Chronique de la dèche 10. Marino et Simone

Troisième rencontre

O j’ai bien l’impression que c’est lui, là-bas. Cette fois, il porte un chapeau et une femme le suit. La poussette est bien remplie de bric et de broc.
Il affiche toujours ce sourire pour vous taxer une clope.
Forcément, je dégaine mon paquet. Une pour lui, une pour elle.
Elle, elle paraît plus âgée. C’est faute de ne pas l’avoir assez regardée. Elle a cette coquetterie dans l’œil qui lui donne du chien.
« Marino » qu’il me lance.
Si je suis mariée ? « Oui », j’lui réponds. C’est plus simple.
« Simone », poursuit-il en la désignant.
Ah, alors Marino, c’est son prénom. Simone, ça sonne comme le prénom d’une vieille tante oubliée mais bien de chez nous.
« Moi, c’est Amélie ».
« Très joli ». Me ferait-il de la retape devant sa Simone ?
Elle lâche dans un sourire : « cinq bébés ».
« Waouh, quel courage ! » Le pouce levé, je lui frictionne le dos.
Echanges de sourires.
Je repars vers le taf, bien contente de les avoir croisés ces deux-là.

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