Chronique de la dèche 10. Marino et Simone

Quatrième rencontre

A peine avoir tourné à droite, me voilà dans leur rue. A deux pas du terrain où ils ont élu domicile avec leurs cinq « bébés » et leur tribu.
Ce matin, ils ont l’air gai Marino et Simone. Ca doit être leur charrette bien garnie et la perspective peut-être de s’en griller une, dare-dare.
Distribution de clopes. Une pour lui, une pour elle.
« Très jolie ». Je me marre mais je lui fais comprendre que je ne veux pas m’attirer les foudres de Madame. Elle me touche l’épaule et me sourit. Sûr, elle est belle la Simone. Pas une pin up mais de l’allure, du charme.
Lui, n’en parlons pas, il a carrément la classe. Attention, il n’est pas un hidalgo, Marino. Pas en Giorgio Armani, non plus. Plutôt enrobé mais grand.
Ce sourire et ce regard qui déborde de joie de vivre, ça vous fait fondre.
Une pièce pour un café ? Ok, je dois bien avoir un peu de monnaie. Un peu compliqué pour choper la bourse au fond du sac. Qu’à cela ne tienne, ils m’aménagent une place sur le chariot. Je farfouille. Ils me désignent l’entrée de leur maison. Une plaque de tôle qu’on fait glisser. Je viens les voir quand je veux, semblent-ils me dire.
Ben, là faut que j’aille bosser, alors je m’apprête à reprendre le chemin.
Elle tient quand même à me montrer la pépite du jour : un litre d’huile d’olive.
Voudrait-elle me la vendre ou elle tient juste à me faire partager la joie de sa trouvaille ? Je ne sais pas…
On rigole et je repars.

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