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Billet de blog 26 janv. 2022

"Mahalia JACKSON, Reine du Gospel" par Amadou Bal BA

Mahalia JACKSON (1911-1972), Reine du Gospel, et militante des droits civiques, il y a de cela 50 ans, le jeudi 27 janvier 1972, disparaissait, la Reine du Gospel. Partagée entre l'espérance, la peine et la résignation, Mahalia JACKSON a exprimé, par sa musique, la souffrance et la révolte des Noirs américains.

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«Mahalia JACKSON (1911-1972), Reine du Gospel, et militante des droits civiques» par Amadou Bal BA - /

Il y a de cela 50 ans, le jeudi 27 janvier 1972, disparaissait Mahalia JACKSON, la Reine du Gospel. Partagée entre l'espérance, la peine et la résignation, représentante de la force triomphante des vaincus, Protestante et «Reine du Gospel», Mahalia JACKSON a exprimé, par sa musique, la souffrance et la révolte des Noirs américains, pour un monde meilleur : «C’est uniquement dans la musique, que les Américains peuvent admirer parce qu’une sentimentalité protectrice leur en limite la compréhension, que les Noirs américains ont pu écrire leur histoire» écrit James BALDWIN. Music speaks a language to individual souls that cannot always be expressed by the spoken word. There is something about music that your soul gets the message. No matter what trouble comes to a person music can help him face it” écrit Maya ANGELOU. En effet, Mahalia JACKSON rappelle bien le sens de sa musique, le Gospel ; ce sont des chants de ceux qui habitaient «les marécages, les champs de canne à sucre et près de la voie ferrée. Les Gospels Songs sont des chants d’espoir. Quand on les chante, on est libéré de son fardeau. On a le sentiment qu’il existe une guérison de ce qui va mal» écrit-elle dans son autobiographie, «Moving On Up». Mahalia est restée humble et modeste : “Ever since I began singing in the big concert halls, people have been trying to teach me to be grand, but I just can’t do it. If blessing come to you, accept them, but don’t let them dominate you”.

 Mahalia sait qu’elle vient de loin, des bas-fonds de la Nouvelle-Orléans, quand elle chante, contrairement à ce que l’on croit, elle ne ressent pas de la tristesse, mais une joie intérieure d’avoir gravi la montagne raciale : «It is hard for me sometimes to believe I came from the back streets of New Orleans. When I cry when I am singing, I am not sad the way people think. I look back and see where I came from, and I rejoice” écrit-elle dans son autobiographie.  En effet, Mahalia JACKSON est née le 26 octobre 1911, à la Water Street, Nouvelle-Orléans, en Louisiane, entre la voie ferrée et non loin du fleuve Mississippi, un fleuve mythique : «In New Orleans, the Mississippi River is a part of you. When children were not afraid of its swamps or alligators or Blue runner snakes. The Mississippi makes New Orleans a magic city”.  écrit-elle. Mahalia a grandi dans les quartiers sordides de la Nouvelle-Orléans, sans jouets, ni arbre de Noël en décembre. C’est un quartier multiculturel composé de Noirs, de Français, de Créoles et d’Italiens, exposé au bruit incessant des trains : “The railroad run so close than the trains shook the windows” écrit-elle. La vieille cabane familiale instable connaît des fuites d’eau et des humidités : «We live in a little old «Shotgun» shack. It rains about as much inside our house as it did outside” écrit-elle.

 Troisième fille d’une famille de six enfants, de conditions très modestes, de Charity CLARK (1848-1915), une domestique, et de John JACKSON Jr, un ouvrier déchargeant des balles de coton au fleuve et le soir, exerçant le métier de coiffeur. Ses grands-parents paternels, esclaves, sont nés dans une plantation de riz. Après la guerre de sécession et leur libération, ils sont venus s’installer à la Nouvelle-Orléans. Ses grands-parents maternels, les CLARK, étaient également d’anciens esclaves dans une plantation de coton, dite «Gumpstump», au Nord de la Nouvelle-Orléans, sur les bords du fleuve Chafalaye. Sa grand-mère était la cuisinière de cette plantation et son grand-père, le cocher. Ils travaillaient du lever du jour à la tombée de la nuit, et les enfants noirs n’avaient le droit d’aller à l’école que par mauvais temps, notamment quand il pleuvait. La seule vie sociale autorisée était d’aller à l’église. C’est son oncle PORTER qui a fait déménager sa mère et ses enfants, en 1890, à la Nouvelle Orléans et trouve à sa mère un emploi de domestique chez le capitaine RUCKER. Sa mère se maria et s’installa avec son mari à la Water Street, non loin de Fontainebleau Drive, un quartier huppé pour les Blancs aisés. Ses cousins connaissaient la chanteuse de Blues, Gertrude Malissa Nix PRIDGETT dite Ma RAINY (1886-1939), la reine du Blues et voulaient que Mahalia, en raison de sa voix merveilleuse devienne plus tard une chanteuse professionnelle. «The minute that cousins heard that voice of mine, they wanted to get me into show business and they asked to take me travelling with them” écrit-elle. Mais sa tante, Josie BURNETTE, s’y opposa.

Ses parents se séparent vite après sa naissance. Sa mère meurt quand elle n’avait que cinq ans «When I was only five years old, my mother was taken sick. To this day nobody seems, what the illness was, but few months later she was dead” écrit-elle. Troisième enfant d’une fratrie de six, Mahalia est alors élevée par l’une de ses sept tantes, Mahalia CLARK-PAUL dite Aunt DUKE, une excellente cuisinière pour la bourgeoisie blanche.

I – Mahalia JACKSON, la Reine du Gospel

Dans son quartier, à la Nouvelle Orléans, tout ferme du vendredi soir au lundi matin. Mahalia, jeune connaissait Bessie SMITH (1894-1937), la princesse du Blues. Le Gospel, un rythme moderne, n’est ni les Spirituals, ni les Folk Songs, c’est un style de chanson ayant débuté vers les années 1925. Ce sont des intellectuels noirs, comme Thomas Andrew DORSAY (1899-1993), pianiste et «père du Gospel», Roberta Evelyn MARTIN (1907-1969), Theodore FRYE (1889-1963), Jobe HUNTLEY et Clara WARD (1924-1973), qui ont composé le Gospel, une musique joyeuse et rythmée, une rencontre des chorals d’église et des rythmes ancestraux africains.  Among Negro musicians in the popular fields of music there seems to be a tendency to employ terms of royalty as part of their name. Mahalia Jackson is not known as Queen Mahalia, but she called “The Queen of the Gospel Singers” écrit Langston HUGUES. Née au temps au gramophone, de la radio et au pays du Ragtime, du Blues, du Jazz et du Gospel, très jeune, Mahalia écouta la musique profane des vedettes de l’époque : Ma RAINEY, Ida COX (1896-1967), Clara SMITH (1894-1934). En effet, Mahalia s'inspira de ces artistes, mais refusait toutefois qu'on la comparât à ces femmes auxquelles elle ne voulait point ressembler. «Tous ceux qui chantent des blues, hurlent au secours du fond d'une fosse. Je ne suis pas de ceux-là. Le blues est désespoir, le gospel «espérance». Je me consacre au «Gospel», à la gloire de Dieu et à l'amour confiant qu'il m'inspire» dit-elle. Aussi, Mahalia JACKSON a toujours décliné, en dépit de cachets alléchants, de se produire dans les cabarets, bars ou Night clubs qu’elle considérait comme des lieux de perdition. L’artiste refuse d’interpréter des chansons légères, sans message : “I can’t sing a song that does not have a message» écrit-elle. En effet, très pieuse, Mahalia estime que le Gospel renoue avec la tradition religieuse des temps anciens «Je te louerai au son du luth, je chanterai ta fidélité mon Dieu, je te célébrerai avec la harpe, Saint d’Israël ! En te célébrant, j’aurai ta joie sur les lèvres, la joie dans mon âme que tu as délivrée» chante-t-elle, Psaume 71 de David. Pour le Révérend, Jesse JACKSON, la puissance et l’émotion de cette voix contralto, viennent de ce que Mahalia dit ce qu’elle fait et fait ce qu’elle dit “When there is no gap between what you say and who you are, what you say and what you believe, when you can express that in song, it is all the more powerful. She put her career and faith on the line, and both of them prevailed” dit la biographie consacrée à Mahalia.

 Mahalia a commencé à chanter à seulement à l’âge de quatre ans dans l’église baptiste Mount Moriah, à la Nouvelle-Orléans, en entonnant «The Lord Songs», des chansons religieuses et pour témoigner sa foi en Dieu et en Jésus-Christ. Les «Gospels songs» sont des chants d’Evangile, d’inspiration religieuse. «Les thèmes des Negro-Spirituals sont trop indissolublement liés à une condition bien déterminée qui est l’esclavage» écrit Marguerite YOURCENAR, dans «Fleuve profond, sombre rivière». En effet, Mahalia a chanté «No Body Knows the Trouble I Have Seen”.  Une chanson de souffrance, mais aussi d’espérance : «Personne ne connaît la peine que j’ai endurée, sauf le Christ. Parfois, je me sens bien, parfois, je suis désespéré. Un jour, quand je me promenais, le Ciel s’est ouvert et l’Amour en est descendu». Pendant toute sa carrière musicale, Mahalia JACKSON a refusé de chanter le «Blues» qualifié de «Negro Spirituals profane» ou de «musique du diable» ou activité commerciale sur sa musique. A cette époque, Mahalia est considérée comme d’une «pieuse intégrité.  Fervente chrétienne, protestante, baptiste, elle entend chanter pour Dieu, seulement pour Dieu. La Bible est son répertoire privilégié, et son milieu porteur est celui du protestantisme évangélique des églises noires, traversé par les luttes pour l’émancipation et l’égalité» écrit Jesse JACKSON, dans sa biographie. Mahalia est restée une femme simple et modeste, refusant d’être grisée par le succès : «Ever since I began singing in the big concert halls, people have been trying to teach me to be grand, but I just can’t do it. If blessings come to you, accept them, but let them dominate you” écrit-elle.

En décembre 1928, à l’âge de 16 ans, Mahalia, avec sa tante Hannah, fuyant la pauvreté et la ségrégation raciale, déménagent à Chicago. Son père n’avait pas apprécié Chicago, la ville du crime avec ses gangster. Conduite, pour la première fois par un taximan blanc, Mahalia s’installe auprès d’une de ses tantes, Alice, dans la banlieue sud de Chicago, où vivent déjà 300 000 Noirs venus de partout du Sud, notamment Louis ARMSTRONG. Dès son arrivée à Chicago, Mahalia avait déjà réalisé que l’importante communauté noire qui y vivait avait toutes les opportunités pour s’élever dans l’ascenseur social (Chefs d’entreprise, hauts cadres, médecins, ingénieurs). En revanche, dans le Sud, les Blancs esclavagistes avaient tout réduire le niveau d’éducation des Noirs, pour les ramener à des missions subalternes dont ils avaient besoin (domestiques, cochers, cuisiniers, coiffeurs, etc). After I got to Chicago I realized that for the first time that the southern whites had a chain on the colored people. It remind me how they grazed a mule on a levee from a stake, he could grass in a circle all around and no further” écrit Mahalia, dans ses mémoires.

 Femme noire, de conditions très modestes, mais résiliente et croyante, dans cette ville, Mahalia a connu des années difficiles  de la Grande dépression. En 1934, son grand-père, Paul, en visite à Chicago, a failli perdre la vie. Aussi, Mahalia songe elle aussi, à monter sa propre affaire afin de mieux venir en aide à sa tante Hannah souffrante. C’est sa tante Alice qui la présente à Robert et Prince JOHNSON, de l’église «The Greater Salem Baptist». Pour Mahalia, c’est la plus merveilleuse chose qui puisse lui arriver. Cette église devient sa seconde maison, fait évanouir sa nostalgie de la Nouvelle. Mahalia restera à Chicago pendant quinze ans, sans retourner à la Nouvelle Orléans.

Cependant, la Grande dépression frappa encore plus durement les communautés noires et attisa encore plus le racisme aux Etats-Unis. La communauté noire entame des stratégies de survie (co-location, partage des frais de nourriture, abandon des véhicules personnels, pour des transports publics bondés ou utilisent ces véhicules en taxis clandestins). Et même dans le Nord, plus tolérant, c’est le rêve d’égalité brisé : «In Chicago, the Depression the South Side (le quartier de Mahalia), a place of broken hopes and dream» écrit-elle.  C’est à moment, dans leur désespoir, que les Noirs tentent de s’organiser, politiquement, afin de ne pas subir la Grande dépression de plein fouet. Ainsi, certains adhérent, massivement, à une organisation de Marcus GARVEY (1887-1940), dénommée «The United Negro Improvement Association». Marcus GARVEY demandent aux Noirs d’acheter chez les commerçants noirs afin de les soutenir, et de rester solidaires contre les expulsions locatives des Noirs, sans emploi. L’Eglise noire est devenue également, pour cette masse de désespérés, un lieu de solidarité, de refuge et de résistance. Aussi, Mahalia chante aux conventions baptistes à Saint-Louis, comme au Cleveland, pour sauver les églises noires à Chicago, achetées sur prêt aux Chrétiens et aux Juifs. Pour les communautés noires expatriées au Nord, le Gospel, en plein essor, leur rappelle le Sud qu’ils ont quitté, avec regret : «Gospel music in those days of the early 1930s was really taking wings. It was the kind of music colored people had left behind them down the South and they like it because it was just like a letter from home” écrit Mahalia. Dans ses différentes tournées, Mahalia gagnait environ 50 dollars par semaine. Mahalia commence aussi à vendre des produits cosmétiques, avec l’aide de son mari. Disciplinée, volontaire,  exerçant ses talents vocaux, Mahalia travaille comme ouvrière d’usine, lingère, gouvernante dans un hôtel, et continue de chanter dans de petites églises baptistes. L’église étant le siège et le centre de la vie sociale, de 1930 à 1941, Mahalia rejoint un groupe, «The Johnson Gospel Singers». Mahalia refuse toujours de chanter le Blues incarnant le désespoir et préfère le Gospel, symbole de l’Espérance. Mais Mahalia perd l’un de ses petits boulets, en qualité d’employée dans un hôtel.  

 Mahalia entame, par la suite, une carrière en solo. En raison de sa puissante voix de contralto, Earl Kneth HINES dit Fatha (1903-1983), qui l'entendit à Chicago, lui proposa d'entrer dans son orchestre, mais Mahalia déclina cette offre. On lui suggère de se produire dans les Night Clubs de Los Angeles, pour 25 000 dollars, mais elle refuse : «I’d rather sing about my «old Jesus», than about some old man, some old woman has lost» dit-elle. En effet, très croyante, Mahalia est encore d’une certaine rigidité par rapport à la musique, qu’elle considère comme : «Quand j’étais jeune, aimait-elle à dire, j’ai lavé les assiettes, gratté les parquets, fait la lessive, rien que pour aider ma famille à vivre. Je connaissais le blues, et il y a du désespoir dans le blues. Je chantais la musique de Dieu, parce qu’elle me donnait l’espérance. J’ai toujours besoin de l’espérance et du bonheur que me donne la musique de Dieu. Pour moi, cette musique, c’est une sorte de triomphe personnel sur chaque difficulté, une solution à chaque problème, un petit sentier vers la paix» écrit-elle dans son autobiographie.

A partir de 1935, Mahalia JACKSON commence, timidement, à accepter la commercialisation de ses disques ; le public appréciant le Jazz découvre également le Gospel. En 1937, Mahalia enregistre son premier disque, avec quatre titres parmi lesquels «God’s Gonna Separate The Wheat From The Tares» ou «Dieu va séparer le bon grain de l’ivraie», une chanson entre le Bien et le Mal : «Dieu va séparer le blé de l'ivraie. Laissez les Partir sans moi». Mais le succès n’est pas au rendez-vous. Cependant, son mari, Ike, croit ses talents, et l’incite à participer à une audition, dans un théâtre musical, le Mikado, pour 60 dollars la semaine. Son mari dépensera ses économies au jeu de tiercé, et c’est la séparation. En 1939, Mahalia ayant pris goût au chemin du succès et à l’argent, lâche tous ses petits boulots, et ouvre un salon de beauté, «Mahalia’s Beauty Salon», ses principaux clients étant les fidèles des églises où elle chante. Pendant les week-end, elle fait des concerts. Son premier grand concert sera au stade de Philadelphie. Mahalia devient aussi, à côté de ses concerts, fleuriste, en ouvrant une boutique, «Mahalia’s House of Flower». C’est l’époque où Elvis PRESLEY (1935-1977) s’inspire de la musique noire dans son ascension.

 A la suite de son divorce avec son premier mari, Mahalia accepte, enfin, de collaborer avec le professeur Thomas DORSEY (1899-1993), pianiste de Ma RAINEY et compositeur, notamment «Precious Lord, Take my Hand», ou «Précieux Seigneur, prends ma main» ou «Peace in the Valley». Mahalia lui dira, «je suis née pour chanter le Gospel». Cependant, le monde du spectacle est rude et certains agents peu scrupuleux, comme M. BROWN, ont voulu profiter de son inexpérience en matière d’organisation de concert. Mahalia prend la décision de ne travailler qu’avec des organisations respectables.

En 1946, alors que Mahalia enregistrait son disque sur «Moving On Up», une chanson traditionnelle de la Nouvelle Orléans, Bess BURMA (1902-1968), de la maison de disque, Apollo, est enchantée par son timbre de voix. Mahalia n’a jamais appris à lire la musique ; elle est une self-made-woman. Mahalia enregistre alors, le 3 octobre 1946, chez Apollo, quatre titres dont «I Want To Rest», ou «Je veux me reposer» : «Je veux me reposer, Oh mon Seigneur tu connais mon cœur depuis que j'ai vécu ici-bas
essayant de chanter vos louanges. Devine comment je vais de porte en porte Quand mon travail sur terre est fait et une couronne de victoire gagné après avoir fait de mon mieux
». Cependant, l’expérience reste encore peu concluante. En 1947, c’est Art FREEMAN qui a relancé sa carrière, et a réussi de convaincre Mahalia d’enregistrer «Move on Up a Little Higher», un grand succès vendu à plus de deux millions d’exemplaires : «Un de ces matins, bientôt, je vais déposer ma croix. Donne-moi une couronne». Le Révérend Herbert BREWSTER (1897-1987), dramaturge, chanteur et poète, compose pour Mahalia de grands succès, comme «Take my Hand Precious little Lord», une chanson dans laquelle l’artiste s’adresse directement à son Seigneur et l’implore de lui venir en aide, parce que fatigué et seul de la vie qu’il a eue et veut donc se reposer au Paradis : «Emmène-moi, laisse-moi reposer [... ] Emmène-moi à la maison (Paradis). Emmène-moi vers la lumière». Naturellement, «Move on Up» ou «Elève-toi un petit peu», dont le titre également de son autobiographie, est l’un des immenses succès de Mahalia. C’est une chanson de persévérance nécessaire pour l’accomplissement de chacun : «Avance, vers ta destinée. Peut-être que tu rencontreras des difficultés de temps en temps. Une route peut être pavée d’embûches, mais avance et tu trouveras la Paix».

En 1948, Mahalia fonde avec Theodore FRYE (1899-1963), «The National Baptist Music Convention», pour donner des concerts à travers différentes églises des Etats-Unis ; ce qui popularise, encore un plus, le Gospel. Ed SULLIVAN (1901-1974) invite Mahalia à émission de télévision de CBS, à l’occasion de la «National Baptist Convention», et à partir de là, les sollicitations commencent à arriver de toutes parts.

Le 1er octobre 1950, Mahalia donne son premier concert à New York au Carnegie Hall et ce fut un triomphe, notamment avec «Silent Night», une chanson sur la naissance du Christ «Douce nui, Sainte nuit, tout est calme ; tout est clair. Dors en paix céleste. Le Christ sauveur est né». Plus de 8000 spectateurs, tous les billets ont été vendus et des spectateurs placés sur une partie de la scène. Mahalia a joué à guichet fermé : «The crowd around Carnegie Hall was so big, that midtown traffic was all tied up. Inside, people was swarmed up and down the aisles and up to the top sits in the balconies and boxies. The box office sold out the last standing room and began to put the people on the stage” écrit Mahalia. Des années avant, précédée sur cette scène chargée d’histoire, par d’illustres artistes, Enrico CARUSO (1873-1921), Lily PONS (1928-1962) et Marian ANDERSON (1897-1993), finalement, et loin d’être tétanisée par l’enjeu, Mahalia délivre une brillante prestation. Plus Mahalia chantait, plus les spectateurs l’ovationnaient. En dépit de sa grande modestie, Mahalia n’a caché sa joie pour ce succès, se sentant comme le paon faisant la roue : «When I get to New York City, and sing at Madison Square Garden and at Carnegie Hall I feel like a peacock with all my feathers » dit-elle dans son autobiographie. La presse est dithyrambique : «The future singer was Mahalia Jackson» écrit “The Times”. Le “Herald Tribune” écrit “Mahalia Jackson displayed a voice of range and timbre well suited to the character of her music”. En effet, pendant trois heures, sa voix de contralto a conquis le public new yorkais. En 1952, Mahalia reçoit, en France, le Grand Prix du disque Charles Cros, pour son disque «I Can Put My Trust in Jesus» : «Il y a ceux qui voient, quelle que soit votre confiance. Oui, je peux mettre toute ma confiance en mon Jésus». En 1954, Mahalia signe un contrat avec la maison de disques Columbia. En 1959, Mahalia apparaît dans un film, «Imitation of the Life» ou «Mirage de la vie» de Douglas SIRK (1897-1987). En 1958, au festival de Jazz de Newport, et après avoir reçu l’assurance des organisateurs qu’elle mènera son concert suivant ses convictions, Mahalia connaîtra, à nouveau, un énorme triomphe.

Forte de son succès, Mahalia, sur recommandation du musicologue Hugues PARNASSIE (1912-1974), président du «Hot Club de France», entame, les 25 et 26 octobre 1952, 1961, des tournées en Europe, notamment France (Paris à la salle Pleyel, Lyon, Bordeaux), la police a dû mal à contenir la foule d’admirateurs. En Grande-Bretagne (Londres), mais souffrante d’une pathologie cardiaque et inflammatoire (sarcoïdose) et de douleurs abdominales, Mahalia devra écourter et mettre fin prématurément à sa tournée. Elle repart aux Etats-Unis pour des soins médicaux, et ne pourra donc pas chanter, à Noël à Jérusalem. En 1954, Mahalia est invitée à l’antenne de Chicago de la radio de C.B.S. Le 25 juillet 1968, Mahalia JACKSON se produira à Antibes Juans-les-Pins.

II – Mahalia JACKSON, la militante des droits civiques pour l’égalité raciale

 En raison de ses succès en Europe, Mahalia qui a toujours chanté devant les communautés noires aux Etats-Unis, Mahalia se rend compte que par sa musique, elle a abattu une grande partie des barrières raciales. Dans le Nord, des promoteurs blancs viennent également solliciter de sa part des concerts et des spectateurs blancs commencent massivement à la suivre. Cependant, dans le Sud, sur la route entre la Virginia, avec sa Cadillac, aucun restaurant, hôtel ou station d’essence ne voulait servir Mahalia. Même dans le Sud, censé être plus libéral, les Noirs croyaient qu’il suffisait d’être éduqués et gagner mieux leur vie, pour le racisme disparaisse. Mahalia était opposé au mariage interracial, à moins qu’il ne s’agisse d’une relation avec une famille blanche progressiste. Les Noirs préfèrent vivre au sein de leur communauté, de leur église. Mahalia, maintenant aisée, avait une voiture et voulait s’acheter une grande et belle maison. Devenue «Reine du Gospel», aussi bien pour les communautés noires que blanches, Mahalia a gravi la «Montagne raciale», suivant une expression de Langston HUGUES. Mahalia JACKSON, en dépit de son immense célébrité, ne renie pas ni ses origines modestes, ou raciale, ni ses convictions religieuses. Son rêve d’une meilleure vie, et de s’en sortir a conduit Mahalia JACKSON à travailler dur ; après ses succès chez Columbia, Vogue et CBS, elle finira par acheter une maison à Chicago. Dans les zones huppées blanches, Mahalia dont aime à écouter et acheter la musique, n’est pas la bienvenue en qualité de voisine de quartier. Aucun propriétaire blanc ne voulait lui vendre une maison “Every time I asked, they would tell me sorry, the house had just been sold, or their had changed they minds about selling” écrit-elle. Un chirurgien blanc finira par lui vend une maison, mais c’est le début d’un cauchemar. Mahalia reçoit de nombreux appels téléphoniques de menace et les extrémistes tirent sur sa fenêtre. Pour les suprémacistes blancs vendre une maison à une Noire, dans leur quartier, déprécierait leurs propriétés qui deviendraient «un taudis». Mahalia résistera à toutes ces intimidations “The birds are still in the trees. I guess it didn’t occur to them to leave because we moved in” dit Mahalia.

La période de 1865 à 1965, marquée par un racisme institutionnel provoque l’engagement des artistes noirs et d’une partie de l’église noire, en faveur des droits civiques. En raison de son succès musical, Mahalia commence à rencontrer de très hautes personnalités. Peter LAWFORD (1923-1984), acteur et producteur de cinéma, l’invite à chanter à la prise de fonction, le 20 janvier 1961) du président démocrate, John FITZGERALD KENNEDY (1917-1963), concert auquel sont associés notamment Nat KING COLE (1919-1965), Sidney POITIERS (né en 1927) et Harry BELAFONTE (né en 1927).

 Mahalia connaissait le père et la mère de Martin Luther KING qu’elle rencontrait régulièrement à l’occasion des conventions d’église baptistes. Le 1er décembre 1955, Rosa PARKS (1913-2005), une couturière noire, est arrêtée pour avoir refusé de céder sa place à un Blanc dans un bus ségrégué. Cette arrestation déclenche un boycott des bus de la part de la communauté noire. Mahalia qui a de l’estime pour le pasteur Martin Luther KING, apporte son soutien à la lutte pour les droits civiques. Le docteur est considéré comme un grand esprit, calme, mais avec des messages puissants. Martin Luther KING “is not a big man in size, but he is giant in spirit. He always talks quietly and calmly, I could feel his power and his strength” écrit Mahalia.

Mahalia est venue chanter à la Convention baptiste, au Colorado. Ralph ABERNATY (1926-1990) et Martin Luther KING (1929-1968) lui ont demandé à Mahalia de venir chanter  pour collecter des fonds pour leur association, à l’église méthodiste de Montgomery, en pleine grève des transports. «J’ai été la première chanteuse de gospel à soutenir le mouvement», dira Mahalia, fièrement plus tard. Mahalia a chanté notamment «Jericho». Cette chanson fait référence à un mythe biblique. En effet, Jéricho est, selon le livre de Josué, la première ville du pays de Canaan conquise par Josué et les Hébreux. Le peuple d'Israël fait sonner ses trompettes sous l'enceinte de Jéricho dont l'accès leur était interdit. Ce son fit tomber les murs de la ville, réputé être infranchissable. Par conséquent, le peuple noir, dans sa lutte sa liberté, aucun obstacle n’est inatteignable, si on a le courage et la persévérance. «Une chanteuse, comme Mahalia, on a une comme elle que tous les mille ans» dira Martin Luther KING. La chanteuse est devenue, à travers notamment «We Shall Overcome» (Nous vaincrons), le «symbole» de la lutte pour les droits civiques, dit le magazine «Times». Deux jours, après le départ de Mahalia, la maison de Ralph ABERNATY, où elle a été logée, fut plastiquée. Cependant, la résistance pacifique des Noirs n’a pas cessé de gagner du terrain, à travers tout le Sud. Quand Martin Luther KING et ses compagnons furent arrêtés, Mahalia donna des concerts en vue de rassembler des fonds permettant de s’acquitter de leur caution, soit 50 000 dollars. Mahalia réalisera plus tard qu’aura modestement, participé à l’écriture de l’Histoire de la conquête des droits civiques «I realized that I have lived to see a new day dawn for the American Negro and history was being made. I rejoiced that I a chance to be a small part of it and join in it as a Negro” écrit Mahalia. Après la Victoire à Montgomery de la grève des bus, Martin Luther KING déménage à Atlanta. C’est l’époque où l’église conservatrice blanche combattait, violemment, l’intégration des Noirs dans la société américaine. Une partie de la communauté noire reproche à Mahalia de chanter un hymne patriotique américain, : «My country tis of thee, sweet land and liberty»,  dont les paroles ont été écrites en 1831 par un pasteur baptiste Samuel Francis SMITH (1808-1895), : «Mon pays, c'est de toi, douce terre de liberté, de toi je chante. Terre où sont morts mes pères, terre de l'orgueil des pèlerins, de chaque flanc de montagne que retentisse la liberté ! Ma patrie, toi, terre des nobles libres, j'aime ton nom. J'aime tes rochers et tes ruisseaux, tes bois et tes collines couvertes de temples. Mon coeur avec des frissons de ravissement, comme celui ci-dessus». Mahalia réaffirme qu’elle n’est pas hypocrites, et croit sincèrement que les Noirs, arrivés par l’esclavage, sont aussi des Américains : «We are American as much as anybody else» dit-elle. Dans bien des meetings politiques, Mahalia qui portait elle l’espérance de l’égalité, chantait souvent «We Shall Over» ou «Nous vaincrons», un hymne de la lutte pour les droits civiques : «Nous vaincrons un jour. On est sur la victoire, un jour. Nous marcherons la main dans la main. Nous serons tous libres, dans le vaste monde entier. La Vérité nous libérera, Noirs et Blancs ensemble. Le Seigneur nous soutiendra».

Le candidat John Fitzgerald KENNEDY candidat à l’élection présidentielle sollicite le soutien de Martin Luther KING. En fait, Mahalia est du Parti démocrate depuis la politique de New Deal de Franklin D. ROOSVELT. En effet, Peter LAWFORD et Franck SINATRA, demandent à Mahalia de venir, à Washington, à la prise de fonction de KENNEDY, chanter l’hymne national américain, «The Star-Spangled Banner» ou «La Bannière étoilée».

Membre du directoire de la «Southern Christian Leadership Conference», l’une des organisations faitières qui pilote le mouvement des droits civiques, Mahalia est venue le 18 août 1963, à Washington, devant le mémorial Lincoln, juste avant le «I Have de Dream» de Martin Luther KING, entonner deux chants. Le premier, suggéré par Martin Luther KING, est «I Been’Buked and I Have Been Scorned». J’ai été maltraité et j’ai été méprisé. Les enfants se sont moqués de moi ; cela ne me découragera pas. Jésus est mort pour nous libérer». Mahalia a d’abord chanté «How I got Over», un hymne à la grande souffrance des Noirs, en raison de l’esclavage et du racisme : «Comment j’ai enduré, quand je contemple mon passé, je me pose encore cette question : «comme j’ai tout enduré. Dès que je rencontrerai le Christ, celui est mort sur la croix pour nous, je vais le remercier. Merci d’être si bon pour nous».

Fidèle en amitié jusqu’au bout, Mahalia JACKSON trouve les forces de chanter, au service funèbre de Martin Luther KING le 9 avril 1968. Accablée par la tristesse suite à l’assassinat du leader noir, elle interprète un classique du répertoire gospel, une œuvre de Thomas DORSEY écrite pour cette cérémonie funéraire : «Take My Hand Precious Lord» et «Prends ma main, précieux Seigneur».

Terrassée une première fois, en 1961 par une crise cardiaque, Mahalia JACKSON ne remontera sur scène qu’en 1966, au Michigan. Mahalia JACKSON disparaît le jeudi 27 janvier 1972, à Chicago. «J’espère toujours que mes chants aident à écarter la haine et la crainte qui séparent les Noirs et les Blancs dans ce pays» disait Mahalia JACKSON. La cause de la justice, de la liberté et de la fraternité a perdu l’un de ses plus fervents combattants, dira, en hommage, Coretta SCOTT KING (1927-2006), la veuve de Martin Luther KING Jr. Le magazine «Ebony» qui l’avait interviewée en décembre 1950, remarque la sympathie que dégage Mahalia quand on la rencontre. On ne peut que l’apprécier : «To meet Mahalia is to love her” écrit “Ebony”. Mahalia a été mariée deux fois d’abord à Isaac HOCKENHULL de 1936 à 1941, un chimiste, de Fisk University and Tusgee, rencontré en 1935, devenu postier en raison de la Grande dépression. Mahalia s’est mariée, une seconde fois, à Simon GALLOWAY entre 1964 et 1967. Cependant, Mahalia confesse, dans un article qu’elle signé, en 1968, dans le magazine «Ebony» et intitulé «Marital Bliss Vs Single Blessedness», qu’elle n’a pas été heureuse dans sa vie privée. En effet, ses deux mariages se sont soldés par un divorce : «Because I married a weak man who loved me as I was, and the other because I married a strong who loved me for what I was and what I could do for him” écrit-elle.

Mahalia aura eu six disques d’Or et vendus, chacun à plus d’un million d’exemplaires. Les villes de Chicago et de la Nouvelle-Orléans lui rendent, toutes deux, un grand hommage, et des dizaines de milliers de personnes défilent dans les rues, dont Aretha FRANKLIN (1942-2018) et Ella FITZGERALD (1917-1996). «L’ampleur de son registre vocal, la coloration cuivrée de son timbre, la générosité sans mesure d’un talent qui la portait parfois à la pointe extrême du lyrisme jazzistique faisaient de la moindre de ses interprétations un chef-d’œuvre frémissant de vie. Mahalia Jackson arrachait le chant religieux aux traditions aux traditions académiques qui menaçaient «le Negro Spiritual», souvent trop fier de sa respectabilité toute neuve. Avec elle, il redevenait l’expression même du bonheur quotidien, brusquement exalté par la foi, il retrouvait ses sources populaires, puisait une vitalité nouvelle aux racines de la douleur de l’homme. Elle communiquait, à ceux qui l’écoutaient, un sentiment de joie, d’exultation si forte,  que la glorieuse certitude des croyants, les plus convaincus, devenait, pour un temps, le privilège de tous. Mahalia Jackson, c’est un refuge, une promesse d’apaisement et de sérénité que nous venons de perdre» écrit Michel PEREZ, dans «Combat».

Références bibliographiques

I – Contributions et discographie très sélective de Mahalia

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JACKSON (Mahalia), “Marital Bliss Vs  Single Blessedness”, Ebony, avril 1968, vol 23, n°6, pages 88-89 et 100.

II – Critiques : ouvrages généraux

BALEN (Noël)Histoire du negro spiritual et du gospel, Paris, Fayard, 2001, 352 pages ;

BERTIN (Jean-Christophe), Les racines de la musique noire américaine, Gospel, Blues, Jazz, Préface de Clyde Wright et Nicoletta, Paris, D. Carpentier, 2009, 141 pages ;

BURFORD (Mark), Mahalia Jackson and the Black Gospel Field, Oxford University Press, 2019, 472 pages, spéc page 27 ;

BURFORD (Mark), The Mahalia Jackson Reader, Oxford University Press, 2020, 459 pages ;

DONLOE (Darlene), Mahalia Jackson, Gospel Singer, Los Angeles (Californie), Melrose Square, 1992, 172 pages ;

DUCKETT (Alfred), “I Remember Mahalia”, Sepia, avril 1972,  

DUNHAM (Montrew), Mahalia Jackson : The Voice of Gospel and Civil Rights,  Carmel, Canada, Patricia Press, 2003, 106 pages ;

GOREAU (Laurraine), Just Mahalia, Baby : The Mahalia Jackson Story, Pelican, 1984, Pelican Publishing Company, 627 pages ;

HUGHES (Hughes) et Arna Wendell BONTEMPS (Arna, Wendell), The Book of Negro Folklore, New York, Dodd, Mead and Co, 1958, 624 pages ;

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SCHWERIN (Jules, Jules Victor), Got to Tell It :  Mahalia Jackson, Queen of Gospel, New York, Oxford University Press, 1992, 204 pages ;

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II - Articles

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BUFORD (Mark), «Mahalia Jackson Meets the Wise Man : Defining Jazz at the Music Inn», The Musical Quaterly, 2014, Vol 97, n°3, pages 429-486 ;

CARREL (Serge), «Mahalia Jackson (1911-1972) : Une voix au service du Gospel et à côté de Martin Luther King», La Free Info, lundi 2 avril 2018 ;

COPANS (Sim), «Une épopée tragique, Blues et Négro Spirituals», Notre Librairie, novembre 1984, n°77, pages 18-27 ;

DODGE (Timothy), «Mark Burford : Mahalia Jackson and the Black Gospel Field», The Journal of African American History, 2021, vol 106, n°4, pages 753-755 ;

DROUIN (Pierre), «Mahalia Jackson est venue «prier» à la salle Pleyel», Le Monde, 29 octobre 1952 ;

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Ebony, “Mahalia Jackson”, Ebony, décembre 1961, vol 12, n°2, pages 14, 16, 112, 114 et 120 ;

FATH (Sébastien), «Mahalia Jackson», Regards Protestants, 15, 16 17, 18 et 19 février 2021 ;

GLINTON (Sonari), “Mahalia Jackson : Voice Of The Civil Rights Movement”, NPR. 8 février, 2010 ;

JABIR (Johari), «On Conjuring Mahalia : Mahalia Jackson, New Orleans and the Sanctified Swing», American Quaterly, septembre 2009, Vol 61, n°3, pages 649-669 ;

MASSON (Robert), REDA (Jacques), «Mahalia Jackson», Jazz Magazine, mars 1972, n°198 ;

PANASSIE (Hugues), «Mahalia Jackson», Paris Presse L’intransigeant, journal de Jazz, mercredi 12 novembre 1952, page 2 ;

PEREZ (Michel), «Mahalia Jackson : une promesse de sérénité perdue», Combat, 29 et 30 janvier 1972, n°8564, page 12 ;

RENAUD (Henri), «Mahalia Jackson», Jazz Magazine, avril 1961, n°69 ;

SOUTHERN (J), «Mahalia Jackson», The Black Perspective in Music, automne 1973, Vol 1, n°2, page 1 ;

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THOMSON (Era, Bell), “Love Comes to Mahalia”, Ebony, novembre 1964, vol 20, n°1, pages 50-60 ;

TRONCHOT (Jean), «Mahalia Jackson», Jazz Hot, juin 1961, n°166.

Paris, le 27 janvier 2022 par Amadou Bal BA -

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