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Billet de blog 26 mai 2022

"11 bébés morts incendie Sénégal" par Amadou Bal BA

Sénégal : 11 bébés meurent dans un incendie dans un hôpital à Tivaoune. Face à des drames à répétition, la sécurité, la qualité des soins, de la formation du personnel et les moyens mis à disposition des établissements de santé, sont posés. Une coopération avec la France, ses villes, ses hôpitaux, et facultés de médecine, est sollicitée.

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«Hôpital de Tivaoune (Sénégal) : 11 bébés meurent dans un incendie. La question de la sécurité et de la qualité des soins dans les établissements de santé» par Amadou Bal BA

Le mercredi 25 mai 2022, onze nouveau-nés meurent dans un incendie à Tivaoune, capitale religieuse de la confrérie Tidiane, à l’ouest du Sénégal, non loin de Thiès, une ville fondée par El Hadji Malick SY (1855-1922). Trois bébés ont été sauvés. «Je viens d’apprendre avec douleur et consternation le décès de onze nouveau-nés dans l’incendie survenu au service de néonatalogie de l’hôpital. A leurs mamans et à leurs familles, j’exprime ma profonde compassion», a tweeté le président Macky SALL. C’est donc une tragédie sans nom au Sénégal. Mes sincères et émues condoléances aux familles et au peuple Sénégalais.

J’attends un communiqué de ces organisations, promptes à sortir le fouet à l’encontre des racisés, notamment à l’égard de Idrissa Gana GUEYE et Pap N’DIAYE. Dans leurs indignations sélectives, si ces donneurs de leçon ne diront rien, en forme de solidarité avec le Sénégal, et ce que je crois, et si je me base sur leur raisonnement manichéen, à l'encontre de Idrissa Gana GUEYE : «Qui ne dit mot consent». Le silence, pour eux, est nécessairement coupable. Leur conception de la solidarité est souvent à sens unique : il faut lécher l’arrière-train du Maître, sucer leur banane. A ces forces du Chaos, n’ayant pas compris que la solidarité et le respect doivent rester à doubler sens, je leur administrerai bien une torgnole, là où il faut, aux législatives des 12 et 19 juin 2022.

Le problème de la sécurité et de la qualité des soins, en particulier, dans les hôpitaux publics, est posé. On indiqué à ce stade que l’hôpital Abdoulaziz SY Dabakh, à Tivaoune, est récent et a été rénové ; le sinistre serait causé par «un court-circuit et le feu s’est propagé très vite», précise M. Demba DIOP dit Diop SY, député-maire de Tivaoune. Les autorités sénégalaises ont annoncé l’ouverture d’une enquête : «Cette situation est très regrettable et extrêmement douloureuse. L’enquête est en cours pour voir ce qui s’est passé «  dit M. Abdoulaye DIOUF SARR, Ministre de la santé en déplacement à l’étranger. Deux hauts responsables sont rendus sur les lieux, à savoir  M. Ousmane DIA, Directeur des établissements publics de santé et M. Antoine Félix Abdoulaye DIOME, Ministre de l’intérieur.

Des élections législatives auront lieu au Sénégal le 31 juillet 2022, dans un contexte de tension politique où une liste départementale de l’opposition a été invalidée, pour non-respect des règles sur la parité. En raison de la vive émotion suscité par ce drame, c’est dans ce contexte que le gouvernement sénégalais a, à cœur, d’éteindre cet «incendie» ; l’opposition tire, à boulets rouges, sur le gouvernement concernant la question de la sécurité dans les établissements de santé, en dénonçant de graves carences. «Encore des bébés brûlés dans un hôpital public. C’est inacceptable Macky Sall», a tweeté un député de l’opposition, Mamadou Lamine DIALLO.

L’enquête pour l’affaire de Tivaouane est en cours ; cependant dans le passé des défaillances humaines dues à l’incivisme, à la désinvolture ou au manque du sens des responsabilités ont été pointées. A chaque drame, on se ressaisit un certain temps, et puis on retombe dans le relâchement. Ainsi, le 7 avril 2022, un autre drame avait ému considérablement le peuple sénégalais. En effet, à Louga, dans le Nord-Ouest du pays, une femme enceinte de neuf mois, Astou Sokhna, une femme de 34 ans est morte faute d’assistance du personnel médical ; elle avait réclamé, en vain, dans une grande souffrance, pendant plus de 20 heures, une césarienne. Le personnel avait indiqué que cette opération n’était pas programmée et que si Astou Sokhna insistait, elle serait chassée de l’hôpital. «Ma colère est adressée au personnel soignant de l’hôpital car ils ont été négligents. Ils n’ont aucune considération envers l’être humain» a déclaré sa mère Maimouna BA, son accompagnante. M. Abdoulaye DIOUF SARR, Ministre de la santé, regrettant ce grave dysfonctionnement, a indiqué le 14 avril 2022, que cette tragédie aurait pu être évitée. Les trois sage-femmes de garde à l’époque, ont été condamnées, le 11 mai 2022, à six d’emprisonnement, avec sursis, pour «non-assistance de personne en danger». Le 25 avril 2021, à salle néonatalogie de l’hôpital Maguette LO, à Linguère, quatre nouveau-nés avaient péri dans un incendie. M. Aly N’Gouille N’DIAYE, maire de la ville et ancien ministre de l’intérieur, avait évoqué un dysfonctionnement électrique d’une unité de climatisation. «Ce matin, nous avons eu un incendie apparemment d’origine électrique, en attendant d’avoir le rapport définitif, au niveau de la salle de néonatologie de l’Hôpital Maguette Lo de Linguère. Malheureusement, nous avons perdu quelques bébés. (…) Il faut qu’on aille dans les détails pour savoir quelles sont les raisons» avait déclaré M. Aly N’Gouille N’DIAYE. Dans une autre ville, à Kaolack, dans le Sine-Saloum, à 200 km de Dakar, un nourrisson, avait été déclaré mort, le 8 mai 2022, par une infirmière, puis déposé dans une morgue ; son père le retrouvera vivant, mais le bébé décède quelques instants après. Le parquet a requis contre l’infirmière six d’emprisonnement fermes.

L'incendie de Tivaoune a cramé le Ministre de la santé, Abdoulaye DIOUF SARR, remplacé par le docteur Marie Kemesse N’DIAYE NGOM. On avait tendance à dire «responsable, mais pas coupable». Cependant, et en dépit de ce limogeage du Ministre de la santé, les problèmes de fond demeurent ; il va falloir les résoudre durablement et convenablement. Les comportements déviants et irresponsables des Sénégalais devraient être châtiés, à la mesure de leurs négligences coupables et compte tenu des moyens mis à leur disposition. Une tragédie c'est aussi l'occasion de ne plus répéter les mêmes erreurs.

Au-delà, des responsabilités individuelles patentes, il est urgent de rechercher et surtout remédier aux dysfonctionnements graves et indéniables des services de santé. Je suppose que les établissements recevant du public, notamment les hôpitaux, sont bien entretenus, notamment au regard des installations électriques et des détecteurs d’incendie : un système de gardiennage, d’évacuation efficace et rapide, est organisé, sans failles, au regard de la fragilité et de la dépendance des personnes accueillies. Le établissements de santé doivent être dotés en personnels suffisants, bien formés, ainsi que des moyens matériels et financiers adéquats : «Le premier point c’est les formations pour les personnels de santé, c’est la déontologie mais aussi, nous allons réellement mettre l’accent sur les sanctions, pour faire craindre à ces personnes les mauvais comportements» a dit M. Ousmane DIA, Directeur des établissements publics du Sénégal.  Il ne suffit pas de le dire, il faut le faire ; ici et maintenant. Les moyens mis à la disposition des hôpitaux tardent souvent à venir, et quand ils arrivent, ils sont parfois détournés, par un système élaboré de surfacturation ou de notes de frais disproportionnés. Par ailleurs des sommes importantes versées à des parasites, comme les différentes confréries religieuses ou à des «mendiants», peuvent mis, notamment, à disposition des établissements de santé ou de projets innovants.

En définitive, c’est toute la politique de santé du Sénégal qu’il faudrait revoir, rapidement et durablement. Les belles paroles, rassurantes et pleines de compassion ne suffiront pas. En effet, pour entrer dans certains hôpitaux du Sénégal, il faut s’acquitter d’un droit d’entrée pour des personnes sans ressources ; c’est la famille qui apporte souvent à manger. Par ailleurs, les médecins, propriétaires souvent leurs cliniques à côté, peu disponibles pour bien encadrer le personnel soignant, se contentent de délivrer diverses ordonnances ou analyses médicales. Il faudrait sérieusement limiter les cumuls d’emplois dans ce secteur, et surtout sanctionner les graves conflits d’intérêts. En raison de ce système quasi-mafieux, nous, la diaspora, la pompe à fric, nous sommes en permanence sollicité pour les frais des soins de parents et amis restés au Sénégal. Si on n’a pas d’aide financière des parents, au Sénégal, on meurt, faute de soins adéquats. Par ailleurs, les responsables politiques ou les nantis, n’ayant pas confiance au système de santé du pays, vont se soigner en France, et y meurent fréquemment : Léopold Sédar SENGHOR (1906-2001) Jacques DIOUF (1938-2019), Lamine DIACK (1933-2021), Ousmane Tanor DIENG (1947-2019), etc., voir mes articles. La diaspora, pour suppléer aux carences de l’Etat, construit des dispensaires ruraux, notamment dans mon village, Danthiady, dans le Fouta-Toro, avec l’aide de M. Marc-Antoine JAMET, maire du Val-de-Reuil et de la Normandie. Un accord avec les hôpitaux et facultés de médecine de France serait utile pour le personnel hospitalier du Sénégal, en vue d’une formation adéquate du personnel hospitalier et des accords de recherche.

D’une manière générale, la question de la sécurité est posée au Sénégal. La sécurité routière est un l’un des grands enjeux au Sénégal à l’aube du XXIème siècle (conduite sans permis ou assurance, valides, non-respect du Code de la route, circulation de charrettes ou de véhicules très lents sur les voies rapides, enfants livrés à eux-mêmes dans des voies où circulent des véhicules à moteur, etc.). La sécurité dans les transactions immobilières est un autre sujet. Il arrive parfois que l’on vende un même terrain immobilier à différentes personnes en même temps.

Je renouvelle mes sincères condoléances au peuple sénégalais et aux familles des victimes.

En dépit de ce deuil incommensurable, j’adresse mes chaleureux vœux de bonne fête de l'Ascension à mes amis et frères Chrétiens. Profitez bien de ce long week-end !

Paris, le 26 mai 2022 par Amadou Bal BA -

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