France», Francofonia, 2005, n°14, pages 123-145 ;

SANKO (Hélène), «Les Mots pour le dire: L’Afrique d’après Batouala de René Maran», Francographies, 1993, vol 2, pages 131-41 ;

SENGHOR (Léopold) “René Maran, précurseur de la Négritude”, in Hommage à René Maran, Paris, Présence Africaine, 1965, pages 9-13 ;

TRAUTMANN (René), Au pays de «Batouala». Noirs et blancs en Afrique, Paris, Payot, 1922, 254 pages.

Paris, le 14 décembre 2021, le centenaire, par Amadou Bal BA -

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