MACRON face à FLORI ou comment l'inculture génère la polémique- épisode 1

D'après le Président Macron, l'afficheur corse FLORI l'aurait grimé en Hitler et comparé à Pétain : insulte à la République ou méconnaissance des codes artistiques ?

On le croyait lettré, c'est du moins l'image que l'Elysée voulait présenter aux Français via les médias. Le Président Macron aurait-il un talon d'Achille culturel ? Après l'état de grâce accordé par les lambda, l'Etat de grasse des financiers se délite avec la chaleur estivale et les manifs... tout fond et la nature humaine a raison du temps existentiel. Les lambda tombent des nues, et pourtant, des signes précurseurs avertissaient tout observateur. Cependant, les lanceurs d'alerte étaient relégués au rang de complotistes car en France, il semblerait que seul, l'Etat puisse avoir le monopole du complotisme...en laissant croire qu'il provient d'autrui.

Le Président Mitterrand affichait une bibliothèque éclectique dont seule, la poussière avait lu tous les ouvrages stockés, ce qui faisait rire sous cape les intellectuels. Le Président Chirac avait goût prononcé pour la culture exotique, sans doute parce que cela le confortait dans sa supériorité coloniale refoulée...sa passion pour la tête de veau témoignait de cet inconscient vainqueur sur l'ennemi dont il mangeait déjà la tête au Néolithique, sans doute ? Le Président Sarkozy, se voulant la réincarnation de Napoléon, pensait peut-être revisiter son parcours depuis la campagne d'Egypte afin de se l'approprier et dominer les "arabes de Kadhafi"...manière d'accéder à une culture qui lui était étrangère, étranger hongrois qu'il était à la culture gauloise comme Buonaparte l'Italien l'était à la culture française. Avec le Président Hollande, tout change. C'est un  président normal a-t-il répété. Mais qu'est-ce que la normalité dans une France en perte de repères culturels et sous domination de culture yankee d'un côté et de culture islamique de l'autre ? Qu'allait nous concocter son successeur à l'Elysée ? Non, Macron (tout comme Hercule dès le berceau) était a-normal : c'était un surdoué. Sauf qu'il aurait échoué par trois fois au concours d'entrée à Normale Sup, se recyclant à Sciences Po, d'après un biographe ! Il est vrai que le niveau n'a rien de comparable. Le Président Macron serait-il moins brillant qu'on a voulu nous le faire croire ? Dans ce cas, qui dirige réellement la >France ? Qui sont les puissances financières internationales qui l'ont installé au pouvoir et dont il ne serait que la marionnette ?

La NATURE entrave l'accès à la CULTURE

Jeune, il fit du théâtre afin de surmonter son zozotement, handicap physique incontestable dans l'exercice de ses fonctions présidentielles présentes car, bien qu'atténué dans ses discours-fleuves, zozoter ne fait pas sérieux et prête à sourire avec condescendance (dans le cadre d'un individu médiatisé). Il ne fait aucun doute que ce désagrément de langage porte l'individu à se sentir diminué, générant un sentiment d'infériorité qu'il s'empresse de compenser par un désir de domination sans bornes. Le fait est connu en philosophie, et la psychanalyse qu'elle soit portée par Freud ou par Reich, atteste de ce phénomène récurrent chez un sujet-pensant. Le bon comédien n'adhère pas à son personnage. Se prendre pour relève de l'école théâtrale russe d'un Stanislavski, mais peut mener à la dérive mentale. Si le jeu de rôle peut débloquer des pathologies afin d'aider à leur guérison, il n'en va pas de même avec certains jeux vidéo ou encore par l'accès à la Président=ce de la République, sommet du pouvoir absolu dans un jeu de rôle. Posséder le pouvoir sur autrui est le désir irraisonnable d'un Moi exacerbé égocentrique. L'exemple de chefs d'Etats africains et arabes a démontré les ravages que cela entraînait sur leurs populations et les dérives totalitaires voire dictatoriales et tyranniques qui s'instauraient.

Les débuts de la Présidence macroniste ont dévoilé un certain nombre de fausses notes allant dans ce sens. L'épisode de la réception du Président Poutine à Versailles non suivie d'une réciprocité en Russie fut une insulte diplomatique à la grande Russie par le petit coq gaulois. Le "c'est moi l'chef !" tancé" par le Président Macron à son chef d'état-major des Armées françaises garant de notre sécurité nationale en dit long sur l'impuissance avérée de celui qui espérait s'arroger tous les pouvoirs et disposer d'une puissance sur tous ses sujets, tel le monarque absolu qui règne par fait de Prince et non par le Droit démocratique. Ce comportement démontrait déjà que le chef de l'Etat prenait conscience de son immaturité dans la gestion de situations nécessitant des compétences dont il était carencées et auxquelles il répondait par l'arrogance du jeune éphèbe vaniteux en peine représentation théâtrale. Loin de la sagesse des Rois de France qui s'entouraient d'un Fou du Roy afin de ne pas tomber dans le piège du narcissisme et l'aveuglement passionnel du pouvoir ou de la jouissance des flatteries courtisanes, le Président Macron a vu en Michel-Ange FLORI un miroir déformant alors qu'un humoriste n'est rien d'autre qu'un Fou du Roy : miroir édifiant de soi-même dans lequel le sujet-pensant reconnaît son Moi. Parodiant Molière, Emmanuel Macron est remonté sur scène en s'écriant ;"Cachez cette âme que je ne saurai voir !", outré par le reflet que lui renvoyait l'affiche-miroir. Un dépôt de plainte contre FLORI fit certainement sourire le Tribunal d'Instance de Toulon : dans le sud, on aime à plaisanter sans formalisme et Fernandel comme Pagnol avaient habitué les Français à ces boutades humoristiques spontanées qui font le charme des apéros sous l'effet du pastis et du soleil. Les commentaires fusèrent et l'on pensa qu'un scribouillard de l'Elysée avait cru bon défendre son Patron en saisissant la Sûreté Départementale et le Parquet de Toulon. Qui aurait pu imaginer qu'un Président hors normes, parce que prétendu lettré, était l'auteur de cette plainte risible ? Lors de sa visite officielle à Marseille cette semaine, en a-t-il profité pour venir à Toulon en catimini, signifier au Tribunal que "son affaire" contre Flori devait tourner à son avantage ? Une chose est certaine, c'est que l'accès à Toulon était brusquement devenu difficile, des bus de ville supprimés sans avertissement préalable aux usagers, des embouteillages inimaginables sur les axes menant au centre de Toulon où siège le Parquet... bref, des anomalies qui pouvaient faire jaser les mauvaises langues, et laissaient libre cours à toutes les spéculations : pression présidentielle en présentiel sur les magistrats ?

Le Président MACRON n'est pas le prophète MAHOMET !

Quelques mois plus tôt, Emmanuel Macron n'avait-il pas été faire "de la pédagogie" aux Emirats arabes abrutis (en l'état brut de nature humaine, sans culture, et qu'il fallait éduquer par la pédagogie colonisatrice comme on éduque les scolaires encore immatures en leur inculquant les rudiments de la pensée unique à apprendre par coeur, pensée unique européenne car, bien sûr, les autres nations n'ont pas de culture ou si elles en ont, elles doivent absolument appliquer la nôtre y compris chez eux  ! C'est le discours sans doute appris à Sciences Po et dont est imprégné l'élève studieux Emmanuel ?) en leur vantant les bienfaits et la suprématie de la culture française du libre-arbitre humoristique d'un présupposé Mahomet caricaturé dans Charlie-Hebdo ? Et voilà que, désormais, Macron fait les frais de la liberté d'expression artistique qu'il venait de défendre aux yeux du Monde entier (grandissant la France dans l'imaginaire des peuples opprimés), le renvoyant à ses insuffisances de sujet suffisant. A force d'endosser des personnages de domination, il n'avait pas prévu que son comportement prêtait à lui attribuer d'autres personnages de l'Histoire qu'un François 1er à Chambord, un Louis XIV à Versailles, un Bonaparte se sacrant à Notre-Dame de Paris... L'humour décapant de FLORI a mis à nu le personnage politique : Rideau, le spectacle est fini ! La pièce est tragique et l'acteur refuse  d'endosser le rôle. Déni de réalité ou scène finale de l'Acte III pour la République française ?

La liberté d'expression est bâillonnée, la censure s'applique à l'art... une première depuis le nazisme en Europe. Par cette affiche, FLORI serait-il prophète ? Y a-t-il blasphème envers un dieu auto-proclamé ? Y a-t-il "outrage à personne dépositaire de l'autorité publique" comme l'indique le libellé de la plainte ? ou tout simplement y aurait-il un chef d'oeuvre artistique ?

A partir de l'analyse technique et philosophique de l'objet de la discorde, tentons d'apporter une réponse digne des enjeux.

AVERTISSEMENT

L'oeuvre incriminée n'est pas une oeuvre isolée : elle appartient à un triptyque dans la pure tradition des icônes médiévales sacrées...tout un symbole ! Mais pour le comprendre, il faut avoir quitté son état de nature humaine et avoir accédé à un état de culture.

Qu'est-ce qu'un triptyque ? C'est une oeuvre d'art pictural sacrée qui s'expose à la vue des fidèles. Elle est composée de trois tableaux distincts qui forment une unité mentale symbolique. Fréquemment, au centre du triptyque est la Vierge Marie ou Jésus en Domination (appelé aussi Pantocrator). Le volet de gauche représente un saint protecteur, le volet de droite indique les puissances en présence pour accéder à la transcendance. Dans la tradition orthodoxe byzantine, trois icônes forment le triptyque dont on peut refermer les volets. Très en vogue dans l'Eglise catholique et l'Eglise orthodoxe du Moyen-Age jusqu'au XVIIIème siècle, le triptyque apparaît au XXI ème siècle comme du néo-médiéval d'un point de vue formel. Cependant, sa modernité peut se trouver confortée si des éléments fondateurs viennent modifier la façon et/ou la symbolique traditionnelle. Dans le cas spécifique qui nous intéresse ici, la modernité est avérée à la fois par la forme et par le fond, comme l'analyse détaillée va le préciser dans les paragraphes suivants.


Qu'est-ce qu'une icône ? C'est une peinture destinée à être affichée sur un support qui puisse permettre son adoration. Elle représente les envoyés de dieu avec leurs attributs afin de les méditer. Les personnages sont des avatars et non des représentations naturalistes. On reconnaît leur identité à leur costume et leurs attributs. Le visage est toujours le même sans expressivité passionnelle. Ils sont toujours figés. Ils peuvent être seuls en scène ou à plusieurs à condition de former une unité mentale. Le dessin est toujours en couleur qui respecte un code connu des adeptes. Dans les églises orthodoxes grecques (où l'on peut se faire voir chez les Grecs" selon l'expression consacrée !), les icônes s'affichent en hauteur afin d'être vues de tous mais aussi parce que les personnages sont hors normes du commun des mortels... ils sont au-dessus de nous autres lambda. A des fins de méditation, l'icône est accompagnée d'une inscription. Les trois parties du triptyque qui nous intéresse sont trois icônes dans la tradition byzantine : seul , le revers du triptyque fermé n'a pas le statut artistique d'icône mais seulement de blason.

Qu'est-ce qu'un blason ? C'est une invention d'Europe de l'Ouest qui remonterait à Guillaume le Conquérant, duc de Normandie, et qui permettait au chef de guerre de se faire reconnaître de ses soldats sur le champ de bataille. Ensuite, il évolua en tant que marque identitaire d'un individu (noble ou commerçant ou artisan) ou d'une confrérie (religieuse, professionnelle ou maçonnique). Prétendre se reconnaître représenté sur un blason, c'est s'approprier une identité réelle ou imaginaire. Trois affiches de ce triptyque générant la polémique judiciaire actuelle sont conçues comme des blasons, respectant les règles spécifiques de l'héraldique traditionnelle médiévale.

Ces trois éléments techniques concernant la forme de l'oeuvre présentée par M.-A. FLORI attestent du statut d'oeuvre d'art et non d'un quelconque outrage bassement politicien. Le choix de l'exposition sur affichage publicitaire de la voie publique est une réponse pertinente à la crise sanitaire imposant le passe pour accéder aux lieux habituels d'exposition artistique (musées, bibliothèques, galeries d'art). Ainsi, afin de ne pas pénaliser le public par une discrimination sans fondement constitutionnel, l'auteur a-t-il  voulu permettre l'accès à la culture pour tous. On ne peut que lui en savoir gré.

Reste le problème de fond qui, lui, est une affaire d'appréciation subjective puisque personnelle et tributaire des émotions. Ce qui nous intéresse donc c'est de savoir s'il y a ou non OUEVRE d'ART. Une oeuvre d'art ne peut être en elle-même outrage, elle est  expression d'une sensibilité d'opinion proposée par un artiste. La loi française sanctionne l'outrage mais la Constitution ayant force de loi au-dessus des lois protège l'expression artistique sous toutes ses formes et sur le fond. Pour mémoire, reprenons les termes exacts de la Constitution actuellement en vigueur dans notre pays, à titre de preuve juridique incontestable. Car, c'est sur la PREUVE que doit se finaliser tout jugement et non sur une interprétation personnelle (donc subjective) d'une sensibilité humaine psychopathe.

CLAUSES de la CONSTITUTION Française :

- dans son Préambule : "le Peuple français proclame solennellement son attachement aux Droits de l'Homme."

Parmi les Droits de l'Homme figure celui de la liberté d'expression artistique. Si, en effet, il est avéré que l'oeuvre de la polémique n'est pas une oeuvre d'art, l'afficheur FLORI ne peut pas prétendre s'appuyer sur le Préambule de la Constitution pour défendre sa cause, et dans ce cas (et seulement dans ce cas) ses affiches sont prises individuellement comme OUTRAGE. Et là, c'est au plaignant de démontrer qu'elles ne forment pas un triptyque ni que chacune ne réunit pas les conditions pour être considérée comme artistique.

- article 1 : "La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. (...) Elle respecte toutes les croyances."


En démocratie, est-ce qu'une oeuvre d'art est censurable en tant qu'oeuvre ? L'Etat fait-il montre de respect des croyances individuelles en portant plainte ? Lee Président Macron ignore-t-il l'article 1 de la Constitution dont il est le garant légal et légitime ? Ayant fait l'ENA et Sciences Po, cela est peu probable et nous opterons plutôt sur une influence extérieures, voire d'un conseiller, qui n'aurait qu'une formation sommaire en droit constitutionnel puisque venant de la société civile et non administrative d'Etat. De plus, le Président Macron s'étant fait le défenseur de Charlie-Hebdo, il semble peu probable qu'il ait manqué de discernement sur les affiches humoristiques de FLORI en tant qu'ensemble monumental se donnant à voir comme oeuvre d'art à épisodes.

- article 2 ;" "Son principe est : gouvernement du peuple par le peuple, pour le peuple".
Le peuple n'a-t-il plus le droit de s'exprimer sans être traîné devant les tribunaux ? Cela signifierait que la France est tombée dans la dictature où seul, le pouvoir en place peut s'exprimer et dicter au peuple comment il doit penser et se comporter. Se peut-il que le Président Macron ait une âme de dictateur et bafoue les articles de la Constitution qu'il représente ? Le Parquet de Toulon doit donc statuer sur le fond en recherchant l'intentionnalité du Président Macron dans cette plainte pour outrage.

- article 4 : " La Loi garantit les expressions pluralistes des opinions."

Mais il semblerait que le pluriel doive rester singulier dans la ligne droite de la Pensée Unique. Pourtant, le Président Macron est issu d'une lignée de littéraires qui a fait ses Humanités, il est de ce fait habitué à la philosophie de Socrate qu'il privilégie certainement à la rhétorique de ses adversaires de l'Acropole, pourtant enseignée à Sciences Po ...mais en diplomatie, la rhétorique prime sur la recherche de Vérité, et par conséquence sur la pluralité des opinions qui alimentent le discours du raisonnement philosophique. La question est posée : quelle "école" le Président Macron privilégie-t-il en tant que Président de la République garant de l'article 4 de la Constitution ? A-t-il choisi le camp de l'Acropole contre l'Agora ? Le dépôt de plainte et la suspicion d'influence sur le Parquet de Toulon et/ou le Conseil de Sûreté départemental lors de son séjour en PACA et plus précisément lors de sa visite à Marseille posent un double questionnement qui confond intérêt de l'Etat et intérêts personnels. Le Parquet de Toulon est ici face à un dilemme à résoudre avant délibération.

Ceci étant posé, le lecteur non averti en culture sacré européenne et en constitutionnalité comprendra mieux le sens profond que l'afficheur Michel-Ange FLORI a donné à son oeuvre puisque, comme il l'affirme, il s'agit bien d'une oeuvre artistique, ce que confirme l'analyse technique et symbolique des trois volets iconiques dont nous allons réaliser une analyse approfondie et qui permettra à) chaque citoyen comme aux jurés de porter un jugement en connaissance de cause (jugement objectif) et non en "intime conviction" (jugement arbitraire, tributaire des a priori, préjugés et désinformation, donc subjectif.)

ANALYSE CRITIQUE ARTISTIQUE

Voyons d'abord séparément le volet gauche du triptyque, objet de la plainte.

MACRON grimé en HITLER ?

Le 21 juillet dernier, le quotidien Var-Matin s'empare d'une affaire hors norme suite à l'affichage d'un panneau publicitaire dans l'aire toulonnaise. L'article 4 de la Constitution stipule pourtant que "la loi garantit les expressions pluralistes des opinions (...) à la vie démocratique de la nation."

Qui saisit la Justice ? A ce moment-là, on l'ignore encore, Var-Matin n'osant même pas aborder le sujet. Fâcherait-il ? Est-il responsable de nommer un coupable sans nommer l'accusateur ? Ce comportement frôle étrangement l'accusation gratuite, le colportage d'un commérage, l'intime conviction d'un individu condamnant d'avance un innocent par le biais de l'effet médiatique (l'affaire Colonna nous avait déjà habitué à un tel comportement de la part des médias et des pouvoirs politiques, il était donc normal de se méfier d'une telle annonce.).

Qui signe l'article ? Aucun nom car l'auteur n'a même pas le courage d'assumer ses propos ; juste deux initiales : M.G. (avec E.M). Que signifie E.M. ? Emmanuel Macron ? Doit-on y voir une tentative d'influence sur la Justice ? Pourtant, au même moment, le  Garde des Sceaux, ministre de la Justice est mis en examen ... il peut donc témoigner de fait que la Justice française est bien indépendante du pouvoir politique.

En titre ; "Macron comparé à Hitler(...)" Mais qui compare Macron à Hitler en dehors du journaliste rédacteur dudit billet ? L'analyse artistique démontre le contraire. Inculture à Var-Matin ? Ce ne serait pas une première ! Pas davantage que dans les sphères politiques d'ailleurs !

Maniant l'humour populaire français, la technique artistique du pop'art américain dans une tradition chevaleresque médiévale française, le tout sur un support contemporain publicitaire renvoyant à l'adoration de l'icône grecque, Michel-Ange FLORI est un humoriste talentueux et conforme à son époque. Sa thématique préférée : la politique à chaud. L'exercice artistique n'est donc pas sans risque et nombreux sont les humoristes qui perdirent leur vie par fait de Prince lors de ce jeu périlleux traditionnel depuis au moins le Moyen-Age occidental. Avec l'avènement de la Gauche caviar au sommet de l'Etat en 1981, les humoristes politiques connurent et connaissent encore des heures sombres comme si l'humoriste devait rester une force d'opposition de gauche contre la droite et ne jamais s'attaquer à la gauche. Sauf que la logique artistique ne suit pas ce raisonnement. L'oeuvre d'art est d'abord un acte créateur unique avant de devenir acte politique. Et c'est le cas de cette affiche publicitaire.

Que montre l'oeuvre ?

Il s'agit d'un écu, tel un blason sur un bouclier comme  pour protéger le citoyen-lambda. Il est componé en deux parties verticales (verticalité du pouvoir central) dont la partie gauche, gueule sur argent, présente un personnage en portrait américain, figé de face, dans la position de l'icône, ses mains cachant son sexe restent invisibles. On devine seulement qu'il peut tenir quelque chose. Des mauvaises langues diront son sexe, d'autres un révolver prêt à descendre de sang froid l'ennemi déjà à terre. L'expression du visage est fermée comme dans le cas de l'avatar d'une icône. La partie droite, argent sur gueule, est coupée : un gros plan sur son brassard en haut, la devise du chevalier en bas "obéis, fais-toi vacciner".

La forme traditionnelle de l'héraldique est respectée à l'exception du cadre, un rectangle contemporain. L'inscrire non pas sur un bouclier permettant de connaître l'identité du combattant comme au XII ème siècle, ou sur un sceau au bas d'une Ordonnance royale comme cela se pratiquait jusqu'à la fin de la monarchie et de l'empire, mais sur un panneau publicitaire en bordure de route est en soi une innovation notable dans l'évolution de l'art contemporain exposé, et mérite qu'on y pose un regard interrogateur quant au fond.

La forme traditionnelle de l'icône byzantine est aussi respectée puisque l'icône à adorer se laisse à voir sur un support en hauteur, dans une mise en scène prêtant à méditation : bord de route très fréquentée, avec pour décor de fond le ciel provençal : "bleu,bleu blanc, le ciel de Provence..." disait la chanson donnant à espérer d'un bonheur de vivre comme l'icône donne à espérer dans les puissances célestes ; mais le Ciel s'invite à la mise en scène ! Lors de la prise de vue par le journaliste, il était fortement nuageux, ciel d'orage sec dont les pluies ne sont destinées qu'à l'intérieur des terres au-delà du massif montagneux. Ciel prémonitoire ? Ciel symbolique ? Il ne dépareille pas avec la thématique mais la renforce. Selon l'interprétation du spectateur, obéir aux ordres du personnage peut conduire à une vie meilleure ou au contraire au pire scénario. Tout dans l'icône byzantine est affaire de symboles et la conclusion est celle donnée par l'interprète, en l'occurrence le spectateur, qui se superpose à l'intention de l'artiste et peut parfois s'en écarter.

Toute oeuvre d'art véhicule l'opinion de son créateur. Tout créateur est marqué du sceau de l'actualité qui le touche profondément : c'est le choc émotionnel qui déclenche l'acte artistique. Le journaliste de Var-Matin écrit : "Son photomontage montrant le portrait du président Emmanuel Macron (...)". C'est une interprétation journalistique. Rien n'indique que le personnage soit le Président Macron, d'une part, et qu'il s'agisse d'un photomontage de son portrait d'autre part. Observons le personnage. Monsieur FLORI explique : "certains croient voir Macron grimé en Hitler." Comme toute icône, c'est le spectateur qui donne vie à son imagination et croit en la réalité de son illusion. Seuls, les initiés à des codes artistiques voient ou pensent voir ce que d'autres ne voient pas puisque toute vision artistique est illusion et imagination de l'esprit individuel. L'afficheur FLORI précise : "il porte une veste de Staline et une moustache, car, dans l'histoire de l'Europe de l'Ouest, un dictateur est représenté avec une moustache. Donc, cela peut être Staline, Hitler ou même Charlie Chaplin dans le DICTATEUR." Il aurait porté une barbe, aujourd'hui on aurait dit qu'il est grimé en islamiste radical se préparant au djihad, ou en Mahomet ! C'est ce dernier que choisirent les musulmans dans le personnage présenté par Charlie-Hebdo. Or, là encore il s'agissait d'une illusion puisqu'il n'existe aucun portrait de Mahomet, l'islam interdisant sa représentation afin d'élever le personnage au rang d'être mystérieux, le dessinateur n'avait donc pas eu accès à son portrait, et encore moins à sa photo puisque la photographie fut inventée plus de mille ans après ! Le spectateur est donc seul responsable de ses hallucinations et ne peut en faire porter la faute à l'artiste qui a, lui, une vision différente du monde.

Retenons avec intérêt ce que dit FLORI Charlie Chaplin, un grand artiste qui inspire un autre artiste (fait fréquent dans l'histoire de l'Art) , et un film "Le Dictateur" dont le titre renvoie à la déclaration du Président de la République le 12 juillet au journal de 20h. Les propos tenus à ce moment-là indiquaient que la France vivait en direct un coup d'Etat et basculait dans la dictature. Sans aucune consultation préalable, le Président Macron s'arrogeait tous les pouvoirs en dictant à la fois les mesures qu'il allait prendre, la conduite que devait tenir les Français, et le calendrier de la mise en place de ses propres décisions. Pourquoi ne faisait-il pas cas des assemblées parlementaires légalement instituées avec lesquelles il partage le pouvoir et sans lesquelles il ne peut prendre aucune décisions émanent de lui seul ? Avait-il donné un mot d'ordre d'obéir à son injonction pour qu'elles ne fussent pas même mentionnées ? Ces propos furent nuancés les jours suivants par le respect du protocole institué dans la Constitution. Cependant, il y eut bel et bien un flou verbal maladroit de la part du pouvoir suprême qui fut perçu comme un choc déclencheur de l'acte artistique. Il inspira d'autres humoristes. FLORI traduit à sa manière, et conformément à l'article 4 de la Constitution, sa perception de l'évènement. En effet, le Président Macron aurait dû présenter ses désirs comme un voeu pieux et non comme une réalité qu'il imposait "quoi qu'il en coûte !". La dictature n'st pas le prix qu'acceptent de payer les Français.

Dans l'héraldique tout comme dans l'icône, le personnage de l'écu donne l'identité du détenteur des armes du blason : c'est un avatar politique puisqu'il est une icône. Or, Macron n'a pas le statut d'avatar politique. Jusqu'au 12 juillet, il avait le statu du représentant légal et légitime du peuple français, et était garant du respect de la Constitution. Après l'allocution de ce jour-là, un flou a plané sur sa légitimité en raison du fait qu'au lieu de respecter la Constitution, il affichait publiquement une position dictatoriale anticonstitutionnelle. Durant ce flou, le monde entier a pu s'interroger sur le devenir de la République démocratique française. L'oeuvre de FLORI est donc un QUESTIONNEMENT. En effet, le personnage est en portrait "officiel" mains jointes sur le sexe, en attente. (à noter que les rois de France avaient la délicatesse de tenir un sceptre pour se donner une contenance, plutôt que de choisir leur "zizi" ! mais à chacun son époque). Ce dictateur n'agit pas et ne donne pas l'impression de vouloir agir. Dans les codes artistiques, cela signifie qu'il se donne à voir en tant qu'image et non en tant qu'acteur. C'est le cas de l'icône byzantine. Son statisme résonne comme une attente d'un scénario à venir : il n'affirme pas, il questionne sur le devenir....sur son propre devenir. Rien n'indique qu'il se préoccupe du devenir de la France. Mais est-il Français ? Rien ne l'indique puisqu'il porte une veste de Staline le Russe communiste, et la moustache d'Hitler l'Allemand nazi. On pourrait lui ajouter des yeux bridés à la chinoise... il est un avatar de chef d'Etat totalitaire, interchangeable d'un Etat à l'autre de l'Afrique à l'Asie, en passant par la vieille Europe et le continent américain du nord au sud. Il n'est pas la représentation naturaliste d'un homme (et encore moins d'Emmanuel Macron) mais le symbole du dictateur sous tous les cieux et sur tous les continents du monde contemporain (en effet, aucun trait spécifique ne fait référence au passé historique d'un pays ou d'un autre : la veste de Staline ne peut pas être confondue avec la personnalité du fürher...quand bien même tous les fürhers du monde se donneraient la mai...pauvre humanité : la guerre NBC ferait rage, elle ne fait que commencer par le coronavirus américain, arme létale présentée en 2017 comme "dissuasive" (cf les cours de l'Université PARIS  I Assas, Plateforme FUN du Ministère de l'Education Nationale de l'Enseignement Supérieur)... comment sera-t-elle lorsqu'elle deviendra "offensive" ? la question est posée. C'est aussi la question qui peut être posée à cet avatar dictateur : que tient-il dans ses mains ? Son sexe ou son arme dissuasive biologique ? Dans la symbolique, le sexe masculin est une force au même titre que l'objet révolver. Dans les deux cas, le sexe est biologique et le coronavirus est aussi biologique...là encore, nous pouvons en toute légitimité considérer "qu'il n'y a qu'un pass à franchir" pour donner une interprétation symbolique la plus proche possible de la réalité.)

Sur le bras gauche du dictateur est un brassard qui peut suggérer, de loin, le brassard de la Gestapo en parallèle mais non par analogie. Le cercle du brassard est agrandi dans la partie droite de l'écu. Et là, tout le monde peut constater que les lettres LREM ne sont pas disposées en croix gammée où le E aurait dû être placé entre le R et le M. En effet, la roue de la croix gammée est rompue puisque le E se situe sous le L. La disposition des lettres peut ainsi s'interpréter comme Le Roi en Majesté, puisqu'il s'agit d'un portait officiel ; il est un clin d'oeil humoristique au "Christ Pantocrator" ou Christ en Majesté des représentations chrétiennes au fronton des porches d'églises et sur les toiles d'icônes. De plus, le regard du personnage plonge dans le vague puisqu'il est avatar iconographique, à l'opposé des lettres, ce qui indique une vision d'avenir vers la sensibilité de gauche et non vers l'extrême-droite nazie (pour ceux qui y verraient une croix gammée). Jusque-là, on ne voit rien qu'y puissse prêter une intention dégradante à l'image du Président Macron si avatar-macron il y eut en intention. Aucun motif légitime d'en appeler à la Sûreté départementale et au Parquet de Toulon !

Le rectangle de l'écu est coupé par la devise totalitaire "obéis, fais-toi vacciner". Mais là encore une double lecture s'impose : tout est dans l'intonation que donnera le spectateur à cette phrase dans son imaginaire. Il manque le point d'exclamation du dictateur ;"obéis ! Fais-tois vacciner !" et le comédien peut très bien déclamer "obéis...tu vois bien que tu ne peux pas insister...dit-il d'une voix démoralisée, allez, sois sympa, fais-toi vacciner...poursuit-il dépité et sans espérance dans l'avenir." On est donc là) dans un choix interprétatif que seul, chauqeu individu spectateur, ne peut déclamer qu'en fonction de son âme, de son ressenti, de sa peur d'un avatar-dictateur ou d'un dictateur en devenir. L'inscription ne reprend pas les propos tenus par Macron. Seul, Nicolas Sarkozy eut l'indécence de tutoyer un sujet-pensant du peuple français, de surcroît en l'invectivant injurieusement avec son "casse-toi, pauv'con !" dont l'atteinte publique était légitimement condamnable mais ne fut pas condamnée en raison de l'article 67 de la Constitution qui stipule qu'un chef d'Etat n'est pas condamnable dans l'exercice de ses fonctions (N.B. carence législative qui pourrait permettre à un individu mal intentionné de se comporter comme se comporta le Président Trump débitant des injures indignes d'un chef d'Etat mais plutôt relevant d'un vocabulaire de loubard. Sarkozy a offert l'antichambre de ce que serait une gouvernance manquant de respect au peuple qu'un président est sensé représenter. Ce n'est pas le cas de Macron, et FLORI ne s'y trump pas, oserait-on dire.)

FLORI ne fait pas dans ce registre bas. Au contraire, par ce blason, il a fait montre d'un raffinement artistique porté à une subtilité satyrique digne de figurer parmi les chefs d'oeuve du genre, dépassant par sa simplicité formelle et sa force expressive condensée les dessins surchargés de DAUMIER. Cet "hitler" n'est pas plus la caricature de Macron que le "mahomet" de "tout est pardonné" après les tueries terroristes de Charlie-Hebdo et du supermarché juif n'était la caricature désobligeante de Mahomet. C'est le spectateur qui l'interprète ainsi en fonction de ses propres fantasmes refoulés et de son niveau culturel. Dans les deux cas, le personnages est un avatar que le spectateur s'approprie en lui dédiant une identité issue de sa perception subjective d'un spectateur à l'autre. Elle n'a pas force d'opinion collective ni de jugement de valeur dirigé vers un individu désigné par l'artiste (qui lui-même ne désigne pas spécifiquement un être nommable.) Et comment savoir si l'artiste désignait réellement un individu précis ? Qui peut se permettre de l'affirmer en dehors d'un journaliste véreux ? Cette perception relève de l'illusion qui surgit de l'inconscient d'un spectateur devant toute oeuvre d'art. Freud soulignait cette sensation de persécution chez certains sujets exposés à un refoulement critique et qu'une image peut exacerber, générant un flux d'analogies avec l'effet matriochka. W. Reichn quant à lui, y voyait plutôpt l'expression d'une essence humaine incapable d'accéder à un état de culture durant son existence. Il semble impossible qu'Emmanuel Macron puisse se méprendre au point de porter plainte contre FLORI pour outrage. De quel outrage s'agit-il ?N A-t-il au moins vu l'oeuvre dans son entier ? Icône d'un volet gauche de triptyque qui ne peut se lire en dehors de son contexte. Lui a-t-on donné à voir les autres volets du triptyque N? Y a-t-il eu dissimulation volontaire de ces volets à des fins d'outrage envers l'afficheur FLORI ? Une telle intention serait condamnable car il y aurait détournement d'expression artistique à des fins de porter préjudice à son auteur. Est-ce un règlement de compte bassement orchestré dont le Président Macron ne serait que la marionnette ? A qui profite le crime ?

Ce dictateur symbolique, avatar sans figure autre que le visage figé de l'icône, sans lien avéré avec Emmanuel Macron homme ou président, rappelle au monde entier l'existence des Droits de l'Homme qu'un chef d'Etat doit envers son peuple, qu'il soit Français, Russe, Chinois, Turque... parce qu'après toute cette polémique stérile, l'enjeu de ce blason artistique, c'est le rappel des libertés fondamentales individuelles et collectives à tous les dictateurs de la planète. Monsieur FLORI n'est que le Fou du Roy, lanceur-d'alerte et fait écho aux affiches de Marine Le PEN qui délivrait le même message autrement "Français, réveillez-vous !"

Que nous apprennent les deux autres icônes du triptyque ? Elles confirment l'analyse précédente et ferons l'objet de la prochaine analyse.

ANAELLE-BREIZH, Docteur ès-PHILSOPHIE

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.