Les nouveaux racistes à l'assaut de la Sorbonne

Avant la 2ème guerre mondiale, existait à Paris une place dite « des trois Dumas ». Y étaient érigées la statue du grand écrivain Alexandre Dumas, celle de son fils, l’auteur de « La dame aux camélias » et celle de son père, général de la Révolution française.

Sur cette place qui a perdu son nom, les deux premières statues sont toujours présentes. La dernière a été fondue sous l’occupation par les autorités allemandes. Pendant longtemps, il a été demandé, en particulier par la société des amis d’Alexandre Dumas, d’ériger à nouveau une statue en l’honneur du général.

Ce devait être chose faite en 2009. Mais ce n’est pas la statue du général qui a été inaugurée ; ce fut une allégorie de l’esclavage. Alors qu’Ousmane SOW, le grand sculpteur sénégalais, avait proposé de représenter le général en grand uniforme et domptant un cheval, la mairie de Paris lui a préféré une représentation de chaînes d’esclave, cette œuvre étant inaugurée le samedi 4 mai 2009. J’avais, dès cette époque, dénoncé avec fermeté ce choix absurde, réduisant un héro de l’Histoire de France qui eut le courage de s’opposer à Napoléon à sa condition d’esclave. Voir http://www.le-groupe-republique.fr/index.php?theme=lettresmensuelles&number=28&articlenum=442 

Cette décision a été faite sous la pression du CRAN, la même organisation qui a empêché, le lundi 25 mars, la représentation à la Sorbonne d’une pièce antique, « les Suppliantes » d’Eschyle, estimant, sans admettre la moindre contestation, que cette représentation aurait des relents racistes.

Une nouvelle police de la pensée, de nouveaux obscurantistes tentent de régner par l’intimidation, pour des raisons idéologiques ubuesques qui ne se situent jamais dans le débat, uniquement dans l’admonestation ! Peut-on encore affirmer au 21ème siècle que Zénon, fondateur du stoïcisme était noir avec des cheveux crépus, ou faire jouer « l’assemblée des femmes » d’Aristophane, sans risquer la haine des imbéciles ?

La République qui a aboli l’esclavage dès 1794, qui a permis au général Dumas d’obtenir son grade, doit-elle être ignorée, méprisée ? La culture doit-elle être jugée par des tribunaux communautaristes ? Les universitaires doivent-ils plier devant la violence ? N’y a-t-il plus qu’une pensée autorisée et laquelle ? L’Histoire doit-elle être passée à la moulinette d’un racialisme ?

Les républicains doivent réaffirmer avec vigueur la liberté de création et la force de des principes républicains. Faute de quoi, la violence ne pourra que se développer.

 

 

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