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«Sénégal : Les Lions de la Téranga, Champions d’Afrique 2026, pour la seconde fois. Une justice Divine ?» par Amadou Bal BA –
Ce dimanche 18 janvier 2026, le Sénégal, par un but à zéro, contre le Maroc, a été sacré pour la deuxième fois champion d'Afrique. Le match entre le Sénégal et le Maroc, pour la finale de la coupe africaine des nations, à Rabat, a été palpitant. On a frôlé la dramaturgie, mais tout s'est bien terminé.
Le Sénégal, à travers ses Lions de la Téranga (Hospitalité), a été sacré pour la deuxième fois champion d'Afrique par un but à zéro à la deuxième mi-temps. C’est donc la défaite donc à domicile des Lions de l'Altas du Maroc, qui jouaient à domicile. À la première mi-temps, très vive, avec son engagement, le Sénégal était offensif et le Maroc, avec des contre-attaques rapides, n'avait pas marqué de but. Le massif de l’Atlas, le toit de l’Afrique du Nord, entre le Maroc, l’Algérie et la Tunisie, c’est des montagnes du pays des Amazigs, de plus de 4000 mètres de hauteur et neigeux. Près du jardin des Hespérides, c’est de cette chaine de montagnes que dérive l’appellation du nom Océan atlantique. L’Atlas fait penser à la mythologie grecque, le Titan, Atlas, un géant, a été condamné par Zeus à supporter la voûte céleste.
A la deuxième mi-temps, il y a eu ce sifflet malencontreux et hâtif de l'arbitre, sans que l'action du Sénégal soit terminée. En dépit d'une faute d'un Marocain pouvant conduire à un penalty, le premier but du Sénégal a été refusé. Les Sénégalais n'ont pas protesté.
Dans ses attaques rapides et dangereuses, un joueur Maroc vindicatif et très insistant exerçant une pression sur l'arbitre, réclame de consulter la vidéo en vue d'obtenir un penalty. La décision de l'arbitre de visionner la faute a été considérée par les Sénégalais comme injuste, un deux poids deux mesures, un but du Sénégal venait d'être refusé. Aussi, des violences éclatent des tribunes et des supporters descendent sur le terrain juste derrière le camp sénégalais. L'arbitre désigne le point de penalty et le coach demande aux joueurs Sénégalais de quitter le terrain et d'abandonner le match. C'est là que Sadio MANé, dans sa grandeur, sans doute songeant à la participation du Sénégal à la coupe du monde en juin 2026 aux Etats-Unis, a eu la bonne inspiration de rappeler les joueurs Sénégalais sur le terrain. Sadio MANé est donc, en dehors du buteur, Pape GUEYE, l'autre grand héros du match.
Un joueur marocain a tiré le penalty, mais l'a raté. A-t-il fait exprès pour sauver le match ou s'est-il royalement planté ?
Certains y voient une «une Main Divine», qui a rétabli le Sénégal dans ses droits. En tout cas, cet échec a relancé le Sénégal et sauvé le match. Le Sénégal a été sacré pour la deuxième fois champion d'Afrique. Nos joueurs ont été honorés dans un stade quasi vide, et le Prince du Maroc a refusé de remettre la coupe aux Sénégalais, préférant déléguer cette mission. En effet les Marocains qui jouaient à domicile et qui attendaient cette coupe depuis 50 ans, dépités et dégoûtés ont quitté les lieux. Les Marocains ont activé une plainte auprès de la FIFA qui menacerait le Sénégal d’une amende allant jusqu’à 100 000 € pour avoir quitté le terrain de jeu, un instant, en protestation contre un arbitrage approximatif et inique.
En dépit, de ces incidents regrettables ayant gravement terni l'image de marque du football africain, l'amitié entre le Sénégal et le Maroc est solide et ancrée dans l'histoire. Vu de France entre les communautés sénégalaise et marocaine, c'est une très belle et longue histoire d'amour avec un nombre important de mariages mixtes. De nombreux Sénégalais musulmans, de la confrérie Tidjane, vont chaque année se recueillir à Fez, sur le tombeau de leur guide religieux Cheikh Ahmed Tidjane (1737-1815) d'origine algérienne, mais enterré au Maroc. L'histoire de la relation entre le Sénégal et le Maroc est ancienne. En effet, il y avait une importante communauté marocaine à Saint-Louis au 19e siècle mais ils ont, en raison des mariages, fondu dans la population sénégalaise. Ces relations historiques se retrouvent dans la plupart des romans de mon ami Tahar Ben JELLOUN ; il évoque souvent des mariages mixtes au Maroc, à tel point que le Roi Hassan II disait que la frontière marocaine incluait Saint-Louis du Sénégal.
Cette victoire est, avant tout, celle du peuple sénégalais et de ses diasporas à travers le monde entier. Le dimanche 18 janvier 2026, soir à Paris c'était la liesse à Paris à Barbès là où se situe le marché africain de Château rouge. Ceux qui voulaient se rendre aux Champs-Elysées ont refoulés par les forces de l’ordre, craignant des débordements. En effet, au Sénégal j'imagine que c'est la liesse populaire. Je crois que personne n'ira travailler ce lundi 19 juin 2025. C'est une bouffée d'oxygène pour le PASTEF dans cette période difficile. Mon ami et cousin le professeur et Proviseur Amadou NDIAYE dit Dreyfus m'a fait savoir qu'il n'a jamais vu une telle effervescence au Sénégal.
Par conséquent, face à la crise du peuple marocain fracassé devant un échec à domicile, après les nerfs tendus, le Sénégal, uni et fier de son équipe a fêté cette nouvelle victoire des Lions de la Téranga. Le Sénégal avait connu une grave crise politique en 2024. Chaque jour, avec ses rebondissements, on craignait soit un coup d’Etat militaire ou une guerre civile. Puis vint une alternance dite de rupture, avec ses mandats de dépôt et bracelets électroniques. Un Sénégal morose, du ressentiment et de la vengeance. Cette finale de la coupe des nations à Rabat, à suspens et ses rebondissements, a été palpitante, digne d’un film d’Alfred HITCHCOK, nous a donné des frayeurs, mais aussi une joie indicible au Sénégal. «Au milieu de l’hiver, j’ai découvert en moi un été invincible», dit Albert CAMUS, Prix Nobel de littérature. Cette citation s’applique à la situation euphorique d’un Sénégal rassemblé, réconcilié et uni dans la victoire, et la grande liesse. Même Yousssou N’DOUR, pas si longtemps ostracisé et diabolisé, sa musique a subitement envahi l’espace public. Majorité, comme opposition, tous sont réunis, moment devant une telle victoire du Sénégal «un Grand petit pays », en référence au titre de mon ouvrage. Ces événements forgent et consolident, une nation, qui d’autre qu’un sentiment, «une volonté de vivre ensemble», suivant Ernest RENAN.
Aussi, et en dépit d’une «dette cachée», les récompenses, comme les éloges ne cessent de pleuvoir. Ainsi, le président Bassirou Diomaye FAYE a salué la bravoure, l’esprit collectif des Lions qui ont «hissé les couleurs du Sénégal au sommet du football africain. Face à l’adversité, et sous une pression immense, vous avez livré un combat héroïque, fait de courage, de discipline et de solidarité. Cette nouvelle étoile est le fruit de l’effort collectif, de résilience et de la foi en l’excellence. Elle honore la Nation tout entière et inscrit durablement cette génération dans l’histoire sportive. Merci, Gaïndés ! Le Sénégal est fier de vous et vous sera toujours reconnaissant» dit. L’ancien président Macky SALL a adressé ses chaleureuses aux Lions et leur encadrement pour «cette victoire historique qui couronne un parcours héroïque. Chers Lions, vous êtes entrés dans l’histoire ! La Nation entière est fière de vous», écrit-il. Thierno Alassane SALL, dit TAS est dithyrambique et habité par l’espérance, un message très politique. «Quelle finale ! Quelle fin de match ! Un scénario digne des grands drames, avec un vilain pour arbitre, un leader qui remobilise, même quand l’abandon adonne l’équipe. Inoubliable nuit à Rabat où Sadio a montré qu’aucune cause n’est perdue, tant qu’il reste encore un Homme, ne fusse qu’un seul pour la porter», dit TAS, se positionnant, dans ce message politique caché en «Grand Homme». Les victoires au football transfigurent.
Vive le Sénégal, ce «Grand petit pays», loin du ressentiment et des vengeances politiques, uni, dans ce moment sublime, par la magie de la grande la fête du football ! Devant l’essentiel on a su toujours nous retrouver.
Paris, le 18 janvier 2026, par Amadou Bal BA