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Billet de blog 20 janvier 2025

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"Paul RICOEUR (1913-2005), philosophe humaniste" Amadou Bal BA

Le doyen Paul RICŒUR (1913-2005), philosophe de l’herméneutique, de la modernité de l’anticolonialisme, un exceptionnel humaniste, solidaire avec les colonisés, les racisés. Être soi-même, comme un autre. Quel héritage en ces temps sombres ?

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«Le doyen Paul RICŒUR (1913-2005), philosophe de l’herméneutique, de la modernité de l’anticolonialisme, un exceptionnel humaniste, solidaire avec les colonisés, les racisés. Être soi-même, comme un autre» par Amadou Bal BA

Doyen de la Faculté des Lettres, à Nanterre, le lundi 26 janvier 1970, le doyen Paul RICŒUR, président du conseil de gestion, a été pris à partie dans un couloir par un groupe d'étudiants qui, après l'avoir insulté et molesté ; ils lui ont craché à la figure et couvert la tête d'une poubelle, et ensuite frappé à coups de pied. Le professeur RICOEUR qui devait donner un cours de philosophie un peu plus tard, a renoncé à l'assurer. Les locaux ont été dégradés. Auparavant, le Mouvement du 22 mars 1968 des étudiants d'extrême gauche fondé trois jours après l'occupation d'un bâtiment administratif, à la faculté de Nanterre, dans la proche banlieue parisienne, est d’obtenir la libération de militants en opposition à la guerre au Vietnam. Devant les incompréhensions, en France, Paul RICŒUR, une conscience morale, un humaniste, profite aussi de l’opportunité qui lui est offerte d’enseigner, de 1970 à 1981, à Chicago, aux États-Unis pour se confronter à de nouvelles études doctorales. «La première fois que je suis allé aux États-Unis, ça a été dans un collège quaker. Les quakers furent le premier chaînon américain, durant la période de reconstruction, dans le petit cadre du protestantisme français. Puis j’ai enseigné à New York jusqu’à ce qu’en 1970 on m’associe, à titre de professeur visitant, à la Divinity School et au département de philosophie de l’Université de Chicago», dit Paul RICŒUR.

Paul RICŒUR est né le 27 novembre 1913, à Valence, dans la Drôme, et mort le 20 mai 2005, à Châtenay-Malabry. Sa mère Florentine FAVRE-COUTURIER (1873-1913) était morte peu après sa naissance et son père, Léon Jules RICŒUR (1881-1915), professeur d'anglais au lycée de Valence, avait été tué au début de la Première Guerre mondiale, à la bataille de la Marne. «À dix-sept ans, j'étais ce qu'on appelle un bon élève, mais surtout un esprit curieux et inquiet. Ma curiosité intellectuelle résultait d'une culture livresque précoce. Orphelin de père et de mère, j'avais été élevé à Rennes, avec ma sœur un peu plus âgée que moi, par mes grands-parents paternels et par une tante, sœur cadette de onze ans de mon père et restée célibataire», dit Paul RICŒUR. Il obtient sa licence en 1933, et esprit brillant et inquiet, pupille de la Nation, en 1934, il consacre son mémoire «Problème de Dieu chez Lachelier et Lagneau». Il échoue au concours d’entrée à l’école Normale supérieure de la rue d’Ulm. C’est probablement ce destin tragique et les difficultés du pays qui l’ont conduit à la religiosité. «J'appris à mener, d'armistice en armistice, une guerre intestine entre Ia foi et Ia raison», dit-il dans son autobiographie intellectuelle. L’année 1935 est décisive pour lui «Outre le bénéfice du solide enseignement prodigué à Ia Sorbonne par quelques grands professeurs comme l'helléniste Léon Robin, l'historien de Ia philosophie Henri Bréhier et l'excellent Léon Brunschvicg, cette année fut celle d'une double rencontre, celle de Gabriel Marcel et celle d'Edmund Husserl» dit-il. L’année 1935 coïncide avec la mort de ses grands-parents, mais aussi à sa réussite au concours d’agrégation de philosophie. «J'avais épousé une amie d'enfance, Simone LEJAS (1935-1998), qui partageait mes engagements. C'est ainsi que j'inaugurai simultanément vie de famille et vie professionnelle», dit Paul RICŒUR. Mobilisé en 1939, il devient prisonnier pendant la durée du reste de la Seconde guerre mondial. À sa libération, il s’installe à Chambon-sur-Lignon, en Haute-Loire. Universitaire, il s’installe à Strasbourg de 1948 à 1957, en remplacement de Jean HYPPOLITE (1907-1968), et rencontre les animateurs de la revue Esprit. Il revient à Paris, à la Sorbonne de 1957 à 1964, à la Sorbonne, et traite de grands auteurs, comme Aristote, Spinoza, Kant ou Hegel et se lie d’amitié avec Jacques DERRIDA (1930-2004). Il s’installe à la communauté d’Emmanuel MOUNIER, à Châtenay-Malabry. Il sera enseignant à Nanterre de 1965 à 1970 et fonde le département de philosophie. Nommé doyen, Raymond MARCELLIN (1914-2004), ministre de l’Intérieur, envoie ses sbires à Nanterre. Le 9 mars 1970, Paul RICŒUR donne sa démission.

À mi-chemin de l’oubli, de la répétition, Paul RICŒUR, un éminent philosophe de la modernité, solidaire avec la périphérie, ses «écrits périphériques ne comportent pas seulement un intérêt en soi, mais éclairent aussi des problématiques contemporaines», écrit Ernest WOLFF. «Dans la «voie longue» d'une œuvre philosophique extraordinairement riche et féconde qui, partant du projet d'une philosophie de la volonté, traverse tout l'univers des signes et du langage, Ricœur n'oublie jamais la sollicitude envers les hommes agissants et souffrants, qui sont à la fois les acteurs et les narrateurs de leurs vies dans le temps humain de l'histoire. Fidèle à l'idée d'une philosophie qui ne se referme pas sur elle-même, Ricœur nous propose – entre temporalité, mémoire et quête de l'identité – une herméneutique de la condition humaine dont le dernier mot est l'inachèvement de toute existence finie, néanmoins ouverte à l'initiative et à l'espérance», écrit Domenico JERVOLINO. Dans sa savante, prolifique et aride, mais très riche contribution littéraire et philosophique, Paul RICŒUR, un maître à penser, a brassé différentes disciplines, notamment, l’épistémologie des sciences historiques, l’identité narrative, la poétique, la métaphore vive, la sagesse pratique, la dialectique de la morale et de l’éthique, l’herméneutique juridique, «l’homme capable», la justice et ses conflits, l’action éthique et politique dans la Cité humaine, le sens de la guerre, la force du compromis, la question du mal, les nouvelles questions politiques et morales (l’écologie, la bioéthique), une curiosité, etc. En effet, son œuvre se situe à la croisée de la tradition réflexive française, de la philosophie dite continentale et de la philosophie analytique, Paul RICŒUR est «une source d'une sagesse communicative. Ce parcours est une invitation à ne pas céder au scepticisme et au cynisme, et à retrouver les voies de l'espérance par une mémoire toujours retravaillée», écrit François DOSSE.

Paul RICOUEUR est un philosophe de la nuance et de la complexité «Même si nous voulons que la vérité soit au singulier, l’esprit de la vérité est de respecter la complexité des ordres de vérité ; c’est l’aveu du pluriel», écrit-il dans «Histoire et vérité». L’herméneutique, ou la théorie des interprétations, est associée au nom de Paul RICŒUR. Naviguant entre théorie, tradition et innovation, un croyant progressiste, Paul RICŒUR est un grand penseur du XXe siècle. «C’est en héritiers endettés que nous nous situons face à l’œuvre immense du philosophe réformé décédé l’an dernier : son goût du «dialogue universel» avec la plupart des courants de pensée du XXe siècle, son art de l’admiration sans cesse cultivée contre l’ennui, sa volonté de décentrement du cogito sur la «voie longue de l’herméneutique», son humilité d’auditeur de la poétique biblique en sa polyphonie multiforme l’ont maintenu jeune jusqu’au bout de son existence», écrit, en 2006, en hommage, François-Xavier AMHERDT.

Philosophe engagé, Paul RICŒUR est non-marxiste. L’un de ses maîtres à penser est Maurice MERLEAU-PONTY (1908-1961) «C’est une philosophie de l’histoire qui tente de comprendre et de juger de l’intérieur les intentions humanistes du marxisme ; il aboutit à une appréciation concrète du communisme stalinien», écrit, en 1948, Paul RICŒUR. Aussi bien dans la cohérence interne de son œuvre, que ses engagements intellectuels ou de ses prises de position politiques, Paul RICOEUE est «un éducateur politique», écrit Michaël FOESSEL, dans la préface de «philosophie, éthique et politique». Dans les rapports entre la politique et la philosophie, il se sent redevable à Hannah ARENDT, et s’éloigne donc des marxistes «La distinction entre pouvoir et domination, que je n’ai trouvée ni chez Max Weber ni chez Éric Weil, mais chez Hanna Arendt, me paraît très importante. Foucault et d’autres ont eu tendance à écraser l’un sur l’autre pouvoir et domination : toute domination serait ainsi violence. Je suis redevable à Hanna Arendt lorsqu’elle fait naître le pouvoir du vivre-ensemble. Mais ce vivre-ensemble étant d’une grande fragilité, il se laisse structurer par une relation de domination qui le recouvre, le masque et au besoin le pervertit. Retrouver les racines du vouloir vivre ensemble qui constitue le pouvoir, c’est poser en termes nouveaux le problème de l’autorité. Ce n’est pas la domination qui fonde le pouvoir, mais l’inverse», dit Paul RICŒUR.

Protestant de gauche, il est un disciple d’Emmanuel MOUNIER (1905-1950), et partageant sa communauté à Châtenay-Malabry (Voir mon article, Médiapart, 20 octobre 2022). «Le premier numéro de Ia revue, publié en octobre 1932, arborait une fière devise : «Refaire Ia Renaissance». En 1936, devait paraitre Révolution personnaliste et communautaire. «Les orientations philosophiques et chrétiennes de Mounier m'étaient familières. La notion de personne, chère à Mounier, trouvait une articulation philosophique, seulement plus technique, avec ses enseignements reçus. La conjonction entre personne et communauté représentait en revanche une avancée inédite, par rapport à la sorte de réserve encouragée par les philosophes de métier. En outre, j'apprenais auprès de Mounier à articuler des convictions spirituelles avec des prises de position politiques qui étaient restées jusqu'ici juxtaposées à mes études universitaires et à mon engagement dans les mouvements de jeunesse protestants», dit Paul RICŒUR dans son autobiographie intellectuelle. Philosophe de la cité, philosophe du dialogue avec les sciences humaines, avec Dieu et la société. Sa philosophie n’est pas coupée du réel, mais un rapport avec l’existence, avec l’expérience. C’est une philosophie qui prend l’homme comme centre de rayonnement, comme centre d’intérêt et tous les grands problèmes philosophiques peuvent être abordés. C’est un philosophe du Juste, contre l’Injustice, «L’idée du juste n’est autre que l’idée du bon considéré dans le rapport à autrui. Tenir la justice pour une vertu (…) c’est admettre qu’elle contribue à orienter l’action humaine vers un accomplissement, une perfection», dit Paul RICŒUR.

«Nul ne peut dire ce qu’il adviendra de notre civilisation quand elle aura véritablement rencontré d’autres civilisations autrement que par le choc de la conquête et de la domination», écrit Paul RICOEUR, dans un article «Civilisation universelle». Philosophe de l’éthique aristotélicien, d’une morale de KANT, il s’est imposé une Sagesse. Il est un adversaire résolu du Mal engendrant la douleur, et ce scandale consiste dans une «diminution de notre puissance d’exister». Aussi, le plaidoyer de Paul RICOUEUR, en faveur d’un monde multipolaire et de l’égalité des traditions culturelles prend tout son sens, à notre époque d’une grande résurgence des forces du Chaos, de mouvements populistes, xénophobes, islamophobes, négrophobes et racistes. En effet, la colonisation, comme l’esclavage, ce n’est pas du passé. Les conflits de notre temps sont imprégnés de la réification du racisé, ainsi que cette volonté constante et permanente de domination en vue de la prédation des matières premières des pays sous-développés. Paul RICŒUR a été un anticolonialiste majeur, mais ce fait a été soigneusement occulté, en le ramenant systématiquement à l’herméneutique. «La question coloniale, dans son ensemble, répond par avance a tous les arguments qui seront avances pour justifier la persistance du système colonial et l’emploi de la force brutale afin de tenter de le prolonger», écrit, dès 1947, Paul RICOEUR. En effet, il a été témoin des guerres et des massacres coloniaux, juste à la Libération, mais en pleine Guerre froide, où des intellectuels, par carriérisme, avaient détourné les yeux. Pour lui, l’historien fait revivre le passé dans le présent : «L’historien va aux hommes du passé avec son expérience humaine propre. Le moment où la subjectivité de l’historien prend un relief saisissant, c’est celui où par-delà toute chronologie critique, l’historien fait surgir les valeurs de vie des hommes d’autrefois. L’histoire est donc une des manières dont les hommes «répètent» leur appartenance à la même humanité; elle est un secteur de la communication des consciences. Tout cela confère à la subjectivité de l’historien une plus grande richesse d’harmoniques» dit Paul RICŒUR. Au lendemain de la Seconde guerre mondiale, un mouvement d’émancipation s’est déclenché dans l’ensemble du monde colonisé. De l’Indochine à l’Algérie, sont apparus des mouvements importants en faveur de l’indépendance qui réclamaient les mêmes droits nationaux que les mouvements de résistance en Europe avaient revendiqués contre l’invasion allemande. Paul RICŒUR compare les mouvements de libération à ceux de 1848 et à la Résistance. «Oui, je crois que comme chrétien je dois dire oui à un mouvement de l'histoire qui crée de la liberté. Si vous aviez vécu en Indochine, au Maroc, en Algérie, à Madagascar, vous n’accorderiez plus aucun crédit aux prédications sentimentales des utopistes de la Métropole ». Mais je sais bien que mon incompétence ne me délie pas de ma responsabilité totale de citoyen français ; c’est moi qui envoie le corps expéditionnaire en Indochine ; et je n’ai pas le droit d’abdiquer mon jugement au profit des colons : aussi bien les musulmans et les Annamites vivent aussi, et si l’on peut dire par priorité, outre-mer. Or leur revendication me bouleverse, quand elle retourne contre nous, les thèmes pathétiques de la libération nationale qu’a amenés notre lutte contre le nazisme. Je crains d’être nazi sans le savoir. J’entends ces Allemands protester lamentablement quand on leur parle d’Auschwitz : « Nous ne savions pas ». Et nous les accablons victorieusement : « Votre faute est de n’avoir pas su ». Je ne sais pas beaucoup de choses sur l’oppression française aux colonies et je redoute que ma faute ne soit principalement d’omission dans mon information», écrit-il dans Réforme du 20 septembre 1947. Le colonialisme, c’est la violence et la prédation et les guerres coloniales engagées contre les colonisés, qui réclament leur liberté, sont vouées à l’échec.

À Dimbokro en Côte-d’Ivoire, le 8 mai 1945 à Sétif en Algérie, auparavant, le 1er décembre 1944, au Camp de Thiaroye, en 1947, 100 000 Malgaches ont été massacrés. «Il est inimaginable qu'après quatre années d'occupation, les Français ne reconnaissent pas le visage qui est aujourd'hui le leur en Indochine, ne voient pas que c'est le visage des Allemands en France», écrit Yves BENOT sur ces massacres coloniaux (Voir mon article, Médiapart, 2 décembre 2024). Tous dénoncent, maintenant après la mort de Jean-Marie LE PEN (Voir mon article, Médiapart, 11 janvier 2025), plus de 60 ans après la torture en Algérie. «L’usage de la violence par les peuples qui aspirent à la liberté n’augmente pas notre bon droit : l’entreprise coloniale est viciée à l’origine par la ruse et la violence. […] Comme occupants nous avons depuis le commencement une priorité ineffaçable dans la violence. Ce fut, le plus souvent, une violence pacificatrice, une sorte de paix romaine, mais elle a amoncelé pour un avenir plus ou moins lointain des réserves de violence libératrice», écrit-il. Le colonialisme, le Code de l’indigénat, engendre la hiérarchisation des cultures, l’injustice, et donc, par essence, le racisme «Le piège de l’esprit colonial est le racisme ; la base du droit des indigènes est l’universalisme. Je ne crois pas encore que les seules caractéristiques de l’Arabe, c’est qu’il soit dégénéré, paresseux et voleur. Je crois encore que les Arabes sont des hommes, je crois encore qu’ils sont nos frères et, imbécile que je suis, au lieu de ne voir en eux que des «ratons», j’ai encore du mal à les tutoyer», écrit-il. Les mouvements d’indépendance des colonisés ne sont pas prématurés, ils viennent à temps, après la Libération et sont légitimes. Mahatma GANDHI a bien chassé les Anglais de son pays. Il faudrait combattre le paternalisme du colon qui veut toujours décider à la place du colonisé, qui est un Homme. «L’appétit forcené et souvent prématuré de liberté qui anime les mouvements séparatistes est la même passion qui est à l’origine de notre histoire de 1789 et de Valmy, de 1848 et de juin 1940, il ne sert à rien de dire que cet appétit est forcené et prématuré. Aujourd’hui, les Anglais s’en vont des Indes, et 1e 15 août est à la fois une grande date spirituelle et le début d’une effroyable aventure. Quand un adolescent exige la liberté pour laquelle il n’est pas mûr, il n’y a plus de raisons paternelles à opposer à cette fureur d’indépendance. La 1iberté prématurée est toujours plus grande que le paternalisme. Tout ce que l’on peut dire c’est qu’il y a quelque chose de plus grand encore que le nationalisme c’est la communauté humaine», écrit Paul RICŒUR. La propagande colonialiste, outre le fait de taxer les indépendantistes de communistes, les considérait comme minoritaire. «L’Algérie, c’est la France. Les Fellaghas, il n’y a qu’à les tuer», disait François MITTERRAND, ministre de l’Intérieur. «Le caractère minoritaire des mouvements séparatistes n’est pas un argument qu’on puisse leur opposer. Les phénomènes de prise de conscience produisent toujours un tel décalage entre une avant-garde et une masse. L’extrême difficulté est plutôt, ici, de procéder à une appréciation historique : s’agit-il bien dans tel cas particulier (Viet-Minh, mouvement du manifeste algérien) d’une avant-garde qui fait l’histoire de son peuple ? […] une politique audacieuse doit rechercher en quels groupes se fait la prise de conscience, et jouer cette carte, sans ruse», écrit Paul RICŒUR.

Dans son anticolonialisme résolu, Paul RICŒUR n’a pas signé le Manifeste du 5 septembre 1960, des 121, lors de la guerre d’indépendance de l’Algérie, réclamant une paix négociée, et n’a pas ouvertement soutenu le FLN. Cependant, et avec Jean-Marie DOMENECH (1922-1997), un écrivain et militant du courant personnaliste, il a exigé de mettre fin à la crise profonde du pays et des consciences, et s’est fortement exprimé dans les revues les Temps modernes et Esprit, pour une paix négociée. «La guerre d'Algérie corrompt toute notre vie nationale et communautaire dans tous ses aspects démocratiques, économiques, sociaux, moraux. Mal remise des grandes démissions collectives qui ont été les siennes, la nation ne parvient pas à formuler une volonté politique, à résoudre cette affaire Dreyfus collective. Les Dreyfus de la guerre d'Algérie sont terriblement nombreux. Pourquoi les Français de progrès d'aujourd'hui ne seraient-ils pas capables du sursaut de leurs aînés ?», écrit-il.

«Vivant jusqu’à la mort», dans cette très belle méditation, un philosophe se débat avec l’espérance de survivre, tout en se trouvant dans l’impossibilité intellectuelle et spirituelle d’acquiescer à toute vision naïve d’un autre monde qui serait le monde en double, ou la copie, de ce monde-ci. Il faut faire le deuil de toute image, de toute représentation. C’est en 1996 que Paul Ricœur, âgé de 83 ans, ose la question : «Que puis-je dire de ma mort ? » Comment « faire le deuil d’un vouloir exister après la mort» ? Mort à Châtenay-Malabry, à la communauté d’Emmanuel MOUNIER, il a été enterré, à Châtenay-Malabry, dans les Hauts-de-Seine, près de Paris. Il a légué sa bibliothèque de travail personnel et confié ses archives à la Bibliothèque de la l’Institut Protestant de Théologie-Faculté de Paris, où il avait donné des cours de philosophie à l’époque où il enseignait à la Sorbonne.

Quel héritage de Paul RICOEUR ?

M. Emmanuel MACRON avait accepté, en 1999, de travailler comme assistant éditorial de Paul RICOEUR, en vue de la rédaction de «Mémoire, l’histoire et l’oubli». Un travail qui a une dimension universitaire, mais aussi politique. «C’est la personne qui m’a le plus marqué, avec ma grand-mère», dit Emmanuel MACRON. Le professeur Paul RICOEUR l’aurait incité à s’engager en politique. Que reste-t-il de Paul RICOEUR chez le président Emmanuel MACRON, un esprit brillant, qui parlait, en 2017, d’un «Nouveau monde» ?

Comme on l’a vu, Paul RICOEUR se battait «pour une vie bonne, avec et pour autrui, dans des institutions justes», écrit-il dans « Soi-même, comme un autre». Il se battait pour le sens de la Justice, une compassion et une exigence d’égalité, et donc des institutions réhabilitant une éthique d’Aristote. Pour Anne SINCLAIR, en 2021, «Sa façon politicienne de troquer l’électorat de gauche qui l’a élu contre celui de droite qu’il veut recueillir en 2022 est une tromperie». A travers le concept de «décision juste», Paul RICOEUR a donc bien réfléchi sur le rapport entre l’Etat et la démocratie. Depuis la dissolution à la Chirac de juin 2024, suivant de la censure du gouvernement de Michel BARNIER et la nomination de François, le suffrage universel, par des tripatouillages, n’a pas été respecté. Paul RICOEUR appelait à des institutions renonçant au despotisme, à la violence, à la servilité, à l’aliénation, et donc plus de liberté, de justice, avec une dynamique de décisions collectives négociées. Le philosophe condamne, sans appel, le libéralisme sauvage qui écrase les faibles «Le triomphe de la culture de consommation, universellement identique et intégralement anonyme, représenterait le zéro de la culture de créations ; ce serait le scepticisme à l’échelle planétaire, le nihilisme absolu dans le triomphe du bien-être», écrit Paul RICOEUR, dans «Civilisation universelle».

Dans son «Ni de droite, ni de gauche», Emmanuel MACRON, président des riches (Voir mon article, Médiapart, 18 avril 2018), en recrutant des éléments radicalisés de la Droite qui n’a plus de républicaine que de nom, comme Moussa DARMIN et Bruno ROTAILLEAU, a réussi à dynamiter l’ancien parti gaulliste. En effet, Eric CIOTTI en rejoignant le RN a brûlé la case des Républicains. Les écologistes et les Communistes, sont en marginalisation avancée ou mort clinique. «Nos démocraties électives ne sont pas, ou de façon inaccomplie, des démocraties représentatives», disait en juin 1998, Paul RICOEUR à Daniel BREMOND.

Quant aux Socialistes, une bonne partie d’entre eux, les réformistes, avaient déjà rejoint depuis 2017, le camp de la Macronie, et y sont restés. En dépit de la trahison d’Emmanuel MACRON, en 2017, c’est François HOLLANDE, l’ancien président, devenu député, qui l’artisan de la nouvelle alliance des Socialistes, avec le camp présidentiel, pour sauver, en janvier 2025, le nouveau gouvernement de François BAYROU. Olivier FAURE, qui s’était rapproché de la France Insoumise, a donc opéré un virage à 100%. Cette nouvelle donne, est donc une double «chronique d’une mort annoncée», suivant le titre d’un roman de Gabriel GARCIA MARQUEZ (Voir mon article, Médiapart, 24 décembre 2024), à la fois du Front populaire qui avait réussi le 7 juillet 2024 à endiguer la progression inquiétante du RN, mais aussi celle du Parti de Jaurès, le Parti socialiste. En effet, depuis le congrès de Tours de 1920, Léon BLUM avait dit aux communistes «Nous resterons, pour garder la Vieille Maison !» ((Voir mon article, sur le centenaire du Congrès de Tours, Médiapart, 24 décembre 2020)). Il est bien évident, que dans ses savantes stratégies, le président Emmanuel MACRON, président des riches, avec ses réformes injustes, va phagocyter le Parti socialiste, et délégitimer sa prétention au réformisme. En effet, pour Paul RICOEUR, il y a éthique parce qu’il y a vivre ensemble. Visant à la vie bonne «avec et pour l’autre», l’éthique engage une sollicitude pour autrui et plus spécialement pour l’autre qui souffre. Par conséquent, les deux seuls grands partis d’opposition, qui vont affronter la Macronie, c’est le RN, en progression constante, et qui sifflera la fin de la récréation au bon moment, et la France Insoumise de Jean-Luc MELENCHON, toujours combattive et résolue.

Dans ce contexte, les municipales de 2026 seront une étape majeure dans cette «étrange défaite» de la République. On sait maintenant, depuis 2017, que le président Emmanuel MACRON, quand il parle de «Bloc Central» ou de «compromis», en remettant en scelle Elisabeth BORNE et Manuel VALLS, a toujours fonctionné par la dissimulation ; il représente la haute finance, la banque Rothschild, avec ses funestes réformes cajolant les riches et matraquant les Gilets jaunes «Un société où l'économique domine le politique (et dans l'économique, la compétition donc le calcul et l'appétit du gain, ce qui est la définition même d'une économie de marché) est une société qui crée des inégalités insupportables» disait Paul RICOEUR. En ces temps sombres où la République est gravement menacée, il appartient à chaque citoyen, en particulier les racisés durement et frontalement attaqués par un Code de l’indigénat qui ne dit pas son nom, de rester vigilants et très mobilisés «La fatalité, c'est personne, la responsabilité, c'est quelqu'un.», dit Paul RICOEUR. Au moment où certains faucons appellent à une confrontation avec les pays africains, notamment l’Algérie revenue au devant de la scène après sa guerre d’indépendance, Paul RICOUEUR appelait à une coexistence pacifique des nations «La coexistence pacifique serait un défi lancé au monde occidental de résoudre les problèmes posés par la misère dans le monde avec d’autres méthodes que celle de la colonisation ou du communisme», écrit-il dans «les conditions de la coexistence pacifique». Le philosophe avait déjà appelé à parachever la décolonisation qui n’était pas bien terminée, par une considération et un respect mutuel, un souci d’identité et d’altérité, tant de valeurs abandonnées, en notre temps «La colonisation n’est pas seulement un phénomène d’exploitation mais de soustraction de personnalité ; c’est pourquoi la décolonisation devait nécessairement passer par le nationalisme. Il fallait que le colonise recouvre d’abord son identité propre», écrit Paul RICOEUR. Le fait de la décolonisation formelle n’annule pas la colonisation en tant que problème ; elle le transforme seulement. Contemporain d’Alioune DIOP, fondateur de Présence africaine (Voir mon article, Médiapart, 13 octobre 2018), et de Frantz FANON, écrivain (Voir mon article, Médiapart, 6 décembre 2021), selon Paul RICOEUR, la colonisation, depuis la conférence de Bandung, est une entrave à la modernité dans les relations internationales.

Références bibliographiques

I – Contribution de Paul RICOEUR

A - Ouvrages

RICOEUR (Paul) DUFRENNE (Mikel), Karl Jaspers et la philosophie de l’existence, Paris, Seuil, 1947, 400 pages ;

RICOEUR (Paul), A l’école de la phénoménologie, Paris, Vrin, 1986, 384 pages ;

RICOEUR (Paul), Amour et justice, préface de Jean-Louis Schlegel, Paris, Points, 2008, 128 pages ;

RICOEUR (Paul), Autrement. Lecture d’autrement qu’être ou l’au-delà de l’essence d’Emmanuel Levinas, Paris, P.U.F., 1997, 48 pages ;

RICOEUR (Paul), Écrits et conférences 2. Herméneutique, Daniel Frey et Nicola Stricker, Paris, Seuil, 2010, 307 pages ;

RICOEUR (Paul), Ecrits et conférences 2. Herméneutique, présentation de Daniel Frey, Paris, Seuil, 2010, 307 pages ;

RICOEUR (Paul), Ecrits et conférences I, autour de la psychanalyse, textes rassemblés par Catherine Goldenstein et Jean-Louis Schlegel, présentation de Jean-Louis Schlegel, et postface Vinicio Buchacchi, Paris, Seuil, 2008, 329 pages ;

RICOEUR (Paul), Être, essence et substance chez Platon, Paris, Seuil, 360 pages ;

RICOEUR (Paul), Finitude et culpabilité, l’homme infaillible I, Paris, Montaigne, Aubier, 1960, 164 pages ;

RICOEUR (Paul), Finitude et culpabilité, le symbole du Mal II, Paris, Montaigne, Aubier, 1963, 346 pages ;

RICOEUR (Paul), Histoire et vérité, Paris, Seuil, 1978, 363 pages ;

RICOEUR (Paul), L’idéologie et l’utopie, avant-propos de Myriam Revault-d’Allonnes, Paris, Seuil, 1986, 410 pages ;

RICOEUR (Paul), La Mémoire, l’histoire, l’oubli, Paris, Seuil, 2000, 672 pages ;

RICOEUR (Paul), La métaphore vive, Paris, Seuil, 1975, 410 pages ;

RICOEUR (Paul), Lecture 2. La contrée des philosophies, Paris, Seuil, 1992, 516 pages ;

RICOEUR (Paul), Les conflits d’interprétation : essais d’herméneutique, tome I, Paris, Points, 2017, 612 pages ;

RICOEUR (Paul), Philosophie, éthique et politique, préface de Michaël Foessel, Paris, Seuil, 2017, 232 pages ;

RICOEUR (Paul), Réflexion faite. Autobiographie intellectuelle, Paris, Esprit, 1995, 115 pages ;

RICOEUR (Paul), WAHL (Jean, André), La contrée des philosophes, lecture 2, Paris, 1992, 497 pages.

B - Articles

 RICOEUR (Paul), «Civilisation universelle et cultures nationales», Revue Esprit, octobre 1961, Vol 29, n°10, pages 439-453, et Confluent, janvier-février 1961, pages 46-56 ;

RICOEUR (Paul), «Discerner, pour agir», Le Semeur, 1949-1950, Vol 48, n°7-8, pages 431-452 ;

RICOEUR (Paul), «Etranger, moi-même», in Jean Boissonnat, éditeur, L’Immigration, Semaine Sociale, 21 novembre 1997 ;

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II – Critiques de Paul RICOEUR

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Paris, le 19 janvier 2025, par Amadou Bal BA

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