"Macky SALL au Fouta-Toro" par Amadou Bal BA

La tournée du président Macky SALL, le Fouta "FOFTI" ou la poursuite du bien-être des populations du Fouta-Toro : une tournée du 12 au 19 juin 2021 avec de fortes annonces.

201874311-10159884106249301-1242411731246621185-n

La tournée du président Macky SALL, le Fouta "FOFTI" ou la poursuite du bien-être des populations du Fouta-Toro : une tournée du 12 au 19 juin 2021 avec de fortes annonces.

La tournée du 12 au 19 juin 2021, au Fouta-Toro du président Macky SALL, en compagnie de maître Malick SALL Garde des Sceaux Ministre la Justice, fera date dans l’histoire politique du Sénégal, non seulement en raison de sa durée et des zones couvertes, mais aussi, et surtout, en raison des engagements concrets et des réalisations pour la région de Matam.

 Le slogan lancé, «Fouta Fofti», ou la recherche ardente du bien-être des Fountankais, marque l’attachement profond du président Macky SALL à la terre des Almamy et des Satiguis. Aussi, dès le samedi 12 juin 2021, l’Ageroute a présenté au chef de l’Etat le projet de réhabilitation de la Nationale II, reliant N’Dioum-Ouro-Sogui-Bakel. Le président Macky SALL a inauguré le tronçon Tarédji-Podor. Le 13 juin 2021, la route Diattar-Halwar (lieu de naissance d’El Hadji Omar TALL) a été lancée et le tronçon N’Dioum-Halwar-Dimath, a été inauguré, le lancement à la sortie de N’Dioum des travaux de la dorsale, N’Dioum-Linguère (170 km). Le président Macky SALL a visité le tronçon N’Dioum-Madina-N’Diathbé-Cas Cas. Le 14 juin 2021, visite inaugurale du Centre départemental de Formation Technique et Professionnelle de Aéré-Lao, inauguration du tronçon Cas Cas – Saldé – Pété – Gadiobé – Boké Dialloubé, visite des chantiers Pété-Thilogne-Ouro-Sogui et inauguration de l’hôpital niveau 1 de Agnam et du Centre de Santé de Thilogne, présentation du projet de la route du «Daandé Maayo» à Nguidjilone et inauguration du lycée Hassan Sadio Diallo. Le 16 juin 2021 est réservé à un conseil ministériel en vue du lancement des travaux du Centre régional hospitalier de Matam à Ouro-Sogui et des travaux de l’aéroport régional de Matam à Ouro-Sogui. Le 17 juin 2021, le président Macky SALL inaugurera un Daara moderne et le tronçon Ouro-Sogui-Hamady Hounaaré, les ponts de Ganguel Soulé et Wendou Bosséyabé, et on lui présentera des projets des plateformes multifonctionnelles à Wendou-Bosséyabé. Le Chef de l’Etat, outre une remise de matériels à des associations de femmes, visitera l’hôtel de Sémmé et lancera les travaux du Dandé Mayo Sud à Padallal, et inauguration d’un Dara moderne à Ranérou.

Le Fouta-Toro une région particulièrement défavorisée, une terre désolée, en cours de désertification avancée se sentait parfois, à tort ou à raison, abandonné par les autorités publiques. A l’indépendance, entre 1960 et 1962, Mamadou DIA, président du Conseil, un nationaliste donnant la priorité au monde rural, avait fait construire, dans tous les villages du Sénégal, des écoles, creuser un puits et envoyer des experts pour assister les agriculteurs. Et puis vint entre 1962 et 2012 une période de glaciation, d'abandon des zones rurales et de disette. Léopold Sédar SENGHOR, le président poète nous parlait de culture, mais le titre de docteur honoris causa, s'il flattait l'ego, ne nourrissait pas les agriculteurs du Fouta-Toro. Les immigrés du Fouta-Toro pour pallier aux défaillances graves de l'état ont monté et mis en place des projets innovants en termes d'éducation, d'accès à l'eau et à la santé.

La première grande rupture a été à mettre sur le compte du président Macky SALL ce pharaon des temps modernes avec le bitumage de la route Dakar-Linguère-Matam. En moins de 4 h 30 on peut désormais se rendre au Fouta-Toro, y passer un week-end et revenir à Dakar sans difficulté le dimanche soir. Je me souviens enfant, avec ma mère, on se rendait à Kaolack, on faisait trois jours sur la route. Par conséquent, les infrastructures mises en place par le président Macky SALL ont désenclavé la Casamance et amélioré considérablement les conditions de vie des populations. De mon temps on ne mangeait pas de produits frais (légumes et poissons) et cette route a revalorisé les villages du Fouta-Toro même si les prix des terrains ont flambé.

Dans ce rapport de la ville à la campagne, plusieurs axes pourraient être développés. Sans les hiérarchiser, la protection de la nature, avec l’espoir d’un retour durable et substantiel des pluies, nécessitera dès que possible, que le gaz soit accessible à tous les ménages, et donc la protection des arbres, ainsi que le développement de l’élevage. Un accès à l’eau, aux terres du domaine public et à l’énergie pour les paysans, afin de développer l’agriculture, en toute saison, mais aussi rendre le Fouta-Toro habitable. En effet, en raison des fortes chaleurs et des vents de sable, décimant ou fragilisant, la population des personnes âgées, il a été remarqué d’importantes transhumances vers Dakar pendant le Ramadan.

Par ailleurs, les associations villageoises de la diaspora sénégalaise, notamment en France, ont initié, de façon très désintéressée, d’importants projets de développement en matière de santé, d’éducation et d’énergie. L’Etat pourrait conclure avec ces associations des conventions.

Il est attendu des collectivités locales, notamment les communes, une tenue rigoureuse et maintenant, un archivage électronique de l’état civil, causant souvent des difficultés à la diaspora.

Le Chef de l’Etat est passé à Ganguel, le village de l’immense savant arabisant, érudit, généalogiste et historien du Fouta-Toro, Cheikh Moussa CAMARA (1864-1945). Le Fouta-Toro, on l’oublie souvent, certains héros ont été mis en épingle de façon artificielle, est assimilable, à lui tout seul, à un roman national du Sénégal. Tous les grands marabouts du Sénégal sont originaires du Fouta-Toro, ou d’ascendance foutankaise. Or leurs sépultures (Thierno Sileymane BAL, l’Almamy Abdel Kader KANE) sont en ruines. Le riche folklore du Fouta-Toro est en train de disparaître. A côté ou avec l’Islam, diverses traditions authentiquement africaines mériteraient d’être préservées.

Paris le 14 juin 2021 par Amadou Bal BA -

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.