amelie meffre
Journaliste, blogueuse, passeuse
Abonné·e de Mediapart

86 Billets

0 Édition

Billet de blog 10 sept. 2019

Des lois et des droits

Comment la législation française a-t-elle évolué sur des sujets aussi divers que les mœurs, la santé, le travail, la pauvreté, le logement, la sécurité ou l'accueil des étrangers ? Comment a-t-elle géré les mouvements de contestation, pris en compte les minorités, appréhendé les marges ?

amelie meffre
Journaliste, blogueuse, passeuse
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

« Nul n'est censé ignorer la loi. » L’adage n'a aucune valeur juridique mais demeure précieux pour réfléchir aux évolutions de nos sociétés. Quand elles sont en crise, les arsenaux juridiques accompagnent bien souvent le repli et la chasse aux boucs émissaires s'intensifie.
Face à ces mouvements de l'histoire qui effraient, on a tôt fait de se réfugier dans des anachronismes y compris juridiques. S'ils peuvent réconforter, ils ne sont que très rarement efficaces. Pour accompagner les changements, il est précieux de regarder l'histoire en face. Elle ne nous sert pas de leçon car elle ne se répète jamais de la même façon mais elle peut éclairer voire muscler les combats pour avancer vers une société plus juste.

Conférences-exposés à la clé
Mon idée est d'aider à faire circuler les savoirs en racontant l'histoire des lois autour de problématiques sur lesquelles travaillent diverses associations ou institutions en charge de promouvoir les connaissances et les droits des citoyens. Elles peuvent tirer bénéfice de ces éclairages du passé qui permettent de prendre à bras le corps des questions actuelles et éternelles. Les lois tels des jalons historiques s'inscrivent dans des contextes donnés et sont un objet d'observation précieux. Loin d'être austères, les frises législatives que je me propose de dresser au cours de conférences-exposés d'une heure, mettront en scène les batailles juridiques, les discours comme les événements qui accompagnent l'adoption des textes. Rappeler, par exemple, différentes lois sur la pauvreté – l'édit de Louis XIV de 1656 qui interdit la mendicité, le décret de 1794 qui consacre une obligation d’assistance aux pauvres et la loi du 1er décembre 1988 qui instaure le RMI – peut éclairer la façon dont une société appréhende un problème récurrent à différentes époques.
Aujourd'hui, l'actualité devient injonction et l'immédiateté régit de plus en plus l'information, les gouvernances comme les modes de vie. Une situation à bien des égards anxiogène. Éclairer la fabrication de nos lois peut nourrir les réflexions en prenant du recul et en réchauffant un peu l'atmosphère. Le récit ne se voulant pas linéaire car les textes législatifs sont truffés de pas de côté, de reculades, d'avancées voire de rebondissements, il pourra susciter échanges et questionnements collectifs. Les textes de loi débattus, votés, ordonnés, abandonnés, repêchés, oubliés ou adulés sont autant d'outils pour gérer les problèmes politiques, sociaux ou économiques du moment. On peut donc s'en inspirer pour continuer à avancer et quoiqu'il en soit : plus on en sait, mieux on se porte.

Coup d’œil dans le rétro
Formée à la sociologie, j'ai pu étudier un moment de crise des années 1980 avec la découverte du virus du sida. Telle une lanterne rouge, le sida est devenu phénomène éclairant préjugés, systèmes de domination moraux, politiques et économiques mais suscitant aussi des ripostes inédites. De quoi rendre le sujet, certes grave, passionnant.
En tant que journaliste et documentariste, j'ai eu maintes fois à m'interroger sur des faits révélateurs. La Fabrique de l'histoire sur France Culture à laquelle j'ai collaboré une vingtaine d'années m'a permis de les visiter à différentes époques. Durant plus de dix ans, j'y ai livré chaque mois « Un saut dans la loi », où je rappelais une loi ancienne en fonction de l'actualité. Et j'ai pu constater combien l'histoire des lois est fluctuante, riche, étonnante à bien des égards. Sait-on que la loi de 1910 sur les retraites fut débattue durant une trentaine d'années, que la loi Veil de 1975 a aboli celle de 1920, votée alors que le souci de repeupler le pays était criant ou que les plans banlieue actuels prennent leur origine dans un texte adopté en 1928, en plein scandale des « mal-lotis » à la périphérie de Paris ?
Forte d'une certaine aisance oratoire que j'aime agrémenter de traits d'humour et d'humeur, j'aimerai aujourd'hui partager cette connaissance avec un public susceptible de la questionner. Une rencontre qui, je l'espère, donnera lieu à des échanges fructueux tant pour moi que pour l'auditoire.

Pour toutes informations sur le coût et l'organisation
d'une conférence-exposé me contacter :

amelie.meffre@laposte.net

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Violences sexuelles
Violences sexuelles : Damien Abad nommé ministre malgré un signalement adressé à LREM
L’ancien patron des députés LR, Damien Abad, a été nommé ministre des solidarités en dépit d'un signalement pour des faits présumés de viols adressé à LREM et LR par l’Observatoire des violences sexistes et sexuelles en politique. Deux femmes, dont Mediapart a recueilli les témoignages, l’accusent de viols, en 2010 et 2011. Il conteste les faits.
par Marine Turchi
Journal — Politique
Pap Ndiaye fait déjà face au cyclone raciste
La nomination de Pap Ndiaye au ministère de l’éducation nationale a fait remonter à la surface le racisme structurel de la société française et de sa classe politique, une vague qui charrie avec elle la condition noire et la question coloniale. La réaction de l’exécutif, Emmanuel Macron en tête, donnera une première indication sur la tonalité du quinquennat.
par Ilyes Ramdani
Journal
En Italie, la post-fasciste Giorgia Meloni cherche à faire oublier ses racines
Elle espère devenir l’an prochain la première femme à présider le Conseil en Italie. Héritière d’un parti post-fasciste, ancienne ministre de Berlusconi, Giorgia Meloni se démène pour bâtir un parti conservateur plus respectable, en courtisant l’électorat de Matteo Salvini. Une tentative périlleuse de « dédiabolisation ».
par Ludovic Lamant
Journal
Mario Vargas Llosa, Nobel de l’indécence
L’écrivain péruvien de 86 ans, entré à l’Académie française en fin d’année dernière, vient de déclarer sa préférence pour Bolsonaro face à Lula. Cette nouvelle prise de position politique reflète un parcours intellectuel de plus en plus contesté, marqué par des soutiens à des figures d’extrême droite en Amérique mais aussi de la droite dure en Espagne. Une enquête du n° 20 de la « Revue du Crieur », disponible en librairie. 
par Ludovic Lamant

La sélection du Club

Billet de blog
Villages morts, villes vivantes
Nouvelle édition de « Printemps silencieux » (Wildproject). La biologiste américaine Rachel Carson avait raison bien avant tout le monde. Dans de nombreux villages de France, les oiseaux sont morts. Carson nous dessille les yeux au moment où une nouvelle équipe ministérielle veut accélérer la transition écologique. (Gilles Fumey)
par Géographies en mouvement
Billet de blog
Rapport Meadows 11 : est-il encore temps ?
Est-il encore temps, ou a-t-on déjà dépassé les limites ? C'est la question qui s'impose à la suite des lourds bilans dressés dans les précédents épisodes. Écoutons ce qu'a à nous dire sur le sujet le spécialiste en sciences et génie de l'environnement Aurélien Boutaud,
par Pierre Sassier
Billet de blog
Le stade grotesque (la langue du néolibéralisme)
[Rediffusion] Récemment, je suis tombée sur une citation de la ministre déléguée à l’industrie, Agnès Pannier-Runacher... Il y a beaucoup de façons de caractériser le capitalisme actuel. À toutes définitions politiques et économiques, je propose d'ajouter la notion de grotesque.
par leslie kaplan
Billet de blog
Quand Macron inventait « l'écologie de production » pour disqualifier les pensées écologistes
[Rediffusion] Au cours de son allocution télévisée du 12 juillet 2021, Emmanuel Macron a affirmé vouloir « réconcilier la croissance et l'écologie de production ». Innovation sémantique dénuée de sens, ce terme vise à disqualifier les pensées écologistes qui veulent au contraire poser des limites, sociales et écologiques, à la production. Macron, qui veut sauver la croissance quoi qu'il en coûte, n'en veut pas.
par Maxime Combes