"11ème jour de confinement : L'Humain pendant et après la pandémie" par Amadou Bal BA

11ème jour de confinement : en attendant la vague et le jour d'après est une exigence d’un autre plan Marshall, autour de l’humain, après la pandémie. Il faudrait "expérimenter un autre chemin de la vie" comme l'avait prophétisé Carl Gustav JUNG.

 En ce 11ème jour de confinement, un soleil frais arrose Paris, mais une profonde anxiété et la grande peur montent. Aussi, les queues s'allongent devant les magasins d'alimentation parisiens, mais certains rayons sont déjà vides, désespérément, depuis longtemps. La vague ou le pic du Coronavirus est attendu ce week-end, les prochains jours. Le confinement est prolongé en France jusqu'au 15 avril 2020. Je crois que nous n'irons plus au bois, jusqu’en fin juin et les municipales, ce sera rebelote, pour les 1er et 2ème tour.

 La mort d'une adolescente, Julie, de 16 ans, dans l'Essonne, en France, subitement, dans l’inconscience de tous, on réalise que cette cochonnerie ne tue pas seulement que des vieux ou personnes fragiles. Tout le monde est potentiellement concerné.

Le premier Ministre de Grande Bretagne, Boris JOHNSON, lui qui ne voulait pas de confinement, vient d'être testé positif au Coronavirus. C’est le cas aussi du Prince Charles et du premier ministre de Canada, Justin TRUDEAU.

Aux États-Unis, Donald TRUMP, considérant que le Coronavirus n'était qu'une mauvaise grippe, pensait être réélu en novembre 2020, sans livrer bataille. Cependant, Donald TRUMP est actuellement confronté à une dure réalité : la bourse s'est effondrée, et, en moins d'une semaine, 3,3 millions de personnes ont perdu leur emploi, c’est le plus mauvais score depuis 1982. De surcroît, il faudrait que l'État prenne en charge, cette grande masse de chômeurs. Depuis ce matin, les États-Unis ont battu un triste record : ils ont désormais, le plus important nombre de personnes testées positives, loin devant la Chine. Après New York, d'autres foyers du Coronavirus, dont la zone de Chicago, viennent de s’allumer.

Tous ces programmes de guerre des étoiles, de la NASA, pour aller voir s'il y avait de l'eau sur Mars, ces locales criminelles, et voilà que sur terre, chez l'Oncle Sam, on manque de masques, de médicaments et de ventilateurs dans les services de réanimation.

 Après le Sénégal, l'Afrique du Sud, l'Algérie, la Grande-Bretagne, la Russie, une longue liste d’Etats ont fermé leurs frontières et décrété le confinement. Il est curieux de constater que l’Allemagne qui a accueilli plus de 1000 000 d’étrangers, est jusqu’ici, relativement préservée du virus. Pourtant, dans ce pays, et contrairement à la France, des tests massifs ont été réalisés. Les Italiens et les Espagnols sont au cœur de la tempête, nous pensons à eux dans ce drame sans nom.

En France, les grandes chaînes d'information, pendant longtemps, dans leur grand souci de nous occulter les grands enjeux et vrais problèmes, s'acharnaient, dans leur enfumage, dans la stigmatisation et la peur de l’autre. Le Rassemblement national n’avaient plus besoin de faire de meeting, son programme avait, déjà, d’ardents promoteurs. Il n'était question, dans cette information colorée, à longueur de journée, que d'immigration, de burqa, de burkini, de jihadistes, de ces familles de terroristes qui vont revenir en France, de ces quartiers où la police n’ose plus aller. Ces chaines d'information continue, toutes liées à de grands groupes financiers, ont tenté, honteusement, de discréditer les Gilets jaunes et les grévistes contre les réformes injustes de la Macronie et le saccage de l'hôpital. Ces chaînes d’information ont occulté ou minimisé les graves violences policières contre les grévistes qui ne réclamaient que l’abrogation de ces réformes scandaleuses, maintenant suspendues. Ces chaines ont une lourde responsabilité dans cette forfaiture de nos gouvernants, au sujet de la mauvaise gestion de la pandémie.

 Après avoir matraqué le personnel médical gréviste, il n’y a pas si longtemps que cela, j’apprends même que la France pourrait utiliser nos portables, pour nous fliquer davantage. Sinon, comment savent-ils que 17% des Parisiens ont quitté la capitale, depuis le début du confinement ? Toujours dans le «Big Brother si watching you», certains apprentis sorciers recommandent à notre gouvernement, à l’instar de la Corée et de la Chine, d’accéder aux données de nos portables, pour surveiller davantage nos déplacements et nos contacts.

 Par conséquent, la réélection en 2022 du président MACRON est gravement compromise. Ce «Nouveau monde», pour avoir raté sa mission de vraie rénovation, dans la justice et l’équité, finira dans la honte et le déshonneur. Retenez bien cela. Les municipales sont déjà perdues. L’ancienne ministre de la Santé, Mme Agnès BUZYN, si ce qu'elle dit est vrai, cette forfaiture appellera une sévère raclée aux prochaines élections présidentielles. On sait, à tout le moins, que derrière la réforme des retraites, se cachait un projet de donner aux assurances privées, une bonne partie de la protection sociale, un gâteau particulièrement juteux. Quand un gouvernement supprime des lits et des moyens aux hôpitaux, n'est pas capable de donner des masques suffisants aux personnels hospitaliers, et dans le même temps veuille privatiser les aéroports de Paris, il y a quoi s'interroger sur son aptitude à prendre en charge le destin de la Nation, à un moment crucial. Il n'y a pas si longtemps que cela, et alors que la pandémie se profilait, et les Italiens souffraient déjà, le grand cheval de bataille de notre Président était la lutte contre le «communautarisme», l’immigration, le face à face avec la petite entreprise LE PEN. Sitôt les cas de Coronavirus étaient devenus plus nombreux, notre Président, jouant sur les peurs, et espérant en tirer tous les bénéfices politiques, a pris le grand risque d'organiser ce 1er tour des municipales. Comment peut-on jouer, à ce point, avec la vie des gens ?

 La mission principale d'un dirigeant, ce ne sont pas les calculs politiciens, à court terme, mais de prendre des décisions courageuses et justes, en fonction de l'intérêt général. Ces hésitations ont eu de lourdes de conséquences dans la gestion de cette pandémie.

 En Afrique, et 60 ans après l'indépendance, les bourgeoisies nationales, sans conscience sociale, et différents groupes de pression, comme les grands parasites voraces de marabouts au Sénégal, ont détourné les ressources budgétaires de leurs pays. Nos gouvernants africains ont oublié de mettre en place un système de santé, digne de ce nom. Si le simple citoyen est laissé pour compte, pendant ce temps les gouvernants africains peuvent aller, avec leur famille, se soigner en Europe ou aux États-Unis. Cette crise met brutalement les gouvernants africains en face de leur responsabilité devant l'Histoire.

 Je le redis, il y a quelque chose de positif dans cette pandémie. Avant on ne parlait que des entreprises, des marchés et du déficit budgétaire de 3%, à ne pas dépasser. Maintenant, nous sommes devant le grand instant de vérité, devant la mort, en face des valeurs fondamentales de la vie, sans lesquelles leurs milliards vont partir en fumée, à savoir, notamment la santé, le logement, l'emploi, l'environnement, bref le bien-être de tous.

 Je continuerai toujours à réclamer, non pas la suspension, mais l'abrogation immédiate de toutes ces réformes scandaleuses, et un nouveau Pacte Républicain, dans lequel les entreprises, comme les citoyens, seraient tous gagnants. L'entreprise n'existe pas sans ses salariés, et n'a de valeur que dans son utilité sociale. Où sont donc les 74 milliards de profits gagnés par Louis VUITTON ? Que vont devenir ses magasins, si les riches Chinois sont confinés ou fuient la France, comme c'est le cas actuellement ?

 J'en appelle à la fin de ces guerres locales monstrueuses, sans buts atteignables, interminables et coûteuses. Il n'y a pas si longtemps, Donald TRUMP, les mains rouges de sang, se glorifiait d'avoir liquidé une haute personnalité iranienne. Saddam HUSSEIN et Mouammar KADAFI ont été assassinés. Bachar ASSAD est toujours là, mais ses populations et celles Yémen, confinées, depuis de longtemps date, dans des caves, mangeant des rats. À-t-on, pour autant, avancé ? Qu'est-ce que cela nous a rapporté ? Comment en est-on arrivé à oublier l'essentiel ? Pourquoi ce goût obsessionnel et  morbide de tuer tout le temps les faibles, ou de les faire souffrir ?

Revenir à l'humain, me paraît être l'urgence et la priorité majeures de notre temps. Prendre une autre direction, «un autre chemin de la vie» ou «une nouvelle naissance», tel est l'impératif catégorique, après cette pandémie : «Les crises, les bouleversements et la maladie ne surgissent pas par hasard. Ils nous servent d’indicateurs pour rectifier une trajectoire, explorer de nouvelles orientations, expérimenter un autre chemin de vie» disait, de façon prophétique, Carl Gustav JUNG, un médecin-psychiatre suisse, (1875-1961). Pierre MAUROY (1928-2013), Premier ministre de François MITTERRAND et maire de Lille, avait dit aussi, que «la crise n’est pas comme une maladie, dont on ne peut sortir, elle est comme une sorte de nouvelle naissance». Dans cette pandémie, le libéralisme sauvage triomphant et arrogant, dans ses logiques de prédation et de violence, est subitement condamné, de façon rédhibitoire. Ce qu’on nous disait avant, que ce n’était pas possible, au point même de vouloir prendre 5 € d’APL aux pauvres et d’augmenter, de façon ignoble les droits d’inscription des étudiants étrangers et de diminuer les droits des chômeurs. Les retraites de misère, il faut encore les rogner, au nom de l’âge pivot et pour le bonheur des assureurs privés, quitte à user du 49-3. Et voilà que, par enchantement, avec cette pandémie faisant volatiliser leurs profits,, des milliards sont mis sur la table. On veut même nationaliser des entreprises, pour sauver leur pognon. J'ai du mal à en croire à mes oreilles, venant de la part des partisans du laisser et laisser faire. Où donc cette fameuse «main invisible» dont parlait le Pape du libéralisme, Adam SMITH (1723-1790) et sa théorie de la «main invisible» ? Dès que ça va mal, comme en 2008, subitement, on pense à l’Etat, c’est-à-dire aux contribuables, pour échapper à la faillite.

Je crois qu’après la crise du Coronavirus, «cette guerre» dont a parlé, à juste titre le président MACRON, il faudrait mener une guerre contre ces politiques libérales belliqueuses, fondées sur la violence et la prédation, une guerre contre l’incurie, la forfaiture, une guerre contre les oxymores, les mensonges, l’instrumentalisation et la stigmatisation des autres. La plus noble guerre sera celle pour le bien-vivre ensemble, la justice, l’égalité réelle, un monde de paix et de fraternité. En effet, comme l’a dit Carl Gustav, il faudrait «prendre un autre chemin de la vie», c’est-à-dire, un autre Plan Marshall, d’ampleur, en investissant sur l’humain, la seule vraie valeur ajoutée. Au sortir de cette pandémie, que l’Humanité vaincra, il faudrait abroger et retirer ces réformes injustes, arrêter ces guerres locales, contre les gens du tiers-monde. Ces milliards de bombes larguées contre les faibles auraient pu servir à des choses très utiles en France comme :

- le logement qui manque tant, les maires en savent quelque chose (3,5 millions de logements) ;

- l'hôpital, ses lits,  ses équipements et ses personnels en nombre et qualité suffisants (supprimer le Numeris clausus) ;

- le combat contre le chômage massif, en raison de la dépression, et mobiliser TOUS les sans-emploi, autour des intérêts stratégiques : l’environnement, le tourisme, négligé et sans politique cohérente e stratégique, l’agriculture, le retour dans l’Hexagone, des entreprises françaises délocalisées ;

- les transports propres et notamment de banlieue à banlieue, dans la région parisienne ;

- des maisons de retraites suffisantes, accessibles dans les prix qui sont maintenant déraisonnables (entre 25 00 € et 3000 € par mois) et former un personnel de qualité ;

- la préparation efficace des Jeux Olympiques de Paris de 2024, sans tarder, autour de toute la Nation ;

- régulariser les étrangers qui travaillent ou ont une promesse d’embauche. On aura besoin de tous, pour faire redémarrer l’économie.

Portez-vous bien et prenez soin de vous !

Paris, le 27 mars 2020, 11ème jour de confinement, par Amadou Bal BA 

 

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