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«La détention prolongée du député-maire, Farba NGOM, un opposant, un énorme caillou dans la chaussure du PASTEF, le gouvernement sénégalais. Une opposition résiliente, mais toujours combattive.» par Amadou Bal BA –
La détention du député-Maire de Agnam, un fervent partisan de l'ancien président Macky SALL, est devenue un énorme caillou dans la chaussure du PASTEF. En effet, le vendredi 24 janvier 2025, par une majorité mécanique et écrasante, 130 voix pour, trois voix contre et trois abstentions, le Parlement sénégalais a levé l’immunité parlementaire du député-maire d’Agnam Nord (Fouta-Toro, Nord du Sénégal), Farba N’GOM, soupçonné par le gouvernement, dans sa reddition des comptes, d’être impliqué dans un scandale financier. Réélu à un troisième mandat le 17 novembre 2024, Farba NGOM, très proche de l’ancien président Macky SALL, et 7e sur sa liste, est un homme politique et d’affaires très fortuné et un griot.
Toute la stratégie du PASTEF dont le bilan calamiteux d'une alternance dite rupture, peu convaincant et sans les «solutions» promises, étant de museler l'opposition par des mandats de dépôt ou des bracelets électroniques, pour se maintenir au pouvoir pour 50 ans.
Si Macky SALL est, pour l'instant, au Maroc probablement il assistera à la finale de la coupe africaine des nations, Farba NGOM dont le courage et l'héroïsme face aux ressentiments et aux adversités, est resté au pays. Il souffre le martyr mais ne plie pas comme l'avait d'ailleurs Ousmane SONKO face à Macky SALL.
L'Afrique étant traditionnellement hostile à la démocratie, un opposant doit avoir le courage de défendre ses idées au prix de sa vie et de sa liberté. C'est ce qui manque encore aux opposants en RCI, au Cameroun ou au Togo.
Les Sénégalais, un peuple calme, mais déterminé ont horreur de l'injustice et manifestent leur désapprobation à chaque fois qu'ils ont l'occasion aux urnes. Sous Macky SALL Karim WADE s'était sauvé en jet privé et doit toujours 6 milliards d'euros à l'Etat du Sénégal ; il n'osera jamais revenir au pays. Je lui reconnais à Ousmane SONKO son grand courage d'avoir affronté le pharaon des temps modernes pour son premier mandat de 2012 à 2019. Le deuxième mandat de Macky SALL a été un immobilisme et un échec en tentant de réduire ses opposants au silence par la prison sur des faits exacts mais instrumentalisés.
Ousmane SONKO président du PASTEF et chef du gouvernement du Sénégal commet la même grave erreur que Macky SALL. Déjà, homme de meetings, parlant beaucoup, il avait annoncé la couleur : s'il remportait les législatives anticipées du 17 novembre 2024, Farba NGOM ira en prison et ne sera plus un élu. «Plus jamais plus Farba ne participera à une élection au Sénégal» avait dit Ousmane SONKO, premier ministre du Sénégal et président du PASTEF, le parti au pouvoir, lors de la campagne des législatives anticipées du 17 novembre 2024. C’est donc ce n’est pas seulement qu’un procès sur la reddition des comptes, mais essentiellement une entreprise de démolition de l’opposition, un procès en sorcellerie. C’est donc une forfaiture politique, une faute morale et politique du PASTEF visant à briser les opposants poursuivis pour briser leur résistance à une dictature qui se met en place au Sénégal. Les dirigeants du PASTEF, dans l’opposition, victimes jadis d’embastillements, s’étaient engagés à rétablir une justice indépendante, non instrumentalisée. C’est finalement, le Premier ministre, condamné pour diffamation, et voulant coûte que coûte, en dépit de son casier judiciaire, qui avait qualifié certains juges de «véreux».
Il se trouve que PASTEF qui voulait éliminer toute opposition au Sénégal est pris dans un piège. La détention prolongée de Farba NGOM, qui ne fait pas partie de mes amis, vire au cauchemar. Ça feuilletonne, et à chaque épisode le PASTEF prend une grosse claque, notamment avec cette histoire de téléphones portables sensés contenir des vidéos pornographiques, conduite par Yacine FALL, une ministre de la Justice accumulant les bévues, fortement contestée et très approximative dans sa maîtrise de la langue française. Aucune trace de ces vidéos pornographiques et que vient faire une Ministre de la Justice, avec une conférence de presse, en violation des droits de la défense, dans une procédure judiciaire en cours ? L'amateurisme du PASTEF, voire son incompétence, est décriée depuis cette alternance dite de rupture, en mars 2024.
Finalement, le député-maire d’Agnam, Farba NGIM, est devenu un énorme caillou dans la chaussure du PASTEF. Il cristallise, à tort ou à raison, tous les échecs du gouvernement et devient l'incarnation d'une opposition souffrante, résiliente, dans ce combat de pot de terre contre pot de fer, mais toujours debout. «Le Fouta est l’une des poches de résistance face à ce régime autoritaire. Ousmane Sonko, après des séjours dans le Nord, n’a pas convaincu les fils du Fouta. Nous disons «Non à l’intimidation» Aucun des fils du Fouta n’est au gouvernement. On n’a pas vu le gouvernement, lors de la crue du fleuve. Il n’y a aucune promotion des fils du Fouta. Au contraire, nous constatons le licenciement de plus de 1000 jeunes au Port, à la Lonase ; l’annulation de plus 1000 bourses familiales, l’arrêt des chantiers de la route du Dandémayo, l’aéroport de Ourossogui. Le Fouta est sanctionné par le régime. L’État exécute la volonté de Sonko. Qui a dit : «Farba ne participera plus jamais à une élection. Le Fouta fait partie du Sénégal, il doit être pris en compte dans les politiques publiques. Celui qui s’attaque à Farba, s’attaque à l’Apr, au Fouta et au Sénégal», dit maître Moussa Bocar THIAM, de Ouro-Sogui.
Référence
BA (Amadou, Bal), «Farba Ngom a droit à un procès équitable», Médiapart, 26 janvier 2025.
Paris, le 18 janvier 2026, par Amadou Bal BA