Anaes
J'analyse ou je tire à vue. Ou les deux.
Abonné·e de Mediapart

25 Billets

0 Édition

Billet de blog 1 sept. 2012

L'hollandolâtrie des antisarkozystes

Anaes
J'analyse ou je tire à vue. Ou les deux.
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

L'election de François Hollande a eu de bizarres conséquences sur des esprits qui étaient si critiques auparavant à propos de la politique présidentielle. Je ne vais citer que deux exemples.

Premièrement, le blogueur nommé Jegoun, actif sur une série de blogs, dont celui ci : partageons mon avis. Doté d'un certain sens de l'humour, moyennement intelligent et pilier de bistrot, il fut un féroce contempteur de Sarkozy. Il avait pris position pour François Hollande lors de la primaire, puis lors de la présidentielle. Depuis lors, convaincu du bien fondé du programme de Hollande, il soutient sans réserve la politique du PS, y compris dans son initiative de l'adoption du traité européen de stabilité budgétaire (le traité sarkozy merkel). En effet, puisque le PS dit que c'est bien, c'est bien. Paradoxalement, il pense que la politique du PS doit permettre de "sortir de l'insécurité sociale, physique, économique, …" quand bien même le traité européen qu'il veut voir adopter prévoit des coupes budgétaires, la poursuite de la casse et de la provatisation des services publics, etc.

Cela m'amène à la conclusion que ce blogueur est de bonne volonté, mais qu'il n'a tout simplement aucune culture politique, aucune idéologie (=système d'idées) personnelle solide, et est prêt à gober n'importe quoi du moment qu'il a confiance en la personne qui le dit. Problème : il a remis sa confiance en de mauvaises mains.

Par ailleurs, il est persuadé que le PS, avec le concours des autres PS européens, non seulement va obtenir la majorité au parlement européen (Martine Aubry l'a dit, vous comprenez, même si cette majorité est arithmétiquement quasi impossible), mais en plus qu'ils vont construire une alternative à gauche, qu'ils vont changer d'orientation par rapport aux politiques qu'ils ont précédemment faites. Vous comprenez, le SPD de Schröder qui a par la suite gouverné avec Merkel, le PSOE de Zapatero qui a appliqué une sévere politique d'austérité en Espagne, le PS Portugais de Socrates qui a fait la même chose au Portugal, le Labour Party anglais, le PS wallon qui applique en ce moment même l'austérité, et le PASOK de Papandreou, réélu président de l'internationale socialiste auxquels tous les partis précédents sont affiliés vont tout à coup dire "on va cesser d'avoir une politique néolibérale", selon lui ! C'est logique, en effet, puisque la première secrétaire l'a dit... (et j'ai oublié plein de PS d'europe).

Dernière chose avec lui : puisque Martine Aubry a dit qu'on ne pouvait faire une politique de gauche qu'au niveau européen avec les partis Socio-néolibéraux précédemment cités, il en conclut que que "tous ceux qui pensent qu'on pourra faire bouger l'Europe en vitupérant pendant des meetings sont des clowns.", comprenez Mélenchon et ses supporters, qu'il ne manquera pas d'accuser de la défaite d'Hollande en 2017 lorsque ce dernier, du fait de sa politique d'austérité, se sera rendu ultra impopulaire. Limpide, non ?

Deuxièmement, le blogueur nommé Juan (ex-Sarkofrance). Plus intelligent que le précédent, il a deux blogs principaux, celui appelé Les Chroniques de Juan (anciennement appelé Sarkofrance pendant le mandat de Nicolas Sarkozy) où il se contente de compiler des faits et de les commenter, et les Coulisses de Juan (anciennement les Coulisses de Sarkofrance), où il parle davantage de politique et livre ses reflexions. Lui aussi est un inconditionnel de Hollande, mais pour, à ce qu'il me semble, des raisons différentes. (Je suis son blog par intermittence depuis 2007, notamment parce qu'il publie sur Marianne2). En effet, il est plutôt de gauche, se définit lui même comme écolo ET marxiste, a hésité à voter Mélenchon, mais est politiquement completement dépressif. Je m'explique : convaincu que la gauche est ultra minoritaire et le sera toujours dans ce pays, il est prêt à renoncer à toute politique de gauche tant que quelqu'un se revendiquant de gauche est au pouvoir. Par ailleurs, ayant suivi de très près Sarkozy, je suppose qu'il a été très fortement dégoûté par l'homme, et pour lui, virer l'homme revient à virer sa politique. Malheureusement, Sarko, ce n'était pas lui le problème, c'était la politique... Si sarko avait fait une politique de Gauche, je l'aurai apprécié, malgré tous ses défauts... Et la politique de Hollande qui diffère si peu de la politique Sarkozienne, lui la voit comme foncièrement différente. Même si, pour l'instant, le changement se fait attendre...

Du coup, lui aussi reste, dans sa logique défaitiste, désespérément Hollandolâtre...

Camarades de gauche, ouvrez les yeux...

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Europe
L’« année zéro » de la diplomatie allemande
La Russie vient de donner une rude leçon de géopolitique à l’Allemagne en lui rappelant sa vulnérabilité militaire et économique. Pour la diplomatie allemande, qui a misé sur la carte russe pendant vingt ans, l’humiliation est profonde, et le constat brutal. Premier volet de notre série sur « l’adieu au pacifisme » outre-Rhin.
par Thomas Schnee
Journal — Liberté d'expression
Un retour sur l’affaire Rushdie
Alors que Salman Rushdie a été grièvement blessé vendredi 12 août, nous republions l’analyse de Christian Salmon mise en ligne en 2019 à l’occasion des trente ans de l’affaire Rushdie, lorsque l’ayatollah Khomeiny condamna à mort l’écrivain coupable d’avoir écrit un roman qu’il jugeait blasphématoire. Ce fut l’acte inaugural d’une affaire planétaire, sous laquelle le roman a été enseveli.
par Christian Salmon
Journal — Climat
Près de Montélimar, des agriculteurs exténués face à la canicule : « Beaucoup de travail et de questions »
Mediapart a sillonné la vallée de la Valdaine et ses environs dans la Drôme, à la rencontre d’agriculteurs qui souffrent des canicules à répétition. Des pans de récoltes grillées, des chèvres qui produisent moins de lait, des tâches nouvelles qui s’accumulent : paroles de travailleurs lessivés, et inquiets pour les années à venir.
par Sarah Benichou
Journal
Perquisition chez Trump : les documents ultra-confidentiels saisis par le FBI
L’inventaire de la perquisition menée par le FBI au domicile de Donald Trump, en Floride, a été rendu public vendredi. Les agents fédéraux ont saisi dans la villa de l’ancien président plusieurs documents classés top secret et diverses notes, dont l’une concerne Emmanuel Macron. Trump est soupçonné d’avoir mis en danger la sécurité nationale.
par Patricia Neves

La sélection du Club

Billet de blog
Face aux recommandations du GIEC, comment réconcilier l’écologie avec le nucléaire
L'écologie politique a toujours manifesté une aversion contre le nucléaire. Pourtant, cette source d'énergie décarbonée n'est pas dénuée d'intérêt. D'où vient alors ce désamour pour le nucléaire ? Le nucléaire devrait se guérir de deux maux: sa filiation militaire qui met en exergue sa dangerosité, et l'absence d'une vision stratégique renouvelée et forgée avec l'adhésion de la société.
par francois brechignac
Billet de blog
Le piège du nucléaire
Maintenant que la France est en proie à des incendies en lien avec le réchauffement climatique, que notre pays manque de plus en plus d’eau et que notre président et ses ministres, après avoir renationalisé EDF, nous préparent un grand plan à base d’énergie nucléaire, il serait temps de mettre les points sur les « i ».
par meunier
Billet de blog
Le nucléaire sans débat
Où est le débat public sérieux sur l'avenir du nucléaire ? Stop ou encore ? Telle est la question qui engage les générations futures. Une enquête remarquable et sans concession qui expose faits et enjeux. (Gilles Fumey)
par Géographies en mouvement
Billet de blog
Réagir avant qu'il ne soit trop tard 2/4
L’avenir n’est plus ce qu’il était ! La guerre en Ukraine, la menace nucléaire, la crise alimentaire, le dérèglement climatique, les feux gigantesques de l’été, les inondations meurtrières, autant d’épisodes anxiogènes de la modernité face auxquels nous devons impérativement réagir. Ces désordres du monde constituent une opportunité à saisir pour modifier notre trajectoire
par HARPAGES