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Billet de blog 16 août 2018

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«My Bélinda, mode africaine, entre tradition et modernité», par Amadou Bal BA

My Bélinda incarne la mode africaine à Paris, mais aussi l'émergence de capitaines d'industrie racisés en France. Si le racisme monte, c'est parce que la diaspora africaine n'a pas encore conquis les lieux de décisions politiques, et surtout économiques. Le racisme, c'est une question de partage du gâteau.

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La réussite du bien-vivre ensemble dépend, pour une large part, de l’émergence d’une bourgeoisie noire en France. Les Chinois et la communauté juive ont indiqué le chemin. La réussite économique fera reculer, considérablement, le racisme, cette conception ethnique et racisée de la démocratie ne voyant en nous, que des indigènes de la République, d’éternels immigrants, voués aux travaux ingrats ou aux minimas sociaux.

Pour l’instant, la communauté noire en France, encore très liée à l’Afrique, consacre l’essentiel de ses ressources à la consommation et à la solidarité avec les parents restés au pays ; ce qui empêche la constitution d’un capital pour l’accès aux affaires. Pourtant, les Français issus de l’immigration sont présents dans de nombreux secteurs, comme l’entretien, la sécurité et différents services d’aide à la personne. Ils restent d’éternels employés et n’arrivent pas à créer des entreprises, dans des secteurs où ils ont des compétences indéniables.

Dans ce tableau noir, si je puis m’exprimer ainsi, il y a de timides lueurs d’espoir, à valoriser. Ce sont des points d’appui pour envisager l’avenir avec plus d’optimisme. J’avais évoqué, dans un article sur le marché de Château-rouge, ces restaurants sénégalais dans le 18ème arrondissement de Paris, ainsi que l’ascension de J.A. Le Bachelor, ce grand couturier franco-congolais qui envisage même d’étendre sa création au Sénégal.

Je passe chaque jour, à la rue de la Villette, dans le 19ème arrondissement, pour me rendre au Parc des Buttes-Chaumont (voir mon post sur l’histoire de ce parc entre tragédie et féérie), mon attention a été attirée par l’originalité et l’esthétique de la boutique de Bélinda, avec de belles robes et sacs à main faits à base de tissu de Wax. Quand je vois que les attaques des adversaires de la République sont concentrées sur les détails vestimentaires des Africains (Burqa, Burkini, voile, etc.) la qualité de la création de Bélinda, qui allie la modernité et la tradition, je me suis dit que c’est une business woman à encourager, pour sa contribution au bien-vivre ensemble. Bélinda, qui ne veut pas s’enfermer dans le folklore et l’ethnicité, vise les Africains, mais aussi, et sur les Européens. Son souhait le plus grand, c’est que tout le monde puisse porter ses habits pour aller au bureau ou se promener aux Champs-Elysées.

De par sa formation et son expérience professionnelle, rien ne destinait, pourtant initialement, Bélinda, une franco-congolaise, aux affaires. Diplômée en finances et comptabilité à Montpellier, Bélinda a travaillé dans un cabinet comptable, puis a obtenu un master en comptabilité ; elle a travaillé au ministère de l’agriculture et dans le secteur privé. Mais Bélinda avait son rêve qui l’habitait toujours : monter une entreprise de haute couture. En effet, sa marraine lui a transmise le goût de la création artistique. Bélinda est dans le milieu des affaires depuis 2013. Cependant, pour préparer ses arrières-gardes, elle n’avait pas complètement lâché son activité salariée, pendant un certain temps. En 2014, sentant qu’elle a trouvé sa voie, Bélinda se consacre, désormais, exclusivement, à ses affaires. Bélinda, qui vient de la finance, a été utilement secondée, initialement, par une amie modéliste, et qui lui a apprise ainsi le métier (choix des tissus, coupes, faisabilité des modèles, couture). Elles ont fait ensemble, pendant deux ans, des marchés, des salons de créateurs. 

Pour trouver les fonds de démarrage de son entreprise, Bélinda a bénéficié de l’aide de sa famille, les banques étant frileuses quand il n’y a pas de garanties solides. Les salons étant coûteux, et les locaux hors de prix à Paris, Bélinda a d’abord pris un petit local de 15 mètres carrés dans le 17ème arrondissement, pour présenter sa collection, pendant deux ans. Afin de réduire les frais, comme le font les médecins et avocats, Bélinda a eu l’idée de partager sa boutique avec d’autres créateurs ayant le même besoin, qu’elle avait rencontrés dans les salons. Une des difficultés, quand on est à plusieurs, c’est la gestion et la planification des permanences. Bélinda a fini par opter pour le concept des «boutiques éphémères» qui sont louées pour 2 ou 3 mois, sans garantie, sans caution. C’est facile à gérer, chacun vient avec sa clientèle, et il n’y a pas de frais fixes. Tout le monde y trouve son compte.

Bélinda a choisi de faire des produits de qualité, faits mains, originaux, et s’adapte aux demandes sa clientèle, souvent en recherche d’un cadeau original. Son souci c’est de proposer des produits qu’on ne trouve pas ailleurs, des articles uniques, non industrialisés ; le client peut demander à adapter le produit à ses goûts (couleur, tissu, détail supplémentaire). Le Wax est devenu à la mode, un tissu aussi bien adapté pour les hommes que les femmes et les enfants, quelle que soit l’origine ethnique. Les prix pratiqués sont abordables : aucun article ne dépassant les 100 €.

Les défis de Bélinda, c’est, en permanence, de créer, susciter et anticiper la demande, proposer des produits de qualité, pas seulement en France, mais aussi ailleurs (Londres, Amérique, Canada, Etats-Unis, Afrique). Si ses produits sont essentiellement fabriqués en France, Bélinda a aussi développé la solidarité avec les créateurs africains.

Finalement, le monde des affaires, c’est difficile et exigeant, mais chacun doit pouvoir poursuivre ses rêves et ses passions, comme le fait Bélinda. Réussir dans le business, c’est possible, si l’on quitte le terrain des lamentations et des incantations.

Contact permanent : My Bélinda Paris 06-52-35-78-66, infomybelinda@gmail.com Instagram My Belinda Paris – Ventes en ligne sur le site JaklinParis.com 

Paris, le 16 août 2018, par Amadou Bal BA

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